Ö

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Ul’Sto’R : “Le code ne préjuge pas des motivations et/ou du bien fondé d’une déclaration de guerre et se borne à constater le respect du futur contrat et des règles édictées !”

Face à ses élèves, Cra’Ns’Yc, docte spécialisé dans l’enseignement, se laisserait bien vagabonder dans un flux de nostalgie. Revenir à ce moment identique de son propre passage de l’enfance à l’adolescence, assis dans la même salle dans un face à face inversé ! Revivre ce jour si particulier de ce cours tout autant spécifique et déterminant pour les aseynötes, l’introduction aux arcanes d’Ö !

Le parallèle s’impose entre avant et maintenant. Le même silence tendu des apprentis que traversent parfois un relâchement de respiration oppressée à opposer au sourire ironique du docte et son regard fixe. Des scènes et attitudes récurrentes malgré des acteurs différents, adoptées comme une transmission ancestrale !

Le résultat ? Un cours magistral, formaté, très concis dont les prémices ne servent qu’un seul but. Faire comprendre aux apprentis l’importance essentielle de cette journée et les mener au point de concentration maximum. Une magie de l’instant qui fonctionne à chaque fois. Bien à point, sans introduction Cra’Ns’Yc peut entamer d’une voix nette.

« Qui peut me dire ce qu’est Ö ? »

L’auraient-ils su ? Ils se seraient abstenus de répondre ! Peur du sacrilège… Il laisse encore planer quelques secondes de silence avant de reprendre.

« Commençons par ce qu’il n’est pas. Ni dieu, ni déité, ni créateur, ni providence, ni juge, ni messager ! »

Une petite pause pour laisser les mots infuser et il reprend.

« Ce qu’il est ? Une abstraction ! Sans représentation, quelle qu’elle soit. Ö est impalpable. Il veille et attend. Impartial ! Le cours de nos existences l’indiffère. Peu lui importe si nous nous égarons et ne parvenons jamais à prendre la route d’Ha’Aï pour rejoindre le concert de l’univers.

Dans l’immensité de ce dernier et le flux de sa croissance, immanquablement, certaines espèces ne font qu’une apparition. À peine quelques millénaires et comme une goutte d’eau sur un mur de chaleur, elles s’évaporent et disparaissent. Sans avenir, ni traces…

Ö se contente d’être, abouti et exhaustif, silencieux et abstrus. À charge pour les élus, nous, de pénétrer ses arcanes intangibles, de les assimiler et les promouvoir. Tout est contenu dans le Ghy’Str’Ial. »

Ghy’Str’Ial, la geste de la Sublimation, établie par les Dy’Eur dont la tache essentielle consistait à transcrire, traduire et diffuser les bonne paroles de ce que les aseynötes avaient saisi de la volonté d’Ö. Sous-titré “Le savoir pour l’ignorant, à destination des novices, profanes et autres étrangers !”, une forme d’humour dont peu pensait capable les aseynötes.

« L’avez-vous déjà entendu ? Bien sûr que oui, par références, contes ou autres commérages ! Vous remarquerez sa concision. Foin ici des religions des mondes impies, pas de psaumes, de prières, d’idoles à adorer, de rites ou cultes à observer. Du pratique, uniquement de l’efficace, une liste courte des moyens pour parvenir au résultat final. Dont notre principal, la guerre ! Des questions ?

— Pourquoi ne pas l’écrire ?

— Parce qu’il deviendrait fixe, insoumis aux évolutions. À quel moment de ta vie es-tu, jeune fille ? interroge gentiment Cra’Ns’Yc.

— L’adolescence, répondit-elle.

— As-tu l’impression d’être en primenfance comme cinq ans en arrière ?

— Non !

— Comprends-tu ?

— Oui !

— Quoi ?

— Nous progressons et changeons, nous, le monde, les sciences.

— Mais pas que ! Un aspect vous échappe, l’influence des arts…

A’Sey encore une fois nous prend par surprise. Les arts, non seulement y existaient, mais tenaient une part importante dans le quotidien. Le premier d’entre eux, la guerre élevée au rang de primauté, les autres pour exister réellement ne sont que vassaux. Une structure connue, n’est-il point ? Les facettes les plus saillantes de ce qu’eux-mêmes n’auraient pas désigné comme sous art ? La peinture et la musique ! Cherchez un peu et vous y trouverez quelques pépites. Qu’en bons R’A’Bun que nous sommes, nous continuons à faire vivre.

— …Poursuivons, donc Ghy’Str’Ial n’est qu’une boite à outil à visée unique, la guerre, agrémentée d’une liste de moyens, tactiques, accessoires, armes ainsi que la condition sine qua none. Qui me la cite ? Non pas toi jeune fille, tu as déjà beaucoup parlé. Toi, dit-il désignant un jeune au fond du groupe.

Ax’Abj’Yt !

— Exactement, “tout le monde ou personne !” C’est la seule voie, une planète entièrement unifiée, le sens de notre quête, pour atteindre l’élévation et entendre la révélation. »

Il serait légitime de s’interroger sur ce qu’il se serait passé si A’Sey avait réussi cette unification ? La réponse est connue, simple et sans équivoque : Y’ul’Avi, un suicide planétaire. Aucune précision sur le comment ils procéderaient alors pour ce résultat plus qu’effrayant.

Simplement un pragmatisme que vous me permettrez de penser exécrable. N’étant nullement stupides, les aseynötes avaient intégré que pour la réussite finale d’innombrables périodes seraient nécessaires. Qu’à ce moment, la science aurait suffisamment progressé pour détenir le moyen d’y procéder.

« La connaissance du Ghy’Str’Ial est un incontournable. Elle est indispensable pour faire fonctionner son moteur, le respect dû à Roi. Elle est également le carburant de l’assimilation des populations qui suit toute conquête ! »

Cette assimilation – ils ne parlaient jamais d’intégration ! – les doctes aseynötes l’étudièrent à fond. Ils ont d’ailleurs laissé nombre de données transmises jusqu’à nos jours. Avec un retour sur plusieurs générations et l’analyse de données collectées, ils estimaient que l’assimilation d’une nouvelle population réclamait au minimum une génération. Que deux était le point médian idéal. Trois commençait à être inquiétant. À quatre, l’échec devait être constaté et déclencher l’action idoine.

Je laisse à votre imagination le soin de la déterminer !

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