Chapitre 1

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Les jours passaient, emportant avec eux toujours un peu de la motivation et de la détermination d'Aurélie. Elle perdait toute notion du temps : était-elle partie depuis une semaine, un mois, un an ? Elle sentait ses forces la quitter à chaque pas, à chaque respiration, à chaque pensée. Elle ne tiendrait plus très longtemps, elle le savait, mais elle se devait de continuer d'avancer avec cet unique but qui semblait s'éloigner d'heure en heure, disparaissant au fur et à mesure de sa tête. À cette vitesse, il ne deviendrait bientôt qu'un lointain souvenir.

Mais alors qu'elle luttait pour rester debout et s'efforçait d'avancer, son corps ne tenant plus elle s'écroula, inconsciente, en plein milieu de la rue déserte en cette nuit noire d'hiver.

Alors que le soleil se levait dans le ciel, et que les marchands et divers autres magasins se préparaient à l'accueil des futurs clients, deux hommes passèrent par là, virent le corps à moitié mort d'Aurélie gisant dans la rue.

L'un deux s'arrêta, inspecta son corps meurtri, s'assied et commença à la soigner avec le peu de matériel qui se trouvait dans sa mallette. Le deuxième voyant qu'il n'était plus suivi, fit demi-tour.

- Qu'est ce que tu fait ?

- Je la soigne, cette jeune fille est très mal en point, je me dois de m'en occuper.

Il souffla un grand coup, puis prit délicatement le corps d'Aurélie.

- Tu seras plus à l'aise pour la soigner, au chaud dans l'auberge. Mais arrête de soigner des inconnus comme ça, un jour ou l'autre ça nous attirera des problèmes.

Marc sourit, il savait que Mhev ne supportait pas qu'il soigne tous les malades qu'ils rencontraient. Mais il était médecin et c'était là son devoir.

Lorsqu'Aurélie ouvrit les yeux, elle se trouvait allongée dans un lit douillet, envellopée de plusieurs bandages, elle ne parvenait pas à bouger, le moindre mouvement irradiait son corps d'une douleur terrible. Un homme entra alors dans la petite chambre, un sourire bienveillant se lisait sur son visage fin. Aurélie paniqua, elle ne savait pas où elle était ni comment elle était arrivée ici, qui etait le jeune homme qui venait d'arriver ? L'avaient-ils retrouvée ? Devrait-elle y repartir ? Un flot de question l'envahit faisant monter son angoisse.

- Je suis ravi de te voir réveillée, dit-il en s'approchant d'Aurélie

Elle recula péniblement et dans ses yeux le jeune homme lut clairement une peur étouffante. Elle ressemblait à un animal pris au piège, il vit qu'elle voulait s'enfuir mais qu'elle peinait désespérément à bouger.

- Ne t'inquiète pas je ne te veux aucun mal, dit-il en reculant, je me nomme Marc, je t'ai trouvée évanouie dans la rue et je t'ai soignée. Et toi qui es-tu ?

Aurélie ne répondit pas et chercha un moyen de s'échapper, malheureusement la petite chambre ne possédait aucune fenêtre et la seule porte existante se trouvait derrière le jeune homme.Un silence pesant, rempli par les craintes d'Aurélie, qu'elle ne parvenait pas à cacher, engloutit la pièce pendant une minute, qui sembla une heure.

Elle voulut crier en le voyant s'approcher, mais aucun son ne sortit de sa bouche, la peur montait en elle de plus en plus, accentuant sa douleur physique, elle sentait la moindre blessure aussi infime soit-elle.

- Je dois changer tes bandages sinon tes plaies vont s'infecter. Tu sais, tes plaies ne sont pas communes, elles s'infectent plus vite que la normal.

Marc voyant que la jeune fille ne se calmait pas, sortit une petite boule faite de verre, dont on pouvait voir une étrange poudre à l'intèrieur. Lorsqu'il l'ouvrit, un grand halo violacé entoura la pièce et paralysa Aurélie. Elle sentait que la douleur qui, il y a quelques instants, la ravager, semblait maintenant s'estomper. Ses yeux devenaient de plus en plus lourds et elle finit par tomber de sommeil. Marc qui venait de l'endormir en profita pour nettoyer les diverses plaies qui parcouraient le corps d'Aurélie et changer les bandages. Mais ces plaies l'inquiétaient beaucoup et il en avait rarement vu de telle, elle semblaient impossible à guérir. En effet, les plaies ne se refermaient pas, malgré la présence de souture. Elles semblaient même à l'inverse s'ouvrir de plus en plus.

Il profita du sommeil dans lequel il avait plongé Aurélie pour faire part de ses tourments à son ami.

- Mhev, il faut que tu vienne voir les plaies de la jeune fille, je ne pense pas que ce soit des plaies communes.

- Qu'est ce que tu veux dire ? Et puis je ne vois pas en quoi je pourrai t'aider étant donner que je n'y connais rien en médecine.

- A vrai dire pour moi, cela n'a aucun rapport avec de banales blessures causées par une arme magique ou non, elle semble plutôt faire l'objet d'une malédiction, et comme c'est toi l'expert en magie...

A ces mots, Mhev se leva du siège du bar, monta les escaliers et se dirigea vers la petite chambre. Il souleva la couverture, enleva les bandages d'Aurélie et découvrit avec effroi les plaies de celle-ci. Elles semblaient profondes et étaient entourées de marques violettes foncées et noires qui grandissaient à vu d'œuil. Son corps donnait l'impression qu'il était entrain de se faire engloutir par ces marques.

Les points de souture, se décolaient devant ses yeux, puis flottaient dans les airs, entourés d'une petite bulle noire. Les veines proches de ces marques, grossissaient à vue d'œuil. Et pour cloturer le tout de nouvelles micro-plaies remplit de pus apparaissait un peu partout.

Cela ne faisait aucun doute il s'agissait bien d'un sortilège. Il chercha alors la marque rouge, le pentacle d'où partait n'importe quel sortilège et qui était spécifique à chaque mage. Il découvrit un pentacle qui l'inquiétat particulièrement, celui des mages de l'armée. Il sentit une puissance phénoménale s'en échapper.

- La malédiction qui la possède est très puissante, ses plaies ne pourront pas guérir tant qu'elle est possédée. De plus, j'ai l'impression que la malédiction se nourrit de son énergie vitale. Sa fin est...

Marc le coupa :

-Tu penses que tu peux faire quelque chose pour la sauver ?

Mhev se retourna, planta ses yeux noirs dans les yeux marrons clairs de Marc. Sa voix était dur et on pouvait sentir une certaine colère.

- Je t'avais dit qu'il fallait arrêter de secourir des inconnus, on risque d'avoir de gros problème avec l'armée... en plus de ceux que l'on a déjà.

L'altruisme de Marc l'exaspérait souvent, mais là, ce dernier risquer de leur attirer des problèmes, et ça il ne le supporterais pas. Mhev n'était pas cruel mais il était assez égoïste.

Marc était un jeune homme discret et timide, qui n'élevait jamais la voix, il admirait énormément Mhev et écoutait constamment ses ordres, mais cette fois-ci la vie d'une personne était en jeu, il était prêt à tout pour qu'il la sauve.

- Mhev je sais que ta magie est très puissante, tu peux la sauver, donc tu va la sauver et...

Celui-ci coupa Marc d'un ton sec, son visage était dur et fermé à toute discussion.

- Je crois que tu ne comprends pas la gravité de la situation. Si l'armée à décider d'utiliser un tel sort, ce n'est pas pour rien. Cette jeune fille à dû mettre son nez là où elle ne devait pas, en plus si je romps une telle malédiction, le mage en question le saura et pas question que je me batte avec une telle magie. Quand on s'attaque à l'armée on doit savoir à quoi s'attendre, tant pis pour elle si elle n'avait pas les épaules assez solide pour ses projets.

Sur ces mots, Mhev s'apprétait à partir et alors qu'il franchissait le pas de la porte, Marc attrapa violamment le bras de son ami. Il était méconnaissable. Encore jamais Mhev n'avait vu une telle expression sur son visage. Ses yeux étaient mençants, sa voix grave portait une profonde colère. Il dégageait une puissance nouvelle et inquiétante. Une atmosphère sinistre et pesante submergea la pièce.

- Je crois que c'est toi qui ne comprends pas la situation. Si j'avais tenu un tel discours il y a quelques années, et ne t'avais pas sauve malgré l'interdiction de l'armée, me souciant plus de ma situation que celle d'un mourant, où serais-tu à l'heure actuelle ? N'étais-tu pas toi même à une époque, nullement à la hauteur de tes projets ? Je pense que tu devrais sérieusement réfléchir à ce que tu vas faire maintenant.

La main qui aggripait le bras de Mhev, serrait de plus en plus fort, commençant à lui faire très mal. Plus les minutes passaient, plus il semblait s'échapper des yeux de Marc, une violence qui s'approchait presque de celle nécessaire à un meurtre.

Mhev se retourna, fit un grand sourire à Marc et souffla.

- Qu'est ce que tu peux être agaçant quand tu as une idée en tête. Je vais l'aider ta mourrante, mais par contre c'est toi qui gère les problèmes avec l'armée aprés.

Marc lacha immédiatement le bras de Mhev et son visage redevint innocent et gentil aussi vite qu'il avait changer. La pression qui était montée en un fraction de seconde redescendit aussi vite. Les deux compères firent comme si rien ne s'était passé et Mhev s'attela a sa tâche.

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