SUR UN PETIT NUAGE partie 3

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Le lendemain, James et Thomas installèrent les illuminations extérieures. À la fin de la journée, Catleen revint les bras chargés de sacs contenant des décorations. Deirdre s’était arrêtée chez Nino, le pizzaïolo en bas de la rue. Après le repas, tous mirent la main à la pâte pour faire du monstre de verdure un sapin digne de ce nom. Thomas eut le privilège de déposer l’étoile sur la cime. Les préparatifs de Noël. Il n’avait pas fait cela depuis des années. Il était heureux de renouer avec cette tradition en compagnie de Catleen. À ses côtés, il retrouvait des sensations qu’il croyait avoir perdues. James et Deirdre montèrent se coucher tôt, laissant les amoureux seuls. Programme de la soirée : film avec pop-corn, allongés sur la méridienne du canapé d’angle.

Le lendemain matin, Deirdre les trouva endormis, étroitement enlacés. Elle les observa un moment. Catleen souriait dans son sommeil, comme elle l’avait toujours fait. L’une des mains de Thomas était posée en coupe sur le haut de la tête de la jeune femme, tandis que l’autre entourait ses épaules dans un geste protecteur. Catleen avait l’air si menue, calée dans les bras de cet homme. Sa petite fille chérie avait enfin trouvé l’amour, après bien des déceptions. Thomas était un homme bien, profondément amoureux de sa fille, elle n’avait aucun doute à ce sujet. Il saurait prendre soin d’elle comme elle le méritait. Deirdre ferma la porte du salon puis alla dans la cuisine préparer le petit déjeuner.

La veille de Noël, tous furent réquisitionnés pour la fabrication des sablés ainsi que du pain d’épice, sauf James, qui réussit à se soustraire à cette activité en prétextant un achat de dernière minute. Le soir, les cadeaux furent déposés au pied du sapin. Tout était prêt pour le jour J.

Le matin de Noël, Deirdre se leva tôt pour prendre son café avant de se mettre aux fourneaux. La cuisson de la dinde n’était pas matière à plaisanteries.

Lorsque Catleen se réveilla, Thomas dormait encore. Elle se dégagea doucement de son étreinte. Il grogna, puis se tourna de l’autre côté. Elle descendit à la cuisine préparer un plateau pour le petit déjeuner. Pour son premier Noël avec Thomas, elle désirait qu’ils soient seuls pour échanger leurs cadeaux. Elle embrassa sa mère en lui promettant de venir l’aider un peu plus tard avant de remonter avec son plateau. Thomas dormait toujours. Elle lui chatouilla le nez avec la pointe d’une mèche de cheveux. Il fit une grimace avant d'ouvrir les yeux.

─ Bonjour mon amour. Joyeux Noël.

─ Joyeux Noël à toi aussi Princesse.

─ Regarde ce que je t’ai apporté, dit Catleen en posant le plateau sur le lit.

─ Ca tombe bien, j’ai une faim de loup.

Catleen se débarrassa des vestiges du petit déjeuner sur la table de la chambre, avant de prendre un paquet dans l’armoire pour le donner à Thomas. A son tour, il ouvrit le tiroir de la table de chevet pour en sortir un écrin qu’il tendit à la jeune femme.

─ Ouvre-le.

L’écrin contenait un splendide pendentif accroché à une chaîne. Il représentait deux mains jointes en coupe, accueillant un cœur en diamant.

─ C’est magnifique, dit Catleen, la voix voilée par l’émotion.

─ Il te plaît ?

─ Bien sûr qu’il me plaît. Tu m’aides à l’accrocher ?

Thomas ferma la chaine autour du cou de la jeune femme, puis déposa un baiser sur sa nuque.

─ Tu vois, c’est mon cœur entre tes mains.

Thomas entoura Catleen de ses bras.

─ A ton tour maintenant, dit-elle en posant le paquet devant lui. Fais attention en le déballant, c’est fragile.

Thomas ouvrit le paquet avec précaution. Il contenait une sacoche en cuir rigide munie d’une poignée et fermée par une sorte de bouton pression. Il ouvrit la sacoche pour y découvrir un ancien modèle d’appareil photo à soufflet. Il écarquilla les yeux, la bouche grande ouverte.

─ Où as-tu trouvé cela ?

─ Chez un antiquaire spécialisé lorsque nous étions à New-York.

─ C’est un modèle rare.

─ Je le sais. Il n’en existe que huit exemplaires dans le monde. Tous les éléments sont d’origine, même la sacoche de transport. Il est en parfait état de marche.

Thomas inspecta l’appareil sous toutes les coutures. Il n’en croyait pas ses yeux. Catleen avait trouvé le cadeau idéal, il n’aurait pas rêvé mieux. Il rangea le précieux objet puis attrapa Catleen par la taille pour la faire rouler sous lui, afin de l’embrasser encore et encore. Les baisers devinrent caresses.

─ Thomas, mes parents nous attendent pour ouvrir le reste des cadeaux.

─ Et bien, ils attendront encore un peu.

Catleen sourit, puis enroula ses bras autour du cou du jeune homme avec la ferme intention de lui rendre au centuple ses baisers, ses caresses et bien d’autres choses.

Tout au long de la matinée, les autres membres de la famille Williams arrivèrent pour atteindre le nombre non négligeable d’une vingtaine de personnes. Thomas n’avait pas l’expérience des grandes réunions de famille, ses parents étant enfants uniques. Évoluer au milieu de tout ce monde était un peu étourdissant. Les enfants et les hommes furent bannis de la cuisine ainsi que de la salle à manger. Les premiers furent envoyés à l’étage pour jouer en silence avec l’interdiction formelle de courir partout, sous peine de punition sévère. Les derniers furent relégués au salon devant la télé à regarder l’enregistrement d’un vieux match de basket avec bières et amuse-gueules pour compagnie.

Même si tout ce petit monde fut accueillant envers Thomas, il étouffait. Il sortit dans le jardin pour échapper à toute cette effervescence. Il trouva un endroit idéal et familier : un hamac accroché entre deux arbres. Il s’y allongea, le fit balancer, puis ferma les yeux. Ses pensées vagabondèrent vers Catleen. Il comptait la demander en mariage cet été, à l’occasion de l’anniversaire de leur rencontre. Les autres trouveraient sûrement que cette décision était trop rapide, mais il se fichait éperdument de ce que pensait le reste du monde. Catleen était l’amour de sa vie, cela n’arrivait qu’une fois. Le mariage officialiserait ce lien indéfectible entre eux.

Thomas rouvrit les yeux en se disant qu’il était temps de rentrer, bien qu’il ne soit pas sûr que quiconque ait remarqué son absence. Un petit garçon d’environ cinq ans se tenait debout, à distance. Il le fixait.

─ Tu t’appelles Thomas.

Le susnommé s’assit au bord du hamac.

─ C’est exact. Et toi comment t’appelles-tu ?

─ Timothé, mais tout le monde m’appelle Tim, sauf Cat.

─ Et toi, que préfères-tu ?

─ Timothé. Tim ça fait bébé.

─ Alors ce sera Timothé. Dis-moi, tu n’as pas peur d’être puni si quelqu’un découvre que tu

n’es plus avec les autres enfants ?

─ Je suis avec un adulte, je ne serai pas puni.

─ Tu marques un point.

Ce petit bout d’homme avait de la répartie.

─ Tu veux venir dans le hamac ?

─ Je n’ai pas le droit de grimper là-dedans, c’est dangereux.

─ Comme tu l’as dit, tu es avec un adulte. En plus, je suis un expert en matière de hamac. Tu ne crains rien.

Timothé s’approcha en tendant les bras. Thomas l’attrapa pour l’installer à côté de lui.

─ Alors, t’en penses quoi ?

─ C’est trop cool !

─ Je suis d’accord avec toi. Chez moi, dans mon jardin, j’ai un hamac deux fois plus grand que celui-ci. Parfois, je dors dedans la nuit.

─ T’as pas peur de dormir dehors la nuit ?

─ J’ai l’habitude.

─ Cat dit que tu es un explorateur.

─ Elle exagère un peu. Je ne suis pas un explorateur mais un voyageur.

Timothé fronça les sourcils. Il ne semblait pas comprendre la nuance.

─ Un explorateur découvre des endroits que personne ne connait. Un voyageur va dans des endroits que l’on connait déjà, pour les visiter, rencontrer les gens qui y habitent. Je voyage partout dans le monde pour prendre des photos. C’est mon métier, je suis photographe.

─ Ca à l’air d’être cool comme métier.

─ Ça l’est.

─ Tu as vu beaucoup de pays ?

─ J’ai vu presque tous les pays du monde.

Timothé ouvrit grand la bouche, impressionné.

─ Tu as fait des photos de tous ces pays ?

─ Oui. Des gens aussi puis d’animaux vraiment bizarres.

─ Je peux les voir ?

Thomas sourit.

─ Je ne les ai pas toutes avec moi.

Timothé sembla déçu.

─ Mais je peux te montrer celles que j’ai ici. J’ai photographié un volcan à Hawaï et la tombe d’un grand empereur chinois qui vivait il y a très longtemps. Cela t’intéresse ?

─ Oui alors !

─ Tu sais où se trouvent Hawaï et la Chine ?

Le petit garçon fit non de la tête.

─ Je te montrerai sur une carte.

─ Coucou, les garçons.

Catleen les avait rejoint sans qu’ils s’aperçoivent de sa présence.

─ Comme j’ai vu que tu n’étais plus dans la maison, je me suis dit que je te trouverais sûrement ici, dit-elle en s’adressant à Thomas.

─ Bien vu.

─ Je vois que tu as fait la connaissance de Timothé.

─ Thomas n’est pas explorateur. Il est un voyageur, lui dit-il sur un ton de reproche, comme si elle avait proféré le plus affreux des mensonges. Il va me montrer des photos de volcan et d’un roi chinois, comme les momies des pharaons.

─ Les momies et les volcans devront attendre. J’ai besoin d’un coup de main pour mettre la table.

─ Ok. Allez bonhomme, il faut que j’y aille. Je te montrerai ces photos après le repas.

Thomas se leva avec Timothé dans les bras avant de le poser par terre.

─ Tu vas devoir retourner avec les autres enfants.

─ Moi aussi je veux mettre la table, dit le petit garçon, bien décidé à ne plus lâcher Thomas.

Ce dernier se tourna vers Catleen.

─ D’accord.

Thomas tendit la main. Timothé la prit puis la serra fort comme s’il avait peur de la perdre.

─ C’est parti !

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JustineC
Une phrase par jour, pendant toute la durée du confinement. En espérant qu'il se passe des choses intéressantes pour les retranscrire !
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~CV~

2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

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NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

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Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
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