Track 15- Past

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Désolée pour mon absence assez allongée mais je ne dessine et n'écris plus depuis que j'ai repris les cours. Mon école galère et déjà semaine prochaine j'ai des examens donc j'ai pas trop le temps de me consacrer à cette histoire malheureusement. Mais voici tout de même la suite :3

« Tu t'en vas déjà ? »

La présence à mes côtés s'était évanouie alors que je sombrais déjà dans un sommeil profond. Or, les mouvements, les froissements des draps, et la disparition de cette chaleur humaine avait immédiatement redressé mon corps en position assise. Mes yeux tournèrent dans la pièce immédiatement, le retrouvant se tenant débout au milieu de la pièce, terminant de refermer la chemise de son uniforme. Il ne m'avait pas même regardé, seulement, il avait ramassé sa cravate, un sourire moqueur aux lèvres.

« Tu sais parfaitement que je ne suis pas là pour t'offrir des tendresses, Louis... »

Je m'étais précipité hors du lit, le cœur au bord des lèvres, emmenant avec moi mon drap. Je m'étais dépêcher d'arriver à son niveau, serrant ses doigts dans le creux de la main pour forcer son regard noisette dans le mien. Sans même ciller il m'avait dévisagé, retirant sa main de la mienne pour lentement glisser son index le long de ma mâchoire. Il glissa contre mon torse jusqu'à la naissance de mon bas ventre, éloignant le drap au passage pour mieux dévisager mon corps nu. Il sembla amusé lorsqu'il me regarda de nouveau, un air malsain venant tirer ses traits.

« Je pensais pourtant qu'on était exclusifs et que... je me disais que... »
Il pouffa me faisant me figer. « J'en ai rien à foutre de tes sentiments, de ce que tu puisses bien penser aussi. Quand on a commencé à baiser je t'avais bien dit que je voulais pas de sentiments, mais rien que du sexe. Je viens des fois chez toi, tu me baise, et je me casse. Ça a toujours été comme ça, et tu peux te garder ton regard mielleux. » Il fit un regard dégoûté avant de quitter ma chambre, ne laissant derrière lui qu'une vague odeur de lessive.

Ce soir-ci, j'avais compris que sexe et sentiments n'étaient pas corrélés, et que j'avais été aveuglé par les jolies allures d'un joueur. Ses grands yeux rieurs, son sourire angélique, sa posture princière, tout cela n'était que des masques trompeurs qui étaient venus brouiller ma vue, qui avait tiré des sentiments hors de mon cœur pour mieux les briser et en enfoncer les éclats acérés à nouveau dans l'organe vibrant. Lorsqu'il quitta ma chambre, s'en allant en chantonnant presque, j'avais simplement détourné le regard, et je m'étais à nouveau écroulé dans mon lit. Les conclusions étaient difficiles à tirer, car elles étaient trop douloureuses, et mes nouveaux comportements n'avaient fait que m'enfoncer plus encore dans la solitude. Chaque fois que je sentais que l'on s'approchait un peu trop de moi, j'avais la peur viscérale d'être à nouveau le jouet d'un pervers s'intéressant simplement à mon corps. À la maison, les choses étaient plus compliquées encore entre papa et maman, et j'avais cette sensation de m'enfoncer de plus en plus dans une spirale infernale. Le lycée était devenu un lieu que j'avais appris à haïr, à fuir à tout prix.
À mon 17ème anniversaire, ma mère avait mis la main à la poche, filant dans un magasin de musique pour trouver ma toute première guitare. Elle avait observé ma chambre dont les murs s'étaient peu à peu assombris de posters de groupes de musiques en tout genre, mais une chose revenait chaque fois sur chacune des pages en papier glacé : un guitariste s'y tenait, fier. Elle me glissa dans les mains, pour commencer, une fender telecaster, noire avec des reflets verdoyants. J'avais adoré cette guitare, et chaque heure du jour, je ne pensais qu'à jouer de la musique.

Au retour après le lycée, durant le weekend, ou durant chaque pause déjeuner, je plaçais mon instrument entre mes bras. Les améliorations furent rapides, et j'avais vite eu l'ambition de jouer pour un public, de créer mon propre environnement. C'est alors que l'aura autour de moi changea. Le monde ne me percevait plus comme l'outsider froid et distant, mais comme le garçon au visage aussi magnifique que fermé, grand passionné de musique, intouchable, inatteignable, mais étrangement cela avait fait grandir ma popularité. Les filles tournaient leurs regards vers moi, penchaient leurs yeux dans mon col, suivaient les courbes de mon corps, et elles n'étaient pas les seules. Je voyais certains garçons prendre un air tout aussi affamé à ma vue, et étrangement, j'en avais été flatté. Or, mon cœur s'était durcit à l'idée que ce soit ma guitare, mes talents, qui attiraient le monde autour de moi, et donc j'avais cette sensation que jamais je ne pourrais répondre à quelque sentiment qui soit, et que prendre mon pied une nuit était suffisant. J'avais essayé, avec ce garçon qui était venu se rouler entre mes jambes après un petit concert avec mon premier groupe, mais lorsque j'avais enfilé le préservatif, mon cœur se serra. Je ne voulais pas devenir ce que j'avais détesté, je ne voulais pas briser quelqu'un comme j'avais été brisé, et j'avais fini par quitter la chambre. Je savais que j'avais mal agit en partant également, et la frustration et la déception s'étaient lues dans ses yeux remplis de larmes, mais je n'avais pas eu le cœur d'aller jusqu'au bout. Plutôt ça que de quitter la chambre alors qu'il était endormi...

Je l'avais salué, je m'étais même excusé, mais mon regard s'était fait étrangement dur lorsqu'il me hurla au visage. J'avais mal agi, je le savais, mais il avait mis une telle pression sur mes épaules que j'avais quitté son appartement en vitesse. Les jours suivants, l'air était devenu plus électrique encore autour de moi, et bien peu étaient ceux qui osaient passer au travers de ce nuage que je m'étais créé, et qui avait été renforcé par rumeurs et plaintes faites par les autres. Mais, un en réalité avait décidé de dépasser cela. Ce soir-là, j'avais déjà un an d'expérience en musique, et ce n'était rien en réalité, mais c'était assez pour qu'il soit satisfait de mon travail. À la fin de ma représentation, il avait planté son regard amusé dans le mien, secouant ses cheveux colorés devant ses grands yeux marrons. Il était grand, rien qu'un peu plus grand que moi, et les nombreux piercings sur son visage lui donnaient un air rebelle que j'aurais adoré m'accaparer, sans pourtant en être capable. La pression familiale avait fait que jamais je n'avais osé percer même mon oreille, en effet, il me fallait rester présentable pour nos anciens...
Passons...
Cet inconnu, ce soir-là, avait été mon nouveau sauveur, celui qui avait su voir au-travers des airs durs que l'on m'avait attribués, celui qui avait su me demander de le rejoindre dans une nouvelle aventure.

« Salut ! Moi c'est Hiro ! Pas mal ton passage sur scène, dis ! »
« Euh... merci... »
Il sursauta, la bouche en forme de cœur. « Tu es étranger !! trop chou ton accent ! »
Mon visage se tira immédiatement dans une moue étonnée alors que j'avais enfilé ma guitare sur mon épaule. Entre temps, j'avais su convaincre ma mère d'investir dans une nouvelle guitare plus précieuse, Mon Ibanez. « Je suis français... »
Il se redressa, tenant une caisse claire au bout du bras. « Tout se passe bien avec ton groupe ? »
J'avais haussé les épaules, regardant le groupe avec qui je jouais. « Le chanteur dit que je rogne sur sa popularité. »
Hiro était resté silencieux un instant avant d'être aussi direct que possible. « Je suis à la recherche d'un guitariste pour rentrer dans mon groupe. Laisse-moi t'inviter à boire quelque chose chez moi pour qu'on en discute. »

Évidemment, dès qu'il m'avait fait cette proposition, j'avais refusé, je ne le connaissais guère, lui et ses capacités derrière son instrument. Or, lorsqu'il m'amena à son appartement, j'avais vite changé d'avis. Je m'étais déplacé lentement dans la petite habitation, transporté par les douces vibrations d'un violon manié par un grand musicien. J'avais suivi chaque accord, et chaque mouvement, jusqu'à une pièce que j'avais ouverte lentement. Devant moi, s'était tenu un garçon, menu, étranger, et aux airs encore plus fermés que les miens. Il me regarda comme si j'étais dingue -et pour le coup il avait totalement raison- et il fit en sorte que Hiro me fasse quitter sa chambre. L'image de ce petit blond était longtemps restée derrière mes paupières, et même la nuit je revoyais ces grands yeux bleus qui ne faisaient qu'électriser mon être. Je le revoyais, faisant glisser son archet sur les cordes, les yeux plissés par le bonheur de s'exercer à sortir les bons accords. En effet, rien que sa passion m'avait poussé à accepter la proposition du batteur, dans l'espoir de peut-être entendre de nouveau ce jeune artiste.

Quelques jours plus tard, en effet, j'avais eu toute la chance de l'entendre de nouveau. Lorsque je le lui avais demandé, il avait bien voulu jouer pour moi, me donner des conseils musicaux, des conseils qui avaient encore plus fait avancer mes talents. Ce petit blond était toujours distant, charismatique derrière ses mauvais airs, mais il avait su faire de moi ce qui que j'étais. À la suite de ses conseils, les concerts étaient devenus soudainement bien plus vivants pour moi, j'avais appris à rire avec mon public, avec les membres de mon groupe, à créer une connexion avec toutes ces personnes que j'avais crues intéressées. Une chose pourtant n'avait pas changée. J'étais persuadé que celui qu'ils aimaient ce n'était pas moi, c'était mon instrument, et comment je le faisais sonner. En effet, les avances que je recevais, n'étaient jamais pour ma personnalité, pour celui que j'étais, et personne n'avait cherché à creuser ma personnalité pour voir qui était le vrai Louis. Ils me voyaient comme un guitariste prometteur. J'avais cru trouver en Ivan quelque chose de différent. J'avais cru qu'il me verrait plus comme un ami, qu'il me verrait comme Hiro le faisait... Or... Lui comme les autres... Ne voyaient que mon talent, que mes capacités à gratter des cordes tendues. Lorsqu'il me confia ses sentiments, je n'avais pas put y répondre, car je ne ressentais pour lui qu'une gratitude infinie, sans oublier qu'il restait le petite frère de mon seul et unique grand ami. Je ne pouvais me permettre d'entrer dans une telle relation amoureuse.

« Je suis désolé, Ivan... On se connait à peine... mis à part la musique, on ne fait rien ensemble. »
Il s'était tu, s'asseyant sur son lit pour mieux jouer avec son violon. « C'est que tu ne me laisse pas l'occasion de te découvrir un peu plus. Tu te fermes chaque fois que je t'approche. Tu ne me questionne jamais... J'aurai cru que tu voudrais savoir pourquoi Hiro me qualifie comme son petit frère alors que tout nous sépare. Je sais que tu as compris que je n'étais pas Japonais comme l'étais Hiro, et pourtant jamais tu n'as voulu savoir. »
J'avais gratté ma nuque avant d'ouvrir mon col, étouffant soudainement. « Cela aurait été déplacé de ma part de te questionner ainsi. »
Il avait bondit sur ses pieds. « Ça ne fait que prouver que tu te fiches de qui je suis. Que le problème c'est pas moi. C'est toi, le problème Louis. »
Il avait fait planer un long silence durant lequel mon cerveau s'était mis en marche, tournant à mille à l'heure. Avais-je réellement été le problème depuis le début ?

Je n'avais pas voulu le croire, et il me fit quitter sa chambre. Non ! les autres étaient le problème ! c'est eux qui refusaient de me connaître !! Je m'étais persuadé de cette idée, et dès lors, aucune limite n'avait eu d'effet sur moi. Tant pis, on m'avait brisé, et je n'avais aucune raison de ne pas en briser d'autres. Hiro était tout comme moi, nous savions plaire, nous avions vite comprit quels regards faire pour avoir quelqu'un dans notre lit pour un soir. Les hôtels étaient devenus mon nouveau refuge, et j'avais appris à gouter des nouvelles peaux, des dizaines, de chaque couleur, de chaque origine, mais jamais je n'avais touché jusque-là celle trop pâle d'Ivan. Il continua d'insister pourtant, affirmant que rien qu'une nuit lui suffirait s'il le fallait. Il avait voulu être plus proche de moi, et plus il s'approchait, plus je l'avais fui, et plus son cœur s'était durcit.
Ma réputation se confirma lorsque les rumeurs de mes ébats se mis à couler dans toutes les bouches intéressées, mais étrangement, cela ne fit que rendre ma personnalité plus attrayante, et pourtant, je sentais que je me perdais de plus en plus. J'avais trop vu de corps se tordre de plaisir, vu trop d'yeux s'emplir de larmes, trop de mains tremblants autour de mon corps... et j'avais cru réellement toucher le fond lorsqu'à nouveau, j'avais laissé derrière moi une dernière conquête, à la peau trop pâle, aux yeux trop bleus, et aux cheveux trop blonds. J'avais enjambé son violon en quittant sa chambre, laissant derrière moi un dernier morceau de ma dignité.

J'avais eu du mal à montrer mon visage aux répétitions par la suite, mais la venue d'un nouveau concert, m'avait poussé à poser à nouveau mes pieds dans notre studio. Ivan, qui était présent ce jour-ci, n'avait pas même osé un regard vers moi, se contentant de travailler ses partitions. Hiro ne m'avait pas arraché la tête, et m'avait dit qu'Ivan était assez grand pour choisir ses conquêtes et que malgré tout, il me savait être une bonne personne. Lorsqu'il m'avait affirmé cela, mon cœur s'était serré, tordu, déchiré, car non... je n'étais pas quelqu'un de bien. Il y a bien longtemps, je m'étais perdu entre trop de sentiments contradictoires, et pas même la musique ne réussissait à me sortir de ma détresse. Ma guitare se déformait devant mes yeux chaque fois que je tentais de jouer, j'étais pris de vertiges, et de paniques, et j'avais bien cru, que ce fameux soir, j'allais annuler notre représentation, sans compter sur le fait que Hiro était à présent partagé entre notre groupe et un autre musicien. Un guitariste... Prometteur apparemment...

« Je suis désolé, Louis. Mais le pauvre n'a aucun batteur, et il est vraiment doué. Du coup je vais l'aider à se lancer. C'est aussi un très bon chanteur. Sans compter que ça sera sa première scène ! » J'avais haussé les épaules, accordant mon instrument.
« Pas de problème, avec Yuri on va gérer. »

Il me l'avait annoncé de cette manière, sans la moindre inquiétude, sans me laisser le choix d'en réalité refuser, car si j'avais eu le choix, je lui aurais imposé de rester, car j'avais besoin de lui, de sa positivité, de sa capacité à faire grandir dans ma poitrine un sentiment de bien-être, rien qu'un petit... Mais non... Il passa de longues heures en compagnie de cet inconnu, et ce jusqu'au jour de la représentation. En effet, alors que nous accordions nos instruments, il avait filé à l'autre bout de la pièce, fonçant avec toute sa positivité vers un inconnu. Petit, mince, surplombé par des cheveux ébènes, cachant deux grands yeux verts. Longtemps, je l'avais dévisagé, me demandant ce qu'était ce personnage, comment une créature semblant si menue pouvait bien monter sur scène. Comment pouvait-il être si paisible alors qu'il accordait son instrument, seulement détendu là où mes doigts pourtant expérimentés tremblaient sur mes cordes.

Il hurla sur Hiro, se battu avec joie avec lui, et il fila vers la scène avec. Les yeux ouverts par la fascination, je m'étais précipité jusqu'au bord de la scène, abandonnant mon Ibanez dans les bras de Yuri au passage. Il s'était placé derrière le micro, semblant soudainement légèrement stressé, mais Hiro sut lui remonter le moral et il se lança. Il se jeta à l'eau avec tant de force et de courage que j'en avais frémit. Ses doigts étaient experts, réguliers, précis, mais ce n'était rien en comparé à sa voix lorsqu'il la poussa dans le micro pour la toute première fois. Il glissait des arpèges tout en faisant glisser sa voix le long de sa langue, entrouvrant des lèvres aussi délicates que rougies. Il balançait ses cheveux au rythme de la musique, aussi amusé qu'imprégné par sa musique, et dès lors, je l'avais compris.

Le talent chez un personnage était fascinant, et suffisant pour directement vous rendre complètement fou. Je ne l'avais vu que pour la première fois, mais mon cœur abîmé n'avait fait que battre plus vite alors que j'avais pu assister à sa représentation. Il s'était amusé, il avait fait chaque registre qui lui plaisait, sans même à un seul instant songer que le public puisse ne pas aimer. En effet, il ne voulait pas leur faire plaisir à eux, il voulait surtout se faire plaisir à lui. Il voulait briller sous les feux brûlants de la scène, et rien ne pouvait le décourager. J'avais vu en lui tout le talent, toute la beauté de la musique, et une douleur vive avait prit ma poitrine. J'avais serré mon poing contre mon cœur, les yeux à présent dans le vide. Tout ce temps, j'avais cru que le mal venait des autres, qu'on m'avait imposé une personnalité qui n'était pas la mienne, qu'on m'avait cru tombeur charismatique où je ne voulais rien d'autre qu'on découvre le morceau tendre au fond de ma poitrine ; alors qu'en réalité, je m'étais mis cette image sur le visage de moi-même. J'avais laissé un idiot changer qui j'étais, je l'avais fait changer mon cœur, et j'avais construit autour de moi un immense mur infranchissable. Or, cet inconnu aux yeux verts avait créé une immense brèche dans ce mur, libérant mon cœur et tous mes sentiments. Il avait créé en moi une soif croissante. La soif de m'approcher, de le toucher, de jouer avec lui... je voulais partager sa passion, partager la scène à ses côtés, partager rien qu'un regard. Il n'avait pas ce talent pâle et parfait d'Ivan, il avait la passion...

Je n'avais pas hésité plus longtemps lorsqu'il avait ri avec Hiro sur scène, se déplaçant sur les planches comme en terrain conquis, et je m'étais précipité sur scène avant même qu'il ne parte. Yuri, paniqué, avait suivi, me rendant ma guitare au passage. Son regard plongea enfin sur moi, il m'avait analysé, fait brûler toute mon âme, me poussant encore plus à être à ses côtés. Il dégageait quelque chose qui ce soir-ci m'avait fait réaliser qui j'étais réellement. Et j'étais fait pour être sur scène, pour être à ses côtés, pour jouer avec lui...

Lorsque je lui avais proposé de jouer, je ne lui avais en réalité par laissé de choix, et plus encore, j'avais été impressionné par sa capacité d'adaptation. Il chanta toute sa voix, mit toute sa force pour sortir des notes justes, ramenant souvent son regard émeraude sur mon corps. Plus il me regardait, plus je comprenais ce que je vivais.
Je voulais l'admirer, et je voulais qu'il m'admire. Je voulais l'aimer pour son talent, pour sa passion, pour sa personne en entier, et je ne lui en voulais pas qu'il me voie comme un autre talentueux guitariste pour commencer. Je voulais que lui, comme moi, commencions sur la même base, et pour la première fois depuis longtemps, l'atmosphère se détendit autour de moi, mon nom résonna dans la pièce, et ma musique fut meilleure que jamais...

Lorsqu'il dut quitter la scène, j'avais voulu plus de lui, et je l'avais supplié de me regarder. Je voulais qu'il me voie jouer, qu'il comprenne que j'étais fasciné par lui, et je voulais qu'il voie en moi tout ce que je pouvais offrir. Depuis bien longtemps, je n'avais pas si bien joué, et j'avais lu dans son regard lorsqu'il s'était détourné pour partir, que j'avais su faire mon impression. Mon cœur fut affreusement léger, comme il ne l'avait jamais été en réalité, et Hiro fut le premier à me le faire remarquer lorsque nous avions quitté la scène, prenant de grandes gorgées d'eau.

« Il est talentueux, mon petit Aki, hein... »
J'avais hoché de la tête, les pommettes brûlantes. « Il est réellement fascinant... »
Hiro passa son bras avec lenteur autour de mes épaules, mais me serra avec assez de force pour forcer mon regard dans le sien. Il n'avait pas l'air heureux, pas du tout même. « Je connais ce regard Louis, je connais cette attitude. »
Il avait serré mes épaules alors que j'avais ouvert les yeux en grand. « De quoi tu parles?... »
« Pas Aki. Ce gamin a aucune idée de ce que c'est que d'aimer, et être aimé. Il n'a jamais répondu à mes avances dans le passé parce qu'il a aucune idée de sa propre orientation. Je t'interdis de même imaginer de le salir. »
Hiro était déjà en furie, et j'avais papillonné des yeux. « Mais je... »
« J'ai rien dit pour Ivan car lui-même m'a dit que c'était ce qu'il t'avait demandé de faire. Mais Aki, c'est comme mon petit frère, et je sais qu'il ne veut pas de ça. Il vit une vie paisible avec sa famille, et il n'a pas besoin que tu viennes la lui pourrir. »
« Hiro... J'ai la sensation que là c'est différent. Tu sais parfaitement que quand je cherche juste à coucher, je te le dis, je m'en vante même. Mais là... c'est différent. L'entendre chanter ça a secoué quelque chose dans ma poitrine... je... »
Hiro resta silencieux, relâchant mes bras lentement. « Aki... a un talet brut... il a même su faire changer mes attitudes... Il a une forme de pureté que... j'arrive pas à expliquer... »
« J'aimerai vraiment le revoir, pour comprendre ce qu'il a réveillé en moi... »
Hiro gratta sa nuque, agacé, et c'était comme si je demandais la permission à un père de sortir avec sa fille. « Promets de ne jamais lui faire du mal... Sinon, je n'hésiterai pas à te casser la gueule. »
J'avais ris doucement, lui donnant une tape sur l'épaule. « C'est promis, je ne lui veux aucun mal... je te le promets sur ma vie. »
Il roula des yeux, continuant à avancer. « Je vais aller le saluer du coup. Ça te laissera le temps de te changer et ensuite tu pourras le rattraper pour lui parler. »

J'avais hoché de la tête, et encore couvert de transpiration il avait filé jusque là où se tenait le petit brun, l'étouffant dans ses bras. J'avais vu le fameux Aki se débattre vivement, hurlant au visage de mon batteur qui semblait radieux autour de ce petit rayon de soleil. Et c'est alors que j'avais compris que cette petite vie, ce petit étranger, était ma pièce manquante.

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