Episode 7

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David ouvrit la porte, encore ensommeillé mais sobre. Depuis que Chase était entré dans sa vie, il avait réduit sa consommation d’alcool et participait à des réunions des alcooliques anonymes. Mine de rien, ce petit avait chamboulé sa vie. Il était d’une intelligence exceptionnelle et sa détermination dans l’enquête du Marionnettiste lui rappelait sa fougue d’antan. Ainsi, fut-il heureux de trouver le jeune homme sur le pas de sa porte, un sac a dos sur les épaules et une canne à pêche dans les mains.

« Bon, je sais que je passe à l’improviste mais Mathilda m’a dit que c’était bientôt votre anniversaire alors je me suis dis que je pouvais vous organiser un petit weekend surprise. Vous aimez la pêche ? »

David savait que le petit coquin connaissait la réponse car ils avaient déjà longtemps parlé des parties de pêche de leur enfance respective. Chase avait apparemment vécu à la ferme et s’amusait à pécher des grenouilles avec sa mère, quant à lui, son père l’emmenait souvent avec lui lorsqu’il fuyait sa femme pour un weekend « entre hommes » comme il aimait les appeler, weekend où ils buvaient de la bière en surveillant les lignes.

« Sherif ? »

Plongé dans ses souvenirs, David avait oublié de répondre. Il sourit à son jeune équipier et d’un hochement de tête lui signifia qu’il était partant. Il alla chercher son matériel dans le garage, déplorant encore une fois l’état lamentable de son équipement après avoir été tant d’année laissé à l’abandon, puis rejoint Chase, déjà assis derrière les pédales de son 4x4.

Après quelques heures de route, ils arrivèrent enfin. David resta un temps perplexe devant ce qui ressemble à des ruines calcinées.

« Ah oui… Je savais pas si je devais vous le dire tout de suite ou attendre… C’est mon ancienne ferme, celle qui a été détruite dans un accident. Elle n’a jamais été reconstruite et le terrain m’appartient encore. Ca peut paraître un peu fou mais j’ai pensé qu’on pourrait renaitre de nos cendres tous les deux… En vous montrant mon passé, je voulais que vous compreniez d’où je viens. Vous m’avez beaucoup aidé, Sherif, et je pense vous avoir aidé aussi. »

David entendit un sanglot refoulé et fut attendri devant ce jeune homme qui aurait pu être son fils dans une autre vie. Il lui prit l’épaule et le regarda dans les yeux.

« Chase, tu ne sais même pas à quel point notre rencontre m’a été bénéfique. Si tu as des mauvais souvenirs dans cette ferme, laisse-moi le plaisir de les remplacer par des nouveaux. Aller, maintenant donne moi un sourire, une bière et allons pêcher ! »

David éclate de rire face à l’incrédulité de sa jeune recrue et descend du véhicule non sans avoir donner une bourrade amicale à son coéquipier. Voilà bien longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi vivant !


***


Le visage de son père se superposa à celui du Sherif. Il n’avait jamais vu son père rire comme ça, du moins pas avec lui. Il n’avait jamais partagé de moment de complicité paternelle comme celle-ci. Le Sherif et son père étaient si différents et pourtant si semblables : veufs, alcooliques, brisés. Mais quand il regarda David, il ne vit ni dégoût ni peur dans ses yeux. L’affection qu’il lui portait serait-elle réelle ? Non, ce n’était pas le moment d’éprouver quoique ce soit. Voilà 26 ans qu’il n’avait rien ressenti d’autre que de l’abjection envers la race humaine et en particulier envers son père. Supporter l’indifférence de son géniteur avait été possible lorsque sa mère était à ses côtés, mais depuis l’accident, l’aversion qui émanait de son père avait été comme un poison, ou plutôt une délivrance, un acide qui ronge sa carapace faussement humaine pour mettre à jour sa vraie nature. Depuis qu’il avait mis le feu à la ferme, il avait pu déployer ses ailes, découvrir le monde sans plus se soucier des conséquences. Pourtant, le meurtre de son père ne l’avait satisfait qu’un temps. Certes, il était mort, mélangé aux cendres de ses cigarettes qu’il aimait tant, mais Logan l’avait tué d’une façon lâche. Il s’en rendait compte maintenant. Quand il tuait ses victimes, ce qu’il aimait c’était le spectacle, les orbites vides d’un corps en panique, les globes oculaires témoins du bon déroulement de la pièce, les gémissements d’une proie qui sait qu’elle va mourir. Pourtant, il avait gaspillé sa première fois, son premier meurtre, la première vie humaine qu’il avait volée n’avait eu comme spectateur que le metteur en scène. Il avait été heureux de balancer ce mégot sur le tapis, il se souvenait même de toutes les couleurs qu’avait pris les flammes en embrasant le parquet imbibé d’alcool. Son père ivre mort n’avait même pas cillé quand le feu avait grignoté le sofa sur lequel il était affalé. Logan n’avait pas pu rester plus longtemps dans la chaleur étouffante. Ainsi avait-il laissé l’incendie lui ôter le plaisir ultime d’être témoin de la destruction de son père. Il avait appelé les secours et dans un magnifique jeu de comédie, avait déclaré n’avoir rien pu faire pour le sauver. Mais au fond de lui, il savait qu’un jour viendrait où il tuerait son père à nouveau. Il ne savait pas quand ni comment mais ce jour viendrait, et en attendant, il fallait profiter de la vie et de la source de pouvoir et de plaisir qu’il venait de découvrir.

Descendant à son tour du 4x4, il décapsula une bouteille de bière et y versa le contenu d’une fiole qu’il gardait dans la poche de sa chemise. L’effet de la drogue ne fut pas immédiat mais David finit par d’étaler face contre terre, s’explosant le nez contre une pierre dans une gerbe écarlate. Cette giclée poisseuse tâcha les chaussures immaculées de Logan qui ressenti instantanément son pantalon comprimer son excitation. David, son père, tout allait recommencer d’ici quelques heures mais avant cela, il fallait assouvir ses pulsions. Récoltant un peu du sang de sa victime dans le creux de sa paume, il entreprit ses caresses, barbouillant son sexe de rouge à chaque mouvement.

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