Track 3 - Rendez Vous 

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La journée passa vite, le soleil s'allongeant de plus en plus vers l'horizon, voulant aller se noyer dans la mer que je voyais au loin depuis ma fenêtre.

Ce fut, malgré tout, une agréable journée, chaude, où l'on avait pu apprécier le retour des cigales, et je l'avais rythmée à lire quelques mangas, étudier avec bien peu de ferveur, avant d'évidemment reprendre mon instrument, grimpant sur mon lit comme s'il s'agissait de la scène d'une immense salle de concert. J'avais rempli le temps avec bien de bonheur, mais, lorsque j'avais reçu la demande de mon adresse par Louis, j'étais retombé sur terre. Un instant j'avais oublié que je le rencontrais à nouveau pour manger, mais à peine son prénom était apparu sur mon écran de téléphone, que je m'étais écroulé dans mon lit pour hurler dans mon oreiller. Battant des pieds comme une adolescente, j'avais senti tout mon corps se couvrir de frissons, sans oublier qu'une chose brûlait dans mes joues. J'étais fou de joie, mais j'étais aussi affreusement nerveux. Je ne savais pour quelle réelle raison il avait bien voulu m'inviter à partager un repas avec lui, mais mon cœur aimait bien trop l'idée, me hurlait que Louis représentait la perfection née, sans oublier qu'il forçait mon cerveau malade à me renvoyer les images de la veille où j'avais directement succombé pour ses traits concentrés.

« ARGHHH !! »

Immédiatement j'avais entendu la porte de ma chambre claquer contre le mur, arrachant presque le chambranle au passage. « Tu as crié, Aki ? » me questionna immédiatement Haruki, qui se figea en me voyant enfoncé dans mon lit, le corps tendu et le visage aussi rouge que jamais. Elle me regarda dans les yeux avant de poser son index sur son menton.

« J'avoue que je devrais frapper à l'avenir, parce que là j'ai peur de comprendre ce que t'étais en train de faire. »

Encore plus mal à l'aise j'avais sauté sur mes pieds, la poussant à nouveau la sortie. « Dehors, Haru. »

« Tu devrais aller te doucher, je pensais que tu avais un rendez-vous ce soir ! »

« C'est pas un rendez-vous ! »

Elle fut encore plus amusée qu'à l'habitude alors qu'elle avait filé au salon, reprenant place derrière son ordinateur. Malgré tout le malaise qu'elle avait engendré en moi, je devais avouer qu'elle avait raison, et c'est avec le cœur serré que je m'étais jeté dans la salle de bain. J'avais tenté d'essuyer mes pensées sur une douche brûlante qui vint avec joie rougir toute ma peau. Mais pire encore, cette chaleur prenant tout mon cœur m'avait presque fait ressentir une étreinte, et c'est bien vite que le visage de l'autre guitariste me revint. J'avais à nouveau essayé de l'éloigner de mon esprit alors que je m'étais habillé dans la salle de bains, enfilant un simple jean et un t-shirt noir que j'avais acheté dans un petit festival de musique, mais il ne voulait pas me laisser un instant pour l'oublier. En effet, il m'avait envoyé un message qui me fit me tendre plus encore.

« Tu as des allergies ? »

Mon sourcil droit se releva lentement avant que je ne répondre. « Euh... non, aucunes. »

« Super !! Je serai là dans vingt minutes ! »

VINGT MINUTES ?! Et j'étais encore à moitié coiffé !

N'ayant ainsi plus que peu de temps j'avais saisi mon peigne à la vitesse de l'éclair avant de le glisser dans mes cheveux, mais évidemment, ce soir-là, ma chevelure avait décidé de rester complètement en pagaille. Je m'étais donc dit qu'il me restait au moins l'occasion d'améliorer mon teint en me nettoyant la figure avec attention, ce qui m'avait valu d'avoir le visage rougit plus encore. Plus j'en faisais, plus je paniquais et perdais mes moyens. Jamais encore on ne m'avait invité à passer un moment comme celui-ci et je devais avouer que j'étais une grande représentation de la peur de l'inconnu, et que je n'aimais pas sortir de mes zones de confort. Mais... Louis avait chamboulé quelque chose dans mon cœur, et plutôt que tout faire pour rester tranquillement à la maison, je faisais tout pour être à la hauteur lors de ce qu'Haru aimait appeler un rendez-vous.

Tandis que j'enfilais ma seconde chaussette, on entendit la sonnette à la porte résonner, et comme une immense cloche qui venait sonner l'arrivée de l'ennemi avant une grande bataille, elle avait fait écho dans mes oreilles ; et c'était comme si le sol c'était dérobé sous mes pieds. Haruki fila jusqu'à la porte comme une flèche qu'on venait décocher, passant devant ma mère qui râla car au passage elle était passée à deux doigts de sa précieuse tasse de café.

Une fois arrivée face à la porte en bois, elle la déverrouilla en vitesse avant d'échapper un hoquet aigu. Ma mère, craignant qu'elle ne se soit faite mal, fila à la porte, se figeant dans l'entrée. Elle se mis ensuite à sourire si largement que j'avais eu bien du mal à la reconnaître, avant qu'elle n'agite sa main devant son visage, s'éventant longuement.

Je n'avais guère compris leurs attitudes, avant qu'enfin je ne pénètre moi aussi dans l'entrée, et ce fut comme un électrochoc. Il se tenait là, nous surplombant de son bon mètre quatre-vingt-dix, les mains enfoncées dans son pantalon droit marron. Il avait décidé d'enfiler un magnifique costume trois pièces dont la cravate était parfaitement nouée et repassée. Ses cheveux étaient coiffés dans une vague élégante qui venait également passer devant son regard bien trop vert, qui, se mis à pétiller lorsqu'il croisa mon regard.

Ma mère, cela était évident, le trouva charmant, et cela changeait bien. Chaque fois qu'elle rencontrait un de mes amis -et cela fut encore plus flagrant avec Hiro- elle se disait que je n'attirais que les personnes de mauvais genre. Or, se tenait dans notre petite entrée qui ne payait pas de mine, un jeune homme qui avait la prestance d'un grand chef d'entreprise, dont la peau pâle et l'allure ne faisaient que témoigner de sa richesse.

J'étais effrayé, mais il fallait bien qu'à un instant je fasse un mouvement. J'avais donc saisi mes baskets que j'avais rapidement enfilées avant de passer devant Louis, m'avançant vers la porte.

« On va dîner puis je rentre maman. »

Ma mère hocha de la tête, me faisant signe avant que Louis ne redresse son menton. « Bonne soirée, madame ! je serai honoré de vous rencontrer à nouveau un jour. »

Ma lèvre supérieure se haussa d'elle-même alors que je m'étais dit qu'il était finalement de ce genre de garçons qui adoraient faire bonne impression. J'avais décidément repris ma marche, et après avoir salué ma sœur, il me rejoignit, descendant les escaliers de ma résidence en ma compagnie. Ses mains étaient toujours dans ses poches lorsqu'il tourna son visage radieux vers le mien.

« Tu es vraiment beau ce soir Aki ! »

Je m'étais figé un instant, vacillant sur mes deux pieds -manquant de très près la chute dans les escaliers- avant que je ne continue à le suivre, le visage écarlate. « Je... je pensais pas qu'il fallait bien s'habiller pour ce soir alors j'ai pas... sorti la chemise. »

Il observa sa tenue un instant, restant silencieux avant que nous n'arrivions dans la rue. Il pointa alors du doigt un véhicule garé un peu plus loin, me faisant me figer encore plus. Il avait laissé là, sa voiture d'une manufacture Italienne, et aux designs bien trop subtils pour ne pas être une voiture de luxe. Cela me fit rougir plus encore, tandis qu'il nous avait fait monter dans le véhicule.

L'intérieur était tout aussi impeccable que l'extérieur, et les sièges en cuir sentaient autant le neuf qu'ils n'étaient brillants. Tout semblait dépoussiéré et parfaitement lustré, si bien que je m'étais légèrement recroquevillé dans mon siège. Il ne fallait surtout rien salir, et ne rien toucher, je ne voulais pas même y laisser une emprunte, cela sonnait presque comme un sacrilège.

Je sentis un instant son regard sur mon visage avant qu'il ne mette le contact, faisant vibrer tout l'habitacle. Dès lors, il se pencha lentement vers moi, l'air un peu mal à l'aise.

« Je suis désolé, c'est peut-être un peu trop... »

Je m'étais à mon tour tourné vers lui alors qu'il avait rejeté la tête en arrière, une main sur la nuque. « Qu-Quoi ? Non c'est parfait ! Puis toi aussi tu es très beau ce soir! »

Il tourna son regard vers le mien, me forçant à avaler durement ma salive alors que lui souriait doucement. « Merci... Mais... Je sais que tout cela te met mal à l'aise mais... Je suis désolé je ne suis vraiment pas doué pour les rendez-vous, je dois être un peu vieux jeu... Par contre, je veux sincèrement faire la meilleure impression pour que tu veuilles bien continuer à me voir à l'avenir... alors je joue un peu toutes mes cartes. Donc je te promets de me rattraper ! »

Mon cerveau s'était déconnecté à l'entente du mot 'rendez-vous', qui immédiatement bloqua toutes mes fonctions motrices. Lui, avait déjà retrouvé le sourire ainsi qu'un air sur de lui, démarrant avec bien plus de douceur que je ne l'aurais cru. J'avais serré mes doigts rien qu'une seconde sur le siège, imaginant qu'il ferait rugir son moteur, mais en réalité, il était un conducteur bien plus prudent que je ne le pensais.

Il roula avec une douceur qui contrastait à nouveau avec son visage, mais les mouvements de ses doigts sur la boîte de vitesse ainsi que le volant étaient simplement fascinants. Je m'étais alors surpris à observer ses doigts qui pianotaient et glissaient sur les différents instruments, la pression grimpant dans mon estomac. J'avais d'ailleurs été très étonné qu'il n'en remarque rien alors qu'enfin il s'était avancé vers un emplacement en extérieur de la ville. Il gara son véhicule sur un petit parking poussiéreux avant de diriger son regard à nouveau vers le mien. Il était rayonnant lorsqu'il pencha la tête sur le côté, ne faisant aucune remarque sur mon air crispé et mon visage rougit.

« On y va ? »

Un peu incertain, j'avais quitté le véhicule, le regardant marcher le torse bombé. Plus je l'observais dans cette tenue plus je comprenais qu'un homme en costume c'était simplement fascinant, et plus je me sentais me ratatiner sur moi-même. Il ne manqua pas de remarquer mes mains que je martyrisais, plaquées contre mon ventre, et après avoir fait le tour de la voiture, il avait saisi mes doigts pour les démêler. Il laissa mes bras retomber le long de mon corps avant qu'il ne glisse son index derrière le nœud de sa cravate. Il le tira lentement avant de la passer par-dessus sa tête. Il s'attaqua ensuite à sa veste qu'il ôta sans vraiment sans souci, continuant en ôtant son veston sombre, finissant enfin par ouvrir le col de sa chemise ainsi que les manches qu'il remonta. Il termina tout de même en se décoiffant, riant doucement alors qu'il avait détruit la coupe précédente pour m'apparaître encore plus fascinant. Ses mèches volèrent sous l'effet du vent chaud de notre printemps, son sourire venant remplacer les derniers rayons de soleil.

Chaque vêtement ôté fut roulé en boule avant d'être négligemment balancé dans le coffre, duquel il sorti un grand panier. Dès lors, un sourire se mis à grandir sur mes lèvres.

« Le panier c'est... »

« Notre repas de ce soir ! Je me disais que tu n'allais pas aimer les restaurants de la grande ville, et donc je me suis mis derrière les fourneaux pour nous préparer tout ça ! »

Il s'avança lentement sur le parking, m'invitant à le suivre, chose que j'avais faite sans rechigner. J'avais vite compris qu'il s'était débraillé pour que je ne me sente plus mal à l'aise, et cela m'alla immédiatement droit au cœur, le faisant gonfler d'un peu plus d'affection envers de drôle de personnage. Pas que son allure me gênait, sa tenue lui allait à la perfection, mais au fond de moi lorsqu'il était si bien habillé je ne me sentais pas à ma place et j'avais peur de ne pas être à la hauteur pour lui. Et là... il m'avait simplement prouvé que l'allure ne comptait pas, que les vêtements autant simples que sophistiqués n'étaient qu'une façade, et que derrière tous ces filtres, il restait le même personnage rayonnant qui désirait simplement dîner avec moi...

Il nous guida en silence vers une petite table de pique-nique qui se trouvait non loin d'un point de vue. Sa priorité fut de déposer notre panier sur la table en bois dont le vernis passé s'écaillait, tandis que j'avais foncé vers la balustrade pour regarder l'horizon. Le soleil ne s'était pas encore couché, donnant au ciel des teintes toutes de rose et de violet, colorant les nuages d'un orange intense. La mer, au loin, ondulait paisiblement, s'échouant sur la plage qui se trouvait en contre bas. L'air marin fouettait les côtes avec une faiblesse délicate, emmenant sur son chemin des fragrances iodées.

Lentement, je sentis la présence de Louis à mes côtés, son bras venant amener sa chaleur contre mon bras nus. Il s'était également appuyé sur le garde-corps, observant l'horizon, avant que je ne sente son regard sur mon visage. Ainsi, radieux, je m'étais tourné vers lui pour croiser son regard, un sourire immuable imprimé sur mes lèvres. C'est alors que je vis une nouvelle expression passer sur ce visage fascinant, et il avait rougit tout en détournant un instant le regard.

« Cet endroit est vraiment magnifique... »

Il tourna ses yeux vers un groupe de jeunes en contre-bas qui faisaient un barbecue sauvage. « J'adore venir ici pour trouver l'inspiration... ou alors simplement passer un bon moment. Et je me suis dis qu'avec toi, j'en passerais forcément un parfait. »

Me faisant rougir, il décroisa ses bras pour saisir avec douceur ma main gauche.

« Mangeons, je suis affamé ! »

Encore un peu perturbé, je m'étais tout de même déplacé -sa main serrant délicatement la mienne- jusqu'à la table qui avait essuyé beaux temps comme tempêtes, où il installa une petite nape blanche avant de disposer la nourriture. Je l'avais aidé, la bouche entrouverte face à tous ces différents mets qu'il avait proposé à la dégustation de ce soir, avant qu'il ne dépose sur la table deux verres et les boissons.

« C'est superbe, Louis ! Mais on n'arrivera jamais à tout finir. »

Il pencha la tête, riant. « Tu veux me voir essayer ? »

J'avais ris un instant, haussant les épaules. « En tout cas, ça a l'air délicieux ! c'est quoi ça ! »

J'avais pointé du doigt un premier plat. « Oh ! c'est une fougasse au fromage. »

« Et ça ? »

« Un cake salé. »

« oh ! Et ça ! »

Il pouffa de rire, enfonçant ses doigts dans mes cheveux, les rendant encore plus décoiffés qu'habituellement. « Goûte seulement. »

Il sembla amusé par mon enthousiasme avant que nous ne commencions à déguster. J'avais absolument tout goûté, voulant faire honneur à sa cuisine à tout prix, surtout que tout cela avait dû lui demander beaucoup de temps. Cette constatation plissa mon front tandis que je m'étais avancé, avalant ma bouchée de cake.

« Comment tu as eu le temps de préparer tout ça alors que ce matin tu étais en répétition ? »

Il releva ses yeux vers moi, se détournant de son repas pendant un instant. « La répétition a été rapide car on a pas encore commencé à travailler un nouveau morceau chacun de notre côté, c'était plus une réunion pour parler du concert d'hier. Alors j'ai eu toute l'après-midi pour me mettre au boulot. » Il se mis à sourire largement pendant que je continuais de manger. « On se disait qu'hier était une grande soirée et on a aussi discuté si on voulait refaire un concert à l'avenir dans cette même salle. »

« Et le verdict ? »

« Je suppose que si tu promets d'y être, alors je pense qu'on risque de s'y trouver. »

Il me jeta un regard brûlant qui me fit rougir avec intensité. Mais, ne me laissant pas l'occasion d'en dire plus, il croisa ses mains par-dessus la table. « Dis m'en plus sur toi, Aki ? »

Je m'étais gratté le dessus de la tête avant de mordre ma lèvre inférieure. « Alors hum... Je m'appelle Akihiko et je suis... »

« Yah, on est pas à un entretient pour un nouveau job ! » Il se mis à rire, me détendant alors que je découvrais à nouveau la douceur de son rire.

« Bah... J'ai commencé à gratter quand j'étais jeune, j'ai retrouvé dans les vieilles affaires de ma mère une guitare. Elle dit qu'elle l'avait acheté quand elle était étudiante, alors je l'ai récupérée. Ma mère est Japonaise, et mon père est Italien. J'ai toujours vécu au Japon, et j'étudie les sciences au lycée... »

Louis se redressa lentement, les yeux à présent dilatés. « Alors c'est de là que vient ton innocence évidente ! »

« hein ?! »

Il se mis à rire doucement, posant sa main par-dessus la mienne. Dès lors je m'étais senti défaillir, le corps répondant immédiatement en faisant s'enrouler mes doigts au siens. Sa peau était douce, mais je sentais sur le bout de ses index la corne des guitaristes qui pourtant n'était guère désagréable. Il glissa son pouce sur ma paume, s'avançant avec lenteur jusqu'à mon visage. Ses lèvres s'ourlèrent dans un sourire si tendre que j'aurai cru voir un ange qui venait de se matérialiser devant moi. Son nez s'approcha du mien avec lenteur, mais il se stoppa à une distance qui me semblait déjà suffisante pour activer la surchauffe de ma boîte crânienne.

« Je disais que tu avais une innocence qui transparaît derrière tes airs de guitariste qui aime faire bouger le public... Je ne comprenais pas d'où te venait ta sensibilité, et je ne comprenais pas ce qui avait sut me toucher lorsque tu étais sur scène. J'ai vite compris que ton talent était pur et ça m'avait réellement transcendé. Ton visage aussi... Il était fascinant quand tu jouais. » Son index libre glissa depuis mon oreille jusqu'à mon menton, suivant la ligne de ma mâchoire, créant sur son passage une longue ligne de frissons incontrôlables.« J'ai ressenti quelque chose de violent quand tu t'es mis à chanter, et tout le public lui aussi l'a senti. Derrière tes airs de dur, tu es délicat, tu es sensible, et tu as du coffre. » Il se stoppa un instant. « Ton âge surement joue sur cela, mais je crois qu'il y a d'autres choses. Comme une envie de prouver quelque chose... » Ses yeux se tournèrent vers nos mains liées et il amena avec délicatesse ma main vers sa bouche. Il la baisa, provoquant une explosion dans mon bas ventre, tandis que je me jurais que je n'avais pas le droit de tomber, pas le droit de succomber. « Mais dis-moi, tu as quel âge exactement ? »

« D-Dix-huit. »

Il hocha de la tête, reposant nos mains sur la table. « Et moi j'en ai vingt... » Il regarda l'horizon un instant avant de se tourner à nouveau vers moi. « Cela ne te gêne pas que je sois un peu plus âgé ? »

« Que... » je n'avais pas bien compris sa question avant que je ne secoue ma tête. « Non... Je veux dire c'est pas comme si on avait dix ans de différence ! » Il relâcha ma main tandis que j'avais haussé une épaule, riant doucement. « Puis bon, tu as peut-être raison de te prendre pour un petit vieux, ça se voyait hier sur scène, tu es déjà croulant ! »

J'avais été le seul à rire car j'étais sûr qu'il avait cessé d'écouter il y a un instant. Il s'était en effet dressé sur ses deux pieds, il contourna la table et très vite, il retomba assit à mes côtés. Son regard accrocha le mien, me laissant toute la joie d'observer toute la beauté de ses traits de si près, mais j'étais encore loin de savoir ce qui animait son cœur à cet instant. Or, bien vite, je l'avais compris. Sa main s'était glissé le long de ma joue gauche, remontant jusqu'à mes cheveux avant qu'il ne penche la tête sur le côté. Immédiatement mes yeux se fermèrent, mes lèvres fourmillant déjà à l'idée de recevoir mon premier baiser. Malheureusement, alors que son visage s'était approché du mien, j'avais senti sa joue glisser tout contre la mienne, et sa bouche se posa au plus proche de mon oreille. Il murmura alors, mettant le feu à mes pensées.

« Alors, Aki, prépares toi car je ne te laisserai pas m'échapper. »

Il s'éloigna, me souriant, et c'est alors que ma main se serra sur sa manche. Car en effet, ce garçon beau comme un dieu, m'avait fait comprendre que par-dessus toute cette admiration que j'avais pour son talent, je sentais qu'une chose brûlait de plus en plus dans ma poitrine, qu'une chose faisait toujours s'avancer ma bouche comme si elle ne faisait que rechercher la sienne...

Lentement il reposa ses coudes sur la table, frissonnant légèrement.

« Je vis avec mes parents dans une maison que je déteste, suivant d'autres préceptes encore plus idiots. Quand j'étais encore gamin, ma famille a quitté notre France natale pour venir au Japon faire affaire. Alors j'ai toujours été un étranger ici, j'ai toujours regardé les autres japonais juger mon accent, ou alors me mettre de côté quand ils comprenaient que je n'avais pas même d'origines Japonaises. J'ai grandi avec, et je pense que ça m'a forgé. J'ai décidé de leur prouver que j'avais du talent. Les gens pensent directement que je suis un tombeur de ces dames, un petit con avec un regard trop hautain... » Il resta silencieux alors que j'avais posé avec douceur mes lèvres sur sa joue. Il fut immédiatement pris d'un rougissement intense.

« Quand je t'ai vu sur scène, je t'ai trouvé fascinant. Et je crois que ton air de tombeur, sur scène c'est surtout un plus. »

Il fut pris d'un petit rire avant qu'il ne saisisse à nouveau ma main, la serrant dans la sienne avec douceur.

« Merci, Aki... »

« Merci à toi aussi, Louis..."

Le chapitre 4 ne devrait pas tarder ! J'espère que ce chapitre 3 vous a plu,

Passez une bonne journée !! ☺️☺️

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