Track 16- Just A Glass

15 minutes de lecture

Mon visage était simplement en feu, mes pommettes surchauffant, cachées derrière mes deux paumes. Mes yeux étaient ouverts en grand à la suite de ce qu'il avait put me dire, et lorsqu'il eut terminé son monologue, mon corps entier s'était tendu. Je savais qu'il l'avait senti car il avait quitté le creux de mes bras pour se tenir face à moi, se tenant sur un de ses coudes. Il me regarda un instant avant de baisser les yeux mollement vers ses pieds qui pendaient dans le vide. Mon cerveau, pendant ce temps, était en surchauffe totale, et mon corps entier était soudainement prit d'un frisson. Mon cœur était serré face à tant de révélations, il était brisé qu'il ait eu à faire face à tant de questions ces dernières années en ce qui concernait l'amour, mais ma tête, dans un de ses petits coins, ne cessait de me répéter une seule et unique chose : 'Qu'est-ce qui te fait croire que tu es différent des précédents ? Différent d'Ivan ? Louis a toujours su manier les jolis mots, et maintenant que tu lui as donné ce qu'il voulait, tu n'auras plus aucun intérêt. Moi ? Lui avoir redonné goût à la musique ? Connerie !'. Et ces pensées me tuaient à petit feu. Or, lorsque j'avais remarqué que ses joues étaient largement inondées de larmes, j'avais rapidement éloigné ces pensées, les écrasant sous le poids de mes sentiments. Or, comme un vicieux petit ver, elles s'enfoncèrent simplement un peu plus loin dans mon cerveau, et je savais qu'elles finiraient par me causer des soucis. Mais, à cet instant, les yeux rougis de mon amant comptaient plus que tout. Lorsqu'il me regarda de ses grands yeux verts, dont un reflet bleu venait soudainement caresser son iris, je n'avais pu croire qu'il ne voulait qu'une seule et unique chose de ma part. Mon front s'approcha alors, et rencontra le sien. Il eut un léger sursaut avant qu'il ne ferme fortement les yeux. De si près, j'avais senti que son souffle était encore haché, secoué par des sanglots internes, et soudain j'avais ressenti sa douleur.

« Je ne te pense pas faible, Louis... »

Il rouvrit délicatement les yeux, me regardant, incertain. Mes mains prirent alors son visage en coupe, un sourire ourla mes lèvres, et enfin, il sembla soulagé. Il glissa lentement son visage dans le creux de mon cou et il s'y lova pendant quelques temps. Quelque chose me frappa lorsque mes mains se refermèrent sur son corps, l'amenant tout contre moi. Ces airs de dur, de grand passionné de la musique, ces airs charismatiques, avaient été grandement abîmés par jugements et rumeurs, et il s'était caché derrière une personnalité qui ne lui convenait pas. Il n'était pas un être froid, dur et sans craintes, il était aimant, tendre, et délicat. Il ne voulait qu'une seule chose, qu'on comprenne le fond de son cœur, mais en même temps il avait peur de l'ouvrir à nouveau. Ce cœur était délicat, faible, si facilement abîmé, et la seule fois où il avait bien voulu se dévoiler, la personne qui avait vu ce cœur l'avait méprisé, torturé, pressé entre ses doigts avant de le percer à grands coups de remarques insoutenables. La poitrine du jeune français s'était réparée comme elle le pouvait, et ce pauvre cœur s'était recroquevillé tout au fond... mais moi... à moi, il avait bien voulu se rouvrir... j'étais sincèrement chanceux... mais en même temps j'avais peur.

Toute la journée, mes doutes n'avaient fait que me suivre, pourtant, de son côté, Louis était radieux. Sa crainte de solitude semblait s'être envolée lorsqu'il se rendit compte que malgré son discours je n'avais pas fui, et il supportait un peu mieux l'idée que je sois présent lors de la réception du soir-même. Il s'assura lui-même que je sois présentable, que je sois à mon aise, et surtout il m'aida à faire le bon choix de tenue. Il m'avait fourni un de ses anciens costumes, l'un de ceux qu'il avait fait sur mesure lorsqu'il était un peu plus jeune que moi, et la tenue me sciait plutôt bien. Les épaules étaient un peu larges, car il avait toujours eu une envergure plus large que la mienne, mais malgré tout, je n'avais pas l'air ridicule. Ne me sentant pas confortable à l'idée de porter une cravate ou un nœud papillon, tout comme le soir de l'opéra, nous avions décidé que j'allais opter pour une chemise entrouverte sur le haut de mon torse, révélant assez de mes clavicules sans pour autant que ce soit déplacé pour sa famille.
Ainsi, lorsque la soirée commença enfin, on entendit la porte sonner à plusieurs reprises. La fête commença en bas, dans le grand salon, peu de temps après, et c'est lorsque Louis entendit qu'il y avait plus de voix, qu'il se tourna vers moi, réajustant la manche de son costume.

Comme toujours, il était radieux, ses cheveux bruns coiffés à la perfection, ses grands yeux verts étaient rieurs, sa bouche était ourlée dans un magnifique sourire, et il portait un costume fait sur mesure qui lui allait à la perfection. Sa taille était cintrée par chemise et veste, sans oublier son veston serré sur son corps. Ses jambes étaient moulées dans un pantalon droit qui épousait les formes de ses muscles, sans oublier que dans sa poche il avait glissé une magnifique fleur blanche, pure, pâle... Je l'avais regardé avec autant d'amour que de tristesse, le cœur encore serré par ses révélations. Je savais qu'il avait vu mon changement d'expression, et donc il serra ma main aussi désespérément que fort pour m'emmener vers la porte de sa chambre.

« On y va ?... »
Réajustant mon blazer, j'avais hoché de la tête, serrant sa main en retour. « Ne t'éloigne pas de moi... » lui murmurai-je
Attendrit, il me ramena au plus proche de lui. « Promis... sur ma... vie... »

Il détourna le regard, s'avançant dans les couloirs parfaitement cirés pour l'occasion. Il nous fit descendre les escaliers lentement et lorsque je pus apercevoir les hommes et les femmes qui se tenaient là, j'avais vite compris que je n'étais pas dans mon monde. Tous portaient des vêtements parfaitement coupés, de marques de luxe, sans oublier leurs dizaines de bijoux et montres en métaux précieux. Je n'avais guère compris pourquoi le père de Louis avait tant insisté pour que je participe à cette soirée, mais une chose était certaine, cela ne sentait pas bon...
Louis me guida dans le grand salon où tous discutaient autour d'une flute de champagne, avant qu'enfin il ne m'emmène aux côtés de sa mère. Celle-ci se précipita vers nous lorsqu'elle nous aperçut, ses longs cheveux blonds flottant dans l'air avant qu'enfin elle ne pose ses deux mains pâles sur mes épaules. Elle semblait aussi ravie que fascinée par mon allure, et elle apposa un tendre baiser sur ma joue. Étonné, j'avais tourné mon regard vers Louis, qui, mal à l'aise, avait simplement saisit deux flûtes de champagne sur le plateau d'un des serveurs qui passait par là. Ainsi, lorsque sa mère s'éloigna de mon visage, il posta le verre devant mes yeux, souriant doucement.

« Rien qu'une coupe. »

Mal à l'aise de refuser, j'avais saisi la coupe, suivant ensuite sa mère qui nous avait donné des instructions en français. Louis, agacé, m'avait pris la main pour me guider jusqu'à ce que nous arrivions juste devant le père de Louis. Il était entouré d'un bon nombre de jolies femmes et d'hommes séduisants. Tous avaient des yeux aussi clairs que le ciel, ou aussi profond que des pleines vertes. Leurs cheveux étaient des champs de blés, et leurs peaux, de la porcelaine. Ils me regardèrent tous tenir maladroitement ma coupe, mais ils n'avaient pas l'air condescends ou mal à l'aise. Non. Ils me saluèrent tous, me félicitant dans un japonais aussi approximatif qu'adorable, me souhaitant longévité, bonheur, et chance. Étonné, j'avais osé sourire pour la première fois de la soirée, et le père de Louis en profita pour se tourner vers moi, glissant une main sur mon épaule.

« Tout se passe bien jusque-là, Akihiko ? »
« Parfaitement bien, monsieur. »
Il se renfrogna, posant ses paumes sur ses joues. « Pas de monsieur avec moi ! Appelle moi Yvon ! »
« Yvon ? » avais-je répété avant que je n'entende un grand soupir attendrit se répandre autour de moi. Louis, le premier, me regardait avec des yeux dégoulinant d'amour. Sa famille, murmurait dans leur langue, mais ils semblaient étrangement attendris.
« Ton accent est simplement adorable ! » avoua le paternel avant que sa femme ne se penche vers moi.
« Et moi je m'appelle Madelaine, alors pas de madame ! »
J'avais hoché de la tête, ne voulant pas provoquer une autre vague de malaise en essayant de prononcer un tel prénom.

Je m'étais alors tourné vers Louis, qui s'était caché derrière sa coupe, si amusé par mon malaise face à la réaction d'attendrissement de ma famille, et c'est alors qu'un bras tomba sur mes épaules. Mon visage se redressa vers celui à qui appartenait se bras, m'attendant étrangement à trouver là Hiro car il était bien le seul à avoir ce genre de manière envers moi, mais mon visage tomba sur le profil d'un garçon que je n'avais jamais vu auparavant. Il avait un air si différent de Louis, et pourtant un fort air de famille. Le nouvel arrivant avait de nombreux piercings aux oreilles, des cheveux teints dans un magnifique gris cendré, mais la structure de son visage, ainsi que ses grands yeux verts étaient simplement identiques à ceux de Louis.

« C'est donc celui dont on parle depuis déjà deux heures... » Commença-t-il avant de me regarder droit dans les yeux.
Avant que je ne puisse rétorquer, Louis fronça les sourcils. « Qu'est-ce que tu veux ? »
Le cendré se renfrogna, posant son menton sur mon épaule alors que ses mains glissaient le long de ma taille. Mon corps se tendit immédiatement, mes lèvres se plissèrent, mais je ne pus retenir un profond frisson dans le bas de mon dos. « Il est adorable... je suis étonné que tu l'aies amené. »
Louis s'était rapidement saisit de ma main, me ramenant contre lui d'un air surprotecteur. « Je sais ce que tu penses, Axel. Et je ne le permettrais pas. »
Le fameux Axel se redressa se saisissant de ma coupe de champagne, il l'avala d'un trait, léchant sa lèvre d'un air assoiffé. « Tu as intérêt à garder l'œil bien ouvert alors... »

Il s'éloigna finalement, amusé. Il abandonna ma coupe sur une table au passage, et mains dans les poches il disparut dans la foule. Mon regard tomba dans celui de Louis qui semblait furieux, ses yeux plissés à l'extrême. Je n'avais rien compris à la scène, mes mains tremblant aussi fort que possible. À cet instant, je savais qu'il fallait que je le sorte de cette colère et donc j'avais tiré sur sa cravate pour attirer son attention. Ses yeux tombèrent dans les miens et je lui avais souris largement, tentant de faire tout mon possible pour avoir l'air calme.

« Je peux ravoir une coupe ? Comme j'ai pas pus finir la mienne ? »
Il sembla amusé et il appela un serveur en Français. L'homme approcha et montra les différentes boissons devant moi. Il me parla à nouveau en français et lorsqu'il vit mon air un peu intrigué, il se mis à bafouiller en anglais. Mes yeux se firent plus ronds encore, et donc Louis se pencha vers les différentes coupes.
« Tu préfères quoi, Aki ? Il propose du champagne, du vin rouge ou blanc, ou des cocktails sur demande. »
J'avais mordu ma lèvre, me tournant vers Louis. « Je peux goûter à tout ? »
Louis pouffa et se saisit alors de trois verres qu'il présenta devant mes yeux. « Très bon choix. D'ailleurs le vin rouge est Italien. »
J'avais roulé des yeux, saisissant donc ce fameux vin en premier. « Il sera forcément meilleur du coup. »

Louis sembla enfin à nouveau amusé, et donc il me guida vers un grand balcon pour qu'on soit un peu tranquilles. Une fois à l'extérieur, l'air frais du début de soirée vint souffler sur mon visage, me poussant à souffler longuement. Je lui avais donc souris, continuant de boire avec lenteur le fameux vin. En réalité, n'ayant que peu bu dans ma vie, je ne savais pas même dire s'il s'agissait d'un vin d'exception, seulement que j'appréciais sa douceur.
Il s'accouda sur le garde-corps et donc je m'étais approché, posant mon épaule contre la sienne.

« C'est pourquoi cette réception ? » avais-je demandé.
« Une réunion de famille. Mon père pensait que ce serait une bonne idée qu'enfin je présente quelqu'un. »
Immédiatement j'avais rougi, triturant mon verre. « Ta famille a l'air sympathique. »
« Ne te laisse pas tromper... » Il avala une gorgée de sa propre coupe de champagne avant de que je ne me redresse.
« C'était qui... ce garçon aux cheveux gris ? Axel... »
Louis se renfrogna mais il se tourna tout de même vers moi. « Mon cousin, le fils de la sœur de mon père. Un vrai trou du cul. »
J'avais hoqueté face à une telle vulgarité, venant de Louis sembla me sembla immédiatement extrême. « Je... Il avait l'air de te taquiner seulement. »
Il fut prit d'un soudain rire jaune. « Taquiner, hein ? Non... Il vaut mieux que tu restes loin de ce type. »
« D'accord... si tu le dis... »

Nous retombâmes dans un silence prit entre la gêne et l'agréable, et j'en avais profité pour descendre mes trois coupes. Le ventre encore vide, car aucun diner n'avait été servis, j'avais vite senti l'alcool me monter à la tête. Je me sentais plus léger, plus joyeux, et la crainte d'être jugé sembla s'envoler. J'avais alors suivi Louis dans les différentes pièces, saluant jeunes comme adultes, sans me questionner plus que superficiellement. J'avais offert des sourires à mon amant chaque fois qu'il semblait agacé, et je savais qu'il était rassuré que je ne sois pas trop embêté par une telle démonstration de richesses. Il sembla même prendre un peu de confiance, et après un instant à chercher désespérément une certaine tante, il me demanda de me placer aux côtés de son père le temps qu'il aille voir cette dame un peu agaçante et rétrograde. À cet instant, je m'étais souvenu de sa promesse de toujours rester à mes côtés, mais je me disais qu'il n'avait pas eu d'autre choix, et que dans son père, se trouvait une petite partie de lui. Je m'étais donc tenu aux côtés de l'homme aux larges épaules, me balançant un peu sur mes pieds. Un peu euphorique, je souriais à tous ceux autour de moi, et ce même si je ne les connaissais pas, avant qu'enfin, ma main ne saisisse au passage une nouvelle coupe de champagne. Je l'avais bue avec joie, aimant de plus en plus le goût amer de l'alcool. Le père de Louis glissa son regard sur ma silhouette ; amusé.

« Tu ne dois pas boire souvent, ai-je tort ? » me demanda-t-il alors que j'avais ris doucement
« C'est vrai, mais ce champagne est particulièrement bon ! »
Il bomba le torse joyeusement « C'est un Champagne Français, cela explique pourquoi ! »
J'avais ris à nouveau, grattant mon menton « Quel grand patriote que vous faites ! »
Il fut pris entre l'agacement et l'amusement. Il se tourna donc sur lui-même avant de souffler un petit rire. « Oh, Axel ! Te voilà ! »
Mon regard se tourna directement vers le garçon qui s'était approché, un grand sourire aux lèvres. Immédiatement mes mains se plaquèrent sur mes joues, et j'avais osé ouvrir mes lèvres. « C'est le trou du cul ! »
Le fameux Yvon ainsi qu'Axel me regardèrent d'un œil intrigué, mais Axel, lui, n'avait pas cessé de sourire en coin. « Je suis là mon oncle. Avez-vous besoin de mon aide ? »
« Akihiko, a un peu trop bu, peux-tu le ramener à Louis ? »
Axel pencha la tête sur le côté. « Bien sûr... »

Le cendré passa une main autour de ma taille, me tirant vers lui pour me guider vers la foule. Je ne le quittais pas des yeux, intrigué par son allure, par la largeur de ses épaules, ainsi que la forme de son visage.

« Pourquoi tu ressembles autant à Louis ? »
Axel pencha son regard vers moi, léchant sa lèvre supérieure. « Je suis comme Louis, en mieux. Plus endurant, plus passionné, plus talentueux... Plus... tout... »
Mes yeux se plissèrent immédiatement alors qu'il avait passé le salon pour aller sur le balcon où bien peu de personnes se tenaient. Il me regarda dans les yeux pendant que je m'étais éloigné.
« Louis n'est pas là. »
« Mais moi je suis là... » Son index se glissa sous son menton, alors qu'il avait forcé mon regard dans le sien. Il avait une lueur ambrée au fond de son iris, elle semblait briller de malice, mais dans ses yeux je voyais ceux de Louis. C'était si étrange... « Il a toujours su choisir ses petits compagnons... mais je dirais que toi tu as une chose en plus... Une pureté... »
Mes joues gonflèrent fortement. « Je suis pas pur ! On a déjà fait l'amour ! »
Il se redressa, éclatant de rire. Ses yeux se remplirent de larmes alors qu'hilare il avait tenu son ventre. « Tu es adorable... Je comprends pourquoi Louis a craqué pour toi... mais on s'en fiche que tu aies couché avec lui une fois. »
« Moi je m'en fiche pas !! » avais-je hurlé alors, le faisant sursauter avant qu'une main ne se pose sur son épaule.
Le visage de louis apparu alors, tiré de colère alors qu'il avait serré ses doigts sur la chair de son cousin. « Axel... Dégage. »
Le grand cendré, ne voulant pas créer une scène, il s'éloigna sans demander son reste. Louis se tourna vers moi passant de la colère au rire soudain. J'avais ouvert en grand les yeux, attrapant ses mains pour les secouer. « Ton cousin est complètement obsédé ! »
« Et toi tu tiens réellement à dire à toute ma famille qu'on a couché ensemble ? »
J'avais gonflé les joues. « On a fait L'Amour. »
Il passa une main sur ma joue, le sourire aux lèvres. « C'est vrai... mais je crois que l'alcool c'est pas fait pour toi. J'avais jamais vu encore quelqu'un être éméché avec du vin et du champagne. »
« C'est qu'en réalité je bois jamais. »
« Je sais... »

Il se tut en souriant tendrement avant de me ramener contre son torse. Il me serra avec douceur, son nez se glissant dans mes cheveux avec une telle douceur que j'en avais eu le cœur tout retourné. Il glissa ses bras sur ma taille, et contrairement à lorsqu'Axel avait agi, j'avais senti un frisson de plaisir grimper dans mes hanches jusqu'à la base de ma nuque. Une révélation me secoua alors et je m'étais redressé.

« Tu avais promis de ne pas t'éloigner... »
Il pencha la tête sur le côté, l'air désolé. « Je sais... comment je peux me faire pardonner ?... »
« En me faisant encore l'amour. »
Prit de court, il se tendit immédiatement, soufflant finalement par la bouche. « Comment je suis censé résister à ce genre de demandes... après diner... dans ce cas. »

Heureux de sa réponse, j'avais sautillé jusqu'à l'intérieur pour à nouveau me tenir au plus proche d'un serveur. Louis s'était saisit de ma main lorsque j'allais prendre une autre flûte, mais c'est alors que je sentis une présence à mes côtés.

« Qu'y-a-t 'il, papa ? » demanda mon amant en me ramenant contre lui.
« J'aimerai discuter avec Akihiko, si c'est possible. »

Louis n'avait pas su refuser, et donc j'avais dû suivre le paternel jusqu'à une immense pièce qui s'ouvrait non loin du grand escalier en chêne. À l'intérieur, de nombreuses étagères et bibliothèques étaient remplies de livres magnifiques. Au fond, était disposé un grand bureau en bois noble derrière lequel s'installa le paternel. Il me demanda de m'installer face à lui dans un siège couvert de velours rouge. À cet instant, l'effet de l'alcool sembla s'estomper immédiatement pour être remplacé par une inquiétude grandissante. Son regard était plissé par un sentiment qui m'était inconnu, et lorsqu'il croisa ses doigts d'un air formel, je compris que je n'étais pas dans une position agréable.

« Akihiko... est-ce que tu connais notre famille ? »
« N-Non... »
Il se mis à sourire en coin. « Bien. Louis ne t'a rien dit ? »
« Non plus... »
« Bien. Tu prendras donc surement plus au sérieux ce que je vais te dire à présent. »
« Je... J'ai peur de ne pas comprendre... »
« N'entre pas dans les affaires de cette famille. Tu peux tourner autour de Louis autant que tu le veux, le voir enfin heureux me fait plaisir, et que tout soit superficiel ne te mets pas en danger. Mais ne cherche pas à trop en savoir, ne cherche pas à trop t'approcher de ce qui t'intrigue, ne questionne pas ce qui te semble incompréhensible, et surtout, ne mets pas Louis en danger en cherchant à trop en savoir. »
« Je... je ne comprends pas ! » avais-je bafouillé alors que le père avait posé à plat ses mains sur son bureau.
« Exactement. Ne. Cherche. Pas. A. Comprendre. »
Mon cœur se serra avec force et j'avais baissé les yeux. « Bien, Monsieur... »
Il sembla redevenir radieux, souriant largement. « Appelle-moi, Yvon, mon garçon ! »

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

valdomar
Une histoire de famille est le récit de la vie de Diego, adolescent élevé dans une famille homoparentale. Il met en scène la découverte de sa sexualité en prenant appui sur l'année scolaire 2012/2013 qui voit l'adoption de la loi sur le Mariage pour tous. C'est une romance à destination d'un public LGBT.
3212
978
1939
1190
Pom&pomme
Premier volet de la série Highland's lovers, voici De couleurs en parfums.

Mickaël est chef cuisinier dans un grand restaurant de Glasgow. Ecossais avec des racines françaises, il est sensuel, généreux, attachant.

Maureen est fleuriste, venue d'Irlande, installée depuis peu sur les bords de la Clyde. Elle est courageuse, sensible, curieuse.

Leur rencontre sera une ode à la vie, à l'amour, à tous les sens.



Cette histoire contient quelques scènes sensuelles, voire érotiques (mais tout est affaire d'appréciation).

Photo d'illustration "A Maureen", de Pom&pomme, Mull, juillet 2018, tous droits réservés
1603
1416
98
951
Gwenouille Bouh
Maxime est un génie. Ou du moins, il le pense. Il joue du piano depuis son plus jeune âge et a même intégré une prestigieuse école dans le but de devenir soliste. Toutefois, un violent désaccord avec son professeur manque de le faire renvoyer. Commence alors une douloureuse phase de remise en question : Maxime compte bien prouver au monde sa valeur ! Cependant, le retour de son frère, violoniste, ne lui rend pas la tache aisée. De plus, ce mystérieux voisin dont il admire secrètement la musique, pourrait bien lui mettre des bâtons dans les roues…
714
1005
1100
251

Vous aimez lire Igotbangtans ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0