Vit'alité

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Axiome de la Bor’And’Ja : “Comprendre n’est pas toujours Savoir !”

Si l’envie vous prenait de vouloir me faire rire, jaune, évoquez simplement, l’air entendu, le triptyque cliché campagne/air pur/liberté et ses déclinaisons comme champs, bois, lac, présence humaine clairsemée, etc.

Un stéréotype, osso buc(c)o onirique, véhiculé via les fantasmes d’êtres uniquement « de passage », hors contexte, fréquentant sur une période limitée sinon dérisoire, pendant les beaux jours et une température clémente.

Devraient-ils y rester toutes les saisons ? Sur une petite décennie par exemple ? La majorité serait rapidement saisie d’une envie de retour à la civilisation urbaine. Croire que le grand air, l’espace, la nature, sans le béton, amplifient ce sentiment qu’est la liberté ou la transcende, est illusoire. Sans aucune volonté de généraliser, si certains l’éprouvent comme tel, d’autres, dont moi, au contraire, se sentent parfaitement prisonniers d’une concentration de facticité, peau de chagrin sur un trou noir. Jusqu’à la suffocation parfois…

Les années passant n’ont fait qu’augmenter un poids de plus en plus pesant sur mes frêles épaules. Une saturation dont n’émerge qu’un extrémisme dévastateur. N’importe quel quidam essayant de me démontrer le contraire ne m’apparaîtrait que comme un vil menteur ou un escroc.

Et pourtant…

Tout autant il pourrait être une incarnation, improbable mais angélique, de l’innocence, symbole, icône, idole, fétiche, totem d’un paradis – ou tout autre synonyme… – tout aussi incertain ? Un possible, cause certaine d’une irruption de jalousie galopante… et d’incompréhension… là où mon rêve serait de traverser notre monde, les yeux grands ouverts, sans jamais voir le négatif, ni percevoir le recto du verso de cette société dite adulte et responsable. Mots, maux, gale veau dé-servis à toutes les sauces de la conscience, version bonne s’entend, variante monopolistique.

Une source équivoque de méprise, consciente ou non… Un attelage sémantique sujet à moult interprétations, beaux – ou bots ? – concepts, simplistes à l’infini, aux significations approximatives et aux corrélations plus insidieuses que claires.

Associer adulte et responsable est une malversation linguistique ouvrant un champ de lecture à l’infini avec pour principal objectif de s’acquitter de sa responsabilité… justement… Une inversion con fusion elle, con fondue, pour mieux déboucher sur une acrobatie improbable, initiatrice d’un quel con que argumentaire transposable, au gré de l’humeur du moment.

Un paquet cadeau à la fois édulcorant et justification autoproclamée, en prise directe sur des actes, actions inqualifiables, commis, omis, comme mie, de pain, moisie, jetée en pâture âge de, pierre, Saint, Pierre, maître de la clé d’une serrure ouvrant la porte de l’humanité, égarée par mégarde un jour, quelque part, dans une salle non appropriée. Depuis, en toute vacuité, il la cherche. Laissant la dite humanité s’égarer…

La question que vous pouvez légitiment vous poser ? Suis-je dure ou pessimiste ? Ni l’une, ni l’autre, un peu des deux mais, au fond, sans l’affirmer, je me pense ou me voudrais surtout réaliste. Le monde des qualités humaines est une jungle où rampent ces ronces nommées défauts. Le manque d’entretien, pathologique, finalement trop courant, en fait un inextricable enchevêtrement, un fatras où le tout batifole avec le rien et le rien marivaude avec le tout.

Difficile alors d’y retrouver notre part d’humanité ? Ou d’humanisme ? Hormis un équivoque comportemental, devenue réceptacle des turpitudes diverses comme (a)variées au sein desquelles se perdent, noient, étouffent les valeurs de tolérance, charité et autres bienveillances. Ainsi en va-t-il de ce présent, ce quotidien, pain ben hie rassi. Comme l’arbre qui ne cacherait plus la forêt mais le contraire, inversion illusionniste de prestidigitateur égaré dans sa gestuelle théâtralisée.

Tout ça dénote un manque de respect absolu du vivant. Du même ordre que le passant face à cet humain mendiant, vieilli, usé, érodé, raviné, aviné, viré, à la dérive, ivre de froid, d’alcool peut-être, de malheur sûrement ? Il passe – normal pour un passant… – sans capter, sans savoir tendre une main ou même juste avoir une pensée bienveillante. Une vraie, pas celle de bien-pensant en veine de bonne conscience, béant face écran au spectacle – appointée comme devenue toute appel à commisération – de téléthon-man, tel le thon, tontaine, tire la dondaine. Est-ce du domaine du justifiable ? Ou du justiciable ! Juste ici able…

Feignant, gitan, jeune, parasite, cafard, arabe, noir, jaune, bleu, blanc, rouge… Qui suis-je pour juger de sa qualité ? Que connais-je de son histoire ? Que sais-je après tout ? Quelle est-elle son histoire ? Qu’aurais-je, aurions-nous, fait, confronté à la même existence ? Qu’en sais-je, encore une fois ? Mais, m’objecteraient des un(e)telles – vous, eux, ils, elles et surtout “on”, le pronom paravent idéal de l’innocence effarouchée –, certains aiment ça.

Alors toi, gardien de la paix, militaire, fonctionnaire, routier, bureaucrate, manutentionnaire, escroc, etc., toi citoyen lambda qui, à cor et à cri, réclame le respect, commence donc par la réciproque de l’autre. S’il empiète sur ta conscience, morale ou intellectuelle, ne t’arroges pas le droit de vie ou de mort. Ne t’ériges pas en Salomon. Ne sois pas enclin à éjecter sans autre forme de procès.

Si non ? Rassure-toi, tu n’es pas seul… à être l’illustration presque ultime, de ce pan qu’est la vraie misère humaine, la volonté exacerbée de détenir des miettes de pouvoir… Je n’en peux pas devenir plus fier pour toi !

Notre cerveau, tellement semblable à une forêt vierge, poumon de la survie de l’espèce, subit la même déforestation en règle. Même cause, même effet d’une course aliénée vers le néant. D’un côté, je coupe pour faire de la place ; de l’autre, j’éradique des connaissances. Mêmes confusions… productivité versus fécondité, court vs long terme, particularisme vs globalité, mondialisation vs universalité. Pour une seule résultante, l’égocentrisme élitiste… et un seul vainqueur, l’inhumanité !

Hun Culte Ure, sans culture… Sommes-nous entrés dans une ère de survie si sombre que nous ne la percevons pas ? Je me garderais bien de répondre, histoire de ne pas franchir un cap de plus dans la négation.

Quoique… Force est difficile de combattre ce mal de ces ères modernes, un ou in signifiant contresens existentiel, qu’est la représentation des faux-semblants. Dévoiement de prétendues qualités humaines, touillées, tripatouillées, tripes à touiller, assaisonnées, malaxées, à toutes les sauces, digestes et indigestes, par et purées des motifs utilitaires et/ou esthétiques, expressivité, inconsciente et ignorée, de nos incapacités hume âne itèrent !

L’étendue de ce qui n’est qu’irrespect du vivant se propage avec le dernier sport à la mode, ou la mode du dernier sport, à côté duquel le ballon rond fait figure de parent pauvre, la production de rumeurs. Erigée en panégyrique, sanctifiée en valeur, pro mue par un supposé substantif raie zoo social dont l’usage majoritaire se limite à son unique devers. Un paravent d’égocentrisme d’où n’émerge qu’individualisme à courte vue.

Elles sont devenues l’aloi – la loi ? –, (r)habillées d’atours qui se voudraient chatoyants et ne sont que mots, maux, flatulences pestilentielles d’ersatz de vérités, faux partages, informations corrompues, mensonges, imposture et irrespect. Acouphènes aux effets pervers et létaux, chevauchant en permanence l’ambivalence, nées avec l’origine du temps, actives ou passives, elles sévissent sans vergogne, s’adapte aux instruments de l’époque et voguent sur l’ignorance.

L’humanité se complait dans ces travestissements. Un impropre de l’homme… tellement ancré qu’il en devient incapable de différencier le faux du vrai, l’à peu près de l’exact, l’objectif du subjectif, toujours à vouloir embellir – ou enlaidir suivant la perspective – comme le véhicule si bien les légendes. Urbaines ou historiques, romantiques ou réalistes, avec un fond de vérité plus ou moins important, toutes, sans exception, oublient, excluent et/ou nient, au passage, les aspects les moins reluisants. Réduits à un simple collatéral, adieu exactions, meurtres, victimes pour laisser place à un ensemble vague considéré comme objet brut, d’où toute notion de « vivant » est abrogée. Place au plus blanc que l’aube lactescente des postures de héros.

La compassion, devenue produit de merchandising, au travers de quelques mots, quelques airs entendus ou gestes commandés, sert d’instrument pour se dédouaner, au mieux de sa propre culpabilité, au pire de son indifférence, parfois de sa fascination. Au risque – ou à la certitude ? – de banaliser un quotidien. Là où il devrait être que l’exception. Je pourrais jeter sur la table tellement d’exemples. Meurtre, viol, pédophilie, guerre, génocide, etc.

Mon humeur peut vous sembler sombre ? Que nenni, cette journée, comme le fruit mûr à point et parvenu au point d’équilibre entre sucré et acidité m’appelle pour nourrir ma fringale d’autonomie et embraser mon aperception de liberté.

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