SUR UN PETIT NUAGE partie 1

5 minutes de lecture

Ils vécurent les dix mois suivants dans un bonheur total. Catleen pensait parfois que cela en était honteux. Trois semaines après l’emménagement de la jeune femme chez Thomas, Michaëla revint de Londres pour mettre en vente la maison de la plage. Elle s’installait définitivement en Angleterre avec son compagnon. Il était même question de mariage.

− En fait, tu as accepté de venir vivre avec moi pour ne pas te retrouver à la rue, tu peux bien l’avouer maintenant. Mais je ne t’aurais pas laissée dehors comme ça. Je t’aurais apporté un grand carton ainsi qu' une couverture.

Pour toute réponse, Catleen lança un grain de raisin vers Thomas qui le goba au vol.

La jeune femme finit son deuxième roman, puis le texte partit chez l’éditeur. Cette fois, elle baignait dans la sérénité. Thomas lui avait promis de l’accompagner dans ses déplacements pour la promotion du livre. Elle ne serait pas seule dans les lits king size des chambres d’hôtels. De plus, Thomas voulait faire une série de photos lors des rencontres avec les lecteurs.

De son côté, le jeune homme mena plusieurs projets de front. Avec ses collaborateurs habituels, il organisa du début à la fin sa nouvelle expo. En définitive, il avait porté son choix sur l’ancien atelier de peintre, pour sa luminosité naturelle. Certains aménagements en avaient fait le lieu idéal que Thomas recherchait. L’expo fut une grande réussite ; la présence de l’artiste au vernissage, pour la première fois de sa carrière, y contribua. Il accepta d’être sous les feux de la rampe, Catleen à ses côtés. En collaboration avec elle, il écrivit les textes qui devaient accompagner les photos qui retraçaient sa carrière dans un livre magnifique. L’accord avec l’éditeur n’avait été conclu qu’à cette condition. Thomas partit en Chine un mois et demi au lieu des trois mois initialement prévus. Il comptait y retourner en compagnie de sa dulcinée.

Catleen fit la connaissance du reste de la famille Miller. Elle était déjà proche d’Elizabeth qui venait souvent voir son frère, étant son assistante personnelle en dehors de ses heures de travail. Une franche amitié s’était installée entre les deux femmes. Mary, la belle-sœur de Thomas, organisa un dîner afin que les présentations soient faites dans les règles. Au début, Thomas refusa.

− Je ne tiens pas à voir mon père. Je sais d’avance comment la soirée va se terminer. Inutile de t’infliger cela. Le sujet est clos.

Catleen réussit à le convaincre. Il fit un effort vestimentaire en mettant une chemise ainsi qu’un pantalon. Il accepta même de nouer ses cheveux. Ce fut à l’occasion de ce dîner que la jeune femme put constater à quel point les deux frères et la sœur se ressemblaient. Thomas et Alex mesuraient tous les deux 1m90, les épaules larges, une musculature à faire pâlir un dieu grec. Elizabeth était plus petite mais plus grande que la plupart des femmes, du haut de son 1m78. Ils avaient tous les trois les yeux verts, les cheveux bruns ainsi que le même visage. Ils n’avaient aucun trait physique commun avec leur père.

Martin Miller était un homme de petite taille avec de l’embonpoint. Ses yeux étaient marrons et ses cheveux blonds commençaient à tirer sur le gris. Rien dans son visage ne rappelait la finesse de celui de ses enfants.

Mary était un petit bout de femme, comme Catleen, blonde aux yeux bleus. Elle compensait sa petite taille par un caractère affirmé. Elle semblait également être la seule à savoir gérer les éclats de voix de son beau-père.

Avec tout ce que Thomas lui avait raconté sur son père, Catleen était un peu nerveuse de le rencontrer. Pourtant, Martin l’accueillit chaleureusement. Le dîner se déroula dans une atmosphère détendue. Toutefois, à la fin du repas, Martin ne put s’empêcher de faire quelques réflexions à son fils cadet. Mary lui lança un regard lui signifiant que cela suffisait. Catleen glissa sa main sous la table pour prendre celle de Thomas. Elle rencontra un poing crispé sur une cuisse dont le muscle était tendu à l’extrême. Même si cela ne se voyait pas sur son visage, Thomas était prêt à exploser. Il prenait sur lui, par respect pour Catleen. Après le dessert, la jeune femme comprit qu’il était préférable de ne pas rester plus longtemps. Elle trouva un prétexte pour qu’ils puissent partir. Dans la voiture, sur le chemin du retour, Thomas laissa libre cours à sa colère.

− Qu’est-ce que ce type attend de moi, hein ? Tu peux me le dire ? Cela rime à quoi ces réflexions sur le mariage, les enfants, les responsabilités qu’un homme digne de ce nom se doit d’endosser ou je ne sais plus quel terme alambiqué il a employé.

Catleen ne comprenait pas non plus le ressentiment de Martin envers son fils. Certes, il n’était pas devenu médecin, mais il n’en avait pas moins réussi. Quant au fait que Thomas n’ait toujours pas fondé de famille à 35 ans, c’était un faux prétexte pour quelque chose de plus profond, Catleen en avait la conviction. Martin avait trouvé ce sujet, simplement pour distiller son fiel. En attendant, cette situation faisait souffrir Thomas, car comme tous les enfants, il désirait que ses parents soient fiers de lui.Catleen aborda le sujet avec Elizabeth, un jour où elles étaient seules.

− Pourquoi votre père se comporte-t-il comme ça avec Thomas ?

− Tommy ne semble pas avoir encore compris alors que c’est l’évidence même. Vois-tu, notre cher père a toujours aimé contrôler son monde, en particulier sa propre famille. J’adore Alex mais il n’a pas beaucoup de caractère ; mon père a pu en faire ce qu’il voulait. Son mariage avec Mary a été une bénédiction. Tu as pu remarquer qu’elle porte la culotte à la maison. Elle a su faire comprendre à son mari qu’il n’avait pas à satisfaire son géniteur de façon inconditionnelle. Avec le temps, Alex à réussit à prendre ses distances.

Elizabeth but une gorgée de vin avant de poursuivre.

− Thomas a toujours été le rebelle de la famille. Je suis convaincue que notre père est responsable de la solitude que mon frère s’est imposé. A vouloir le modeler, il l’a fait fuir. Les voyages ont été la solution pour échapper à son emprise tyrannique. Lorsque Thomas est parti après avoir quitté la fac, mon père ne s’est pas inquiété de savoir ce qui pourrait arriver à un jeune homme de 19 ans, seul sur les routes. Tout ce qu’il voyait, c’était que son fils lui avait tenu tête en lui désobéissant, chose impardonnable à ses yeux.

− Pourtant, il l’a bien laissé devenir photographe.

− Une très grosse erreur de jugement. Il a cru que la photographie était un caprice d’adolescent ; qu’en temps voulu Thomas rentrerait dans le rang. Mais son fils le défia une fois de plus en s’accrochant à son rêve, ce qui a fini d’envenimer la situation. Quant à cette histoire de mariage et compagnie, c’est juste un prétexte ridicule pour l’ouvrir.

− Je m’en doutais.

− Notre père n’a rien à reprocher à Thomas. Il a réussi au-delà de ce que tout le monde aurait pu espérer. Il a trouvé le point sensible et en joue.

− Et toi, dans tout cela ?

− Moi, j’ai eu la chance d’être une fille. Son altesse n’avait pas les mêmes attentes en ce qui me concernait. J’ai eu une enfance ainsi qu’une adolescence tranquille. J’ai pu trouver ma voie sans pression.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Recommandations

Défi
JustineC
Une phrase par jour, pendant toute la durée du confinement. En espérant qu'il se passe des choses intéressantes pour les retranscrire !
448
167
31
7
Mimlay
~CV~

2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
869
655
1507
264
eragona
On retrouve notre famille royal quatorze après. Que sont devenue Elena Et Océane ?

Malgré quatorze ans de bonheur, les problèmes reviennes. Des problèmes toujours plus compliquer à gérer pour nos deux amantes.
12
11
188
147

Vous aimez lire Carole Pohie ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0