Ca s'en va !

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Axiome de la Bor'And'Ja : Plus facile à dire qu’à faire ? Sentiment ? Action ?

— Permets-moi de me faire l’avocat du diable ! Même si, objectivement, je m’y suis habituée, ce manque de référencement temporel est un point qui me gêne vraiment grandement. Devons-nous le considérer comme un facteur, ou un point, d’avance ?

— Dans la même veine, je te répondrais : à plus d'un titre… Pour aussitôt rajouter, à moins d’un titre…

— Les repères s’opèrent comment ?

— Par cycle !

— Face aux routines intrinsèques comme le manger, le dormir, le lever, les tâches quotidiennes ? Comment les déterminent-ils ? Les rendez-vous ? Les rencontres ?

— Permets-moi le simplisme, n’as-tu jamais entendu parler de l'horloge biologique interne ?

— Si, pour ajouter aussitôt, l’individualisme ! Nous ne naissons pas égaux ! Certains dorment plus, d'autres ont faim plus tôt ? Si chacun fait à son rythme, le bazar semble assuré.

— Otes tes lunettes de terrienne, dit Elvyn en souriant pour atténuer l’ironie mordante, nos marqueurs de temps comme l’horloge, la montre, le réveil ne sont aucunement des valeurs universelles. Ne pas les posséder ne signifie certes pas d’en être exempt. Originellement, nous n’en avions point. Le soleil, sa position, l’alternance jour, nuit, sombre, clair peuvent suffire à déterminer un cadre. Le découpage en heures, minutes, secondes, ses corollaires sont des attributs relativement récents. Que savons-nous de ces zhoumains au final ? Une apparence inconnue ainsi qu’une ignorance totale d’éléments simples comme leur régime alimentaire ! Végétariens ? Carnivores ? Omnivores ? Des détails dont la connaissance pourrait nous faire avancer grandement. Plus vite que ce qu’ils souhaiteraient ?

— Toutes nos consultations nous montrent des humanoïdes !

— Reste à déterminer si nous avons affaire à la réalité ? Ou une transposition informatique destinée à, soit ne pas nous effrayer, soit ne pas nous faciliter la tâche ? Ils se sont rapprochés mais cette simple houppelande et ce masque grossier suffisent à flouter entièrement leurs contours. Le hasard n’a pas sa part ici. Ils nous montrent ce qu’ils veulent bien nous montrer. Qu’avons-nous déduit ? Qu’ils se tiennent sur 2 membres, sans pouvoir préciser s’ils sont jambes ou pseudopodes ou autres ? Ils communiquent avec nous mais parlent-ils réellement ? N’avons-nous pas affaire à une boite traductrice ? L’avance technologique, un point que nous pouvons valider sans risque, le leur permettrait. Nous-mêmes, sur Terre, commençons à posséder ce genre d’instruments et…

Il s’aperçut soudain qu’Amelyne le regardait bizarrement.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Tu n'as rien remarqué ?

— Non !

— Je te mettrais une houppelande, je croirais presque avoir affaire à un zhoumain, ellipses et gestes compris !

— Mon expressionnisme n’est pas différent d’hier ou d'avant-hier.

— Je sais, je n'ai pas dit ça ; juste sur ce moment précis, c’est hallucinant.

— Rétrospectivement, je te crois. Que penses-tu ?

— Qu’il faut accepter l'implantation.

— Que nous n’avons pas demandé, qu’ils n’ont pas proposé. Lui répondit Elvyn sans être surpris par l’apparent décalage de la réponse.

— Vœu-demande…

Amelyne retint sa respiration un court instant comme préfigurant un plongeon vers un inconnu.

— …Nous disposons d’une multitude d’informations. Pour intéressantes qu’elles soient, passionnantes mêmes, elles ne sont que parcelles. Pour parvenir à un mieux, il va nous être indispensable d’obtenir une globalité. Toutes ces données, concepts, notions sémantiques, ordre particulier ne mènent personnellement qu’à la perturbation, à un déséquilibre que l’étrangeté, réelle quoiqu’atténuée, artificiellement ou réellement, ne peut expliquer.

— J’aurais pu enchainer ton préambule par un : en quoi ? Mais non, par des cheminements différents, nous nous rejoignons. J’avoue avoir un peu de mal avec la notion de valeur et de postulat. La frontière entre ces deux mots, les buts et les moyens, ne m’apparait pas toujours très clairement.

— Dans le registre des évidences et si j'ai bien compris le message, le nombre de valeurs mises en exergue est réduit, très réduit. La plus claire, la plus saillante, je n’en vois qu’une : Respect ! Chaque fois que le mot est prononcé, ils l’accentuent dans leur phrasé.

— Je l’avais remarqué aussi. Aucun autre n'apparait franchement ; tout ce que je perçois détient une causalité directe ou indirecte avec celle-ci. Je vais émettre une banalité de plus mais l'approfondissement est plus que nécessaire. Obligatoire ! Est-il possible de baser une société complète sur ce simple mot ?

— Postulat, Valeur, Concept ? La dangerosité semble évidente. Pour une terrienne comme moi, les sens possibles sont presque une garantie de fourvoiement, d'exploitation. Il y faudrait une définition figée, universelle en complète contradiction avec cet axiome que j’ai retenu : « L’universalité n’est vraie que le temps de l’énoncer ! » Pour le pérenniser, la nécessité d’un apprentissage dès la naissance paraît un minimum. D’où la question adjacente : qu’en est-il vraiment de leur système éducatif ? Donne-t-elle un résultat uniforme ?

— Les réponses sont, peut-être, contenues dans tes questions. Et si postulat, valeur, concept n’étaient pas les moyens mais le résultat ? Le mot qu'ils utilisent, Sy'Phet'Ox, n'est qu'une traduction. Rien ne nous garantit qu'elle soit précise. Je les crois capable, pas nécessairement par malveillance ou manipulation, capable de nous laisser patauger pour que nous parvenions par nous-même au résultat. Ce serait cohérent avec tout ce que nous avons vécu depuis notre arrivée. Chaque vivant possède une personnalité pouvant lui faire interpréter informations, notions, épreuves de manière différente. L’importance serait alors dans le traitement pour mener à une finalité globale. Nous rejoindrions ainsi l’addition des particularismes menant à une globalité qui génère alors de nouveaux particularismes. Une auto alimentation qui pourrait se satisfaire de n’importe quelle trajectoire. Quand j'ai posé la question sur l'éducation, as-tu remarqué la locution de la femme ?

— J’ai laissé en suspens. Nous sommes par trop ignorants de leur langue, codes et interprétations. Ces constats ne font que rejoindre mon sentiment. Sans apport nouveau, notre vie entière ne suffira pas à les comprendre.

— A moins que ce ne soit le contraire ? Ou peut-être ? Ou la vérité ? Moi, zhoumain, je vous ouvre une gigantesque banque de données. Vous consultez nos archives, notre histoire, nos philosophies, nos cultures. Au travers de vos réactions, je/ils pourront estimer notre degré d'humanité, non, de zhoumanité. D'une pierre, deux coups ; d'un entier, je tire des fragmentaires ; de ces derniers, j'obtiens un entier !

— Voilà un angle intéressant, étrangement familier au final ! Tu rentres souvent dans les faits ainsi. Tu y es ? Alors tu y vas ! On pourrait croire à du pragmatisme, de la lâcheté, du je m’en foutisme mais, non, c'est une forme de valeur.

— Ce n'est pas faux. Sauf, si j'ose dire, que, si telle elle doit se nommer, son aspect génétique à l'origine ne peut s'occulter ; puis, avouons-le, cultivée avec amour et, une infusion non négligeable d'esprit de contradiction, contestation, différenciation. Démarquage aussi un peu ?

— Comme si tu n'étais jamais surpris par rien ?

— Ce qui est faux !

— Je m’en doute mais tu en donnes l'impression.

— Impression n’est pas action… Toi, dès la première seconde, m’a surpris ! A un point tel qu’à juste envisager une longue disparition, fut-elle juste de ma vue, m’interpelle. Comment ferais-je ? A vouloir le visualiser, je n’y parviens pas. Sachant que ne pouvoir anticiper est un de mes pires cauchemars. Qui ne se vérifie pas présentement maintenant tout de suite comme tu aimes si bien à le dire !

— Je te connaitrais mieux, ou le contraire, je dirais… voilà une manière délicieuse de faire… une déclaration !

Sans plus de manières, elle posa sa tête sur son épaule en signe d'abandon total qu'il traduit instantanément comme « besoin d’un break ». Lui aussi ! C’est la force d'un couple de pouvoir s’offrir la sécurité dans l’insécurité. L’amour est un partage. Certains diraient une suite de concessions. Découvertes plutôt amenant l’adaptation, le chemin le plus naturel de l’évolution débarrassé des questionnements trop souvent oiseux. Nous revoilà plongés dans le schéma commun de toutes choses vivantes dans cet univers.

L’amour est un domaine où nous devrions éviter toutes réflexions, un archétype. En discuter, en philosopher, d’en tenter la compréhension, nous le polluons. Il ne peut s’accommoder d’un raisonnement, froid et cartésien. Réfléchir au fait d’aimer, c’est immédiatement une remise en cause.

Il est un, entier, indivisible. Son moteur est la confiance. Si tu ressens avec l’être aimé que tu fais des concessions, alors pars ou assume-le(s). Tu ne l’aimes alors pas d’amour mais comme on aime ses enfants, sa famille ou une amie. Un couple ne devrait pas engendrer de questions, d’interrogations et de réponses définitives sauf celles du quotidien et de la (co)mitoyenneté d’autrui. Parler d’amour à son amour est une perte de temps. La véritable communication amoureuse n’est pas dans ce qui est dit. Paroles que le moindre vent peut faire fuir ; que l'ombre ou la lumière peut faire apprécier différemment. L’important est dans le non-dit, la gestuelle abstraite, l'élément concret que représente le(s) désir(s) de l'autre, la ressource dudit intérêt qui permet de le traduire. La peau conserve la mémoire du toucher sans le travestir au contraire de l’encéphalique qui, du jour au lendemain, au gré des événements, d’une lumière, d’une nuit, d’une humeur, mauvaise ou bonne, vous fera voir les mots plus beaux, moins ?, autrement ? Toujours !

Une œuvre littéraire incite à la relire. Chaque fois, elle semblera semblable et différente. Alors, prends le temps de lire ta/ton compagne(on), au réveil, au coucher ou à un autre moment, peu importe la durée, seule l’intensité compte. Le jour où ton corps ressentira (un)différence dans le contact, alors tu sauras que le temps de l’amour est, peut-être, pas sûr, à sa fin. Vient le temps du simple couple, uni, tendre car point n’est besoin d’amour pour former un duo. Point n’est besoin d’amour pour être heureux.

L’amour peut être à l’origine d’un couple. Ou pas !

Il peut en être sa fin. Ou pas !

Il peut se déliter à l’intérieur de celui-ci. Ou pas !

Il peut naitre post couple(m). Ou pas !

Mais,

Soyez-en (r)assuré,

L'amour ne garantit pas le bonheur !

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