SUR UN PETIT NUAGE partie 2

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Si les relations entre Thomas et son père étaient compliquées, il n’en était pas de même avec sa mère. Son visage s’illuminait quand il parlait d’elle. Lorsque Margaret apprit de la bouche de Thomas qu’il avait trouvé l’amour de sa vie, elle voulut connaître la femme qui avait su toucher le cœur de son fils. Elle les invita à venir lui rendre visite à New-York, ce que Catleen accepta sans hésiter. Un séjour au cœur de « la grosse pomme » ne se refusait pas.

Margaret vint les accueillir à l’aéroport sans Edouard, son mari, parti assister à un colloque médical. Comme Catleen l’avait deviné, les enfants Miller avaient hérité de leur mère. Mais pour Thomas, cela allait au-delà de la ressemblance physique. Ils avaient le même sourire, le même éclat dans les yeux lorsqu’ils parlaient d’un sujet qui leur tenait à cœur, la même chaleur humaine.

Pendant leur séjour, Catleen avait prévu d’écrire quelques heures par jour. Elle fut touchée quand elle découvrit que Margaret lui avait aménagé un endroit pour travailler dans la bibliothèque.

─ Ce n’était pas nécessaire de vous donner tout ce mal, j’aurais pu m’installer n’importe où.

─ Ne dites pas de bêtises. Il vous faut être tranquille pour écrire.

─ Vraiment, c’est très gentil à vous, je vous remercie.

Margaret fit un clin d’œil à son fils.

─ Merci maman, lui murmura-t-il à l’oreille.

Catleen consacra ses matinées à l’écriture et le reste de ses journées à sillonner les rues au bras de Thomas. Il connaissait la ville comme sa poche mais il trouvait toujours quelque chose de nouveau à photographier. Ils firent de longues balades dans Central Park, visitèrent plusieurs musées. La jeune femme fit même l’expérience de signer des autographes, dans la rue, à des lecteurs qui l’avaient reconnue. Bien sûr, ils allèrent au théâtre, sans oublier de rendre visite à la plus vieille dame de la ville : la Statue de la Liberté.

La veille de leur départ, Margaret invita Catleen à déjeuner au restaurant, pour passer un moment seules.

− Je suis contente d’avoir fait votre connaissance Catleen. Je suis vraiment heureuse que vous fassiez partie de la vie de mon fils. Il vous aime profondément ; il est évident que vous ressentez la même chose pour lui. Votre façon de le regarder ne trompe pas.

− Cela va vous paraître cliché mais j’attendais depuis longtemps quelqu’un comme lui. C’est un homme exceptionnel

─ Chacun de vous a trouvé en l’autre la part qui lui manquait.

─ C’est une très belle façon de voir les choses.

─ C’est simplement la vérité. Je n’ai jamais vu Thomas aussi heureux. Vous savez, je me suis fait du souci pour lui. Le voir toujours seul me fendait le cœur, sans compter son père qui le harcèle à ce sujet dès qu’il en a l’occasion.

─ Margaret, je ne veux pas paraître impolie ou indiscrète mais j’aimerais vous poser une question. Récemment, j’ai fait la connaissance de votre ex-mari. Maintenant que je vous connais un peu, je me demande…

─ Vous vous demandez ce que j’ai pu trouver à cet homme.

Catleen haussa les épaules, contrite.

─ J’ai épousé Martin par amour. Lorsque j’ai fait sa connaissance, j’étais plus jeune que lui. Je finissais mes études de droit tandis que lui était déjà un jeune médecin brillant, prometteur, qui savait ce qu’il voulait. Nous nous sommes mariés quelques années plus tard. Je me suis vite rendu compte que ce que j’avais pris pour de l’assurance était, en fait, un besoin maniaque de tout contrôler. A la naissance d’Alex, mon mari a décidé que je ne travaillerais plus.

─ Vous avez accepté cela ?

─ Oui, en croyant pouvoir le faire changer d’avis, avec le temps, sur ce sujet et bien d’autres.

─ Mais rien ne s’est passé comme vous l’espériez.

Margaret acquiesça d’un signe de tête.

─ Souvenez-vous de cela Catleen, les gens ne changent pas. Ils peuvent faire des efforts pour arrondir les angles mais ils ne changent pas profondément. Martin, lui, n’a pas fait d’efforts, car il n’a jamais pris conscience que son comportement était excessif. J’ai cessé de lutter pour focaliser mon énergie sur des choses plus constructives. J’ai pris mon mal en patience. Les enfants ont grandi puis ils sont partis chacun de leur côté. Après ça, je me suis rendu compte que je n’avais plus rien à faire avec Martin qui avait détruit le peu d’amour que j'éprouvais encore pour lui. Nous avons divorcé, cela fait dix ans maintenant.

Margaret avala la dernière bouchée de son assiette avant de poursuivre.

─ Il n’y a qu’une seule chose que je regrette. Je n’ai pas su protéger Thomas de la vindicte de son père.

Les deux femmes dégustèrent leur dessert ainsi que leur café en discutant de choses plus banales. Margaret reçut un appel de son mari qui l’informa que son avion avait atterri vingt minutes auparavant. Il se demandait où se trouvait son adorable épouse, censée venir le chercher à l’aéroport. En compagnie de Catleen, elle n’avait pas vu le temps passer. Margaret s’excusa auprès de la jeune femme, laissant cette dernière prendre un taxi pour retourner à l’appartement.

A son tour, Thomas fit la connaissance des parents de Catleen à l’occasion des fêtes de fin d’année. Tous les ans, Mary organisait le repas de Noël en présence de toute la famille. Depuis dix ans, Thomas passait cette période seul à l’autre bout du monde pour échapper à cette réunion familiale. Cette année, il était à la maison mais il était hors de question qu’il assiste à ce repas. Passer Noël avec Catleen, en amoureux, lui convenait parfaitement. Cette fois-ci, la jeune femme ne tenta rien pour le faire changer d’avis. Cependant, Catleen eut une autre idée qu’elle exposa à Margaret ; cette dernière la trouva lumineuse. Elle proposa à Thomas de l’accompagner chez ses parents, ce qu’il accepta. Il n’y avait de meilleure occasion pour rencontrer les parents de la femme qu’il comptait épouser.

Quatre jours avant Noël, ils s’envolèrent pour San Francisco. James et Deirdre Williams habitaient l’une de ces maisons victoriennes typiques sur les hauteurs de la ville. La leur avait la porte d’entrée ainsi que les volets bleu ciel. Les Parents de Catleen étaient des gens simples, chaleureux. Thomas fut particulièrement touché par l’accueil de James.

─ Bienvenue chez nous, fils, lui dit-il en serrant la main du jeune homme.

Il y avait bien longtemps que son propre père ne l’avait pas appelé ainsi. Deirdre le serra dans ses bras en l’embrassant sur les deux joues.

─ Nous sommes vraiment contents de vous avoir tous les deux pour Noël.

Les bagages à peine posés, Catleen et Thomas furent sollicités pour participer aux derniers préparatifs. Deirdre et sa fille s’occupèrent de la décoration intérieure tandis que James et Thomas allèrent acheter le sapin sur les ordres de la maîtresse de maison. Ils revinrent avec un arbre de noël tellement grand, large et touffu que Deirdre dut déplacer le meuble de télévision pour installer le conifère à sa place habituelle.

─ Chéri, qu’est-ce qui t’as pris de prendre un sapin aussi énorme. Regarde, il touche le plafond !

─ A l’extérieur, il n’avait pas l’air aussi grand, n’est-ce pas fils, répondit James en donnant un coup de coude discret à Thomas.

─ Oui, c’est vrai. Dehors, on ne se rend pas bien compte.

Il se pencha vers Catleen pour lui murmurer à l’oreille :

─ J’avais dit à ton père que cet arbre était trop grand.

─ Vous pourriez peut-être le ramener pour…

James et Thomas ne laissèrent pas la jeune femme finir sa phrase. Ils la fusillèrent du regard en faisant non de la tête. Bien qu’ils soient tous deux bien charpentés, ils avaient eu du mal à hisser le sapin dans le pick-up de James, même avec l’aide du pépiniériste.

─ Il suffit de couper le haut, cela ne touchera plus le plafond, suggéra Thomas.

─ Parfait ! Je vais chercher ce qu’il faut.

James se précipita dans le garage duquel il revint muni d' une petite scie.

Deirdre toisa le sapin, la tête penchée sur le côté.

─ Je n’aurai jamais assez de décorations pour ce monstre.

─ Les décos ça s’achète. Cela te donnera l’occasion de faire du shopping avec ta fille.

─ C’est une bonne idée ça ! Une sortie entre filles.

Deirdre passa un bras autour des épaules de Catleen puis l’embrassa sur la joue.

Pendant le dîner, Thomas apprit que James avait monté son affaire à la sueur de son front. Il était, à présent, à la tête d’une grosse entreprise de transport routier. Deirdre travaillait aux côtés de son mari en s’occupant de la comptabilité ainsi que de la gestion du personnel. Catleen avait hérité de ses parents son côté travailleur. Elle tenait ses yeux bleus et ses cheveux bruns de son père. Sa mère lui avait légué son petit mètre 60 ainsi que ce sourire qui le faisait fondre lorsqu’il s’épanouissait sur ses lèvres.

Deirdre posa beaucoup de questions à Thomas sur son métier. Elle était particulièrement intéressée par le côté technique de la photographie. Le jeune homme répondit à toutes ses questions en étant le plus clair possible. Il était rare qu’il aborde cet aspect de son métier avec des personnes qui n’étaient pas photographes elles-mêmes.

La soirée s’étira jusque tard dans la nuit. Thomas réalisa qu’il était temps d’aller se coucher quand il vit Catleen endormie, en boule, dans un fauteuil. Deirdre se leva du canapé pour secouer doucement sa fille, mais Thomas l’en empêcha.

─ Ne la réveillez pas, je m’en charge.

Il la prit dans ses bras puis monta à l’étage dans la chambre d’amis. Il la déposa sur le lit puis commença à la déshabiller. Catleen se réveilla.

─ Thomas, je suis fatiguée.

─ Je sais, mon amour, mais tu ne vas pas dormir toute habillée. Laisse-moi, au moins, t’enlever ton jean et ta chemise.

La jeune femme se laissa faire. Une fois en sous-vêtements, il l’installa sous les draps.

─ Au lit Princesse.

Il se déshabilla à son tour avant de s’allonger à côté d’elle. Comme à son habitude, Catleen se blottit contre lui, la tête dans le creux de son épaule.

─ Mes parents t’aiment bien, dit-elle d’une voix ensommeillée.

─ Moi aussi, je les apprécie beaucoup. Merci de m’avoir emmener.

─ Pas de quoi.

Thomas déposa un baiser sur le front de la jeune femme avant de s’endormir.

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2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

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NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

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Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
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