Chapitre 3

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Le lendemain tout était décidé, les affaires étaient pliées et rangées. Le nouveau trio partirait dès que les apparences de chacun seront modifier. Avant de commencer à lancer son sort, elle demanda si ils avaient des préférence concernant leur physqiue. Les deux répondirent avec un non de la tête.

Aurélie se concentra, commença à réciter la formule. Mhev et Marc sentait leur visage se tordre, s'étirer, leur bouche et leurs joues grossir et rappetisser, leur nez semblait s'allonger en tire bouchon. La sensation était étrange, comme lorsque votre grand-mère, quand vous étiez petit, vous tirez les joues. C'était le même effet, mais sur tout le visage. Mais bon tant que ça ne faisait pas mal !

À voir, c'était plutôt comique. Leur visage ressemblait à une pâte caoutchouteuse, avec laquelle des mains invisibles parraissaient s'amuser. Des millions de possibilitée d'yeux, de bouches, de couleur de cheveux et de nez, défilaient sur leur visage.

Le tout ne dura qu'une petite minute, et lorsque le sort fut fini, une petite poussière blanche étoilée de micro-cristaux jaunes, s'évapora dans les airs. Aurélie s'empressa de sortir deux petits miroirs devant les visages de Mhev et Marc. Elle attendait, gonfler de fierté, devant leur nouveau visage, qu'ils ouvrent les yeux.

Qu'elle ne fut la surprise des deux amis, à la découverte de leur nouvelle figure. Mhev avait toujours la peau grisâtre, mais ses yeux étaient maintenant plus grand, sa pupille était grise mais un voile jaune l'englobait, donnant à ses yeux une couleur magnifique. Ses cheveux étaient toujours aussi noir, mais ils étaient plus courts, et ses sourcils plus fins. Aurélie avait rendu son visage moins dur, et l'avait un peu affiner, des tâches de rousseur noires parsemait son visage.

Quant à Marc, sa peau était légèrement plus foncée, ses yeux étaient devenus bleu-turquoise, et il s'y trouvait deux tâches marrons. On aurait dit des tâches de rouilles, cela rendait son regard intriguant. Ses cheveux marrons, avaient, sur certaine mèches, faiblement blondis. Ils étaient aussi devenus un peu plus long. Son visage se trouvait quelque peu arrondi.

Les deux acolytes félicitèrent Aurélie pour son travail époustouflant. Ce qui vint grandir encore son égo. Alors qu'ils s'apprêtait à partir, Marc s'adressa à cette dernière.

- Tu ne changes pas ton visage ?

Aurélie sembla gênée puis finit par avouer.

- Eh bien, mon visage est déjà modifié...

C'était une très belle jeune fille. Son visage était fin, même si elle possédait de petites joues rondes et rosées, lui donnant un air enfantin. Elle avait un petit nez légèrement long. De son visage se dégageait une certaine grâce, sa peau blanche lui donnant des airs de poupée en porcelaine. Elle avait des yeux violets, quelque peu en amande, et de grand cils noirs. Ses sourcils couleur charbon durcissait un peu son regard. Elle avait une bouche charnue, qui faisait tourner la tête de bien des hommes. Ses cheveux étaient courts et noirs. Son visage était très expressif. Et malgré une douceur émanant de son visage, il y avait au fond de ses yeux une lueur très dure.

- Je me disait bien que c'était surprenant que l'armée ne te cherche toujours pas, dit Mhev.

Aurélie lui sourit poliment et ils quittèrent l'auberge.

Ils n'avaient pas quitté le village depuis dix minutes qu'Aurélie avait déjà commencé à poser des dizaines de questions. Cela énervait Mhev au plus haut point, elle ne voulait répondre à aucune des leurs. Et le pire était que Marc lui répondait gentiment. Les questions n'étaient pas trés intéressante, elles étaient de l'ordre de ce qu'ils aimaient ou non. Mais dans le principe il ne le supportait pas.

- Écoute Aurélie, si tu veux poser des questions pas de problème, par contre dorénavant, pour chaque question que tu poseras, on en posera une aussi. Et tu seras obligée d'y répondre, c'est clair ?

Mhev tentait de cacher sa colère, par respect pour son ami mais n'y parvenait que très peu. Quant à Aurélie, elle acquiesça et lui sourit, mais bouillait à l'intèrieur d'elle-même.

Pour qui se prend-t-il celui-là ? Qui pense-t-il qu'il est pour me menacer avec ses "c'est clair" ? Faut-il que je lui rappel grâce à qui il peut se promener tranquillement sans se soucier d'être reconnu ?, pensa-t-elle accompagnant le tout d'insulte à l'égard de Mhev.

Quelques minutes plus tard, lorsque Mhev se calma, chassant la colère de son esprit, il s'adressa à Aurélie.

Mais, avant qu'il n'ai put dire un seul mot, elle le coupa, s'empressant de poser sa dernière question.

- Où allons-nous ?

Mhev se stoppa, vérifia facilement une vingtaine de fois que personne ne se trouvait dans un rayon de cent mètres autour d'eux. Quand il eut fini, il fixa Marc, attendant son accord. Ce dernier lui sourit, l'invitant à tout lui révéler sans mensonge.

Mhev avait énormément confiance en l'instinct de celui qu'il considérait comme son frère. Bien qu'il avait toujours su que ce don était un peu réduit dû à sa naïveté.

Mais depuis qu'ils avaient retrouvé cette jeune fille, il éprouvait quelques doutes à l'égard de ce dernier. Il supsectait de plus en plus un sort de la part d'Aurélie. Mais la confiance qu'il mettait en son ami l'aveuglait et il finit par chuchoter à cette dernière :

- Nous avons réussi à nous dégoter une carte intéractive qui détecte l'ancien Q-G des Deabru Beltzac et nous savons aussi qu'un des anciens membres s'y trouve.

Son ton sec montrait qu'il regrettait amèrement d'avoir écouté Marc et de lui avoir révélé leur atout. Et si elle leur volait cette nuit ?

Mais Aurélie ne préttait pas attention à son intonation. Un milliard de questions fusaient dans sa tête : Qui était ce membre ? Comment avaient-ils réussi à se dégoter une telle carte ? Depuis quand les Deabru Beltzac possédaient un Q-G ?

Et alors que sa langue brûlait d'impatience de pouvoir toutes les poser, Mhev mit un doigt sur sa fine bouche rosée qui formait un sourire narquois. Il n'avait même pas besoin de parler, elle avait compris, c'était sa dernière question. Ce simple geste, montait qu'il avait pris sa revanche.

- À mon tour de poser des questions, dit-il en souriant et laissant échapper un petit rire.

Aurélie écoutait mais s'en voulait terriblement d'avoir posé des questions aussi inutile...

- Pourquoi recherches-tu les héros déchus ?

Une main sur l'épaule d'Aurélie, armés de ces fameux sourires et regard amicaux qui avaient déjà fait céder la jeune fille, Marc ajouta :

- Dit-nous la vérité, d'accord ? Nous te faisons confiance...

Elle aurait voulu mentir ; impossible face à la bonté de cet homme qui dépassait l'entendement.

Le visage d'Aurélie s'assombrit, sa voix joyeuse laissa place à une intonation tremblotante et hésitante.

- Je suis sûre qu'ils peuvent m'aider... Ma famille et mon peuple souffrent beaucoup à cause de mon père... Si cela continue...Ma mère...Elle sombrera...Ils sont mon dernier espoir...Je ne suis pas assez puissante.

À ces mots, ses yeux se tintèrent de fines goutelettes d'eau, qu'elle s'empressa d'essuyer, elle releva la tête immédiatement après, affichant une volonté et une détermination à toute épreuve.

Cette subite confession dont elle avait fait part mit un froid, une gêne. Après toute cette méfiance, elle décidait subitement de se confier, sans mensonge. Elle donnait une part d'elle-même, qui semblait lourde d'émotions, aussi facilement...

Mhev qui gérait très mal ses émotions, ne put poser d'autres questions, tant la gêne qu'il ressentait l'étouffait. Lui qui marchait devant le groupe, se mit petit à petit en recul. Il ne parla que très peu le reste du voyage, il n'était plus à l'aise.

Aurélie honteuse regardait ses peids. Elle sentait sa gorge se nouer, et la détermination qui l'avait envahit quelques secondes auparavant, se dissipait en un éclair. Elle n'éprouvait rien à part un sentiment d'humiliation sans pareille, elle sentait sur ses épaules le poids de son erreur dont, elle en était persuadée, ne s'en exscusera jamais assez. Allait-elle pouvoir, un jour, les regardaient à nouveau dans les yeux ? Quelle idiote elle était ! De tout le voyage elle ne parla plus, et ne leva presque pas la tête.

Marc lui, était partagé entre la joie qu'elle commence à se confier, et un vaste embarras. Il ressentais lui aussi cette ambiance malaisante. Et tentait comme il pouvait de la changer, mais en vain. Ni Mhev, ni Aurélie n'était réceptif. Chacun dans leur coin, osant à peine regarder l'autre en face. Ce qui augmentait ce climat glacial, torturant chacun des trois compagnons.

Ils arrivèrent rapidement, et dans un silence mortuaire, dans la ville médicale très réputée :  Freybay. Ils prirent une chambre chacun, et partirent se coucher sans s'adresser la moindre parole.

Ils y restèrent trois jours, Marc y fit quelques achats. C'était une ville connu pour son matériel magique médical de très bonne qualité. Les deux autres étaient la plupart du temps dans leur chambre,et ils ne sortaient que pour les repas du soir et du midi. Leurs conversation se limitait à de la politesse, dont s'émanait, malgré tout une certaine gêne.

Deux semaines étaient passées depuis ce petit incident. Ils se déplaçait d'auberge en campement de fortune, et leurs échanges se désarmorçait tout juste, en même temps que cet ambiance ambarrassante.

Ces dernières semaines furent longues et éprouvantes, pour le trio qui supportait une atmosphère lourde. Marc devenait fou à cause de cela, aucun des deux ne faisait d'effort. Lui voulait que tout s'arrange, mais Mhev et Aurélie s'enfermaient dans leurs bulles de gêne et de honte, et n'y changeait rien. Comment arranger une telle situation ?

Il passa des nuits à chercher des solutions mais toutes se soldaient par un échec cuisant. Les jours passaient et Marc perdait patience. Un matin, lors d'un enième repas silencieux, il s'énerva subitement et leur dit sur un ton menaçant :

- Écoutez-moi bien tous les deux, si vous ne parvenez pas à crever l'abcès et à améliorer cette ambiance, je ne reviendrai pas, dit-il en prenant sa malette et en quittant leur campement.

Mhev et Aurélie suivèrent Marc du regard jusqu'à qu'il ne devienne plus qu'un point à l'horizon. Ils n'en revenaient pas, cette annonce soudaine les avaient surpris, les empêchant de réagir de quelques manières que ce soit. Ils étaient réstés passif, le regard vide et commençait tout juste à réaliser.

Ils passèrent une bonne demie-heure, à se regarder dans le blanc des yeux sans qu'aucun ne sache quoi dire ou ne fasse le premier pas. Puis Mhev prit la parole, sûr de lui.

- Tu n'as pas à te sentir honteuse concernant ce que tu as put révéler. Il faut juste que tu comprennes qu'une telle confession venant de toi peut... surprendre. Je ne m'attendait pas à une telle chose, comme première réponse concernant ta vie. D'où ma réaction.

Aurélie semblait perdue dans ses pensées et finit par répondre avec un petit "je comprends". Il était presque automatique, elle n'écoutait plus. Elle réfléchissait à quoi faire, pour ne plus avoir à revivre chaque jour, à la vu de leur visage, l'humiliation passée. Elle se leva mécaniquement, sans vraiment savoir où elle allait, mais elle partait, les yeux vides. Et tandis qu'elle passa à côté de Mhev celui-ci la stoppa de sa voix.

- Je te demanderais une chose : fait semblant.

- Faire semblant... ?

- Oui, que tout s'est arrangé entre nous deux. Qu'on a crever l'abcès comme il dit. Au moins jusqu'à qu'on te mènes au Q-G, après on ne s'adressera plus la parole. Tu sais, si il te fait aussi aveuglèment confiance, c'est parce que, je pense, tu ressembles énormèment à son ancienne copine... enfin ton masque.

"Son ancienne copine" répèta-t-elle avec ses yeux toujours aussi vide et ses paroles automatisées et froides.

- Il l'appréciait énormèment...

Une lueur de vie commença à apparaître dans ses yeux et le brouillard dans son cerveau se dissipait petit à petit.

- Elle n'est plus de ce monde ?

Il hocha la tête,puis finit par dire, doucement :

- Tu apprécie Marc, alors s'il-te-plaît, par respect pour lui, peux-tu faire semblant jusqu'au Q-G ?

Mais alors que tout semblait calmement s'arranger, Aurélie sentit, que, derrière les tournures gentilles de ses phrases, Mhev n'en pensait pas un mot. De plus cette dernière phrase, n'était en rien une proposition, mais une obligation.

Ils se regardèrent tous les deux dans les yeux, comme deux bêtes sauvages, jaugeant si l'autre était un ennemi ou un allié. La tension grimpait au fur et à mesure que les minutes passaient. Et le calme que chacun avait su garder s'effritait, ils étaient prêt à se sauter dessus sans aucune hésitation. Chacun était persuadé qu'il pouvait anéantir l'autre avec une facilité sans pareille.

Dans cette ambiance électrique, leur cinq sens étaient aux aguets, plus aigusées qu'il ne le saurait jamais. Alors qu'ils allaient se bondirent dessus, griffes sorties, ils entendirent un léger craquement de feuilles. Quelqu'un était là, à les observer. Mhev tendit l'oreille, mais il ne pouvait décerner qui c'était.

En un regard Mhev et Aurélie se comprenèrent. Il se pouvait que ce soit Marc qui les observait, ils en concluèrent alors la même chose.

Alors qu'ils étaient prêts à s'entretuer, ils se serrèrent mutuellement la main, faisant s'évaporer, en un claquement de doigt, l'aura meurtrière qui avait envahi les lieux.

Ils attendèrent ensuite patiamment, le retour de Marc. Ce dernier, qui venait d'arriver, fut rempli de joie, quand, il constata que l'ambiance était devenue plus agréable et légère qu'elle ne l'avait jamais était.

Le reste de la journée se déroula à merveille, pour le plus grand bonheur de Marc.

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