R'A'Bun

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Axiome de la Bor’And’Ja : “Le cœur a un langage que le dialectique ignore !”

Le gigantisme d’un objet, d’un site ou autre, ne l’est qu’à l’aune des observateurs. Il n’est qu’un sentiment et comme tel est inconstant. Sa fluctuation dépend étroitement du moment et, surtout de l’endroit. Ou de l’envers…

Ce monument, un château ou une cathédrale, que vous admirez pour la première fois dans sa majesté. Il ou elle en impose du haut de son pignon où il est érigé, ceint de ses remparts, bannières au vent ; ou, elle, du haut de ces cent mètres et forte de ses deux tours et sa flèche culminante. Le poids de leurs charges historiques, batailles, fêtes, célébrations, couronnements, anecdotes croustillantes ou sanglantes, centre de réflexions, berceau d’une pensée, etc, leur confèrent d’autant plus d’admiration, de valeurs, de louanges ou autres enthousiasmes. Que le site soit une ruine comme un château cathare n’y change rien.

L’effet ne sera pas estompé en pénétrant dans les bâtiments. Le sentiment de grandeur perdure. Il se fond avec votre visuel, en arrière-plan. Imaginez y vivre ? Lentement mais surement, votre vision se rétablira. Les espaces reprendront leurs justes proportions jusqu’à se réduire en parfaite antithèse. Votre mémoire ne s’est pas effacée mais le temps lui aura imprimé en surimpression un effet banal qui pourrait parfaitement s’illustrer avec un « le temps est incertain ! » Ils restent majestueux mais, pour autant, il pourrait parfaitement ne pas l’être. L’emballage ne sera jamais le contenu !

Il n’en allait pas autrement à bord du F’Zio’an. Sa première version paraissait démesurée, une quintessence de l’esprit zhoumain ; sa seconde, encore plus. Pourtant, après toutes ces années, peu l’aurait qualifié ainsi. Au contraire, nombre d’entre eux y songeaient en termes d’exigüité ! Le L’Lia’ndra, cette maison de la culture géante comme le nommait Amelyne, imposant en taille, ils ne le remarquaient plus. Il était ! Avec un défaut majeur, il ne possédait pas d’issue vers un extérieur fait d’atmosphère respirable ; ni de terre solide où se déplacer ; de prairies où s’ébattre ; d’eau où barboter ; d’arbres où grimper ; de fleurs à respirer ; de fruits à croquer ; la liste pourrait s’éterniser. Elle ne serait qu’un constat de non vie qui, au même titre que l’étréci apparent, n’aurait pas la moindre objectivité.

Ainsi surfait les pensées de F’Lm’Dig sur une mer de mélancolie. Comme tous ses congénères, il s’astreignait à produire l’effort nécessaire à rétablir le factuel. Depuis peu, quelque temps après la détection de cette planète, ils avaient surnommé cette, véritable, discipline du doux nom de Vanité, Vacuum, Volontaris ! En parallèle improbable à un autre triple V célèbre d’un personnage historique, terrien, vaniteux et inzhoumain au possible, de cette planète : Veni, Vidi, Vici !

Ce véritable effort de remise en configuration des faits, point clef de l’éducation zhoumaine, s’avère indispensable pour éviter la tentation d’une sorte de fuite en avant, la spirale infernale menant trop souvent à l’extrémisme. Elle permet de différencier entre deux sortes d’évolution ; celle qui est biaisée et partiale, dépouillée de ses éléments authentiques, souvent au nom du progrès ; celle qui fait avancer, sans forcément en faire un acte de celui-ci. Toute avancée s’opère sur un axe. Elle est un but, pas un commencement ou une cause.

Le F’Zio’An était donc un grand vaisseau, sans conteste. Si ses occupants finissaient par le trouver restreint, il n’en comportait pas moins nombre d’endroits d’agréments et de conforts. Le plus prisé restait donc le L’Lia'ndra. C’est donc tout naturellement que F’Lm’Dig y était installé. Une routine… pour un moment de rupture avec les autres, routines, installées depuis le réveil. Les terriens n’étaient pas présents ; presque un regret tant ils prenaient de place. Il n’était pas seul pour autant.

A la limite de son champ de vision, il percevait la silhouette d’Ub’Us’Nel, un R’A’Bn ; celui qui avait accepté d’être de tous les éveils conséquents. La société zhoumaine ne serait pas devenue ce qu’elle était sans eux. Héritiers directs des Messagers de l’antique Sey’, ils étaient les porteurs et garants de toutes les histoires de la planète et, surtout de toutes les Valeurs zhoumaines. L’avenir est souvent ironique. Par eux, Sey’ demeurait vivante ; alors qu’Icht’Rye, sans être tombée dans l’oubli, n’était « que l’origine de l’unification ! » Sans plus !

Ub’Us’Nel était un personnage discret. En dehors des synthèses formelles, il était peu présent. Un trait de caractère finalement assez commun des conteurs, paradoxe apparent entre leur aura lors de leurs représentations et un besoin certain d’intimité que leur statut d’errant ne leur procurait pas toujours. Rares ceux qui œuvraient en famille ou sur le tard, alors que les enfants avaient atteint le stade minimal d’adolescent. La structure familiale zhoumaine avec ses deux pôles, facteur d’une stabilité forte, ne s’y prêtait guère.

Un détail accrocha le regard de F’Lm’Dig. Six écrans flottaient en demi-cercle autour du R’A’Bun. D’où il se trouvait, il ne pouvait pas réellement distinguer les images, sauf une. Celle d’un vaisseau ressemblant fort au leur ! Que faisait ou cherchait-il ? A vrai dire, son interrogation n’était que superficielle. Il était venu ici pour se détendre, couper avec les tensions créées par une situation dont aucun d’eux n’anticipait l’issue. Par honnêteté, il devait reconnaître que, sans leur échapper totalement, elle prenait un tour pour le moins inattendu. Ils s’étaient crus en position de force, relativement s’entend. L’esquisse d’une possibilité d’en finir avec l’errance avait ranimé la flamme de l’espoir, même timide tant le prix à acquitter paraissait astronomique. Aisé à concevoir, barbare à vivre, juste à attendre la fin d’une civilisation, sans intervenir. Juste laisser mûrir, regarder, laisser, mourir, des milliards d’existences. Ils avaient menti aux terriens bien entendu. Qui s’adjugerait de décider froidement d’éradiquer ainsi une planète, à part des sadiques bestiaux ? L’introduction des deux humains dans l’énoncé de base avait provoqué une conflagration. Cette dernière remplaçant la formulation de base, devenue l’assise où s’empilait les autres. Au fond, un seul instant, en avait-il douté, qu’il en allât autrement ?

En parallèle de cet empilement, chaque jour la conjoncture se complexifiait. Tout zhoumain apprend que l’apparence n’est qu’une dissimulation, des strates s’agglomérant l’une après l’autre, sans fusionner. Chaque couche opacifie l’origine. De pouvoir les énoncer, les marquer ne lui rendait aucune clarté. La simple formalité de base, même sous-tendue par une fausse menace d’éradication potentielle d’une civilisation, petit à petit, se muait en affaire délicate. Il n’était probablement pas le seul à avoir assez de lucidité pour admettre un phénomène qu’aucun d’eux n’avait envisagé, encore moins imaginé. L’empathie ! Elle avait été à l’œuvre dès le premier instant.

Le résultat ? Une dualité à finalité terrifiante entre la vue globale d’une humanité en action et celle particulière de ces deux êtres ; une planète en proie à l’Es’Dt’Ox (anti-vie, contre-existentialisme) et un comportement gommant sans difficulté l’écœurement procuré par les visions de cauchemars des humains. La simple présence d’Elvyn et d’Amelyne les renvoyaient loin en arrière, fait indubitable, reconnu par tous les zhoumains en application parfaite de l’axiome de la Bor’And’JA : « Le brin d’herbe peut se poser sur le madrier. Pas le contraire, sauf à le détruire ! »

Comme Li’Yu’Thi, F’Lm’Dig admettait que, nonobstant, l’apparence physique, un caractère franchement introverti, Elvyn eût pu passer facilement pour un zhoumain, proche de l’adultescence. Sa compagne, Amelyne, était bien plus terrienne, plus impulsive, même s’il ne fallait pas en être dupe ; elle l’utilisait bien souvent volontairement, mélange de provocation et d’attaque/défense face à ses incompréhensions. Elle ne pratiquait pas la prise de recul mais tentait de s’en donner les moyens. Y parvenait de plus en plus souvent d’ailleurs ! Le résultat ? Un mélange d’intolérance et d’ouverture ! Pourvu que les mots justes soient prononcés, elle admettait ses erreurs. Cette impétuosité muait jour après jour, pas à leurs contacts, mais bel et bien à celui d’Elvyn. Tout comme lui avait tendance à ouvrir les vannes de son monde intérieur.

Aujourd’hui, s’il devait à nouveau proposer "la mission", le « aucunement » lapidaire répondu au « dilemme » d’Amelyne, il ne pourrait plus le formuler. Il n’en serait plus capable. Sans se sentir en inzhoumanité ! Pourtant le constat n’était pas différent, ni faux. Toutes les observations corroboraient : inconscience totale, irrespect absolu du sens de la vie, insignifiance des valeurs comme cette déification sulfureuse de cette volonté du Pouvoir, déclinée à l’infini. Elle était l’axe majeur de leur ligne de vie, depuis le plus nécessiteux jusqu’à l’ultime supposé sommet, Dieu. Comment ne pouvait-il voir la déviance absolue que celle d’un être suprême qui détiendrait l’absolu de la vie et de la mort ? Si tant est que ce dernier existe, alors, oui, il aurait édicté des règles. En autant de pistes pour aider à l’instauration d’un monde meilleur, autant de valeurs au nom desquelles, sauf à se contredire et se parjurer, il ne pourrait, en aucun cas, intervenir directement. Ou prendre le pouvoir ! Aide-toi, le ciel t’aidera ! Cette volonté insensée de « Pouvoir » n’est qu’une brume, s’effilochant aussi vite que créée, aux aspérités aiguës du continuum de l’évolution inexorable du quotidien des univers.

C’est le moment que choisi Ub’Us’Nel pour interrompre son casse-tête. Il ressentit une violente secousse, une demande atelempathique lancée sans précaution, assénée avec une telle force qu’elle faillit passer au travers de son bouclier. L’urgence explicite de cet assaut impétueux fit grimper son degré d’inquiétude en haut de l’échelle.

— Nous avons un problème ! Sérieux…

L’atelempathie n’a que peu de rapport avec une imagerie 3D qui se visionnerait sur la paroi du cerveau. Pas plus qu’elle ne serait qu’une onde électrique véhiculant mécaniquement des paroles. Voir les mots, écouter les images ! Telle pourrait être une partie de sa définition. Elle possède son et intonation sur des fréquences inaudibles pour des oreilles, quelles qu’elles soient. Elle est unique à chaque émetteur tout comme un ADN, une empreinte digitale ou un iris. Avec un peu d’expérience, il est aisé de reconnaître ainsi la signature de chacun.

Il avait failli ne pas reconnaître le conteur tant son nimbe était fragmenté, comme percuté par des parasites inconnus. Il émettait une aura fragilisée, ténue et friable, imprégnée, très nettement, d’une angoisse trouble, indésirable.

Le contraste avec ses interventions de conteur, pleine d’Em’Ip’Ox, (attitude mélange de solennité, noblesse, dignité et un soupçon d’emphase correspondant presque à l’imagerie du sage), vibratoires, aux tons multi-cordes, était saisissant.

Les R’A’Bn sont puits sans fond de cultures et donc nul doute qu’une telle demande recouvrait un motif d’importance. Il questionna :

— Que se passe-t-il R’A’Bn ?

A dessein, il utilisa le titre pour marquer, outre le respect, son ressenti interloqué.

— Que nous arrivent-ils ?

Silence ! Puis,

— … Serait-il juste de dire !

La sonnette d’alarme se manifesta en F’Lm’Dig. Il ne dit rien, certain que Ub’Us’Nel n’en avait pas fini.

— Une assemblée générale s’impose.

— A ce point ?

Rien d’ironique dans sa réponse, pas de remise en cause de l’autorité du conteur, cette caste, imbibée des vécus, était notoirement connue pour anticiper les ennuis collectifs à venir.

— Plus encore !

F’Lm’Dig ouvrit le canal général, convoqua tout le monde, sans demander plus d’éclaircissements. Ce moment, où la certitude qu’une suite de faits n’allait pas leur plaire, l’emplissait entièrement. Il ne l’aurait pas qualifiée, pas encore, de catastrophe quand Ub’Us’Nel en remit une couche, en quelque sorte.

— Les terriens aussi ! Qu’ils nous rejoignent. Ils sont concernés aussi. Sinon plus…

*

Dire qu’Amelyne et Elvyn furent surpris en entrant dans le L’Lia’ndra serait juste en dessous de la réalité. Toujours à l’écoute des faits, Elvyn nota que c’était la seconde en quelques minutes faisant suite à une convocation urgente, une première depuis leur arrivée. S’il exceptait le rapt en lui-même s’entend !

Sans crainte de beaucoup se tromper, il pensait que tous les éveillés zhoumains étaient là. Encore une première… Le silence régnait. Pas de murmures, d’apartés, ils étaient là debout ou assis, à attendre bien sagement. Quoi ? La convocation n’était pas accompagnée d’une motivation. Le silence conférait, ou confortait (?), une atmosphère de crainte, sans être une angoisse patente. Rien ne venait objectiver ce qu’il jugeait être une sensation, un sentiment. Issus d’un sixième sens ? L’absence de réalité physique observable effaçait toutes possibilités de ressenti direct. Difficile alors de s’en remettre à des mouvements flous d’une houppelande ou des déplacements à minima. Soudain il se dit que le silence n’était pas volontaire. Que ces êtres possédaient la faculté de communiquer par la pensée ! Il se tourna vers Amy et put lire dans ses yeux un processus de pensées parallèles. Tel qu’il la percevait, elle n’allait pas tarder à mettre les pieds dans le plat ! Il n’allait pas l’en dissuader. C’est le moment que choisit Li’Yu’Thi pour se rapprocher d’eux. En aparté avec lui-même, il se dit qu’il était étrange qu’ils arrivent à mettre un nom sur des formes rendues globalement identiques. Amelyne visiblement fut soulagée de le voir arriver et sans détour, ni bonjour, demanda :

— Que se passe-t-il ?

— Je n’en sais pas plus que vous ! L’urgence est évidente mais le R’A’Bn n’a rien dit de plus.

— C’est grave ?

— Qu’il reste silencieux ? Oui, sans équivoque. Qu’il choisisse une telle forme, présage un sacré pépin de l’ordre de la remise en cause possible de nos existences, à maxima, de la mission, à minima.

— Qu’attend-Il ?

— Que les cervmaîtres génèrent leurs hologrammes ! Ils sont zhoumains à 100 % et se doivent donc d’être présents.

— Ne le sont-ils pas par la pensée déjà ?

— L’atelempathie n’est pas la pensée ! Enfin pas intégralement dans sa configuration générale. Elle se divise en deux parties foncièrement différentes : publique et privée ; ouverte ou intime. Je n’ai pas besoin de vous expliquer les nuances, ni de vous souligner les implications. Sachez qu’en canal général, l’axe public, elle est un vecteur communicant, pas moins et beaucoup plus. Prochainement je vous initierais à ses subtilités.

Il n’en dit pas plus interrompu par un brusque bruissement causé par l’arrivée du conteur et de F’Lm’Dig. Sans préambule, Ub’Us’Nel prit la parole :

— Je m’adresse à vous, aujourd’hui, en tant qu’historiologue. Oubliez le R’A’Bn.

Dans sa chair, Elvyn ressentit une tension, une fièvre montée d’un cran. Il ne connaissait pas Ub’Us’Nel mais ils avaient eu le temps de se familiariser avec le concept des conteurs. Pour que celui-ci tienne à préciser la différence, la cause devait vraiment en être essentielle. De leurs consultations récentes et des informations reçues sur le système éducatif zhoumain, il déduisait que cette réunion s’apparentait directement à une conférence Sy’Phet’Ox.

— En tant que zhoumains, nous ne sommes pas à l’abri des erreurs. Mieux, nous en produisons à l’envi. Je pourrais dire qu’elles sont un axe prérequis. Dont, parfois, s’en passer, serait un soulagement !

S’il en avait eu besoin, son introduction aurait suffi à capter l’auditoire.

— Dès l’apparition de cette planète dans nos viseurs, l’espérance est devenue notre vecteur existentiel. Crûment, dès ce moment, nous avons été dans l’erreur. Nous avons introduit l’œillère dans notre regard. Rien que de très logique, ne cherchons pas à nous en faire reproche. Le temps de la culpabilisation se présentera bien assez tôt.

Les traducteurs dont disposaient Amelyne et Elvyn n’incluaient pas les émotions. Pourtant Amy ressentit immédiatement la mortification soudre. Elle commençait très sérieusement à s’angoisser.

— Nous n’avions pas le temps. Toutes nos observations n’auguraient rien de bon. Nous la voyons évoluer depuis bientôt trois siècles, normes terrestres. Rien n’y change hors les formes. En cette année 2260…

Elvyn et Amelyne sursautèrent. Jusqu’à présent, il n’y avait eu aucune référence terrestre pour leur permettre de se situer dans le temps. Ils y avaient renoncé. L’annonce brutale de la date leur causait une sidération à couper le souffle. Ils n’avaient jamais envisagé que quasiment deux siècles et demi se soit écoulés. Ub’Us’Nel s’était interrompu comme pour leur permettre d’encaisser. Elvyn n’était pas loin de penser qu’il y fallait voir une volonté. Li’Yu’Thi se tourna vers eux et leur souffla « plus tard ! » Venant de sa part, ils savaient qu’il ne ferait pas défaut. Le conteur poursuivit.

— … guerres, misères, exploitations, crimes en tous genres, mensonges et autres vilenies règnent en maître, en Valeurs. Nous nous sommes focalisés là-dessus, en plein respect d’une procédure jamais vérifiée. Nous avons étudié l’instant T, négligeant l’instant H.

Le sous-entendu fut reçu clairement par les zhoumains et par les terriens. Ils s’étaient concentrés sur l’effet en négligeant la cause. Ils procédaient à l’envers. Au-delà des prémices auraient dû naître le questionnement. Pire ils sautaient une étape ! Au nom d’une émotion…

— Cet instant H aurait dû être notre priorité. Sans lui nous ne pouvons pas anticiper. Bien sur sa recherche est colossale en temps. C’est un puzzle géant que d’assembler les vécus d’une planète. Pour autant, est-ce une raison suffisante pour avoir un comportement parfaitement inzhoumain ?

Nul besoin d’une réponse, la mortification naissante était désormais palpable.

— Nous sommes tombés dans un piège, moi, nous, les cervmaîtres. Seuls les cybertechs et leurs programmes automatiques ont fait le travail. Ils ont collecté. La masse d’informations est restée sans quiconque pour en faire la synthèse. Plusieurs signaux d’alerte non urgente ont été émis. Ils ont tous été reportés. Jusqu’au dernier que les cervmaîtres ont enregistré. Ils m’ont alerté. Nous avons alors plongé dans l’analyse. Du temps, j’en avais, peu occupé par les tâches en cours. Même avec l’aide des cervmaîtres, le tri s’avéra plus à de la pêche à la ligne qu’à un ordonnancement logique. Trouver le fil sans se perdre dans les méandres des conséquences, remonter par la voie directe, nous laissait l’impression de ne pas avancer. De répéter, constat affligeant après constat affligeant, d’une inzhoumanité inscrite en lettres de feu dans le génome de ces humains. Jusqu’à…

Ub’Us’Nel s’interrompit brusquement, retrouvant les réflexes du conteur ménageant son suspense. F’Lm’Dig intervint immédiatement :

— Ub’, s’il te plait, viens en fait.

— Ce nom vous dit quelque chose ? Dit-il en montrant un écran

Un mot se détachait. Évidemment qu’ils le connaissaient.

— C’est le second classe VOEU à être parti. Que vient-il faire ici ?

— Il va falloir entrer dans les détails.

— C’est-à-dire ?

— Historiologie complète !

— Tu plaisantes ?

— En ai-je l’air ?

— Pas vraiment, malheureusement ! Non négociable ?

— Quand tu veux, tu arrêtes les questions idiotes ! Nous perdons un temps précieux.

Venant de la part d’un zhoumain, l’allusion à une perte de temps pouvait s’assimiler à une quasi insulte et, en tout cas, une manière brutale d’appuyer sur le caractère d’urgence.

Comme souvent, Elvyn s’était déconnecté du présent direct pour mieux percevoir la globalité du moment. Les détails, si leurs utilités s’avéraient, il pouvait faire confiance à Amelyne pour les lui rapporter. L’atmosphère dégagée par la totalité des éveillés du vaisseau, 75 zhoumains, suintaient l’interrogation, la mauvaise surprise. Pour un peu, hors les houppelandes, rien ne différenciait cette assemblée plénière zhoumaine d’une terrienne chargée d’avaliser une pilule amère. Le nom affiché ne lui parlait aucunement. Amelyne lui prit la main en la pressant doucement. Manière de l’interroger sur une éventuelle compréhension ! La réponse, pour évidente qu’elle fut, il lui transmit par le biais de son regard expectatif. Elle hocha la tête, désignant les écrans. Sur tous luisait un seul mot : Y’Ha’Ev.

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