Roi !

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Ul’Sto’R : “Toute guerre devra faire l’objet d’une déclaration préalable suivi de la signature d’un contrat . Ignorer cette étape l’assimilera comme non avenue et rendra à toutes agressions un statut de brigandage et soumis à sanction !”

« Roi ? Comment s’appelle-t-il ?

Une seule réponse, Roi ! »

Ce dialogue, remonté tout droit de mes souvenirs d’apprentissage de R’A’Bun, concluait, en quelque sorte, une période au cours de laquelle As’Ty’Yr, mon initiateur, avait abordé le décryptage des chants, contes, légendes et histoires des temps obscurs – le moyen-âge –, de l’influence – sous-jacente – d’A’Sey et comment sa disparition amorça les temps de l’évolution.

Cette réponse me laissa sur ma faim. Jeune et impétueux, j’entrepris de creuser la question. Je n’ai jamais retrouvé la trace d’un autre patronyme, ou surnom, pas même dans les rares récits de l’intimité de ces monarques.

Hormis m’avoir accaparé de longues heures, d’avoir fait de moi un spécialiste d’A’Sey, je n’aboutis à rien de plus que mes prédécesseurs chercheurs, comme me le fit remarquer As’Ty’Yr ! Pour comprendre A’Sey, il ne faut pas chercher à la comprendre. Du moins pas dans son intégralité… Elle resterait un pays de paradoxes entre simplicité basique et complexités connexes.

D’où vient A’Sey ? À l’origine une tribu au nom oublié, puis un village, un bourg, une ville, une région, un pays, une extension inexorable, portée par une seule pratique, la violence des armes et de la guerre !

Le cycle se poursuivait par étapes mais sans interruption, se renforçant au gré des conquêtes et du temps écoulé. Au moment de ce récit, A’Sey représentait une étendue de sept cent mille – et des poussières – kilomètres carrés et une population approchant les trente cinq millions d’individus.

Planifié, construit et assis sur des procédures soigneusement établies au fil du temps, l’expansionnisme aseynöte ne devait rien au hasard, bille en tête et fleur au fusil.

S’ils ne dédaignaient pas les pillages, la conquête des territoires n’étaient pas leur priorité sauf cas exceptionnel. Seules les populations avaient une valeur ! Leur assimilation plus que leur intégration, une osmose pour un flux réciproque et grossir les rangs pour atteindre Ha’Aï.

Pour donner une idée de la représentation sociétale de ce pays, le mieux est d’imaginer un soleil autour duquel gravitent planètes et satellites, Roi en son centre et tous les autres aseynötes en orbite !

En ces temps obscurs où l’instabilité des régimes et de leurs dirigeants étaient la norme, l’état et le fonctionnement aseynöte détonnaient. Il perdura sur un temps inégalé, y compris celui que nous vivons actuellement où Zhyoom est devenue une.

Des études faites aussi bien par les historiologues que par nous autres R’A’Bun, il se dégage qu’elle ne connut aucune forme de contestation majeure. Qu’elle affichait, au contraire, un consensus renforcé par la vénération absolue du peuple aseynöte à son souverain. Cette stabilité difficilement explicable sans une interminable et indigeste énumération de causes possibles tient, entre autre, à la spécificité du monarque lui-même.

A’Sey autocratie ? Une évidence, pourtant réduire la vision de Roi à celle d’un despote borné et tyrannique négligerait une vérité fondamentale du pays. Même pas né, Ant’Ö’Sht – le tutélaire – en gestation, il devait déjà des comptes à sa population. Ne serais-ce que par le sexe !

Dans ce royaume où l’égalité de genre fut, quelque soit l’époque, une quasi norme, Roi ne pouvait qu’être mâle. Nous en ignorons la raison. Le futur régnant ne constituait que le corps neuf et futur réceptacle de l’esprit de Roi migrant d’une enveloppe usée. Selon leur croyance, l’expérience acquise se transmettait plutôt que se perdre dans les limbes de l’inconnaissable.

Au premier signe d’une grossesse d’une concubine, les No’In entraient en jeu. La parturiente changeait de statut passant à Fr’Du’Lay – la porteuse de la continuité. De jour comme de nuit, ces enseignants à l’usage unique du futur souverain récitaient, psalmodiaient des litanies répétitives, exclusivement ciblées sur la gloire d’A’Sey, la route d’Ha’Aï et le rôle d’Ant’Ö’Sht, postérité d’Ö.

Ces Fr’Du’Lay ne résistait généralement pas à un tel régime surtout si la naissance débouchait sur une fille. Sans doute tenons-nous là l’explication principale d’une autre singularité, la polygamie de Roi dans un pays strictement – et sévèrement – monogame ! Si un garçon naissait, alors l’ordre des choses reprenait son droit

Le nouveau né masculin, dès le premier jour, se verrait inculquer – matraquer surtout ! – les sens de sa tâche. Incarner et garantir pleinement, dignement, sans faille, ni retard, l’immortalité – plus prosaïquement la descendance ! – de la lignée. Assumer la représentation directe d’Ö, le tout puissant gardien berger d’Ha’Aï, le territoire, le refuge, la retraite bénie, l’intercession entre la vie zhoumaine et une nouvelle aventure dont forme et direction restaient inconnues.

Cette phase durait en moyenne douze périodes avant de reprendre un cours plus général, celui du tronc commun de l’instruction aseynöte, une activité obligatoire, inscrite en droit dans la législation A’Sey !

Apprendre, comprendre, pratiquer et assumer sont les quatre axes de l’efficacité en toutes choses !” Un crédo aseynöte géniteur de cette éducation publique. Si la base de cette dernière se centrait sur un point central et névralgique, l’état consubstantiel de Roi, le champ éducatif englobait une ampleur impressionnante de matières.

Des mathématiques basiques à la physique, de l’entrainement militaire à la tactique de combat en passant par le maniement d’armes, tous recevaient ces formations plus ou moins prolongées suivant les capacités intellectuelles et physiques de l’individu. C’est donc de loin que cette population passait pour la plus instruite de son époque.

Ce droit à l’instruction universellement reconnu à notre époque restera à jamais le principal legs de l’héritage A’Sey !

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