A LA POURSUITE DU BONHEUR partie 2

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De retour chez lui, Thomas eut envie de tout casser. Son père avait la faculté de le mettre dans une rage folle, difficilement contrôlable. Il tourna en rond dans le salon, la tête dans les mains, essayant de se calmer. Plusieurs longueurs de piscine suivies d'exercices dans la salle de sport le défoulèrent. Après avoir pris une douche, il descendit sur la plage pour s'allonger au bord de l'eau. Si Catleen avait été là, elle aurait trouvé les mots justes pour le rasséréner.

La jeune femme rassembla les pages étalées devant elle pour les ranger dans une chemise. Travail terminé pour aujourd'hui. En l'espace de quelques jours, elle avait considérablement avancé dans l'écriture de son histoire, dépassant même ses prévisions initiales. Ce débordement d'inspiration méritait bien un après-midi de détente. Elle enfila le premier maillot de bain qui lui tomba sous la main pour piquer une tête dans l'océan, chose qu'elle n'avait pas faite depuis son retour. La maison de Michaëla était la seule de la plage à ne pas avoir de piscine. Catleen n'avait jamais compris le concept, d'en posséder une, alors que le sable et l'océan étaient à portée de main. Dégoulinante d'eau, elle se prépara un mojito et prit Anna Karénine sur sa table de chevet.

- Un mojito, un bouquin, que demander de plus ?

" Un grand brun aux yeux verts peut-être ? "

- Chut !

Elle s'installa dans la chaise longue sur la terrasse, ferma les yeux pour écouter le bruit des vagues puis lentement glissa vers le sommeil.

Lorsqu'elle se réveilla, l'après-midi touchait à sa fin. Les glaçons dans son mojito avaient fondu et la boisson était chaude. Elle déposa le verre dans l'évier, puis partit se balader sur la plage. Habituellement, elle marchait jusqu'au ponton, s'y arrêtait un moment avant de rebrousser chemin. Cette fois-ci, elle poursuivit sa promenade.

De loin, elle vit quelqu'un allongé sur le sable, au bord de l'eau. Elle sourit, pensa à Thomas. L'homme se leva et elle le reconnut. Catleen ferma les yeux, secoua la tête avant de les rouvrir. Elle ne rêvait pas, cet homme était bien Thomas. Que faisait-il ici ? Elle le vit se diriger vers l'une des maisons puis sortir de son champs de vision. Catleen s'avança, trouva le passage par lequel il avait disparu et l'emprunta pour arriver dans un jardin. Elle s'arrêta net. Juste là sur sa droite, Thomas était allongé dans un hamac. Installé dos à elle, il ne pouvait la voir. Si elle approchait de plusieurs pas en tendant le bras, elle pourrait lui toucher les cheveux. Elle esquissa un sourire qui s'effaça aussitôt, se souvenant qu'il ne voulait pas d'elle. Elle n'avait rien à faire ici.

Une fois chez elle, Catleen ferma la baie vitrée du salon et descendit tous les stores avant de se recroqueviller sur le canapé, un coussin serré contre sa poitrine, sentant, à nouveau, cette douleur qui lui coupa le souffle. Elle essuya du revers de sa main la seule larme qui coula de ses yeux. Manifestement, cette maison appartenait à Thomas. Il lui avait parlé d'une maison sur la plage mais elle n'aurait jamais que ce serait CETTE PLAGE. Il ne fallait surtout pas qu'ils se rencontrent. Le mieux était de l'éviter jusqu'à ce qu'il parte, ce qui ne saurait tarder.

Thomas eut beau retourner le problème dans tous les sens, le seul moyen de revoir Catleen était la confrontation, au risque de se faire étriper. Cela faisait plus d'une semaine qu'il était rentré et cette situation n'était plus supportable. La jeune femme lui manquait cruellement. La savoir à côté était une torture, il n'en dormait plus la nuit.

Il s'arma de courage tout en remontant la plage. Il la vit assise au bout d'un ponton, endroit idéal pour la rejoindre.

- Bonjour Princesse.

Catleen se figea puis ferma les yeux. Cette voix, ce mot. Finalement, elle ne pourrait pas l'éviter. Elle avait espéré ne jamais le revoir. Elle ne répondit pas, ne bougea pas. Thomas vint s'asseoir à ses côtés pour voir, enfin, ce visage qui hantait ses nuits. Il fixa son profil, attendant qu'elle se tourne vers lui. Elle n'en fit rien et baissa la tête.

- Que fais-tu là ?

- J'habite ici, Cat, un peu plus bas sur la plage.

- Ce n'est pas ce que je te demande. Pourquoi es-tu assis là ?

- Pour te voir et te parler.

- Pourquoi ?

- Pour te demander pardon.

- Pardon pour quoi ? Pour avoir dit ce que tu penses. Je ne suis pas une fragile petite chose, je peux encaisser. J'ai pris mes rêves pour des réalités et tu as bien fait de me faire redescendre sur terre.

Catleen se leva et partit. Thomas la suivit et l'attrapa par le poignet.

- Cat, attends !

Elle se retourna. Ses yeux étaient plein de larmes.

- C'est toi qui as raison. Il y a bien quelque chose entre nous, de très fort. C'est juste que je...

Il fallait qu'elle invente n'importe quoi pour qu'il se taise et la laisse partir avant qu'elle ne s'effondre devant lui.

- Non, c'est toi qui était dans le vrai en fin de compte. Ta liberté est plus importante que tout le reste. Je ne veux pas que tu changes car je suis tombée amoureuse de cet homme-là. En étant avec moi, tu finirais par te sentir prisonnier. Je ne veux pas t'enfermer dans une cage.

Il ne la lâcha pas malgré ces paroles.

- Non, tu ne comprends pas. Je n'ai jamais ressenti le besoin de rentrer chez moi parce que rien ne me retenait ici. A présent, c'est différent.

Comment pouvait-elle le croire ?

- Laisse-moi.

Il ne la lâcha toujours pas, au contraire. Il l'attira contre lui pour enlacer sa taille de son bras.

- Je n'ai jamais ressenti cela pour personne et je ne veux pas passer à côté.

Il se pencha pour l'embrasser mais Catleen tourna la tête.

- Laisse-moi, s'il te plaît.

- Ok.

Il desserra son étreinte, recula en levant les bras en l'air en signe de capitulation. En la contournant pour s'éloigner il lui chuchota à l'oreille :

- Je ne laisserai pas tomber. Tu ne peux plus t'enfuir nulle part.

Le lendemain, lorsque Catleen ouvrit les stores du salon, elle vit Thomas assis sur la terrasse, à l'attendre. Visiblement, il avait apporté de quoi travailler.

- Que fais-tu là ?

- Décidemment, c'est une manie cette question chez toi.

Elle le fixa, les bras croisés, attendant qu'il réponde. C'est ainsi qu'elle remarqua le bandana noué autour du poignet de Thomas. C'était le sien, à n'en pas douter. Celui qu'elle avait cherché partout sans pouvoir se rappeler où elle l'avait laissé. Comment était-il entré en sa possession ?

- Je t'ai dit que je ne laisserai pas tomber, donc je suis là. Je peux me montrer extrêmement persévérant quand cela en vaut la peine.

- C'est ta nouvelle technique de drague, le harcèlement ?

- Je constate que tu as gardé ton sens de l'humour, c'est déjà un bon début. Assez bavardé, je n'ai pas que cela à faire.

Catleen s'installa bruyamment pour signifier son mécontentement à " son voisin d'en face ", puisqu'il n'avait pas été possible de le faire partir. Ils travaillèrent toute la journée, chacun sur une moitié de table, avec une pause pour le déjeuner. En fin d'après-midi, Thomas rassembla ses affaires et partit.

- A demain Princesse.

Ce shéma se reproduisit quatre jours de suite. Le jour suivant, lorsque Catleen ouvrit les stores du salon, Thomas n'était pas là. Elle attendit un peu avant de descendre sur la plage voir s'il arrivait. Personne. La matinée passa sans qu'il pointe le bout de son nez. A midi, la jeune femme avala un sandwich avec peu d'appétit. L'après-midi passa de la même façon.

La journée du lendemain ne fut pas différente. Le soir venu, Catleen marcha jusqu'au ponton pour s'asseoir à son endroit habituel. Alors ! C'était tout ? Quatre jours avaient suffi pour user la patience du champion de la persévérance ?

- Je ne laisserai pas tomber. Mon oeil !

Puis une idée terrifiante lui traversa l'esprit. Etait-il parti pour la Chine ? Non. Pourquoi pas ? S'il était parti sans lui dire, elle attendrait son retour pour l'étrangler.

" Je croyais que tu ne voulais plus le revoir. Tu devrais être contente s'il est parti. "

- La ferme !

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JustineC
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2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

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NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

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Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
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