1 Vingt-quatre ans avant

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Je le découvre en face de moi par une vidéo directe sur Facebook, je lui fais part de ma présence. Je ne suis pas toute seule, il a un petit mot pour chaque personne qui lui tape un message. Il évoque ma relation avec lui, c'était une époque nitescence où je le remarquais avec ses yeux brillants et heureux. Il me dit des paroles qui me touchent, j’aperçois, je sens et je vis son émotion. Ses anecdotes avec moi lui évoquent et provoquent un émoi. Il me parle d'une amitié très forte, nous avons quelque chose d'indéfinissable et inexplicable. Nous ne sommes pas revus depuis vingt-quatre ans, mais j'ai l'impression de le retrouver comme si le temps ne s'était pas arrêté. Il demeure le même avec la même franchise, la magie du passé opère, il conserve un souvenir, un sentiment indestructible, inoubliable, je ne devine pas ce que c'est, mais il nous lie une douceur qui apaise nos blessures ou nous réconforte d'avoir vécu comme un moment vernal avec des oiseaux chantant sous un ciel bleu. Un bien précieux digne d'un smaragdin se garde en secret enfoui dans une terre en état de pétrichor et qui veut rester là où il est. Le sortir des ténèbres risquerait de briser et de laisser échapper les étoiles en nous. Il faut savoir préserver le joyau entre nos mains et dans nos cœurs. Avant de conclure la conversation, je devine bouleverser, il me touche davantage, je le retrouvais comme vingt-quatre ans auparavant. Il me plonge dans mes souvenirs où je me sens encore à fleur de peau tous ces sentiments que j'ai dû traverser avec lui. C'était ancré dans mon âme à tout jamais, la plus magnifique histoire et épisode de ma vie, celle qui remue entre amitié et amour.

Nous étions jeunes, vingt ans, le bel âge certains diront, mais c'était lui qui me marquera dans ma mémoire. J’habitais dans une ville que je chérissais et je vivais dans un foyer de jeunes travailleurs. J'étais depuis le mois d'octobre, c'était mon cocon, je mis du temps à trouver ma place, perdue d'autant de personnes autour de moi, avec leurs itinéraires différents, leurs souffrances. progressivement, j'avais mon petit cercle, nous courtisons tous les jours et les discussions s'établissaient petit à petit.

En juin, je finissais mes études, un jeune homme débarque et je ne savais pas que cette personne aurait laissé une trace dans ma vie. Ce n'était pas d'une beauté physique à tomber par terre, mais elle était à l'intérieur de lui. Elle ne voyait pas, mais il la transmettait et nous frappait en plein cœur. Je n'arrivais pas à dormir, je passais à l'accueil, il était là avec sa jambe dans le plâtre avec ses béquilles. Il était dans un moment de détresse affective racontant ses déboires, je ne voulais pas m'immiscer entre lui et la dame en face de lui. Il se laissait aller dans des confessions, j'étais spectatrice, mais je fais connaissance avec lui ainsi et ce n'était que le début de notre histoire. Comme il me voyait bienveillante et à son écoute, il comprenait qu'il venait de trouver une personne de confiance et je répondais à la même sensibilité.

Sa fragilité avec son antécédent faisait de lui un écorché vif, ses douleurs étaient corrosives, cela le rendait vulnérable. En apprenant à le découvrir, je désirais lui apporter le pansement pour renfermer ses cicatrices. Il me dévoilait son univers et je m'attachais à lui petit à petit. On se voyait tous les jours, on passait du temps ensemble, il se confiait à moi et nous partagions nos rires et nos larmes. Nous faisons des sorties tous les deux avec d'autres personnes. Je lui offris la possibilité de fêter ses vingt et un ans au mois de juillet. J'étais bien avec lui, à l'aise et il me procurait tout ce que personne ne pouvait le faire : sa tendresse, son amitié, son écoute. Puis, en d'août, je commençais à l’apprécier un peu plus tous les jours, au point de que l’affection explose dans mon cœur. Je ne savais qu'il ne fallait pas, le seul défaut u'il pouvait avoir c'était son instabilité, mais il m'embellissait. C'était grâce à un de ses poèmes que je tombais amoureuse de lui. Je n'aurais pas dû le lire, mais il me transportait dans un torrent de bonheur. J'étais heureuse auprès de lui, jusqu'à l'apparition de quelques nuages sombres dans notre ciel. Des disputes qui auraient pu être évitées mettaient fin à cette magie entre nous. Bien qu'il commençait à craquer pour une autre, il me déposait un baiser sur les lèvres pour un premier adieu à nos sentiments amoureux.

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