Dispersion

16 minutes de lecture
Axiome de la Bor'And'Ja : “Le bon moteur d’une valeur est le sentiment !”

Consultant, tu serais en droit de penser qu’à priori sur Zhyoom les castes n’existent pas. Ce serait à la fois une pure erreur et une réalité patente. Toutes sociétés qui se structurent, quelle que soit la forme, en créent. Caste, cercle fermé, sont souvent considérés comme synonymes, avec raison la plupart du temps. Sur Zhyoom il s’agit plus de catégories ouvertes. Pas un clan mais une tribu où le flux est permanent, sans condition d’admission, même pas d’aptitude mais prioritairement de volontés, d’envies.

Ainsi moi, Ef’Io’Uh, je fais partie de ce que nous nommons « les veilleurs de l’Eternité ». Aucune voie héréditaire à cela, ni mes pères, ni mes mères n’y ont jamais mis les pieds. Je suis le premier. J’ai visité le centre. J’y suis resté la journée. Puis un autre jour, encore un autre et encore un et sans mot, ni contrat, ni blabla, j’étais devenu Ar’Bus – apprenti sens le plus proche auquel il faut retrancher les connotations financières, contraintes horaires, etc.

Maintenant je suis en fonction. Que faisons-nous ?

L’observation de l’espace du plus proche au plus lointain possible permis par nos instruments. Telle est notre occupation. Nous scrutons notre galaxie, sa périphérie, sa banlieue et au-delà. Nous écoutons, à l’affut du moindre signe, n’importe lequel. Décrit ainsi, il pourrait y avoir une connotation romantique mais, ne nous y trompons pas, la tâche est statique, répétitive et, même, avouons-le, parfois très ennuyeuse. Nous opérons par cycle de 3 jours pleins.

Les « veilleurs de l’Eternité » sont issus d’une polémique récurrente et clivante de nos sociétés. D’un côté se trouve les partisans de la thèse de l’unicité de l’être zhoumain dans l’univers. De l’autre, minoritaires mais bruyants, les adeptes du contraire. Leur nombre augmente régulièrement quoique assez lentement. A cette époque, périphérique encore proche du point de départ de l’unification planétaire, nôtre part pragmatique, déjà implantée dans une majorité de civilisations zhoumaines, une troisième voie s’ouvrit. Axe médian, elle prônait que les conditions nécessaires à l’existence d’autres souches zhoumaines étaient très faibles, à maxima… Faibles mais pas impossible, ce constat leur inspira une proposition.

« En présence de théories qui, de facto, ne sont que des suppositions qu’aucun fait ne vient corroborer, cherchons ! Des réponses… Si tant est qu’une seule soit possible ! Prospectons dans les espaces, les étoiles, les soleils, les comètes et, aussi, écoutons. »

De là naquirent donc « les veilleurs de l’Eternité » !

Elle réunit une majorité d’avis positifs, comblant le fossé entre les camps. La porte entrouverte, malgré le consensus, ne nous cachons pas qu’elle recouvrait des arrières-pensées politiques. L’empreinte du passé, des milliers de Périodes, n’était pas, loin s’en faut, encore absorbée. Dans ce no man’s land entre morcellement des civilisations et zhoumanisation globale, certains ne pouvaient encore se départir de l’apparence, reçue/donnée. Jamais ils n’auraient voulu passer pour des rétrogrades religieux, ou laïcs, défendant, ou combattant, la thèse de l’unicité et la primauté de l’espèce zhoumaine voulue et donnée en cadeau par un (les) Dieu(x). La démarche, même sous-tendue ainsi, illustre le concept futur des sciences zhoumaines, conclusif des Axiomes de la Bor'And'Ja : « Ce qui n’est pas prouvé, reste à prouver ! Ce qui est prouvé, reste à vérifier ! Ce qui n’est pas vérifiable, reste à prouver ! A défaut, considère ta thèse comme non vraie ! Ce qui ne signifie aucunement que le contraire n’est pas faux ! »

*

Aujourd’hui, bien après ses débuts, nous-je continuons. Des réponses, nous en avons eu, des milliers sur des centaines de sujets. Aucune sur la question originelle ! L’équation posée de base reste donc viable et la pertinence de notre tâche demeure. Mais, parfois, la lassitude et le découragement nous gagnent. Nous pourrions être taxés de routinier truffé d’habitudes. Il n’en est rien. Aujourd’hui, toute cette et ces veilles viennent de trouver tout leur sens !

*

Tout commence lorsque l’un des nôtres, opérateur du jour, féru d’une certaine planète, nom de code m852UW786, sans dénomination même actuellement, centre de ses fantasmes, s’étonna de la silhouette légèrement différente qu’elle montrait. Une ombre apparue là où, auparavant, il n’y avait rien. Etant limité par le grossissement de ses télescopes, il programma un des satellites d’observation avancée. Le résultat relégua ses fantasmes aux oubliettes. Il redevint ultra professionnel et déclencha une alerte. Le temps pour tout le monde d’arriver, il avait virtualisé une cartographie ainsi qu’une image de l’ombre. Le résultat ne pouvait prêter à la moindre confusion : un vaisseau ! Les vérifications, obligatoires, confirmèrent les faits. Dès cet instant, la plus grande opération de surveillance de leur histoire récente démarra. Bien qu’il fut loin, très loin, au moins 60 Périodes, ils établirent une projection de navigation probable. Nous ignorions bien sur les capacités de ces extra-terrestres mais en valeur rapportée à la leur, nous étions largement dépassés. Finalement cette réponse qu’ils attendaient, ou pas suivant le cas, ils l’avaient. Elle passa au second plan pratiquement en même temps que le constat fait !

Certains faits physiques sont des miroirs déformants. La distance, le temps en sont 2 exemples. Plus un objet est éloigné dans le lointain, dans le temps, plus il peut paraître autre, insaisissable, inatteignable. Nous étions bel et bien dans cette configuration, à la fois tempérée et augmentée par l’excitation et une angoisse tangibles.

Comme souvent, toujours, une question implique une réponse. Pour le coup, nous étions servis à l’envi. Couches après couches, chaque hypothèse s’additionnait, toutes invérifiables pour aboutir, avouons-le, à un salmigondis indigeste. Comment l’éviter après tout ce temps à attendre ?

Un fait vint faire monter d’un cran cet état. Le vaisseau ne bougeait plus d’un pouce. Il y avait du mouvement, des traces énergéticielles, il n’aurait pas pu rester immobile à la même place sinon. Mais sa position ne variait plus. Il n’émettait plus que du noir. Une saison entière passa ainsi. Puis un jour, une activité intense se déclencha qui dura un quart de journée. Tout redevint immobile mais étaient apparues des traces ne laissant, là non plus, aucun doute : des engins plus petits. Le même manège se reproduisit pendant 50 jours. L’espace, à la fin, était saturé de vaisseaux, au moins 200. Eux aussi, une fois sorti des entrailles, restaient stationnaires.

*

Nous avons triplé nos effectifs de guetteurs. Nos locaux étaient souvent saturés de monde. La planète entière était rivée corps, cœur et yeux à cet amas.

*

Toutes nos tentatives de communications sont restées vaines.

*

Cette inaction, l’incertitude provoquait une trame d’angoisse perceptible dans chaque geste du quotidien. Le silence et l’ignorance des buts de ces visiteurs ne pouvaient qu’inquiéter. Ignorants à quoi ils avaient à faire, ils nous étaient difficiles de faire des projections mais, vu le nombre de vaisseaux en orbite, nous penchions fortement vers une ambassade belliqueuse. Quelle que soit l’hypothèse, pacifiques ou guerriers, ils étaient trop pour une simple délégation. Nous n’avions guère de doutes sur l’objectif de cette armada quand elle se mit en route la direction ne fit aucun doute : droite sur Zhyoom !

*

Nous ne sommes pas débutants en matière de voyage spatial mais nous n’en avons pas autant. La taille moyenne des nôtres est trois fois moindre que la leur.

*

Ces vaisseaux sont faciles à suivre. Nous pouvons les observer à loisirs. Un des premiers constats fait est qu’ils ne se déplacent pas plus vite que nos propres engins.

*

La trajectoire qu’ils suivent est erratique. Ils longent les lignes de fuite des planètes. Se dissimulent-ils ? Invraisemblable tant l’empreinte qu’ils laissent est inratable sauf à en être encore au stade préhistorique. Une simple lunette astronomique suffit à les suivre. Alors ? Impudence ou prudence outrancières ? Pensent-ils que nous ne les avons pas repérés ? Ou croient-ils que nous sommes à même de leur faire face ?

*

Depuis le mouvement de cette armada, le vaisseau mère est resté dans sa catalepsie, éteint. Nous ne savons que penser. Est-ce pire ? Mieux ?

*

Nous continuons à lancer des messages sur toutes les fréquences que nous connaissons. Pour le moment, c’est en pure perte. Quand je suis de veille, mon travail est devenu principalement presseur de bouton : celui de la relance du message.

*

Nous n’avons pas attendu la vacuité de tous nos efforts de contact pour lancer une mobilisation générale. Pareillement, nous avons été obligés de privilégier une hypothèse. Nous avons choisi d’envisager l’agression pour au moins une bonne raison. Bien préparés à une défense, il sera plus facile de ne pas faire usage de nos armes. Le contraire ne serait pas vrai. Le choix ne nous plait pas mais nous sommes pragmatiques. La priorité des priorités est devenue de créer des abris, en urgence pour nos enfants. Même sans connaitre leur puissance de destruction, nous ne pouvons pas faire autrement. Nous sommes certains qu’ils ne viennent pas pour la destruction totale de la planète. Ils n’y auraient pas eu nécessité d’une telle flotte. Nous sommes pacifiques, pas irréalistes et, même, nous pourrions construire une arme de destruction massive qui rentrerait dans un seul de leur vaisseau. L’abstraction quant à leur possibilité a été reléguée au second plan pour laisser place au maximum d’efficacité. Bien sur il serait vain de ne pas croire que nous laissons une part à la chance. Il ne pourrait en être autrement. La planète est devenue une ruche bourdonnante d’activité du soir au matin et du matin au soir. Un tiers de la population s’occupe des abris, un autre de la recherche de solutions en armement, le dernier de transformer nos rares vaisseaux en objets mortels. Il n’y a là rien de sorcier, ni compliqué. Tous les objets possèdent deux faces ; l’une pacifique, l’autre mortelle ! Seul le facteur temps joue un vrai rôle. Du temps, avant qu’ils arrivent aux abords de notre univers, nous savons en disposer de 12 rotations de notre planète avec une marge d’erreur de 2 années. Sera-ce suffisant ?

*

Nous avons eu une réponse aujourd’hui. Elle a été lapidaire. Nous n’avons même pas été surpris qu’elle ait été faite dans notre langue. Un message nous ai parvenu disant en substance :

— Nous sommes les représentants de l’empire Guighyez. Toute résistance est inutile. Préparez-vous à nous accueillir pacifiquement. Nous n’hésiterons pas à anéantir toutes manifestations semblant belliqueuses. En signe amical de notre bonne foi, nous vous envoyons de quoi vous convaincre.

Le message était ânonné, littéralement, d’une voix monocorde, métallique, impersonnelle. Il ne nous a pas fallu longtemps pour constater qu’ils ne plaisantaient pas. Nous avons repéré un objet oblong d’une taille impressionnante. Il se déplace bien plus vite que leur flotte. Il lui faudra moins de six journées pour nous atteindre. Nous n’avons aucun doute sur son contenant. Une demie journée a suffi pour cibler le but. Aussitôt l’évacuation a commencé avec comme seul mot d’ordre : le plus possible sur la plus grande surface possible. En espérant que ce sera suffisant tant nous ignorons la puissance de cette bombe.

*

Ce premier contact a concordé avec ce que nous ne pouvons que considérer comme une bonne nouvelle : la transformation de ce qui est devenue notre flotte est achevée. Les équipages sont constitués. Comme pour le reste, nous espérons que ce sera assez.

*

Comme craint, l’évacuation ne fut pas suffisante. Le nombre de morts et de blessés est épouvantable. Ils l’ignorent mais c’est exactement ce qu’il n’aurait pas fallu, ou plus cyniquement, ce qu’il fallait, faire. Nulle colère en forme d’émeute, de rage vengeresse débordante, d’appels à la haine mais un ressentiment tout intérieur, silencieux et déterminé. Notre civilisation est devenue non belliqueuse au fil du temps. Le dernier conflit remonte déjà à bien des Périodes mais, à l’image de cet axiome de la Bor’And’Ja « Marche moi sur les pieds, sans t’excuser, alors ne t’étonnes pas si l’idée me vient de te marcher sur la tête ! »

*

Nos vaisseaux ont décollé. J’ai pris place à bord de l’un deux. Je ne pouvais plus rester devant les écrans. Je suis dans une capsule de tir avec zéro chance d’en revenir. Nous n’allons pas à leur rencontre. Nous avons pris la direction opposée et nous nous sommes mis en orbite fixe afin de tourner avec notre planète. Bien sûr, ils peuvent, doivent d’ailleurs, nous repérer. Mais aussi, nous avons dû faire des choix et prendre des risques. Ce qu’ils ont fait dénote une arrogance certaine. Nous avons basé une bonne part de notre stratégie là-dessus. Dans cette première phase, nous pensons qu’ils ne daigneront même pas seulement s’intéresser à nous avant d’être réellement sur nous. Le second volet est représenté par des vaisseaux qui sont partis comme s’ils fuyaient à l’image évidente de leur trajectoire. C’est un minuscule leurre mais il fallait que nous fassions quelque chose. Le troisième volet verra le reste de notre flotte décoller et se diriger droit sur eux sans aucune subtilité.

*

Je m’appelle Hu'Fi'El. Avec ma compagne, Kiu'Tgr'De, nous avons pris place chacun dans un intercepteur de la troisième vague. Nous allons mourir. Nous le savons. Sans exaltation, sans rancœur, nous avons conscience que nous n’avons pas la moindre chance de retour. Nous avons fait un choix, nous l’assumons. Même si dans ce cas, ce dernier est affreux, il est des moments dans la vie où l’avenir de la communauté passe par le sacrifice de quelques-uns. Personne n’en est le cœur content, personne ne le souhaite mais aucun de nous ne reviendra arrière. En dehors d’un canon à micro-ondes, nous ne sommes pas véritablement armés. Par contre nos parois sont bourrées d’explosifs. Le simple fait de nous détruire provoquera des dégâts. Ne pas le faire nous permettra de nous encastrer dans une de leurs unités et d’exploser. Sinon rien d’autre qu’un bouclier individuel qui ne sera pas efficace bien longtemps. Nous avons tout viré afin de gagner en légèreté et en agilité relative. Nous n’avons pas d’instruments de navigation à proprement parler hormis les capteurs infrarouges. Si nous les dépassons, nous risquons tout simplement de ne plus pouvoir nous repérer et d’errer dans le vide. Ils sont en avance sur nous si j’en juge par la capacité de destruction de leur premier engin mais tant que rien n’est fini, l’espoir sera là.

*

Je suis Egi'Tio'Juh, commandant de la première vague. Notre fausse fuite s’est arrêtée. Nous avons bifurqué brusquement. Notre subterfuge a l’air d’avoir fonctionné. Ils n’ont pas dévié, ni accéléré, ni ralenti. A l’issue de notre courbe, nous serons sur leurs arrières. Il est probable qu’ils nous ont devinés depuis un moment mais ils n’ont rien fait en apparence. Il est un peu tard maintenant pour eux. Une décélération, un demi tour, n’importe quelle manœuvre les rendra gourds et peu malléables. Reste qu’ils ont potentiellement une telle avance que ce n’est peut-être pas un problème pour eux et qu’ils vont nous pulvériser dès qu’ils le voudront bien. Notre atout maitre est qu’ils vont bientôt être en approche de pénétration atmosphérique, moment délicat et faiblesse potentielle. Je serais eux, je resterais juste à la limite. Mais chez nous certains pensent qu’ils sont probablement orgueilleux, suffisamment en tout cas pour oublier quelques fondamentaux comme de ne pas mépriser l’adversaire.

*

En tant que Kiu'Tgr'De,, je peux vous affirmer mon étonnement le plus profond. Je suis passé sans encombre au travers de leur flotte sans essuyer le moindre accroc. J’ai même pu tirer et je suis sûre d’en avoir touché sérieusement deux. L’ombre qui m’envahit vient du manque de nouvelles de Hu'Fi’El, mon amour de compagnon. Vous me direz que je n’ai pas de radio mais mon cœur me dit que la connexion est scellée. Nous ne savons pas s’il y a un après une fois survenue la mort. Alors je me raccroche à cet espoir ; si l’après existe alors nous nous retrouverons. Si, non, alors autant le rejoindre dans le néant. Du coup me voilà avec au moins trois puissantes motivations, une seule suffisait. Je sais que je ne suis pas seule à avoir pu passer. Il nous reste à attendre la fin de notre lancée inertielle pour pouvoir faire demi-tour. Bien sûr sans instrument ce sera compliqué mais je ne doute pas que d’une manière ou d’une autre, les nôtres puissent faire en sorte qu’un signal visuel nous guide. Je ne serais pas surpris qu’ils fassent sauter un de nos satellites qui sont de toutes manières appelés à disparaître en toute logique. Quand même, c’est curieux qu’ils n’aient pas réussi à nous anéantir du premier coup.

*

Dans ma cellule de tir alors que j’arrosais tous azimuts, j’ai eu comme une révélation. J’ai hurlé en mode mental élargi :

— C’est de l’esbroufe qu’ils nous font. Je suis capable de reconnaître une réplique automatisée schématisée. C’en est une. Vérifiez !

J’ai déclenché une belle pagaille mais positive. Les hypothèses s’amoncèlent. Tout à coup un appel au silence absolu nous parvient puis ces mots : « Ef'Io'Uh, tu as peut être touché du doigt une vérité. Pas de changement pour la suite mais ceux qui en disposent aligner les scans sur leurs trajectoires. »

*

Pour permettre à la seconde vague de se repérer dans leur demi-tour en aveugle, nous avons fait sauter le satellite V'an'Gis. Cela va faire un super feu d’artifice et un phare pour nos vaisseaux, aveugles et sourds, qui sont maintenant sur les arrières de nos envahisseurs.

*

Je viens d’ouvrir un œil. Sirène stridente, je regarde les données. Trop tôt le réveil donc il s’agit d’une alerte vaisseau. Nous sommes trois à bord de cette capsule qui a été lancé moins d’une période après le repérage du vaisseau inconnu. Nous nous sommes mis en sommeil pour ce long voyage à sa rencontre. Notre but ? Tout simple, ou ces visiteurs sont amicaux et nous devenons ambassadeurs ; ou agressifs, nous devenons leur bourreau. Notre engin est truffé d’armes en tous genres. Il est lourd mais nous avions le temps au départ d’autant qu’il nous fallait faire un détour pour passer dans les ombres des planètes, saut de puces par saut de puces. Un peu ce qu’ils semblaient vouloir faire, la discrétion en plus. Et puis nous sommes seuls, c’est plus simple. Fatalement nous serons repérés à un moment mais nous avons misé sur le plus tard possible. Je fais connaître mon réveil et mon bon état physique. Liu', le meneur de cette mission, me demande si je sais d’où vient l’alerte. Je n’ai pas le temps de lui répondre par la négative que la com du vaisseau se déclenche confirmant notre sensation qu’il se passe quelque chose. Il n’y a pas de préambules et c’est un message relayé en presque direct de Zhyoom :

— Votre capsule vient d’être acquise par leurs scans. Ils savent donc maintenant de quoi il retourne et ne peuvent pas ne pas savoir votre objectif. Dix vaisseaux viennent de se dérouter et je peux vous dire que leur vitesse est sans commune mesure avec celle utilisée jusqu’à présent. Pour la question originelle, c’est agressif. A combien êtes-vous de la fenêtre de tirs ?

— ¼ !

— Ça devrait suffire.

— Vous connaissez leur allonge de tir ?

— Je n’ai pas le temps de vous expliquer mais pas vraiment justement. Nous n’avons qu’une estimation et le consensus penche pour moins d’une journée.

— Alors il nous reste une vraie chance.

— Oui !

Nous remettons à plus tard les réponses à nos questions muettes qui se bousculent dans nos cerveaux. Il est temps de se mettre en ordre de bataille. Nous faisons le point.

— Qu’est-ce qu’on peut lancer en même temps sans nous faire trop reculer ?

— Tout, en décalant un peu les temps et en passant en mode manuel, missiles puis micro-ondes. De toute façon nous devons mettre quelqu’un en commande de vol manuel pour contrebalancer et passer en accélération maximum. La cybertique va refuser car il y aura vrai danger potentiel. En gros, pour ne pas se voiler la face, nous allons faire de l’improvisation et de l’instinct.

*

Leur vaisseau mère a explosé sans coup férir et surtout sans répliquer. La seconde flotte est en train d’anéantir corps et biens leurs navettes. La troisième flotte, ce qu’il en reste soit 5 unités, a réussi à atterrir. Les pilotes sont choqués. Il va leur falloir des dizaines de Périodes pour récupérer, si cela est possible ! Le vaisseau d’exploration a été abattu par collision juste après avoir lancé tout ce qu’ils pouvaient. La première flotte va bientôt entrer en contact avec la seconde. L’affaire est entendue. Il apparaît que leurs vaisseaux n’étaient pas même tous armés. Nous n’avons pas remarqué non plus des missiles du même acabit que le premier. Le pire est qu’ils refusent tous contacts, qu’ils font ce que nous avons fait, se défendre avec l’énergie du désespoir par tous les moyens. Pourquoi ont-ils lancé une opération qu’ils n’avaient pas les moyens de soutenir. Ef'Io'Uh ne s’était pas trompé, c’était de l’esbroufe ! A quoi ça rime ? Nous avons tenté de les laisser et de faire demi-tour mais ils nous ont poursuivis nous obligeant à poursuivre un combat que nous ne voulions pas.

*

Le massacre est terminé. J’ai des nausées. Je suis malade d’autant plus à la lecture de leur seul vrai message : « Merci ! »

Auraient-ils recherché le suicide ? La réponse, nous ne l’aurons jamais !

*

J’ai perdu beaucoup d’amis durant ce combat. Nous avons perdu beaucoup d’amis. Pourquoi ? Nous allons lancer une mission pour tenter de récupérer des informations sans grand espoir.

*

Je m’appelle Ef'Io'Uh. J’étais négatif. Des informations nous en avons récupéré de quoi occuper la prochaine période, surtout techniques d’ailleurs. Leur histoire ? Nous ne la connaitrons pas. La seule certitude que nous ayons est qu’ils étaient, au plus, dix membres restants de cette civilisation. Tous les vaisseaux étaient donc des artefacts. C’est ce que nous avons découvert dans le vaisseau mère : une cellule de survie avec un écrit en zhoumain précisant qu’ils étaient les derniers descendants. Ils avaient signé. Sans donner plus d’éclaircissement ! J’ai repris mon rôle de veilleur de l’éternité. Je n’ai qu’un souhait : que nous soyons seuls ! A jamais ! Mais je sais que c’est faux. Un jour, une autre race se présentera. Espérons que ce sera pour le Paix !

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
phillechat
Jules raconte une histoire.
2
5
1
4
Seigneur chihuahua !
Voici une rédaction sur un sujet d'imagination que j'avais fait en troisième. J'espère que cela vous plaira !

/Oeuvre terminée/
4
4
0
2
Sterc

À toi, l'enfant apeuré,
Ce que tu as connu, au début,
De ta délicieuse vie,
N'a pas été évident, aisé, confortable,
Mais je voudrais te dire qu'aujourd'hui,
Tu n'as plus de vraies raisons,
D'avoir cette peur qui s'enracine,
Davantage en toi, quand tu es en colère,
Tant que tu ne l'auras pas explosée,
En prenant confiance en toi,
Et en t'ouvrant sur le monde,
Oui, pendant des années,
Pour survivre, tu t'es construit,
Une armure, indestructible,
Tel Le destructeur au Royaume d'Asgard,
Sauf que cette armure, commence,
À me tuer à petit feu, en surface,
Certes, tu es effrayé par le pire de l'Homme,
Mais si tu continues ainsi,
Nous allons passer notre vie à fuir,
Et nous finirons comme les esprits,
Des pirates, condamnés à voguer éternellement,
Dans Pirates des Caraïbes,
On sait pertinemment, que nous le voulons pas,
Alors avant de tirer cette énième fusée de détresse,
D'appeler des renforts à la radio, qui n'arriveront,
Qu'après que nous fûmes massacrés,
Par l'impitoyable peur, sommeillant en nous,
Que tu as du mal à renfermer dans une boite de Pandore,
Avec une épée de Damoclès par-dessus,
Prends ma main et,
Fais moi confiance,
Nous serons invincibles tous les 2,
Par notre courage impérieux,
Et notre confiance en nous
1
0
0
1

Vous aimez lire JPierre ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0