Chapitre 4

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Cela faisait bientôt un mois qu'ils avaient fait leur accord. Ils jouaient parfaitement la comédie, n'en faisaient ni trop, ni pas assez. De temps en temps, Mhev et Aurélie échangeaient quelques blagues, quelques sourires. Devant Marc ils étaient comme deux compagnons de voyage, s'appréciant et passant de bons moment. Et la naïveté de ce dernier l'aveuglait, où peut-être voulait-il juste y croire ?

Mais dès qu'il s'absentait, leurs faux sourires laissaient place à une haine grandissante d'heure en heure. Il était inimaginable que des personnes puissent réprimer de telles envies meurtrières. Chaque jour ils s'endormaient, la tête remplie d'idée de tortures qu'ils feraient subir à l'autre dès qu'ils en auraient l'occasion. On n'avait jamais vu pareille façade, ils ne lançaient même pas de piques sous couvert d'une blague, rien à part d'amicaux échanges, montrant à Marc leurs efforts.

Chaque jour, ils s'entraînaient sans relâche pour pouvoir anéantir l'autre. Aurélie qui haîssait étudier, lisait des dizaines de grimoires qu'elle achetait ou empruntait dans les diverses villes qu'ils fréquentait. Mhev s'exerçait à divers sorts qu'il maîtrisait moins bien.

Tous les deux jours, ils se battaient sans relâche avec une violence inouïe, sans qu'aucun ne soit jamais blessé. Non pas parcequ'ils ne voulaient pas se poignarder, mais car ils étaient de niveau similaire, aucun ne parvenait à toucher l'autre.

Lors de leur premier combat, ils fûrent tous deux choqués de la force de l'autre. Ils s'étaient sous-estimé et s'étaient eux mêmes surestimé.

Ces entraînements intenses et brutaux, auraient pû inquiéter Marc. Mais ce dernier les voyait se battre avec le sourire, sans jamais se faire mal. Il se disait donc qu'ils voulaient juste devenir plus fort et s'entraîner ensemble dans cet objectif.

Malgré tout, il y avait une chose où Aurélie ne mentait pas, une chose sur laquelle elle était sincère : son amitié avec Marc. Bien qu'elle avait elle-même énormément de mal à trouver ce mot adapté à leur relation. Ils ne se connaissaient que depuis quelques mois à peine, on ne pouvait parler d'amitié...Mais pour elle ne sait quelle raison il avait une place particulière dans son cœur. Quelque chose qui dépassait la raison et la poussait à lui faire aveuglèment confiance.

Durant ces derniers mois, elle s'était énormèment rapprochée de ce dernier. Marc l'appréciait aussi énormément. Ils parlaient longuement en marchant, lors des repas ou le soir dehors avant d'aller se coucher. Aurélie en apprenait beaucoup sur la vie de Marc. Mais elle ne disait rien sur la sienne, Marc ne posait que peu de question.

Mhev qui les voyait devenir plus proche, ne disait rien. Pour lui, tout ça n'était qu'un mensonge de plus que faisait Aurélie pour respecter leur contrat. Chaque jour, il tentait de prendre son ami à part pour lui dire ses doutes et lui parler de leur accord, mais par peur de le perdre il se taisait. Malheureusement plus les journées passaient et plus Mhev sentait son cœur s'alourdir, sa gorge se serrer. Il se supprenait par moment à ressentir de la colère contre Marc, contre son ami le plus cher, son seul ami. Dans ces moments là, son cœur devenait aussi lourd que du plomb, sa gorge se nouait à n'en plus respirer. Devait-il tout lui dire ? Oui, mais si il le perdait ? Il est clair qu'il n'y survivrait pas.

À travers leurs discussions, elle avait notament appris qu'il était le fils unique de deux médecins. Il avait vécu une enfance heureuse et calme avant de se diriger vers des études de mèdecine à l'image de ses parents. C'était un élève brillant et travailleur, il finit premier de sa promo. Puis il s'engagea en tant que soldat, ce qui surprit énormément ses parents. Il y rejoignit une troupe en tant que soldat-guérisseur et était sous les odres de Mhev.

Les deux se lièrent d'amitié rapidement, avant de devenir inséparable. Ils étaient complémentaires, l'un calme et réservé, pensant toujours à autrui et l'autre en apparence colérique et provoquant, avec un penchant pour l'égoisme. Mais Marc avait toujours su voir le vrai fond de Mhev : un homme qui ne savait gérer aucune de ses émotions et qui par peur de paraître faible, ne montrait qu'une colère dévastrice. Cette colère n'était qu'une armure, une muraille infranchissable, qui cachait au monde entier le plus beau des trésors.

En réalité, c'était un garçon sensible et profondemment gentil, qui ne supportait pas les injustices. Il n'avait pas sa langue dans la poche et ne se laissait pas faire. Mais si il vous appréçiait, il vous redonner goût à la vie. Il était drôle et ne vivait que pour vous voir sourire. Grâce à Marc, Mhev abandonna cette armure, alors on entendit plus parler de ces horribles colères.

Elle apprit aussi pourquoi ils étaient recherchés. Un jour, Mhev qui était haut placé dans l'armée, fut chargé d'une mission secrète, exigée par le Roi en personne. Pour cela, il se rendit dans la région d'Oldbray, à Valssas. Le Roi y avait envoyé une poignée de ses soldats, peu gradés, avec ordre de détruire tous les villageois, sans exception : rebelles, enfants, vieillards, habitants sans armes...tous devaient y passait. Les soldats sans vergogne s'en donnèrent à cœur joie, démontrant que les Hommes pouvaient réaliser les pires atrocités.

Mais les villageois se défendaient avec hargne, de telle manière que, les combats s'éternisaient. Le Souverain qui voulait en finir assez vite appella Mhev en renfort. Il avait pour ordre de tuer les derniers survivants...sans exception.

Le Roi avait toujours manipuler Mhev à sa guise, lui mentant sur le vériatble objectif de ces missions. Celui-ci aveuglait par l'admiration qu'il pouvait lui porter, avait toujours bu ses paroles comme source de vérité.

Ce dernier était censé y allait seul, mais insista pour enmener avec lui Marc.

Mais lorsqu'il arriva sur le champ de bataille, il vit des centaines de corps à peine reconnaissables jonchant le sol, baignant dans un mélange de cendre et de sang. Des cris et des pleurs déchirait la matinée ensoillée. Et à quelques mètres de là, des soldats aborrants fièrement les emblèmes du Roi, trinquaient et riaient à gorge déployée. Il n'y avait aucun survivant à part les soldats...

Il comprit alors, que le véritable ordre était de tuer ces soldats, et lui serait le prochain. Ainsi aucun témoin de ce massacre ne pourrait mettre en péril ses plans.

Il avait toujours eu confiance en son Roi et ne l'avait jamais déçu... comment pouvait-t-il lui ordonner une chose aussi abjecte ? Il se doutait qu'il n'était pas un saint, mais tuer un village entier et non armé ...

Une colère immense l'envahit, comment un homme pouvait-il dormir sur ces deux oreilles, après de telle atrocités. Comment, pour de simple contestations, pouvait-t-on éradiquer tout un village ? Il perdait le contrôle, et ne répondait plus de rien. Il ne ressentait qu'une haine immense envahir le moindre muscle de son corps. Ses yeux noirs, prirent une lueur rouge inquiétante. Il n'entendait plus rien, ni Marc qui le suppliait de garder son calme, ni les soldats qui l'avaient remarqué et lui demandaient la raison de sa venue. En un geste, il brandit son épée et trancha la tête des trois soldats présents. Un quatrième tenta de s'échapper, mais il fut immobiliser en un claquement de doigts de Mhev.

Le soldat ne comprit pas immédiatement ce qui se passait. En une fraction de seconde, son corps s'était stoppé net, sans aucune raison apparente. Pourtant il voyait et entendait tout ce qui se passait aux alentours. Des pas lents et lourds se dirigeaint vers lui. Une aura alarmante le fit suer à grosse gouttes. Un homme se planta devant lui, ses yeux remplis de colère le transperçait. Se fut la dernière chose qu'il vit, il mourra la peur au ventre, et une épée en plein cœur.

Rapidement après, le Roi, accompagné de sa garde personnelle, rendit visite à Mhev.

- Je vois que tu as bien reçu mes ordres...quoique, il reste quelques villageois, dit-il, d'un ton méprisant et dédaigneux.

Celui-ci, sans réfléchir, lui fonça dessus, mais avant même qu'il n'ai pu l'atteindre un homme sortit de derrière ce dernier, le balayant d'une simple claque. Le choc l'envoya valser quelques mètres plus loin. Il s'écrasa au sol, à moitié sonné. Une dizaines de poignards, envoyés depuis l'ombre d'un arbre, le clouèrent au sol. Il tenta de se relever mais les lames étaient enduit d'un poison, qui durcissait lentement chacun de ses muscles un à un. Si la liqueur mortel atteignait son cœur, il sombrerait.

Marc se dirigea vers son ami, mais une voix l'interrompit :

- Tu as une puissance de guérison extraordinaire, ne gâche pas ce don et rentre dans les rangs. Ton colonel n'est finalement pas si puissant, prends sa place et vit.

Il ne se retourna pas, et avança malgré la proposition.Il constata médusé, lorsqu'il soigna son ami, que le Roi et sa garde se contentèrent de partir, sans engager de combat. Le lendemain leurs visages étaient affichés dans toute la capitale.

Encore aujourd'hui, ils ne savaient toujours pas pourquoi, ils étaient partis d'une telle manière, se contentant d'avis de recherche. Mais lorsqu'il parla de sa haine sans limite à l'égard du Roi, elle n'eu jamais vu une telle expression sur Marc, elle en avait presque des frissons.

À la suite de cette discussion, concernant le village de Valssas, Marc demanda à Aurélie si elle ne les haÏssaient pas. Il lui avoua qu'il avait longueument réfléchit avant de lui raconter cette épisode de sa vie. Il redoutait énormément sa réaction.
À son grand étonnement, elle ne sembla que très peu affectée par cette nouvelle. Elle lui dit qu'elle n'avait aucune raison de leur en vouloir, ils n'étaient en aucun cas responsable de ce massacre.

Marc, bien que stupéfait par cette annonce en fut soulagé. Il était si heureux de savoir qu'Aurélie ne leur en voulait pas que rien d'autre n'avait d'importance.

Dans la frénésie de son sentiment de délivrance il enlaça Aurélie. Cette dernière fut d'abord surprise, puis le serra à son tour contre elle. Encore la tête contre son épaule, il finit par demander à Aurélie si elle voulait bien lui raconter pourquoi elle était recherchée par l'armée.

Elle eut soudainement l'envie de vomir. Son cœur frappait violemment dans sa poitrine, ses mains commençaient à trembler. Elle ne voulait pas mentir à cet homme qu'elle appréciait énormément, mais comment pouvait-elle lui avouer après ce qu'il lui avait confié ? Comment lui dire qu'elle était la fille du Roi et s'était enfui ?

Elle ne put lui dire la vérité et s'en voulut énormément. Elle resserra son étreinte, et laissa couler d'amère larme le long de ses joues.

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