Track 5 - Date

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De nombreux spots venaient lécher de leur lumière la façade de l'opéra, donnant aux pierres blanches l'allure de la surface d'une eau calme où les ombres et les lumières provoquées par un soleil entier, pas caché d'un seul nuage, venaient onduler au rythme du courant et des vents. C'est l'âme légère que je m'étais avancé vers ce superbe bâtiment, le cœur au bord des lèvres. Louis s'était tenu à mes côtés, les mains perdues dans le fond de ses poches alors qu'il bombait le torse. Mon regard se perdit un instant dans la contemplation de sa silhouette, mais évidemment, il avait fini par surprendre ma curiosité, et il me répondit par un sourire très large, qui, mangé par les rougeurs sur ses joues, n'avait jamais perdu de toute sa splendeur.

« Tu veux entrer ? On pourra s'installer comme ça. »

J'avais hoché de la tête pour lui répondre, et il enclencha notre marche. Il me guida jusqu'au guichet d'entrée où on valida nos tickets avec joie, nous invitant à pénétrer dans l'immense bâtisse. Le hall d'entrée était déjà rempli de dizaines de personnages tous habillés d'une manière délicate et raffinée. Les femmes étaient toutes glissées dans de superbes robes aux couleurs chatoyantes. Les hommes avaient sorti leurs plus beaux costumes, leurs cheveux étant parfaitement coiffés. Un instant j'avais jaugé ma tenue à nouveau, me demandant si mon côté décontracté n'était pas finalement mon désavantage. Et alors que j'observais mes mains gantées Louis glissa son index dans le creux de ma paume avant de lentement mêler ses doigts aux miens. Mon regard rencontra avec vitesse le sien, et les joues aussi rouges que possible j'avais entrouvert la bouche. Il me fit taire immédiatement en prenant la parole en premier.

« Allons profiter de la représentation ! Ce soir, nous allons regarder Carmen. »

J'avais fait un peu la moue avant de lever mon index. « Ah oui ! La femme fatale ! »

Il se mis à rire, me guidant vers l'entrée du théâtre, sa main serrant avec douceur la mienne -c'est à cet instant que je compris que les gants étaient parfaits sauf pour le fait que je ne pouvais qu'à peine ressentir la chaleur de sa main et cela me manquait plus que je ne l'aurais cru. « C'est une pièce Française, mais elle a été adaptée de sorte à ce que le public Japonais puisse encore suivre l'histoire. Mais, les chants restent dans la langue originale, voilà pourquoi il faut garder le programme avec soi car il contient les traductions pour une meilleure compréhension. »

J'avais regardé le programme qu'il me tendait avant de le saisir, amusé. « Je vois, je comprends mieux son épaisseur dans ce cas ! »

Il hocha de la tête et enfin, nous étions arrivés à nos places. Il me laissa passer en premier dans notre rangée avant qu'il ne me suive et ne m'indique nos sièges. Je m'étais donc assit à ses côtés, et immédiatement après avoir également prit place, il tourna son regard vers l'emplacement où l'orchestre allait se placer, et il se mis immédiatement à sourire très largement.

« Il nous a donné des places magnifiques pour l'observer cet idiot. »

« Tu parles de ton ami musicien ? »

Il hocha de la tête avant de se tourner vers moi. « Tu le trouveras vite, c'est un premier violoniste, un petit blond avec une tête à claque pas possible. Il sera surement dans les premiers rangs tout a gauche. Mais de toutes manières, tu le reconnaîtras vite sans même l'avoir vu. »

J'avais hoché de la tête, une sensation amère rongeant mon estomac lorsque j'avais vu cet air excité et satisfait sur son visage. Quelque chose me faisait mal et j'étais incapable de réellement mettre le doigt dessus. Seulement, mon cœur semblait se tordre et se resserrer au fond de ma poitrine, un peu comme si voir ce regard brillant de joie pour quelqu'un d'autre venait serrer mes entrailles. Détestant donc ce sentiment dégoûtant au fond de mon ventre, je m'étais plongé dans la lecture des chants au préalable, de sorte à ne pas perdre mon temps en lecture de traductions au lieu de regarder les acteurs sur scènes. Ainsi, plongé dans la lecture, je n'avais pas vu entrer les musiciens, en réalité je redoutais de voir et d'entendre jouer ce fameux blond que je n'allais pas pouvoir rater, mais lorsque le rideau qui couvrait la scène avait fini par s'ouvrir, je n'avais pas pu continuer à ignorer ce qui m'entourait, et donc mon regard se perdit sur la scène.

Les acteurs entrèrent en scène et se mirent à jouer avec une immense passion qui immédiatement me prit de court. Je m'étais penché en avant sur mon siège, les mains nouées sur mon menton pour soutenir ma tête. Je les regardais d'un air admiratif, des étoiles dans les yeux, la bouche irrémédiablement ouverte. Puis, ils se mirent à chanter, et un long frisson grimpa le long de mes bras jusqu'à la base de mes épaules. Et c'est accompagné par les musiciens qu'ils commencèrent à s'exprimer dans cette langue si complexe et pourtant si harmonieuse. Je ne pouvais l'ignorer, les musiciens étaient très doués, et il m'avait fallut tourner mon regard vers ceux-ci, et comme prédit par Louis, il était inratable.

Il était assis parmi tant d'autres violonistes, et pourtant, un quelque chose vous faisait tourner votre regard vers lui. Étaient-ce ses longs cheveux blonds ? Ses grands yeux d'un bleu océan ? Sa peau pâle et son air innocent ? Où tout se talent dont il transpirait ? Il me sembla juste de décider qu'il s'agissait d'un grand mélange de tout cela qui garda mon attention rivée sur lui chaque fois qu'il s'amenait à jouer. Ses yeux cherchaient souvent dans la foule, et je n'avais pu ignorer son grand sourire lorsqu'il avait pu repérer la présence de Louis dans le public, et une nouvelle fois, cette sensation vint étreindre mon cœur, le perçant de milliers d'aiguilles. Je ne pus le regarder une seconde de plus après cela, détournant plutôt le regard vers la scène, essayant de me raccrocher à nouveau à l'histoire dont j'avais perdu le fil en regardant les musiciens.

Lorsque l'opéra toucha à sa fin, on nous invita à quitter le théâtre pour une pièce annexe où était servit un cocktail pour les proches des acteurs et des musiciens. Louis nous avait assuré l'entrée dans la-dite pièce et il s'empara bien vite d'une coupe de champagne. Un peu mal à l'aise, j'avais refusé l'alcool que l'on m'avait proposé, me tenant plutôt aux côtés du jeune français qui soupirait longuement.

« Cela t'a plu ? » Me questionna-t-il finalement alors qu'il s'était accoudé à une table haute. Il souriait d'une manière pure et délicate qui vint serrer mon cœur dans ma poitrine.

« C'était très intéressant, une expérience qui m'a donné bien des frissons. Je ne suis pas habitué à ce registre alors je dois dire que j'ai été un peu submergé à certains moments, mais les acteurs étaient fascinants. »

Il pencha la tête sur le côté, un sourire amusé ourlant ses lèvres épaisses. « Et les musiciens ? Comment les as-tu trouvés ? »

Je ne pouvais mentir, j'en étais incapable, et ce même si j'avais le ventre en feu. « Ils étaient absolument époustouflants... »

Louis sembla ravit alors qu'il glissa sa main dans la mienne. Il la serra avec force avant d'élever sa voix. « Tu entends ça, Ivan ? Quelqu'un a aimé tes 'cri cri' désordonnés. »

J'entendis alors un petit éclat de voix, une voix qui m'était étrangement familière. Je vis alors un petit blond se précipiter vers nous et donner un grand coup dans l'épaule d'un Louis hilare. Le blond tourna ensuite mon regard vers moi, me laissant me noyer dans la couleur électrique de son regard colérique. Il semblait parfaitement adorable physiquement, mais son regard était rempli d'une sorte de rage qui m'avait fait peur. Or, alors qu'il avait glissé son regard le long de mon corps, son visage se tordit dans un sourire amusé.

« Oh ! C'est donc toi ! »

« D-Donc moi ? » avais-je demandé, l'air un peu mal à l'aise face à ce garçon et ce même s'il était bien plus petit que moi. Il saisit alors la flûte de Louis, la buvant d'un trait alors que j'avais eu soudainement la sensation que mon sang s'était mis à bouillir.

« Tu es monsieur 'j'ai besoin d'un costume'. »

Mon cœur se serra et je reliais enfin les différentes pièces de ce puzzle. Ivan... cette voix... « Tu es le petit frère d'Hiro ! »

Ivan leva sa lèvre, échappant un 'tch' sonore avant de tirer sur les pans de mon costume, me forçant à relâcher la main de Louis. Il me regarda jusque dans le plus profond de mes yeux, avant de renifler longuement. « Je suis encore une fois déçu de tes choix Louis... C'est qu'il manque de charisme, sans compter sur son air mou et absent. Il est ridicule. »

Mon sang cette fois-ci ne fit qu'un tour. Je n'étais pas du genre bagarreur, ou même de ceux qui cherchaient les querelles à tout bout de champ, mais une chose m'horripilait dans son comportement. Mes doigts saisirent alors les siens, les détachant de mon col alors qu'il avait osé un pas en arrière. Mon regard s'était noircit, mon cœur contracté, et enfin, mon sang méditerranéen guida mes actions. « T'as bien du culot pour un type que je connais pas. Tu viens me les casser alors que je t'ai rien demandé, si tu voulais pas me prêter ton costume alors pourquoi avoir accepté ? Pourquoi après chercher à m'humilier ? C'est pas parce que j'ai la politesse de ne pas te faire sauter les dents que j'en ai pas envie. »

Mes mains relâchèrent les siennes vivement alors que les joues empourprées j'avais quitté la pièce, laissant derrière moi Louis qui appelait mon prénom. Je l'entendis vaguement réprimander le gamin avant que je ne quitte simplement l'opéra. Mon premier réflexe fut de fouiller au fond de mes poches à la recherche de mon téléphone portable, envoyant directement un message à Hiro. Cet idiot ne tarda pas à me répondre, me décrochant un sourire faible qui se noya vite entre mes larmes.

« Tu sais parfaitement que si quelque chose cloche je viendrais toujours te soutenir. Je serai là dans 10 minutes. Attends-moi à l'entrée de l'opéra. »

Mon cœur se serra plus fort encore alors que je m'étais glissé dans l'ombre d'un des murs de la bâtisse pour retrouver un peu de calme. Les conversations bruyantes, les bruits des cuivres et des cordes s'effaçait enfin pour me laisser reprendre ma respiration, et entendre enfin mes sanglots douloureux, qui venaient serrer ma poitrine avec force. Quelque chose me blessait plus que le reste... Le fait que ce gamin m'ait humilié devant Louis était plus douloureux qu'autre chose en réalité. Je détestais l'idée qu'il ait put sous-entendre que j'avais dû ramper jusqu'à lui pour emprunter ce costume idiot, et cela me contrariait encore plus alors que j'imaginais que Louis à présent allait pouvoir juger les possessions et 'richesses' amoindries de ma famille. Cela me fit me rendre compte d'à quel point Louis était bien entretenu, et qu'il était donc logique qu'il côtoie ce genre de personnages trop snobs.

« Aki... »

Mon regard embué de larmes se leva vers l'horizon, et dès lors mes sanglots se renforcèrent. Pourquoi fallait-il qu'il me suive ? et pourquoi fallait-il qu'il s'avance vers moi en cet instant ? Les yeux clos, j'avais baissé la tête, sentant mes cheveux retomber lamentablement sur mon visage, et c'est alors qu'un corps chaud se noua autour du mien, des grands bras délicats venant se refermer autour de mon corps, m'enfermant dans une étreinte chaude. Mon visage glissa comme par un drôle d'automatisme sur son torse, où je m'étais caché sans hésitation. Mes mains se nouèrent à sa chemise, et je m'étais détesté plus encore alors que son odeur de lavande, le son de son cœur se contractant, ainsi que la douceur de ses caresses dans mes cheveux étaient tous venus apaiser mon esprit en feu. Mes sanglots s'apaisèrent peu à peu et lentement, j'avais osé plonger mon regard dans le sien, découvrant une drôle d'humidité sur ses yeux et ses joues. Mes doigts se perdirent alors sur son visage, venant lentement essuyer ces tristes larmes.

« Louis... »

« Je suis désolé... Ivan est un idiot fini. »

Je n'avais pas répondu, me contentant de laisser retomber mes mains sur ses épaules alors qu'il avait détourné le regard vers la route non loin. Il prit une longue inspiration avant de se tourner vers moi, me laissant entrevoir à nouveau ses yeux rougis.

« Je ne voulais pas que cette soirée se termine ainsi, je ne voulais pas que tu sois triste. Je voulais que tu découvres un nouveau genre de musique, que tu apprennes à aimer l'association de tant de talents pour créer une représentation si parfaite... J'ai vu ton regard, j'ai vu cette passion dans ton regard, et cette passion s'est multipliée quand tu as aperçu cet idiot de Russe dans l'orchestre. Je me disais que tu pourrais sortir grandit de cette expérience, et que tu apprécierais de passer du temps avec moi... au moins juste un peu... mais au final tu finis en larmes, caché à l'arrière d'un bâtiment car j'ai pas vu tout ça venir... »

« Tout ça, quoi ? »

« La jalousie d'Ivan. »

Papillonnant des yeux, un peu perturbé, je m'étais reculé pour le regarder dans les yeux. C'est alors que j'entendis mon prénom résonner au loin dans une voix grave et en colère. Je sentis dès lors la présence si réconfortante de Louis quitter mon torse alors qu'Hiro l'avait saisi par le col pour l'éloigner. Dès lors j'avais saisi son bras, le cœur battant mais Hiro n'avait pas même cherché à m'écouter, serrant seulement la chemise de soie de Louis que j'avais épongée de mes larmes. Il restait figé, fixant son batteur d'un air impassible, alors que celui-ci s'était mis à hurler.

« Espèce d'idiot, je t'ai pourtant dit d'y aller en douceur, mais pourtant il fallait que tu gâches tout ! Je t'avais prévenu par rapport à Aki, que s'il lui arrivait quoi que ce soit j'allais te refaire le portrait ! »

« Louis n'a rien fait, Hiro ! »

« J'arrive pas à croire que j'ai baissé ma garde, à croire que t'allais changer tout ça parce que cette fois tu m'as fait une promesse. »

Mon sang se mis à bouillir à nouveau. « HIRO BORDEL ECOUTE MOI. »

Immédiatement, mon ami tourna son regard rougit vers moi alors que je m'étais remis à sangloter. « Louis n'a rien fait... Le souci c'est... c'est Ivan... »

Hiro relâcha lentement la chemise de Louis qui avait lentement remit son vêtement en place. Sa main glissa dans la mienne et dès lors je sentis une vague de courage grimper dans mon cœur. « Ton frère a été un peu malpoli et ça m'a blessé. Je me suis senti jugé et mal à l'aise et c'est pour ça que je t'ai appelé. »

Hiro glissa ses doigts dans mes cheveux, l'air plus en colère qu'avant. « Alors je suis désolé de ma réaction... excuse moi Louis... tu sais bien que j'ai le sang chaud. »

Louis leva une main, souriant doucement, son regard restant noir. « Pour te faire pardonner tu n'auras qu'à jouer plus longtemps avec moi à la prochaine répétition. Et je serai intransigeant. »

Hiro, pour seule réponse avait hoché de la tête, riant doucement, avant de disparaître à l'intérieur de l'opéra. Mon regard l'avait suivit jusqu'à ce qu'il ne passe à l'intérieur du bâtiment, mais enfin, j'avais retrouvé les grands yeux verts de Louis.

« Tu as appelé Hiro ? »

« Je voulais seulement rentrer en vitesse... Je me sentais mal. Et je n'avais aucune idée de comment rentrer car je ne sais pas où on est exactement. »

Louis resta silencieux un instant avant de passer une main délicate sur ma joue. Il effaça chacune de mes larmes avant de m'offrir un sourire large. « Tu allais partir sans me dire au revoir ?... »

« J-Je... »

Il me coupa à l'aide d'un petit rire, sa bouche se posant finalement sur mon front. « Ivan est un idiot imbu de sa personne. Conscient de son talent, il se permet de piétiner tous ceux que j'ose lui présenter. Il est persuadé qu'il est le seul qui, à jamais, a réussi à m'éblouir par sa musique, et c'est comme s'il se sentait tout particulier à mes yeux car un jour je l'ai félicité. À présent, il tente d'éloigner tous ceux que j'ose amener à ses représentations, mais jamais encore il n'avait osé juger si ouvertement une personne, et ce en face de moi. » Il serra ma main un peu plus fort, sa main libre tenant mon menton. Son regard devint dur à présent, mais rien d'effrayant non... Il me transmettait un quelque chose qui réchauffait le cœur, il me parlait avec sincérité et même son regard était d'une pureté sans pareille. « Sauf que tu n'es rien de tout ce qu'il a dit. Tu n'es pas ridicule, tu ne manques pas de charisme et tu n'es ni mou ni absent. Tu es un chanteur et un guitariste de talent qui a su me faire ressentir quelque chose que j'avais cru perdu. Tu as fait vibrer une corde dans ma poitrine qui, il y a bien longtemps, avait cessé d'être stimulée. Tout se que pourra dire Ivan ne sont que des conneries motivées par la jalousie. »

Mes yeux se mirent à briller à nouveau avant que je ne me jette contre sa poitrine, disparaissant dans son torse. Il serra à nouveau ses bras autour de mon corps avant que je ne murmure, étouffé dans son torse. « Louis ?... Pourquoi Hiro était si en colère ?... » Lentement je m'étais éloigné de son torse pour l'observer et dès lors son visage se tendit dans une expression que je ne lui connaissais pas... Une expression proche de la peur.

« Aki... ce soir a été une soirée assez difficile, parler de cela ne fera que la gâcher... Laisse moi l'améliorer en... t'achetant quelque chose à manger ? »

Voyant son malaise évident, je n'avais pas voulu gâcher la soirée plus encore et j'avais simplement hoché de la tête. Il avait alors glissé sa main dans la mienne avant de me guider dans les rues sombres de la grande ville. Il nous fit marcher lentement, mais il se stoppa lorsqu'il remarqua que mon regard s'était perdu dans la contemplation de la devanture d'un magasin de poulet frit. Échappant un petit rire, il nous fit pénétrer dans la petite échoppe avant que l'on nous donne un emplacement. J'avais passé commande assez rapidement, car l'odeur de la viande frite m'avait immédiatement mis l'eau à la bouche. Mes yeux enflés ne comptaient plus à l'instant, et seule la nourriture qui crépitait dans l'huile captait mon attention, enfin, ce jusqu'à ce que Louis ne penche la tête sur le côté, fermant, les yeux, alors qu'un sourire soulagé s'était imprimé sur son visage. Je m'étais alors un instant perdu dans la contemplation de son visage, analysant ses traits si fins tandis que ma curiosité m'amena à découvrir la présence d'un léger grain de beauté à la naissance de son cou. Timidement, j'avais avancé mon index gauche jusqu'à la petite marque, la touchant avec curiosité. Il rouvrit alors les yeux, et c'est mortifié que j'avais ôté mon doigt. Il poussa un petit rire, tandis que pâle, j'avais simplement observé son visage détendu.

« Tu as vraiment des attitudes inattendues, et c'est vraiment mignon. »

Mon visage vira du blanc au rouge vif alors qu'il s'était redressé sur sa chaise.

« Je te dois un peu de vérité je pense, car je ne veux pas te laisser dans le flou après une telle agression de la part d'Ivan. »

« Je croyais que tu ne voulais plus en parler ? »

« Eh bien, je me dis que c'est injuste pour toi, et que par ma faute tu as été insulté et mal à l'aise. Alors, je tiens au moins à t'expliquer le comportement d'Ivan. »

J'avais hoché de la tête, faisant un peu la moue car le prénom de ce nouveau personnage venait toujours serrer mes entrailles.

« J'ai rencontré Ivan lorsque j'ai joué pour la première fois dans une Live House. Hiro qui était présent ce jour-là en tant que pur spectateur, s'était approché de moi pour m'annoncer qu'il cherchait à créer un groupe d'instru et qu'il avait déjà un bassiste mais aucun guitariste. Un peu intrigué, j'avais accepté de faire l'essai et donc il m'avait amené chez lui après ma représentation. C'est là que j'ai entendu Ivan jouer pour la première fois. Dans l'appartement d'Hiro résonnait cet incessant 'cricri ' d'un violon. Immédiatement j'ai eu des frissons jusqu'à la base de la nuque et sans même m'en rendre compte, j'avais pénétré dans la chambre d'Ivan pour l'observer jouer. Je l'avais directement fait paniquer et c'est en hurlant qu'il m'avait jeté hors de sa chambre. J'avoue avoir eu la réaction d'un complet taré, car au final je n'étais même pas encore ami avec Hiro. Enfin... après cela, je me suis retrouvé à souvent jouer avec Hiro et Ivan était de plus en plus présent à nos représentations pour nous écouter jouer. Avec le temps, j'ai vite compris qu'il voulait plus qu'être le petit frère de mon ami à mes yeux. Il m'a invité à plusieurs de ses représentations, à plusieurs dîner aussi, mais quand j'ai senti qu'il devenait trop insistant je l'ai rejeté. Il ne l'a jamais réellement avalé, et chaque fois que je semble montrer de l'intérêt envers quelqu'un il perd complètement la boule. Il a vite compris que je tenais à toi, et dès qu'il a vu que j'étais accompagné par une autre personne qu'Hiro à cet opéra il s'est immédiatement mis à mal jouer. La frustration a grimpé, et il a explosé devant toi. Je suis tellement désolé. »

Mon visage se tordit dans une expression traduisant mon incompréhension. « A-Attend, tu me portes de l'intérêt et tu tiens à moi? »

Louis pencha sa tête sur le côté, et tandis qu'on se voyait servir notre viande il éclata de rire. « Attend, tu me poses vraiment cette question ? »

J'avais haussé les épaules et il attrapa ma main.

« Je pensais pourtant que j'étais assez clair en t'invitant à des rendez-vous tout ça. »

« C-C'était des rendez-vous ? Genre des rendez-vous amoureux ?! »

Il attrapa un morceau de poulet qu'il me tendit joyeusement. « Évidemment ! »

Des... rendez-vous amoureux ? Mon visage vira au rouge et je jure que j'avais soudainement frôlé l'arrêt cardiaque... POURQUOI FALLAIT-IL QU'IL SOIT SI ADORABLE ! il me regardait d'un air tendre, son visage déposé dans le creux de sa paume alors qu'il ne cessait de sourire...

Et donc, depuis tout ce temps... Louis m'invitait à des rendez-vous ?... C'était décidé, cette constatation avait le don de me plaire beaucoup trop et cela allait finir par me serrer le cœur et me tuer.

merci beaucoup d'avoir lu! les choses serieuses ne devaient plus tarder maintenant yayyyy!! ??

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