Chapitre 6 - Danger

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Mon esprit émerge difficilement et mon corps se recroqueville, agité par une sensation désagréable. Un courant d’air s’est faufilé sous les draps et s’est attaqué à mon corps dénudé. Je tends instinctivement le bras sur ma gauche, à la recherche de chaleur humaine, mais ma main s’échoue lamentablement sur le matelas.

Mes yeux peinent à s’ouvrir, et découvrent le vide laissé à mes côtés. Je me redresse dans un sursaut. La fenêtre est ouverte, et le soleil matinal illumine la chambre de sa lumière filtrée. Une inquiétude indescriptible naît en moi. Où est-il ? Je scrute la pièce dans ses moindres recoins, mais je ne l’aperçois pas. La porte est entrouverte, est-il sorti ? En tendant l’oreille, je crois entendre le bruit de la douche. Je respire un bon coup. Pourquoi paniquer ? Je suis en sécurité ici…

Je me rallonge en attendant, les mains croisées derrière la tête. Je jette en permanence de furtifs coups d’œil vers la fenêtre, comme si je me préparais à m’enfuir au cas où quelqu’un s’y présentait. C’est puéril de ma part, et complètement invraisemblable, mais c’est une façon de me rassurer.

Je repense à tout ça. Comment ma vie est-elle devenue si compliquée ? En y repensant, mon existence était plutôt linéaire avant cette année de terminale. Je n’avais jamais fait face à de gros problèmes, je me contentais de rentrer dans le rang et de me tenir à carreau. C’était paisible, mais prévisible. Mes émotions n’étaient jamais mises à l’épreuve, dans le positif comme dans le négatif. Et ça me convenait, j’aimais bien ma zone de confort, parce que j’avais peur des risques.

Ces derniers mois, j’ai vécu mes plus grands bonheurs et mes plus grands malheurs. Je n’ai jamais été aussi heureux et aussi effrayé de toute ma vie. Et malgré ça, je ne souhaiterais pour rien au monde oublier ces derniers mois et revenir en arrière. C’est complètement contradictoire, mais c’est pourtant la conclusion que j’en tire. Parfois, je me demande si c’est une simple coïncidence, ou bien si le bonheur et le malheur ne peuvent pas exister l’un sans l’autre, comme s’ils étaient indissociables…

Le grincement de la porte m’extirpe de mes pensées philosophiques. Aleksy pénètre dans la chambre, les cheveux éparpillés et humides, la serviette sur la taille. Il me fixe d’un regard bienveillant, ce genre de regard qui dissipe tous mes doutes.

A : C’est moi qui t’ai réveillé ?

N : Plutôt mon manque de toi.

Aleksy affiche un sourire resplendissant et reprend sa place à mes côtés. Je m’agrippe à lui comme une bernacle à un rocher, et plonge ma tête dans le creux de son cou. Il sent bon, sa peau est fraîche. Ses mains, elles, viennent flatter le bas de mon dos. Il n’en faut pas plus pour que mon émoi grandisse. Et même si je crève d’envie de replonger dans la luxure, ma conscience ne sera pas tranquille tant que je n’aurai pas discuté de ça avec lui.

N : Aleksy… j’aimerais qu’on discute au sujet d’hier.

Aleksy prend du recul pour m’observer, droit dans les yeux. Sa mine se renfrogne.

A : On n’est pas obligé, tu sais…

N : J’en ai vraiment besoin, juste un instant.

Devant mon air suppliant, Aleksy abdique. Il pousse un long soupir.

A : Si tu veux…

N : Je voulais te dire que je suis sincèrement désolé pour hier, et pas seulement pour la soirée. Pour absolument tout. J’ai été nul, vraiment nul, et je l’ai véritablement compris hier soir. Je regrette tout ce que je t’ai dit, c’était sous le coup de la colère et je ne le pensais pas, crois-moi. T’es vraiment génial, et tu ne méritais pas ça…

Aleksy est passablement surpris, son visage le trahit. Bien que ça me vexe un tant soit peu, je ne peux que lui donner raison. Il sait que j’ai du mal à m’excuser sincèrement, ma nature têtue fait que j’assume difficilement mes torts. Mais pour réparer les erreurs que j’ai commises, je suis prêt à mettre ma fierté de côté, au moins pour cette fois.

Mais un sourire attendrissant commence à se dessiner sur son visage, et une lueur passionnée envahit ses yeux.

A : Merci, Niels. Même si tu étais déjà pardonné de toute façon, ça fait plaisir à entendre.

Nos lèvres se joignent comme pour tourner la page sur cet évènement. Notre première dispute… J’espère qu’il y en aura le moins possible, car ce n’est clairement pas agréable. Ça ne l’est jamais. Nous restons au lit, l’un contre l’autre, pendant de nombreuses minutes, repartant à la découverte de nos corps pour assouvir nos désirs charnels.

Une fois repus, lavés et habillés, nous décidons de rejoindre Wanda dans la cuisine. C’est vrai que nous avons trainé, et qu’il est déjà midi passé. Elle est en train de réchauffer les restes d’hier et, cette fois, je compte en profiter, mon appétit étant revenu. C’est tout sourire que nous préparons la table et que nous nous installons. Mes yeux suivent du regard les différents plats que Wanda pose sur la table, plats que j’ai complètement ignorés la veille. Mais, aujourd’hui, mon estomac crie famine. Alors que je me sers dans tous les plats avec un entrain non dissimulé, Wanda m’interpelle.

W : Tu as l’air d’aller beaucoup mieux aujourd’hui, Niels.

J’avale ma bouchée de travers et manque de m’étouffer. Bien que sa phrase ne sonne pas comme un reproche, je me sens tout de même un peu coupable pour mon attitude de la veille.

N : Euh… oui, merci. Désolé pour hier, je n’étais pas sous mon meilleur jour.

W : Ne t’en fait pas, tout le monde a des hauts et des bas.

N : Oui…

Ne sachant pas quoi dire pour alimenter la conversation, j’opte pour le silence, ou plutôt l’attente d’être relancé par un autre membre de la tablée. Il n’en est rien, pendant de longues secondes. Seul le bruit des couverts qui retentissent contre la porcelaine se fait entendre. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’un malaise s’est installé, mais c’est comme si chacun souhaitait révéler quelque chose, sans savoir comment le formuler. Un sentiment très étrange.

W : En tout cas, je suis contente que vous vous soyez réconciliés.

Je relève la tête et observe Aleksy, d’un regard accusateur. Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’il semble aussi surpris que moi.

A : Que… Comment tu as su qu’on était en froid ?

W : Je ne l’ai pas appris, je l’ai remarqué. C’est comme si vous étiez deux inconnus qui se rencontraient pour la première fois, hier. Je pense que tes parents ne sont pas passés à côté de ça non plus, Niels.

N : Sûrement… Ça ne serait pas la première fois qu’ils remarquent quelque chose que l’on pensait avoir masqué de toute façon…

W : Enfin, ce ne sont pas mes affaires, vous avez vos raisons. Je suis juste rassurée, parce que vous allez bien ensemble.

Nos teints rougissent légèrement, mais deux beaux sourires se dessinent sur nos visages. Ça fait du bien, parce que sa confidence était naturelle et sincère, parce qu’elle fait abstraction du fait que nous soyons tous les deux du même sexe.

W : Par contre, essayez de vous réconcilier plus discrètement, la prochaine fois…

Nos visages se figent instantanément. Par tous les moyens, notre regard essaie de trouver une sortie de secours. Comme si le mot ‘‘honte’’ était gravé sur notre front. Tandis qu’Aleksy cherche un objet derrière lequel se cacher, je me mets à rire nerveusement.

N : Désolé Wanda, message reçu.

A : T’abuses, maman ! T’aurais au moins pu attendre que l’on ne soit plus que tous les deux pour me dire ça !

W : Bah quoi, Niels est aussi concerné, non ?

A : Mais quand même ! C’est juste une question de… Enfin, c’est notre invité, quoi !

W : Et alors ?

A : Et alors… oh, et puis laisse tomber…

Je me mets à rire devant ce spectacle digne d’une sitcom américaine. Après tout, pas besoin d’avoir honte, ça fera une anecdote marrante à se rappeler, ou bien à raconter à des amis. Nous finissons le repas avec un Aleksy un tantinet grognon, et Wanda qui n’essaie pas d’arranger la chose en le taquinant gentiment.

Le repas terminé, nous débarrassons la table et nous aidons Wanda pour la vaisselle, jusqu’à ce que la sonnette se fasse entendre. N’y prêtant pas attention, nous continuons notre tâche tandis que Wanda s’éclipse pour aller ouvrir.

W : Bonjour… c’est pour ?

B : Bonjour Mme Wolski, on est venu voir Aleksy. Euh… on ne s’est pas trompé d’adresse, au moins ?

W : Non non, c’est bien ici. Aleksy ! Ce sont deux amis à toi !

A : Ah oui ! Fais-les entrer !

Je regarde Aleksy, intrigué.

N : Deux amis… Ben et Zayn ?

A : Ouais, je leur ai demandé s’ils voulaient passer l’aprèm avec nous. Ça te dérange pas, rassure-moi ?

N : Non, c’est pas ça, c’est que…

Z : Salut le p’tit couple ! Toujours fourrés ensemble, tous les deux !

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase. Sa réplique me décontenance un court instant. Même si je sais que c’est seulement une pique gentillette, il est bien plus proche de la réalité qu’il n’y pense. Je fais en sorte de rester impassible.

A : Yo ! Ça fait plus de dix secondes que vous êtes ensemble, Benjamin et toi, et vous ne vous êtes toujours pas foutus sur la gueule ?

Z : Nan, je me retiens un peu pour faire bonne impression devant ta mère.

A : Tu ne tiens pas à ta vie, Zayn.

Z : Ça va, je déconne !

B : Oh, blague à part, ça vous dirait d’aller faire un petit tour sur la grande place ? On a vu qu’un groupe de musique était en train de jouer quand on était dans le bus et il y avait l’air d’avoir pas mal de monde, ça pourrait être sympa !

A : Carrément, ça a l’air cool !

B : Et toi Niels, ça te tente ?

Tous les regards se rivent sur moi. Si ça me tente ? Oui, je pense bien. Mais malheureusement, j’avais d’autres projets pour cet après-midi. J’ai bien l’intention de suivre les conseils d’Aleksy et d’en parler à mes parents, pour ma sécurité, puis aussi pour la sienne et celle de Mathis. Alors sortir dehors, en pleine journée, et même si je me retrouverai au cœur d’une foule de gens, ça serait prendre le contrepied de toutes mes résolutions.

Comprenant enfin ma réticence silencieuse, Aleksy s’apprête à se lancer dans des explications capillotractées pour m’épargner la réponse, mais je ne lui en laisse pas le temps.

N : Désolé les gars, je dois régler un truc chez moi, d’abord. Je vous rejoindrai après !

B : Ah, pas de soucis. On fait comme ça, alors !

N : Je vais en profiter pour ranger mes affaires avant de rentrer chez moi.

B : Tes affaires ?

Je ne prends pas la peine de répondre et me dirige vers la chambre, laissant à Aleksy le devoir de donner de fausses explications quant à ma présence chez lui, cette nuit. N’empêche, il faudrait qu’on réfléchisse à leur annoncer, un jour ou l’autre. Aujourd’hui, peut-être ? Bon, ce n’est pas le moment d’y penser, on verra bien quand l’opportunité se présentera. De toute façon, je lui fais confiance.

Je récupère mes quelques vêtements éparpillés et mes affaires de toilette, que je range consciencieusement dans mon sac de cours, et je jette mon dévolu sur mon portable, posé au milieu de son bureau. En le prenant en main, je remarque que le coin supérieur gauche de mon écran a pris tarif à cause de la chute. Je fais la moue, car je n’ai pas l’habitude d’abîmer mes affaires. Tant pis, j’ai fait une connerie, alors je l’assume.

Je le déverrouille, mais aucune notification n’apparaît. Mathis ne m’a toujours pas répondu. Je lâche un long soupir de contrariété. Je n’aime pas ça, ça ne me rassure pas du tout. Au même moment, la porte de la chambre s’ouvre.

A : Ça va, Niels ?

N : Ouais, tout va bien. Tu les as laissés en bas ?

A : Ouais, je leur ai dit que j’allais vite fait aux toilettes. Désolé, j’aurais dû refuser, je ne pensais plus à tout ça…

N : T’inquiète pas, tu ne vas pas t’empêcher de vivre pour moi, non plus.

A : Certes, mais… je ne pense pas que j’arriverai à m’amuser si tu n’es pas là, alors que cette après-midi était prévue pour nous deux, à la base. C’était peut-être pas une si bonne idée de les inviter …

N : Mais si, tu as fait ça pour qu’on se change les idées, ça partait d’une bonne intention. Et puis… même s’ils n’étaient pas là, j’avais prévu de rentrer chez moi cet après-midi, dans tous les cas.

Aleksy me regarde, perplexe.

A : Comment ça ?

N : Je vais tout raconter à mes parents.

Les yeux d’Aleksy se remplissent de joie.

A : Vraiment ?

N : Si je te le dis. Tu as raison, il faut qu’on prévienne la police, avant que quelque chose de vraiment regrettable n’arrive. Et je n’ai toujours pas de nouvelle de Mathis, ça commence à m’inquiéter…

Son sourire se crispe légèrement et son sourcil droit sautille discrètement. Un petit rictus malicieux se dessine sur mon visage alors que je l’examine, les yeux plissés.

N : C’est quoi ça, j’ai l’impression de détecter un brin de jalousie.

A : Pas du tout… Mais je trouve que tu fais un peu trop une fixette sur lui, je suis sûr qu’il se débrouille très bien tout seul…

N : Écoute… je sais que ça ne t’enchante pas, mais mon destin est en quelque sorte lié au sien. Si on arrive à mettre Xavier hors d’état de nuire, on est tous les deux débarrassé de nos problèmes. Mais si Xavier a décidé de s’attaquer à moi, ça veut dire que Mathis est lui aussi en danger, et je m’en voudrais toute ma vie s’il lui arrivait quelque chose de grave. Tu comprends ?

A : Mouais… Mais ne te met pas en danger pour lui, s’il te plaît…

N : Fais-moi confiance.

A : C’est le cas. Par contre, j’aimerais bien être avec toi quand tu te confesseras. Après tout, j’en ai été témoin…

N : Mais… tu vas leur dire quoi à Zayn et Benjamin ? Tu viens de les inviter, tu leur raconteras quoi pour expliquer ton changement d’avis ?

A : Je sais pas… À part tout leur révéler, je vois pas autre chose…

Z : Nous révéler quoi ?

Nous nous retournons dans un sursaut en direction de la source de la voix. Nos deux amis se tiennent debout, sur le seuil de la chambre. Zayn nous dévisage, l’air intrigué.

A : Je vous avais dit que je revenais ! Qu’est-ce que vous foutez ici ?

Z : Hey, relax ! On a décidé de faire le tour du propriétaire puisque tu ne revenais pas, justement. Et puis, on pensait pas que vous aviez quelque chose à nous cacher.

Zayn vient de clouer le bec à Aleksy. Il essaye de lui répondre quelque chose, mais rien de crédible ne lui vient à l’esprit.

B : Te fatigue pas, si t’as pas envie de nous le dire, on va pas te forcer à cracher le morceau… Bref, on va en ville avec Zayn, avant que le concert ne se termine. T’auras qu’à nous rejoindre dès que tu auras terminé.

Le visage grave, Zayn et Benjamin se retournent, prêts à quitter la maison. Merde… C’est pas comme ça que c’est censé se passer, j’ai pas envie de me les mettre à dos, il faut que je réagisse.

N : Je suis toujours en danger.

Nos deux amis reviennent sur leurs pas et me fixent, troublés.

Z : Qu’est-ce que tu racontes ?

N : Thibaut, ce n’est pas lui le coupable, ce n’est pas lui qui a essayé de me tuer.

Z : Sérieusement ? Comment tu peux en être si sûr ?

A : Entrez, et fermez la porte.

Ils pénètrent dans la chambre et referment derrière eux. Puis ils s’installent, chacun sur une chaise, tandis qu’Aleksy et moi nous asseyons sur le bord du lit.

B : Qu’est-ce qu’il t’est arrivé, Niels ?

N : C’était hier, après les cours… Mathis m’a donné rendez-vous à la bibliothèque, et…

Z : Mathis ? C’est qui, lui ?

N : Un autre terminal, celui qui nous était passé devant au self.

Z : Oh… Mais quel rapport ?

N : Bah, j’y viens. Il m’a donc donné rendez-vous quand on était au self, justement. Il avait écrit l’heure et le lieu sur sa main, sans me dire un mot. J’avais trouvé son comportement très étrange à ce moment-là, mais j’y suis quand même allé. Là-bas, il m’a révélé qui était le véritable coupable. De ce que j’ai compris, il l’a vu à l’œuvre, et ce dernier l’a menacé de ne rien dire s’il ne voulait pas avoir de problèmes…

B : Et… c’est qui ?

N : Xavier…

Un long silence s’installe dans la chambre, le temps que nos deux amis impriment l’information dans leur tête. Tiraillés entre la stupéfaction, la colère et la crainte, les mots arrivent difficilement à se former dans leur gorge.

B : Xavier… celui de votre classe ? Tu… tu penses que c’est sérieux ?

A : C’est pire que ça…

Z : Comment ça ?

A : Niels était parti du lycée sans rien dire, et je trouvais son comportement bizarre depuis le repas de midi. Alors… je l’ai suivi, pour voir où est-ce qu’il allait. Il est entré dans la bibliothèque et il y est resté… je sais pas, moi… un quart d’heure, à peu près. Puis j’ai vu Mathis sortir, suivi de Niels quelques minutes après. Au moment où il a traversé la rue, quelqu’un… une voiture a essayé de le renverser.

Z : Tu déconnes !?

A : J’aimerais bien…

B : Attends, c’était peut-être pas volontaire ?

A : Il était garé juste à côté, tout au long du rendez-vous, et il a accéléré d’un coup dès que Niels est sorti. Il ne s’est pas arrêté quand Niels l’a esquivé de peu, et il a directement pris la fuite. Et puis… j’ai déjà vu cette voiture chez Xavier…

Z : Quoi !? Mais tu sais à qui elle appartient ?

A : Non… Je sais juste que Xavier le connaît, et que c’est une coïncidence bien trop grosse pour imaginer autre chose que ça…

B : Mais… Pourquoi il fait tout pour…

N : Je ne sais pas… J’en ai pas la moindre idée…

Plus personne ne parle. Chacun réfléchit de son côté, chacun fait le tri dans les informations dont il dispose, afin d’essayer de trouver une réponse, ou au moins un début de piste. Peine perdue.

B : Ça veut dire que… Xavier sait que tu sais ?

N : Probablement…

B : Mais alors… tu as prévenu Mathis ? Lui aussi est dans la merde, non ?

N : Plus aucune nouvelle de lui depuis hier…

Le teint de Benjamin blanchit, en s’imaginant ce que moi-même je n’ose pas soupçonner à partir de cette information.

Z : Mais c’est du délire ! Vous avez prévenu les flics, ou bien tes parents au moins ?

N : Je… Non, pas encore… C’est pour ça que je voulais passer chez moi, je dois le leur dire…

Z : Qu’est-ce que t’attends ? Grouille-toi, rentre tout de suite chez toi ! On va t’accompagner avec Benjamin et Aleksy.

Je le regarde pendant quelques secondes, légèrement décontenancé, avant de réaliser que je ferais mieux de suivre ses conseils. J’embarque mes quelques affaires, et nous sortons de chez Aleksy pour nous diriger tous les quatre vers chez moi. Je remarque que personne ne peut s’empêcher d’épier les moindres recoins des rues que nous traversons, de peur que quelqu’un surgisse du moindre virage, du moindre buisson.

Après quelques minutes de marche, nous atteignons le portail, et je remarque la présence d’une voiture que je ne connais pas, devant le palier de la maison. Sans y prêter attention, nous traversons la cour pour nous poster juste devant la porte d’entrée. Je prends une grande inspiration, et j’agrippe la poignée.

À l’intérieur, j’aperçois mes deux parents en pleine discussion avec un homme dont le visage m’est familier. Lorsque celui-ci se retourne vers moi, je n’ai pas à chercher bien loin dans mes souvenirs pour remettre un nom sur lui. Il s’agit de l’inspecteur qui était venu la dernière fois, pour nous annoncer qu’ils avaient trouvé le coupable. Ou plutôt, le faux coupable.

Insp. Doyon : Monsieur Møller. Nous nous apprêtions justement à venir vous chercher, mais vous nous facilitez la tâche.

Il s’approche de moi. Son regard ne trahit en rien ses intentions. Pourquoi est-il ici ? J’ai beau essayer de chercher, je ne comprends pas. Xavier s’est-il trahit quelque part ? Peu importe, ça tombe bien. Je ferai d’une pierre deux coups, il apprendra tout ce que je sais en même temps que mes parents. Il s’arrête devant moi et pose son regard successivement sur moi, Aleksy, et nos deux autres amis.

Insp. Doyon : Excusez-moi, mais pourrions-nous nous entretenir en privé ?

N : Ils sont au courant de toute l’affaire.

Insp. Doyon : Nous aurions préféré qu’ils se contentent du strict minimum.

N : Je leur fais confiance, ce sont des amis proches et ce sont les seuls que j’ai mis au courant.

Insp. Doyon : Soit…

Il les inspecte une dernière fois du regard, puis il revient à ce qu’il souhaitait me confesser.

Insp. Doyon : Monsieur Møller, connaissez-vous un certain Mathis Cormier ?

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