… Ch'Trav'Ail

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Axiome de la Bor'And'Ja : “La majorité a-t-elle raison ? La minorité, tort ?”

« Qu’êtes-vous ?

— Qui êtes-vous, plutôt, non ?

— Conséquence et fait ?

— Exact ! Dans notre forme originelle, si je me replonge quoiqu’avec un immense effort dans nos souvenirs, nous ne différons guère de vous. La forme humanoïde, être sapiens non unique au travers des galaxies, d’une civilisation à l’autre, présente des caractéristiques similaires. Les différences peuvent sembler minimes, genres, tailles, couleur de peau, stature, cerveau, bras, jambes. Il n’en est rien. Nous avons rencontré des civilisations aux fonciers aux antipodes des nôtres mais ils nous semblaient moins étranges que vous. Car vous l’êtes à nos yeux. « Les deux pattes », comme nombre d’extraterrestres nous surnomment, sont coutumiers du fait : craindre plus leur frère que l’arachnide d’une autre forme de vie. Certains d’entre nous ont détruit des pans entiers de civilisation au nom de l’ignorance pure et simple. Faut-il la relier ? À coup sûr oui ! En ce moment nous évoluons sous cette forme qui nous a paru la mieux correspondre à la schématique existentielle de cette planète. Chaque nouvelle rencontre d’une planète viable est suivie de cette étude de faisabilité. Nous pouvons adopter toutes apparences, nous fondre dans tous les environnements correspondants à notre ratio de survie possible.

— Vous faites ça depuis longtemps ?

— Nous avons cessé de tenir le compte depuis bien longtemps.

***

« Il y aura des retardataires. Pour ceux-là pas d’inquiétude, un second vaisseau est prêt à prendre le départ. Il le fera sans faute dans quatre de vos jours. Au-delà, plus de solutions pérennes. Ceux qui ne seront pas prêts devront rester. Soyez sans crainte sur la possibilité de ce vaisseau. A lui seul, il pourrait déjà emmener la totalité des zhoumains présents. C’est une sorte de véhicule de secours, une forme d’intendance pour le jour qui viendra probablement où nos engins commenceront à trop vieillir pour être réparés. Il nous faut juste espérer qu’alors nous aurons trouvé ensemble l’endroit où poser nos bagages de manière définitive. »

***

Le fonctionnement de la nature est le plus simple des processus galactiques. Nous ne l’avons ni intégré, ni anticipé, mal compris, oublié, négligé voire méprisé parfois. Sans être un justificatif quelconque, nous avons commis la même erreur que quantité de civilisations, errant dans l’espace, à la recherche d’une terre promise. Qu’ils auront bien du mal à obtenir. Comme atteindre un paradis perdu ou parcourir un chemin de croix ! Dans l’immensité des univers, l’existence des solutions semble plausible. C’est un trompe l’œil faux-semblant. Rapportées à ces immensités, le choix est minimal. Il inclut, pour atténuer je dirais presque toujours, l’élément étranger. L’errance, l’exode, la transmigration ne sont jamais nés du hasard ! Elles sont le résultat de réalisations erronées dont l’origine est toute contenue dans l’irrespect de l’existentialité. Elles ne peuvent guère, sauf à se parjurer, employer forces, manipulations, manœuvres ou appropriations. Elles savent, par ailleurs, que toutes conquêtes violentes finit pas se retourner contre l’agresseur, ne serait-ce qu’en lui faisant perdre de vue le côté force de la vie absolument indispensable pour poursuivre la sienne propre. Soit elle sera repoussée quel qu’en soit le terme ; soit diluée.

— Et il nous a fallu tout ce temps pour le comprendre ? Quel paramètre était-il donc si compliqué ?

— Aucun ! Tous ! La loi des cycles tout simplement, le primaire, l’imbriqué, le dépendant, le maitre. Dame nature nous avait alerté, bien en amont. Nous n’avons ni su voir, ni entendre, pire au nom de l’écologie, probablement, l’avons-nous accéléré ! Elle lançait ses ères de renouvellement, incluant cet élément parasite obstiné que nous étions. Puis elle en a eu assez. Elle ne nous y a plus inclus tout simplement se facilitant la tâche d’autant de paramètres et d’espaces libres.

— Ce serait aussi simple ? N’auriez-vous pas pu intervenir ?

— Jamais !

— Auriez-vous pu sauver la planète ?

— Probablement pas ! La faire survivre, un peu, peut-être ? Ou la changer radicalement ? Maintenant il est trop tard. La planète réclame sa liberté et, sauf à la détruire totalement, rien ne l’en empêchera. Les facteurs « aptillons », pour les nommer de manière claire pour vous, sont déjà à l’œuvre tout en nous étant inconnus. Ils opéreront, peut-être, sur une autre sphère que la nôtre ; sur une autre gamme d’ondes qui ne nous seraient pas perceptibles. La nôtre, la vôtre, la leur, mis bout à bout, l’amplitude des variantes peut augurer une infinité de solutions. Ce ne serait que des espoirs, désespoirs, une gouttelette d’eau pour éteindre un incendie.

— Sans essayer, comment le savez-vous ?

— Equilibre !

— J’ai compris.

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