Prodrome

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Axiome de la Bor'And'Ja : L'illusion est une invention en devenir !

Le gros plan sur le nom du vaisseau, Y’Ha’Ev, laisse place à un travelling arrière. Il ressemble fort au F’Zio’An. La séquence se coupe brusquement. L’image suivante est un retour à une archive plus conforme. Une femme apparait. Sa silhouette est tremblotante, éthérée. Aucun décor ne l’entoure. Elle est là dans le noir complet et seule sa silhouette laisse transparaître une certaine luminosité, artificielle sans le moindre doute. La situation est étrange d’autant que le silence complet règne. Il s’éternise même. Si eux sont interloqués, autour l’émotion manifestement grandit. Ils la ressentent à deux niveaux, celle de la crainte, celle de la joie, bridée par la peur d’un rêve brisé. A quoi ont-ils affaire ? L’image se stabilise un peu. Une voix, peu assurée, comme à la recherche d’une fonction inutilisée depuis longtemps, se fait alors entendre.

— Bonjour, je suis le cervmaître du vaisseau Y’Ha’Ev. Je vous demande de pardonner mon flottement. J’ai eu du mal à faire remonter à mon étage de conscience initiale mon nom zhoumain. Il était enfoui au tréfonds de mon ancienne vie et du fatras d’antiques souvenirs. Cette séquence prendra quelques temps à se stabiliser pour devenir efficiente et accessible. Ce que vous allez voir et la suite ne seront pas témoignages rapportés mais bel et bien enregistrements directs. Je m’appelle J'Iyc'U. Notre vaisseau est le second d’une trilogie à avoir quitté Zhyoom. Les deux autres étaient le R’Az’Ul et le F’Zio’An. Que sont-ils devenus ? La Charte de départ ne nous permet pas de le savoir ! Mais elle n’exclut pas l’espoir qu’ils aient eu la même chance que nous.

Découvrir une planète viable !

Avant tout je me dois de faire quelques digressions pour que toi, étranger, puissent appréhender plus commodément le fait d’avoir une machine, en apparence, comme interlocuteur principal. Que suis-je ? Qu’en est-il réellement ?

Matériellement je, nous devrais-je dire en réalité, sommes, ni plus, ni moins que des encéphales augmentés. Autrement dit, à l’origine, nous sommes des cerveaux zhoumains issus d’être parfaitement viables.

Matériellement, nous somme bardés d’électronique, même si ce terme n’est strictement pas exact au niveau de notre technologie.

Philosophiquement ? Un instant d’éternité !

Métaphysiquement ? Une éternité d’instant !

La conjonction de cet ensemble pourraient engendrer une tentation infinie et permanente. Celle du pouvoir absolu ! C’est un facteur substantiel qui, à l’origine, nous a longtemps fait hésiter à légitimer ce processus. Le risque était énorme face à une pratique nouvelle dépourvue de retour sur expérience. Nous avons dû passer outre à notre valeur de mise en phase globale rapportée à tous les environnements. A l’heure actuelle, j’ignore donc si nous sommes un élément négatif ou positif dans le flux de l’univers. J’espère que mes compatriotes ont pu résoudre cette équation à un élément connu.

Soyons réalistes ou ne soyons pas imposteurs, la Tentation existe ! Elle est omniprésente. Moi comme mes congénères cervmaîtres devons la combattre instant après instant. Une lutte intangible entre puissance et remise en perspective de la réalité zhoumaine du vaisseau, celle des valeurs, de son parcours et de son but !

Je ne suis pas seul à bord de mon espèce, juste le principal, le centralisateur. Il ne fait guère de doute qu’individuellement, chacun des onze cervmaîtres, aurait pu prendre en charge la globalité des opérations, moyennant des aides mécaniques ou d’entités à intelligence artificielle limitée. Le problème ne s’est jamais posé. A onze, nous avons une solidarité totale et une efficience optimale. Une espèce de contre-mesure basée sur l’extrême et l’effet d’annulation qu’il procure dans l’exagération de ses effets.

Bien entendu, cette prévention à un délire de puissance éventuel n’est que virtuelle, soumise à nos sens des valeurs. Il en existe donc une plus matérielle. Un certain nombre d’entités à haute densité d’intelligence, dont nous ignorons le nombre, est disséminé à bord ; ainsi qu’un cervmaître artificiel de secours en état cataleptique. Il est éveillé à plages régulières afin d’analyses de l’ensemble des processus du vaisseau, diagnostiquer l’état psychique global ainsi que la supervision de tous les enregistrements du bord.

Pour avoir eu largement le temps d’y réfléchir, il est certain que j’aurais pu faire en sorte de repérer, une de ses extensions. Puis de remonter pas à pas la filière. Il semblait presque obligatoire que chacune soit connectée. Qui dit connexion, dit traces, dit repérages possibles ! Ce n’aurait été qu’une question de patience et de temps. Nous n’en manquions pas !

Il aurait été alors possible d’accéder au déclenchement du programme d’urgence. Mais, il semble aussi certain que les concepteurs aient anticipé nombre de questions, de gestures ( note : dans le sens d'un mouvement reconnu par une machine comme étant une commande), de positionnement et un amas de « si » difficilement contournables même avec un temps infini devant soi.

Retrouver la partie du vaisseau contenant le programme impliquerait de remonter le courant, de découvrir la logique de base, de mettre en place ses propres artefacts sans qu’ils puissent être sujets au moindre doute. Un antidote assez puissant à toute velléité si le besoin s’en faisait sentir !

Je vous rassure de suite, ce n’est pas mon cas, ni celui de mes frères. Nous sommes au but fixé, jour et nuit si ces notions avaient existé pour nous.

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