La Fédération - Ataraxie

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Axiome de la Bor'And'Ja : “Qui m’aime me suive ! Si je te précède ?”

Une distorsion dans l’air les alerta. Ant'Hdr'Aes perçut une lueur bleue. Significative ! Une intrusion imprévue était en cours.

« Les boucliers en action ! »

Sa compagne venait de faire un constat informatif n’appelant aucune réponse. Ils entrèrent aussitôt en mode atelempathique, canal urgence. Des informations concises leur parvinrent. Alerte niveau 3, agression présumée, vigilance recommandée, regroupement obligatoire dans une sphère de protection, déplacement interdit. C’était une des raisons du bleuissement des boucliers, permettre à tout un chacun de s’y réfugier.

Ils firent demi-tour et sans se presser rejoignirent le reste du groupe qui, manifestement et sans surprise, était au courant. Sur toute la planète le système d’urgence s’était mis en branle. Chacun, individuellement, quand il était en âge de comprendre, savait ce qui allait se passer et comment. Dans leur groupe, le bouclier qui était distordu au quasi maximum allait se resserrer pour une efficacité optimum.

Le bleuté se fit plus profond, signalant le passage en stade défensif 2. Aucune panique perceptible. Elle aurait été inutile. Ils avaient une confiance totale dans les boucliers. Toutes les communications hors atelempathiques étaient coupées. Leur groupe comprenait assez de membres pour créer un cercle-com, évitant ainsi une possible surtension et la cacophonie des collisions et conflits de pensées. Le cercle-com était comme relier une multitude de points ensemble pour n’en faire plus qu’un. Les avantages induits de celui-ci étaient conséquents. A commencer par rassurer les plus craintifs !

En mode habituel, l’atelempathie restait affaire et usage privée. Cette pastille communautaire n’intervenait qu’en cas de danger important. En cas de nécessité, le groupe réagirait comme un seul zhoumain et appliquerait les consignes ou les processus sans la moindre distorsion. C’est ainsi que tous perçurent le choc d’un projectile heurtant le sol puis son explosion. Les analyses automatiques communiquèrent aussitôt : « munition détonnante classique, nature inconnue, introduction en cours des systèmes informatiques adverses en cours, consignes inchangées. Le groupe P.D.G.C. est la cible. Consignes particulières à leur adresse : immobilité complète requise pendant transfert de puissance en cours. Passage bouclier en stade 3. »

Stade 3 soit le mode offensif. Zhyoom s’attendait donc à une agression plus violente qu’elle pensait pouvoir contrer. Sinon elle aurait fait évacuer sans tarder.

*

« Le projectile n’a même pas effleuré le bouclier. Il est tombé avant d’exploser.

— Qu’en déduis-tu sergent ?

— Je te le ferais bien pédant mais rien justement. Cette technique nous dépasse complètement. Je ne suis même pas capable d’en appréhender un début d’hypothèse. Il va falloir taper plus fort.

— Ça ne faisait même pas de doute dans mon esprit.

— Puis-je exprimer mon désaccord ? Intervint le lieutenant DVergne

— Faites donc mais pourquoi ?

— Il y a beaucoup d’enfants.

— Ce serait valable s’ils n’étaient pas aussi protégés. Je n’ai pas l’impression qu’ils courent le moindre risque.

— Si, non ?

— Alors nous en assumerons les conséquences. C’est la guerre et quand l’escadre sera ici, elle attaquera sans faire de différences. C’est la loi du genre malheureusement.

— Objection terminée commandant. Ce sera noté sur le journal des incidents.

— Comme vous voudrez lieutenant. Vous tirerez un missile crohctal. Tant qu’à faire nous n’allons pas faire les choses à moitié.

— A vos ordres !

Officier tout juste promu, à peine sorti de l’école militaire, embarqué pour sa première mission de combat, le lieutenant n’avait pas les arguments rhétoriques nécessaires pour s’opposer à son commandant. Il se rendait par ailleurs compte que ce dernier avait raison sur la forme. Après tout, il était Fédéraliste. Sans état d’âme inutile, il commença à tapoter son clavier non sans quelques hésitations à mettre sur le compte du manque de pratique. D’une manière incongrue, une pensée lui vint : « Il faut que je propose un entraînement de pratique manuelle pour pallier cette petite déficience au cas où nous nous retrouverions un jour dans cette configuration de déconnexion du mode cérébral. » Même si la probabilité était plus que faible !

— Coordonnées de tir ?

— 7.7.4

— Paré à exécuter !

L’ordre mit quelque temps à venir, à tel point qu’il se demanda s’il n’allait pas être obligé de corriger. Le commandant hésitait-il ? Hautement improbable, ce dernier était le pur produit des écoles militaires. L’image presque parfaite d’un précepte majeur de l’armée fédéraliste : « Le questionnement n’est bon que s’il ne dure que le temps d’une réponse claire et rapide ! » Sous-entendu, dans le cas contraire, il n’est qu’une entrave à la mission et doit s’effacer devant l’intérêt majeur de cette dernière.

— Tir !

Il appuya sur le bouton et riva, comme tout le monde, son regard à l’écran. Le missile crohctal était semblable à une aiguille, long de 3 mètres mais d’une épaisseur d’à peine 2 cm. Il était constitué intégralement de matière explosive, le tristalic, avant mise en œuvre, se manipulant sans le moindre danger. Il n’avait pas besoin de détonateur. Son principe de base était d’une simplicité sans faille : la vitesse combinée au frottement provoquait l’explosion.

Note aux consultants : La technologie employée reste mystérieuse car, à notre connaissance, nous n’avons plus jamais revu de Fédéralistes après cet épisode.

Au début de son utilisation, il y eu beaucoup d’accidents. Ils ne savaient pas vraiment prévoir le moment de sa conflagration. Seul signe visible, au moment de sa détonation, il stoppait brutalement et boom !

Il avait fallu nombre de tests et d’années avant de trouver un remède, assez simple au final. Le tristalic était mélangé à une molécule retardatrice dont la quantité déterminait la distance. Le crohctal ne restait, en raison de sa nature, utile qu’en courte et moyenne portée. Au-delà, sa redoutable efficacité, quasi imparable, n’opérait plus. Ce missile, une fois lancé, ne pouvait plus être stoppé et ni tomber en panne, en l’absence totale d’électronique ou de mécanique à l’intérieur. Il ne pouvait qu’exploser. La puissance au cm² effrayante, destruction complète sur un rayon entre 10 et 80 km suivant la grosseur de l’engin, était dissuasive dès la menace du second tir.

Une fois maitrisé, le missile donna naissance aux balles d’armes de poing. Elles étaient devenues aiguilles quasi invisibles à l’œil nu. Chaque chargeur pouvait contenir jusqu’à 25 mn de tirs continus. Un seul atomisait littéralement un être humain. Aucune nécessitée de visée, il suffisait de tirer au minimum à 10 mètres de la cible, individuelle ou groupe pour l’anéantir. Son défaut ? La nécessité d’un système de refroidissement, rendant l’arme encombrante, largement compensée par la puissance et la réserve de tir. Cet explosif avait révolutionné la guerre et ouvert la voie à la création de la Fédération. La matière première était onéreuse presque entièrement contrebalancée par l’économie en personnels combattants.

Note aux consultants : la planète d’origine des Fédéralistes est inconnue. Les hommes présents dans l’intervention relatée dans cet épisode n’en parlèrent jamais et les zhoumains ne leur posèrent aucune question sur la localisation de leur système.

Le missile traçait sa route, droit devant. Ils avaient déterminé que le bouclier était étendu sur un rayon de 5 km. Si le projectile entrait, il y aurait quelques dégâts mais pas trop d’après leur projection la plus pessimiste. Ils avaient imprimé une force de poussée qui le ferait exploser à la limite estimée du bouclier.

Il était presque sur cible quand l’impensable se produisit. Contre toute attente, il le pénétra. En un instant, l’horreur de ce qui allait se produire assaillit le tout frais émoulu lieutenant DVergne. Il ouvrit la bouche en un cri d’horreur silencieux. Et resta scotché au spectacle. L’engin fut cerné par un second bouclier. Ce dernier ne se contentait pas de le retenir mais le ralentissait visiblement jusqu’à provoquer l’insensé. Ils auraient pu se croire en pleine projection holographique tant l’effet de ralenti semblait réel et irréel. En arrière-plan, il entendit le commandant demander en hurlant :

« Vitesse actuelle du missile ? »

Il jeta mécaniquement un coup d’œil sur les données. Déjà prostré tel un épouvantail dans son champ, la visualisation de son écran n’arrangea rien. Sans aucun rapport avec l’action, il se demandait pourquoi il avait tant mal à la mâchoire. Il tenta de revenir aux réalités mais ses paroles ne furent que de vagues grognements. Se rappelant de ses cours, il tenta d’avaler. Mal lui en prit ! Il ne réussit qu’à provoquer une fermeture violente de sa bouche trop longtemps ouverte. Sa langue qui trainait par-là prit de plein fouet ses dents. Cette fois il entendit clairement son hurlement. Un liquide envahit sa cavité buccale. Au goût, pas de doute possible, du sang. Il déglutit tout en recrachant. Une douleur brusque le figea. Il venait de recevoir une gifle. Dans un accès de super lucidité, il comprit qu’elle était destinée non à faire mal mais à le recadrer. Ce fut efficace et, plutôt que de parler, il pointa son doigt sur la donnée que le commandant continuait à réclamer. La vitesse actuelle du missile était à l’exacte limite de l’explosion.

Il n’en était plus à une invraisemblance près quand le sergent armurier hurla sans la moindre dignité :

« Il revient vers nous !

— Trajectoire de fuite en urgence. Dit le commandant, très calmement »

Tous les systèmes d’alarme se mirent en branle ensemble, provoquant un bruit assourdissant. La panique s’installa dans la cellule. Chacun essayait de comprendre pourquoi son secteur s’affolait sans trouver de réponses, même pas un début d’explication probante.

Le lieutenant Dvergne se tourna vers le commandant. Il le trouva statufié. D’une manière invraisemblable, une fois de plus, il ne semblait plus libre de ses mouvements. Comme un vieux briscard qu’il n’était pas, il ne chercha pas à comprendre. Plus tard il serait temps d’essayer de saisir ce qui ne semblait pas réellement à sa portée. Il parla à voix haute et ferme :

« Silence tout le monde. Faites un rapport un par un en commençant par la salle des machines. Sergent Loioj ?

— Incompréhensible ! Tout fonctionne mais nous ne pouvons pas imprimer le moindre ordre. Le vaisseau est en stabilisation.

— Armuriers ?

— Impossible de faire quoi que ce soit. Les consoles sont inertes.

— Navigation ?

— Idem mais je souhaite vous signaler que le missile est toujours en train de nous revenir droit dessus.

Il n’avait plus d’écrans pour suivre en direct. Il allait commander l’ouverture mécanique des panneaux d’occultation quand certains s’ouvrirent d’eux même. Le regard, le sien en particulier, était focalisé sur leur propre engin, entouré d’un cocon lumineux qui leur revenait droit dessus. Invraisemblable mais tellement réel ! Il n’y avait plus qu’une chose à faire :

— Evacuation !

— Ah ! Oui ? Comment lieutenant ? Nous n’avons plus d’accès à aucun panneau de commande. Tout le monde est enfermé dans son poste et le temps de débloquer manuellement les portes, il y a bien longtemps que nous aurons été transformés en pâtée. Il nous reste que les prières d’une improbable mansuétude à Dieu. »

Tous les regards, résignés, révoltés, horrifiés, hébétés, effarés, effrayés, étaient braqués sur ce maudit engin. Un écran s’anima montrant en gros plan le missile toujours entouré de son halo blanchâtre. Il ferma les yeux et se laissa envahir par le flot des souvenirs de son existence qui se ruaient à qui mieux mieux dans son esprit. Il avait dépassé le stade de la panique et ne se demandait qu’une chose : pourquoi ? D’une manière incongrue, une réponse lui parvint. Il était sûr qu’elle n’émanait pas de lui. Un « parce que » s’imprimait en lettre brillante sur la surface de ses paupières fermées. Automatiquement il pensa :

« Quoi ?

Que !

Comment ?

Nul !

Pitié ?

La vôtre ?

Pardon !

Accepté ! »

Le dialogue cessa. Il rouvrit les yeux, juste à temps pour voir la trajectoire de l’engin de mort s’incurver et s’éloigner. Un écran s’était rallumé et il put suivre la trajectoire. Quelques secondes plus tard le cocon disparut et l’engin explosa en une gerbe aveuglante. Progressivement, le noir envahit intégralement la cellule de commandement.

*

« Bordel de merde, je n’ai pas de temps à perdre avec vos frayeurs, j’essaie juste de nous sortir du pétrin. Tous les personnels non indispensables au fonctionnement latent du vaisseau restent ou retournent dans le cantonnement, presto, s’il vous plait. »

Le commandant était redevenu libre de ses mouvements. Il était d’une humeur de chien. Il avait l’impression tenace d’avoir vieilli de plusieurs siècles alors que tout avait commencé quelques minutes auparavant. La mission, simple routine de départ, virait au cauchemar.

« Que s’est-il vraiment passé ? Que disent les enregistreurs ? Demanda Andréev, copilote navigateur

— Ils ne disent rien comme s’ils avaient été déconnectés pendant un temps X. Lui répondit Alecxiana, premier lieutenant de maintenance

— Pas comme si, tout a été déconnecté pendant exactement 4 minutes 48 secondes. »

Greijmundo, le commandant, avait prononcé cette réponse d’un ton monocorde, sous tendu par toutes les interrogations corrélatives induites. Un peu las, il coupa court au flot de questions affirmatives qui allaient fuser.

« Pas la peine de vous triturer le cerveau et le mien avec : oui, nous devrions être écrabouillés par terre, dans un trou largement assez grand pour qu’il n’y ai juste qu’à le reboucher pour en faire notre tombe. Alors, par pitié, si vous vous voulez parler, ne le faites que si vous avez une hypothèse tangible ou une proposition constructive. Sinon pleurnicher en silence. Je…

« Premier et unique avertissement… »

Il venait d’être coupé par une transmission dont ils étaient incapables de définir l’origine ; ni le comment elle pouvait leur parvenir à travers le flot de protection haut de gamme de leur vaisseau. Le pire étant que, si indubitablement le son sortait des hauts parleurs, il semblait aussi parvenir de toutes les directions et même de l’intérieur de son cerveau. S’il avait pu ou eu le temps d’en spécifier l’effet, il l’aurait qualifier de parfaitement désagréable, à la limite du viol psychique. Leur peuple connaissait la transmission encéphalique et l’utilisait. Mais ce message ne semblait pas lui parvenir sur les mêmes fréquences.

« … Premier et unique avertissement : ou vous atterrissez par vos propres moyens en toute sécurité ou nous allons nous en chargez avec des conséquences inconnues surtout pour vous. Il vous reste dix de vos minutes pour amorcer cette opération. »

Le pire de la situation ? Le calme du ton, l’absence de demande de réponse, l’absence de doutes, ne serait-ce que sur le comment faire atterrir un vaisseau contre son gré, ensemble de paramètres confirmés par leurs analyseurs vocaux. Greijmundo reprit la parole :

« Déconnectez immédiatement tous vos transmetteurs encéphaliques. Interdiction d’utilisation jusqu’à nouvel ordre. Jiklé, mise en route des systèmes de secours sauf la radio. Communication par langage des signes. J’espère que tout le monde s’en rappelle. Andréev, procédure d’atterrissage normal par paliers. Que personne ne me demande une explication pour le moment. Briefing dans 4 minutes. Les unités indispensables à l’opérationnel enverront un homme pour le débriefing.

— Commandant, il nous faudra plus de quatre minutes pour traverser tout le vaisseau depuis la salle des poussées !

— Celui que vous enverrez n’aura qu’à courir. A quoi aurait pu servir les entrainements sinon. Il vous reste 3 minutes 25.

— Le ton était largement assez sec pour ne pas provoquer une réponse.

*

La voix venait de nouveau se faire entendre, communiquant directement à son cerveau, toujours aussi concise, toujours monocorde, sans être glaciale.

« Vous disposez de deux options : sortir de votre propre gré ou pas. Dans ce dernier cas, vous comprendrez que vous en assurerez la paternité pleine et entière. »

La déconnexion était donc sans effet. Il avait passé un cap dans son ressenti, malaise, mal être, enfant pris sur le fait d’une grosse bêtise ou culpabilité sous tendue par un sentiment d’infériorité absolu. Parfois la réalité pleine et entière d’un évènement met plus de temps à se concrétiser que ses effets.

Avait-il affaire à de la télépathie ? Le terme, commun, néanmoins erroné, pour désigner des communications de cerveau à cerveau ! La Fédération, sans l’affirmer à 100 %, la pensait inexistante sans un apport extérieur. Comme eux et la nano puce implantée qui leur permettait, via une longueur d’ondes spécifique, de se « parler ». Encore était-ce limité à 3 situations : combat, urgence, privé circonscrit à la stricte intimité. Aucune connotation de mesures de rétorsions mais le constat fait que ces transmissions étaient dangereuses d’un point de vue strictement psycho-psychiatrique. Il fallait être fort dans son soi et être doté d’un équilibre certain. En outre, « les phrases » ainsi produites étaient parfois parfaitement absconses au pire, pas très claires au mieux et nécessitaient donc une concentration totale, physiquement éprouvante.

La technique utilisée par ces gens était issue d’une source inconnue, sans surprise compte tenu de l’origine différente. Elle produisait, à la fois, une vague similarité mais un effet très lointain. Il ne pouvait plus songer en termes de viol comme au début. Il ne se sentait pas « posséder ». Espionner oui, sans conteste, et écouter !

Cette civilisation, en face d’eux, cachait bien son jeu. Elle était très en avance sur ce point. Il avait essayé, échoué. Ils étaient tout simplement plus forts ! C’est un point qu’un Fédéraliste est à même de constater, d’admettre et d’en tenir compte par la suite, sans pour autant tomber dans la servilité. Plus avant, dans le temps, peut-être, même surement, ils constateraient que sur d’autres points, les plus en avance pourraient être eux. La suite n’était qu’une question d’équilibre, de fléau de balance penchant plus d’un côté. En espérant que ce serait le leur !

Dans ce qui aurait pu être une débâcle, les points positifs à retenir était ceux-là, ou plutôt celui-là, attendre et voir. D’ailleurs tout le personnel l’avait soutenu alors que s’ils avaient ressenti une défaillance, ils ne se seraient pas gênés pour le souligner.

« Bon, je présume que nous n’allons pas discuter et descendre ? »

Le lieutenant de navigation ABerzail venait de vocaliser ce que tout le monde pensait, à en juger par l’assentiment tacite général. D’un seul coup, l’évidence qui aurait dû lui sauter aux yeux, s’imposa. Il n’était pas le seul à « recevoir ». Son équipage de vieux briscards avait entendu la même chose. Il devait en avoir le cœur net.

« Une question Aber, quel message as-tu entendu ? »

Il répéta mot pour mot ce que lui-même avait reçu.

« Qui n’a pas rien perçu ? Demanda-t-il à la cantonade »

Seul le lieutenant DVergne leva la main. Le commandant n’eut pas le temps de s’interroger plus avant car la voix reprenait :

« Il vous reste 30 de vos secondes pour procéder à un choix.

— OK, c’est bon, nous descendons. Si vous voulez bien nous ouvrir la porte ? »

Autant leur faire comprendre qu’il avait au moins saisi une partie des évènements. La porte du sas chuinta de la libération de l’air contenu dans son épaisseur. Un sergent, nouvel arrivé,, exprima tout haut sa surprise.

« Et les tests pathos ?

— Ils les ont déjà faits… ou pas ! »

Le haussement de sourcil du sous-officier laissait présager une question incrédule. Autant dire qu’il n’avait, ni la moindre envie de l’entendre, ni d’y répondre. Il fronça les yeux pour se donner son air méchant 4bis comme il disait. L’autre se liquéfia et clôt ses lèvres. La porte ouverte, le bruit les assourdit, les enveloppant dans un sentiment d’agression, comme à chaque sortie, à l’issue d’un long séjour spatial dont l’ambiance sonore était très feutrée. Au sein d’une unité de combat comme la leur, tout vacarme était exclu, même, voire surtout, en phase combat. L’isolation de la structure externe par matelas d’air – pour simplifier – contenu entre quatre parois les isolait en totalité du soi-disant silence de l’espace. De quelques minutes à quelques heures, suivant l’individu, étaient nécessaire pour se réadapter. Bouger ou forcer, alors que le déséquilibre temporal n’était pas réajusté, était vain, la chute assurée. De la hauteur d’un sas de sortie, mort certifiée…

« Bien entendu, la descente, juste pour préciser, sans arme… se manifesta « la voix »

— Bien entendu ! S’entendit-il répondre, une amertume indicible au fond la gorge »

Comme s’il avait pu en être autrement !

« On essaie de sortir quoi ? exprima une voix anonyme, dans un murmure qui, pour son bonheur, resterait à jamais ignoré. »

Greijmundo contint son irritation et répondit sèchement :

« Pour ceux qui n’auraient pas tout compris, Nous, et ce sera déjà pas mal ? »

*

« Et maintenant ? Que devons-nous faire ? »

Parler ainsi dans le vide n’était guère gratifiant, pour le moins, sentiment largement amplifié par ce qu’il convenait bien d’appeler la défaite et une angoisse légère, normale, face à un monde inconnu. Pour l’heure, il n’y avait qu’une alternative, une presque mission, rester digne ! Néanmoins, c’est presque naturellement que la question lui avait semblé obligatoire. Il s’adaptait ! Seul il n’aurait même pas vocalisé, juste pensé mais il avait la responsabilité d’un groupe de combat à assurer et, si possible, sa sauvegarde ; sans compter de trouver un moyen de s’échapper !

« Ce que vous voulez ! A L’exception d’un retour sur votre vaisseau bien entendu !

— J’ai peur de ne pas comprendre ? »

Il savait qu’il exprimait l’incrédulité générale.

« Sémantiquement parlant, c’est clair non ? Ce que vous VOULEZ ! Vous êtes libres d’aller et de faire ce que bon vous semble.

— Cela ne paraît pas très équitable surtout si nous rencontrons des parties hostiles. »

Avant même d’avoir fini de sa phrase, il comprit sa bévue. Evoquer l’équité, après ce qu’eux-mêmes avaient tenté, relevait d’une pure sottise. A sa grande surprise, il n’y eut aucune réaction.

« Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Vous ne rencontrerez pas d’antagonistes, à part vous-même…

— Même pas de nuisibles ?

— Si !

— Alors ?

— Vous êtes entrainé, non ? Je vous invite à vous remémorer vos données zoologiques. Sinon consultez le réseau. Vous êtes connectés à partir de cette seconde. Je vous salue mes sieurs en vous souhaitant un bon séjour parmi nous. »

Il sentit littéralement la communication se couper. Ils étaient seuls de nouveau. Réagir vite avant de se trouver submerger par un flot de questions bêtes, inutiles même si, au fond, elles ne l’étaient pas vraiment, juste, pas le moment, pas de réponses à proposer, encore moins de plan et, au final, des soldats désarmés, désorientés. Un militaire de carrière restera un militaire. Des heures d’entrainement permettent d’acquérir des réflexes, de toutes natures. Il aboya donc :

« Formation de combat, avant garde, arrière garde, flancs sur 1500 mètres. Les autres, hormis les officiers, en tirailleur sur un périmètre de 1000 mètres. Sergent Loustin, vous êtes responsable de la mise en œuvre. DVergne, à la console, regardez-moi ce que ça dit. Les autres officiers autour de moi. »

L’effet fut magique. Le ballet se mit en branle montrant toute son efficience.

*

« Messieurs, la situation comme vous pouvez le constater par vous-même, n’est guère reluisante. A part une réelle possibilité de non agressivité. Je ne vous cache pas que notre souci majeur va être d’occuper nos hommes pour éviter toute cogitation ; jusqu’à ce que nous ayons mis en place une stratégie quelconque. Le souci ? Quoi ? Nous sommes désarmés dans tous les sens du terme. Nous nous trouvons face à l’inconnu et dans une phase où il va nous falloir tout réapprendre. Notre priorité en attendant va être de maintenir une discipline de fer afin d’éviter tout débordement ou panique. Je ne vous dirais pas jusqu’à quand. Vous connaissez les paramètres de notre ex mission aussi bien que moi.

— Vous pensez que ce sera proche ?

— Comment autrement ? »

Il n’y eut pas de questions ou commentaires. L’entrainement encore et toujours…

« Lieutenant ?

— Oui, mon commandant ?

— Vous en êtes où de votre exploration ?

— Ce réseau n’est guère différent du nôtre, à part la langue bien sûr et le fait qu’ils ont créé un espace particulier dans la nôtre. Il y a une ville à 28 Heures Fédéralistes, sud – sud-est, pas de dénivelé majeur, du plat à perte de vue. But, ville de moyenne importance, nommée en langage local Re’St’y, dotée d’un réseau de transport intercité, d’un centre d’accueil pour itinérants. D’après leur propre évaluation, les risques de rencontres avec une faune dangereuse sont minimes pour les grandes tailles, peu importantes pour les insectes. Enfin, il nous adresse un aparté sur le comportement à adopter en cas de danger que je vous livre in extenso : « Comme beaucoup d’animaux dans un certain nombre de sphères planétaires, notre faune ne s’occupera pas de vous si vous en faites autant. Le seul risque est de rencontrer un affamé qui n’aurait pas trouvé d’autres solutions. Dans ce cas, à part courir très vite, il vaudra mieux pour vous appeler au secours… »

— Cette dernière partie, c’est une plaisanterie ?

— Pas vraiment, voyez par vous-même ! »

Ce que fit le commandant qui était un adepte féru du voir pour mieux croire.

« Lieutenant, criez « au secours » dès que nous aurons prévenu tout le monde que ce cri sera une fausse alerte. Faites passer le message.

— A vos ordres.

*

« Allez Dvergne, prenez votre plus belle voix angoissée et criez. »

L’officier s’exécuta de manière convaincante. La réaction, à laquelle aucun ne s’attendait vu leur ignorance, fut fulgurante, tout comme leur ébahissement. Ils se retrouvèrent ceints d’un halo bleuâtre signifiant clairement un bouclier de défense identique aux leurs, quoique légèrement plus foncé dans le bleu.

« Ah ! Nous voilà en terrain connu.

— Si on excepte… »

La discussion ne put aller au-delà, interrompue par un commentaire externe.

« Aucun danger perçu, fin de l’alerte, fausse… bien entendu ! Pour vous éviter une perte de temps, la nuit ne va tarder à tomber. Le halo que vous avez vu n’est qu’une virtualisation pour éviter toute panique si vous aviez été confrontés à un vrai danger. Les éventuelles prochaines fois, il n’existera plus.

— Avons-nous le droit à une question ?

— Bien sûr, plusieurs même si tel est votre désir !

— Quel que soit l’endroit, la couverture défensive ?

— Non, ce serait du pur utopique, juste là où existe un potentiel de dangerosité éventuel.

— Incommensurable !

— Différent !

— C’est le moins que vous puissiez dire.

— Est-ce si surprenant ?

— Par rapport à ce qui va venir, je peux anticiper que non.

— Surement d’après vos critères.

— Je présume que tout le monde entend.

— Pourquoi autrement, c’est du domaine du bien commun.

— Si je veux avoir une conversation particulière ?

— Il ne faut pas tout mélanger, nous ne nous connaissons pas, sommes encore moins amis mais pour ne pas avoir l’air de vous tacler, vous êtes sur une fréquence publique, pas privée, tout simplement.

— Comment rejoindre une fréquence privée ?

— Avancez !

— Pourquoi ai – je l’impression qu’il faut que je prenne ce simple mot à plusieurs degrés ?

— Parce que c’est la réalité, mon sieur.

— Puis-je connaître votre nom ?

— A'lej'ida

— Merci ! Je me nomme Greijmundo, commandant en chef de ce groupe d’exploration.

— Bien.

— Quelle est votre fonction ou grade ?

— Rien de défini, je suis là tout simplement.

— Je vous remercie de vos réponses même si elles nous plongent dans l’expectative la plus totale. J’espère à bientôt dans des circonstances plus favorables.

— Va savoir ! »

La communication se coupa. Pourquoi, encore, sentait-il derrière cette dernière phrase, qu’il allait lui falloir chercher le ou les sens cachés ?

*

« Lieutenant, envoyez quelqu’un à l’avant-garde pour les renseignements.

— A vos ordres !

— Ce n’est pas utile, commandant, car… »

Il se tourna vers l’importun qui osait le contredire, prêt à le massacrer littéralement, quand les circonstances lui revinrent en mémoire. La fatuité d’une telle attitude lui sembla plus qu’évidente. Quand même pour asseoir son autorité, il allait se fendre d’une remarque quand le reste de la phrase atteint ses neurones.

« … La comm fonctionne.

— Ah ! Comme quoi ? »

Lui n’avait pas pensé à vérifier, parti sur son idée que « les autres » avaient tout neutralisé. C’était pourtant du B.A. BA d’entrainement de base. Il se reconnecta sans plus de commentaires ce qui est la meilleure attitude quand on est pris en faute.

« Eclaireurs ?

— Mon commandant ?

— Rapport ?

— Le scanner confirme la présence d’une localité. La voie est totalement dégagée si nous exceptons la colonne que, euh !

— Passons… Que font-ils ?

— Ils ont l’air de se diriger vers la ville. En tout cas, ils marchent dans le même sens que nous serions supposés prendre. Allure réduite, nous devrions les rejoindre en moins de deux heures.

— OK ! Restez vigilants, contact permanent, distance de sécurité 3 M/F. Quand nous serons à moins de 5 minutes, arrêt. Pour tout le monde, en avant, mode marche forcée. »

*

« Groupe en mire !

— Ils vous ont vus ?

— J’avoue que je n’en sais rien, mon commandant. Ils n’ont pas l’air d’être stressés et, le moins que l’on puisse dire, est qu’ils ne forcent pas l’allure.

— Bouclier ?

— D’après mes détecteurs, non. Mais est-ce fiable après la déculottée qu’ils nous ont mis sans tirer le moindre coup de quoi que ce soit.

— Sergent, vous vous oubliez.

— Absolument pas, je ne fais que traduire le sentiment général. Et vous le savez ! »

Oh ! Oui, il le savait, trop bien. Il n’avait pensé qu’à ça depuis qu’ils marchaient.

« Sinon mon commandant, à moins qu’ils puissent se rendre totalement invisible en se désincarnant, il est notoire qu’un bouclier laisse forcément une trace. Je pense donc qu’ils les ont désactivés. D’où nous pouvons déduire qu’ils nous considèrent sans danger.

— Vous êtes en verve sergent. En plus, vous avez probablement raison

— Merci, puis je ajouter quelque chose ?

— Faites donc !

— Au final, ce n’est pas très flatteur pour nous.

— En grand partie la vérité, n’est-ce pas ?

— Oui, mon commandant.

— Reste la petite partie qu’ils ne connaissent pas. Mettre un Fédéraliste dans une impasse, c’est le rendre plus fort !

— Une leçon basique des cours de l’école militaire…

— Bien, sergent, trêve de philosophie, nous calquons nos déplacements à leur rythme.

— Alors vous pouvez commander l’arrêt car c’est exactement ce qu’ils viennent de faire. »

En tant qu’être humain basique, il aurait pu, au vu des derniers, de tous en fait, évènements, dire que certaines choses lui échappaient, y réfléchir, laisser filer en attendant des jours meilleurs. En tant que commandant d’un groupe de 100 personnes, il ne le pouvait pas, seulement en faire le constat factuel et, surtout, trouver des solutions. Cette halte tombait bien. Ce temps d’arrêt allait lui octroyer un temps de recul bienvenu et trouver un point d’échappatoire. L’urgence n’y était pas encore mais elle n’allait plus tarder. Ils étaient à terre depuis peu mais, déjà, un certain relâchement opérait. Rien de notable vraiment mais derrière la routine militaire, les réflexes, l’exécution sans faille des ordres, il pouvait remarquer une liberté de langage inhabituelle. Dans une optique Fédéraliste où cette dernière était déjà une Valeur presque fondamentale, y compris dans les armées. En vieux routier, il allait accompagner plutôt que subir. Il émit donc des ordres qui auraient plus convenu à une séance d’entrainement qu’un engagement en terrain adverse :

« Halte ! Repos, veille souple. »

*

L’arrêt, plus de 6 heures déjà, se prolongeait au-delà du raisonnable. Raisonnement idiot, se dit-il, uniquement conditionné par son esprit militaire. Des défaites, ils en avaient connu, des échecs, des pertes, des déceptions mais aujourd’hui, pour le moins, c’était particulier. Comme disait son sergent, ils avaient pris une fessée ; cuisante car pas soulignée par une douleur ; piquante de n’avoir eu ni échappatoire, ni possibilité de réponse ; cinglante car totale ; torturante et questionneuse car il n’y avait eu aucune victime ; aucun coup porté à l’exception notable de leur propre tentative de lancée de missile.

Cette longue pause forcée, si elle n’améliorait en rien son malaise, lui aurait au moins permis un constat. Lors des avertissements et des demandes, unilatérales, qui leur avaient été adressées, l’ennemi n’ouvrait pas les portes à une quelconque alternative ; en fermait même celle de la responsabilité, la faisant rejaillir sur eux. Quoiqu’ils auraient pu faire, réfuter ou obéir, ne semblait aucunement les toucher. Sur de leur supériorité technique ?

Qu’aurait-il fait, lui ? Avec la capacité de freiner un missile, le capturer et le renvoyer à l’expéditeur ? Sans le moindre doute, compte tenu des éventuels impondérables, sans la moindre arrière-pensée, il l’aurait laissé aller au bout. Ces êtres humanoïdes étaient-ils faibles ? Au premier abord, tel était son jugement. A cette heure ? Quand on est en possession d’une telle suprématie, est-ce faiblesse ? Orgueil ? Grandeur d’âme ? Sadisme ? Mépris ? Frilosité ? Seul l’avenir détenait la réponse. L’arrivée du gros de la flotte serait l’occasion de vérifier. Eux, ils ne leur restaient qu’à survivre et attendre. Nul doute que les Fédéralistes engageraient le combat sans négociation préalable. Comme tout le reste de l’armée, ses troupes étaient entrainées et, même désarmées, ils livreraient une défense acharnée, fût-elle parfaitement désespérée et inutile ! L’urgence allait d’être de récupérer des armes. Ce groupe était-il armé ?

« Sergent Loustin ? Demanda-t-il plus fort que la normale

— Mon commandant ?

— Avez-vous vu des armes ? »

Sa question tombait un peu comme un cheveu sur la soupe. Ses hommes étaient étalés un peu partout, dans des positions sans grand rapport avec un déplacement en campagne. Pour un peu, les uniformes mis à part, l’effet pique-nique était plus vraisemblable. Le sous-officier ne montra pas sa surprise et répondit quand même :

« Pas au détecteur en tout cas pour des armes répondant à nos connaissances. Après nous sommes top loin pour en juger réellement.

— Vous allez vous remettre en route et faire un peu de repérage.

— A vos ordres ! »

*

« Tu les vois ?

— Oui, ils sont là depuis un moment.

— Qu’est-ce qu’ils font ?

— J’imagine qu’ils nous surveillent.

— Pourquoi ?

— Des guerriers, des tueurs d’êtres sapiens, ils pensent que nous pouvons représenter un danger, une proie, une source d’informations, que sais-je encore ? Ils…

— … perdent leur temps ! »

Ainsi Eh'Ald'Riah finit-elle la phrase d’Ant'Hdr'Aes, retrouvant le cours de leur dialogue fait de non-dit, de complémentarité. Elle eut une impulsion irrépressible. Elle fit un geste de la main, paume tournée vers le haut en repliant simultanément les doigts. Les zhoumains avaient abandonné cette gestuelle depuis longtemps mais n’était pas oublié. Elle perçut la compréhension en intention primaire dans les deux flots d’ondes des humains dissimulés, mal, derrière un des rares monticules de la plaine, en bordure d’un bois plus de broussailles que de vrais arbres, suffisant pour procure une ombre bienvenue à ce moment le plus chaud de la journée. D’un commun accord, il avait été décidé d’attendre ici la jonction avec les étrangers. Ces derniers les suivaient. Autant aller ensemble ! Une bonne marche est une excellente alternative pour faire connaissance et communiquer.

*

« Commandant ?

— Sergent ?

— Là, nous sommes en plein délire…

— Nous voyons les images. Clairement il ou elle vous a invité à venir. Il n’y a pas le moindre doute.

— Je l’ai interprété ainsi mais comment à cette distance nous ont-ils repérés ?

— Comment nous ont-ils mis une fessée, comme vous l’avez si bien dit ? »

Il avait toujours été fort pour rebondir et s’appuyer sur les évènements, les paroles pour retourner une situation de commandement délicate. Il était sûr que la plupart de ses hommes s’approprieraient cette répartie pour la faire devenir la phrase d’origine. Ainsi passerait-il pour un chef proche de ses hommes, utilisant leur code de langage.

« C’est pas faux commandant !

— Si en plus il utilisait exactement sa réponse…

— Et on fait quoi ?

— Ils vous invitent ? Il serait furieusement impoli de refuser cette dernière. Vous y allez bien entendu. Vous ouvrez les yeux et vous leur laissez l’initiative.

— Et la langue ?

— Jusqu’à maintenant, je n’ai pas l’impression nette que ce fut un problème pour eux… Je vais me permettre une hypothèse : je ne serais pas surpris qu’ils basent une partie de leur stratégie sur l’anticipation.

— Bon, là, il s’avançait un peu. Mais il mettait cette dernière réflexion sur le compte de la prémonition, du sixième sens en somme. Il n’était pas aussi bouché que certains de ses collègues et avait toujours prêté une certaine attention à ce genre de signe.

— Sur quoi vous basez-vous pour penser qu’ils anticipent ?

— Sergent ? Dit-il d’un ton doucereux

— A vos ordres !

— Allez, faites votre boulot et ramenez-nous des informations utiles.

Tout à l’heure, il pensait qu’il faudrait récupérer des armes. Quelles qu’elles soient ! Des otages par exemple…

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