la salle à manger

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Suzanne se dirigea avec hâte vers la salle à manger et se figea sur place : des invités trônaient à la table et dégustaient leurs victuailles !

Elle s'apprêtait à se plaindre, quand l'un d'eux retira sa capuche, non mais c'est quoi ces gens, et la convia à entrer. Elle ne se fit pas prier, la gourmandise prenant le pas sur la méfiance.

L'adolescente entra d'un pas intimidé, ces personnes l'effrayaient. Le doyen le sentit et la rassura.

« N'ayez pas peur, nous n'allons pas vous manger.

Rires étouffés de l'assistance.

  • Je... Je croyais que nous étions seuls.
  • Eh bien, vous vous êtes trompés.

Nouveaux ricanements.

  • On... On s'est peut-être trompé de maison.
  • Vous êtes au bon endroit. C'est une tradition. Nous accueillons les nouveaux venus. Ensuite, nous disparaissons. »

L'espace d'un instant, Suzanne crut voir une envolée de capes rouges et noires.

Elle devait manger au plus vite : la faim la faisait dérailler !

« Par ici ma petite, je vous ai réservé une place », dit une grande brune élancée, yeux noisettes, rouge carmin mettant en valeur ses lèvres pulpeuses.

Son regard magnétique guida la boulotte qui s'installa à table.

Elle fut également attirée par le motif du verre : une superbe créature aux iris émeraude. Son prénom s'affichait en filigrane : Hedony, tout en elle indiquait l'irrésistible tentation, et ce, même pour une femme. D'ailleurs, elle semblait l'appeler d'une voix suave.

Tu perds vraiment la boule. Mange, ça te calmera.

Cependant un autre détail la troubla : le sous-verre qui représentait une femme prisonnière d'une énorme chaîne, en position foetale, et... Avec des ailes dans le dos !

Qui peut dessiner des trucs pareils ?

  • Je m'appelle Aélia. Sauve-moi. J'ai besoin de ton aide.

Non mais, ça ne va pas la tête. Comme si un dessin pouvait me demander de l'aider ?

« Vous allez bien, Mademoiselle, vous n'avez toujours pas touché à votre repas.

  • Quoi ?
  • Vous devez manger, cela va refroidir.
  • Ah oui. Bien sûr. »

Mais oui grosse bêta. Tu dois manger pour éviter ces hallucinations. En plus, tout a l'air succulent.

Suzanne découpa un morceau de ce qui ressemblait à du poulet qui baignait dans un liquide ambré et postillonna aussitôt.

« Mais c'est infect. C'est quoi cette sauce ?

  • Un peu trop relevé, peut-être.
  • Trop salé vous voulez dire.
  • Nous avons eu la main lourde ?
  • Et cet arrière goût métallique. Comment pouvez-vous manger ça ?
  • Question d'habitude.
  • Je préfère le sucré pour ma part.
  • Le gâteau sera apporté par notre cuisinier un peu dans la soirée. Vous le mangerez avec vos amis.
  • Merci de m'avoir invitée.
  • Tenez, prenez ceci en cadeau. »

La jeune femme donna à l'adolescente une série de sous-verre, les trois représentant de sublimes déesses aussi belles que sauvages. Une fascination animale. Leur prénom évoquait l'exotique : Lourna, Orlane et Jade.

L'enrobée remercia la mystérieuse convive et décida de rejoindre les autres. Avant qu'elle ne sorte, un gros chat roux se colla contre ses jambes en quémandant des caresses. L'adolescente se baissa pour le contenter et remarqua un pendentif autour de son cou. Le bijou décrivait une superbe beauté blonde, venant des pays scandinaves qui s'appelait Trahild. Ses lèvres semblaient prononcer un mot, mais la boulotte ne parvint pas à le déchiffrer.

Le gros chat roux disparut aussi vite qu'il était venu et Suzanne quitta la pièce.

*

Le doyen sortit un sachet en plastique de sa poche de pantalon, l'ouvrit et versa le contenu dans son assiette. Dents, poils et os baignant dans la sauce.

« Bon appétit mes amis. »

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