3.

2 minutes de lecture

Elle était si belle, ç’en était déroutant. Il ignorait depuis quand il la regardait, mais voilà un moment qu’il n’avait pas bougé. Il la contemplait d’une expression qu’on ne lui connaissait pas, un air béat. L’un de ses sbires s’approcha, virevoltant pour voir qui serait sa nouvelle proie, mais un vent glacial le repoussa méchamment. Alors, le Prince des Ténèbres avait reporté son attention sur cette délicieuse enfant. Ayant repris ses esprits, l’angelot s’avança légèrement, regardant la source d’intérêt chez son maître. L’air ambiant devint de moins en moins étouffant, et une légère brise tiède vint caresser les ailes pourpres de la bestiole démoniaque. Elle aurait certainement été surprise par ce changement de température, si ça n’avait pas été récurrent. Aussitôt elle rejoignit ses camarades. Ils grognaient, constatant les changements. Si la dernière fois une simple pousse avait éclot, s’était à présent de nombreux petits tas d’herbes qui germaient. Et dans la voute céleste, un point lumineux était discernable, bien que lointain. Les choses changeaient progressivement, et c’était dû au Voleur d’âmes qui lui-même devenait étrange.

Au fil des jours, ce monde de néant s’était peu à peu transformé, et ses habitants également. Un profond mécontentement grondait— habitués à vivre dans la peur et la misère, et leurs âmes ayant été entièrement consumée, l’idée que leur monde devienne progressivement un Eden ne leur plaisait pas du tout. Et c’est pourtant ce qui était en train d’arriver. Le Prince des Ténèbres sentit lui aussi que le vent était en train de tourner en sa défaveur. Et c’était à cause de cette fille, cette créature tout droit sortie de son Paradis personnel. Qui avait envoyé cette séraphine ? Il l’ignorait, mais il avait néanmoins compris qu’elle causait sa perte. Voilà des jours que personne ne s’était uni à sa collection, des jours que les âmes en peine se rebellaient contre les Dévoreurs, des jours que cette grosse boule de feu irradiait et réchauffait son monde. La pluie n’était plus fatale, au lieu de ça, elle nourrissait le sol, le rendant fertile, et apaisait ses victimes. Et ce vent de mutinerie qui s’imposait au fur et à mesure… il fallait y remédier.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Camille Ardanerre
Et si Scribay servait de couverture pour une organisation maléfique ?
13
28
7
2
Défi
justeuninstant
Quand la petitesse veut se faire grandeur et que les hommes tendent à se faire petit, voici le récit de la tendre Hannah.
1
0
0
4
Marion Lou

Une plante me regarde et me parle. Alors je l'entend chanter du plus profond de son coeur.
Un sourire sur un visage m'affole et me console.
Un enfant perdu me regarde d'un air assuré et confiant en la vie.
Un homme demeuré se met soudain à chanter Socrate.
Une femme en poussette est tirée par son enfant.
Alors, doucement, je parle avec ma plante, la berce dans mes bras, et la remercie pour tout ce qu'elle m'a offert.
Merci pour l'amour qu'elle me donne au quotidien,
Merci pour le rayon de soleil qui me caresse doucement le visage le matin lorsqu'il se lève.
Enfin, merci d'oser exister, tout simplement.
Je vous aime.
Bonnes fêtes à tous!
1
0
0
1

Vous aimez lire Némésis317 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0