II

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II


Je n’ai pas envie de forcer la lourde porte d’entrée et alerter les voisins ou les occupants de la maison, quels qu’ils soient. Je contourne la battisse. D’un bond, je passe la clôture et me retrouve sur l’herbe humide du jardin. Il fait sombre, mais j’ai l’avantage de voir assez bien dans l’obscurité. Tout est calme, trop calme. Je hume l’atmosphère. L’adrénaline aiguise mes sens. Mais, je ne remarque rien sauf peut être une petite odeur de, chèvre ? Je gravis les trois marches du perron, je m’approche de la porte. Des barreaux d’acier condamnent l’accès. De même pour les fenêtres. Je prends du recul et je constate le même schéma pour l’étage. Je n’ai pourtant pas l’impression de me trouver dans un quartier où règne une délinquance démesurée. Les propriétaires n’ont pas envie d’être dérangés ou, pire, de laisser sortir Clarisse. Je scrute le coin dans l’espoir de repérer une ouverture. Rien. L’impatience me gagne. Je grogne. L’envie d’arracher cette grille me gagne. Je sais que je peux le faire. Je saute vers la porte. Je saisis la grille. Mais non, je ne dois pas. Le vacarme peut mettre Clarisse en danger. Frustré, je me retire. Tel un animal en cage, je tourne en rond au milieu de la pelouse. Je remarque une petite cabane en bois au fond du jardin. N’ayant pas mieux à faire je décide de l’explorer. Qui sait ? Avec un peu de chance, les clés seront accrochées au mur.

Je m’avance. L’odeur de chèvre devient irrésistible, alléchante. Ma production de bave s’amplifie. Mon estomac m’alerte sur le vide qui y règne. Dissimulée par cette remise se trouve une chèvre. Et, cerise sur le gâteau, cette dernière est retenue prisonnière par une corde, attachée à un arbre. Ce n’est plus de la chance, la petite bête est là pour moi. L’adorable créature, aphone, tremble comme une feuille. Elle aussi, m’a senti. Une dantesque envie de me repaître de ses entrailles m’assaille. Mais non, je ne peux pas, je dois sauver Clarisse. Je me détourne. Néanmoins, je pense qu’un peu de protéines ne seraient pas de trop. Je n’ai pas envie de m’évanouir devant la belle si la situation devient sportive. Je bondis sur la biquette qui n’émet toujours aucun son. Cela m’arrange. De la patte gauche je la saisis par le cou. Et, je serre, je serre. J’éprouve du plaisir à contempler sa vie s’évaporer ou plutôt, ses yeux, se révulser. Bon, ce n’est pas tout ça, il faut manger. J’enfonce une griffe au niveau de son poitrail. La blanche robe se teint de rouge. Je descends la griffe lentement vers le bas. Je l’éventre sans précipitation. La chaude tripaille s’échappe, piano. Je ne tiens plus. J’abrège ses souffrances. Je la décapite avec les crocs. Je fourre ma gueule dans la béance de sa panse. Je mâche, je croque, je déchiquette. L’estomac rempli, l’animal n’est plus qu’un emballage vide. Je jette la carcasse, sans respect, sans regret. Cette frénésie m’ôte toute raison, la faim est mon marionnettiste et après tout, je suis un monstre.

L’esprit plus clair je retourne vers la cabane. La vieille porte grince mais s’ouvre sans peine. La lune éclaire l’endroit par une unique lucarne crasseuse. Les araignées ont pris possession des lieux et refait la décoration. Mais ça, c’était avant. Avant que je ne franchisse le seuil. Arachnides, rats ou autres nuisibles ont pris la poudre d’escampettes. Le loup est entré.

Cependant, je flaire une odeur. Je soupçonne un chien. Je fais silence, j’écoute. Je perçois un grondement. Je sonde les ténèbres. Tout à coup, une énorme masse noire se jette sur moi. Pris au dépourvu, j’accueille la bestiole dans les pattes. C’est la première fois qu’on me cherche querelle depuis que j’ai revêtu mon costume de super héros de la nuit. Ce canidé est très courageux ou, fou. L’assaut me fait chuter. Je me relève aussitôt, prêt à en découdre. Mais, l’animal qui se tient en face de moi, les babines retroussées, les yeux injectés de sang et de la bave à en revendre, semble tout droit sorti des enfers. Ce cerbère est presque aussi inquiétant que moi. Je ne suis donc pas la seule entité malveillante des environs. Je me prépare à l’affrontement. Tu ne sais pas à qui tu as affaire mon petit toutou. Mais, soudain, un sifflement. Je ressens une vive piqûre dans le dos. Je rugis. Je tourne la tête, mais je ne peux pas déceler la cause de cette douleur. Cette dernière s’amplifie. Ma vue se trouble, je perds mes repères, le paysage tourbillonne. Je m’écroule.

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