Folklore

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Axiome de la Bo'Rand'Ja : Croire au hasard ? C'est négligé la décision !

— J’aimerais tellement dire tout ça pour ça ? Si je n’étais sur que je me ferais démolir dans la seconde ! Vous n’attendiez donc que je, nous, je-nous, nous-je , contestions ?

— Quoi d’autre ?

— Bah ! Oui, quoi d’autre ?

— La tradition ?

— Qu’est-ce ?

— Un auto-bloquant ?

— Tout dépend du comment pourquoi où ?

— Vous l’avez créé de toutes pièces !

— Pas exactement !

— Et ?

— Nous avons juste mis le contenant à disposition. Le contenu, nous ne nous en occupons jamais. Il dépend des participants, autrement dit de vous.

— Est-ce vraiment nécessaire ?

— M’écouteriez-vous sinon ?

— Probablement pas ! Dit Ant'Hdr'Aes

— Probablement semble être une bonne réponse ! L’adolescence est l’âge de la raison en devenir. Elle véhicule spleen, questionnements divers, contestations, rebellions, découvertes, etc. Elles sont nécessaires, avec d’autres manifestations physiques, psychiques pour passer à l’adultescence. Nier cette nécessité serait s’exposer à du grand n’importe quoi. Comment vous le faire toucher du doigt ? Crois qu’un être, pensant, autonome, va accepter simplement ce que nous autres, « vieux » à vos yeux, pourrions dire, est,, fatalement castrateur, pour vous, pour nous. La réception aveugle, pour tous zhoumains, n’est pas envisageable, encore moins quand les découvertes s’allient à l’émergence de la conscience. Telle est là le vrai trait de l’adolescence. Les grands discours poncifs ne s’impriment pas dans les cerveaux. Ils ne font que passer en coup de vent, même pas rafraichissant pour nos neurones. La vie est faite d’étapes à franchir. Ne pas le faire est possible. Soyez tout à fait sur qu’elles se représenteraient à votre porte tôt ou tard.

— Ces étapes sont-elles déterminables ? Ou l’apport d’un P.D.G.C. est-elle toujours nécessaire ?

— 2 fois non ! Les repérer présentent quelques difficultés mais n’est pas impossible. Il est toutefois plus facile de savoir si elles ont été ou pas franchies. Ces étapes sont des armes à double tranchant. Bien des mal-êtres y trouvent leur terroir, leur explication. Jamais vous ne pourrez affirmer « je suis en train de franchir une étape ! » Le supposer, l’anticiper, le ressentir, pas le savoir. Seulement une fois passées, vous saurez. N’est-ce pas Ant’Hdr’Aes ?

Ainsi interpellé, sa seule réponse fut une rougeur qu’il aurait juré pouvoir ressentir comme une vraie douleur. Bien sur Pap’ faisait référence à ce moment particulier que je/nous venait de vivre. Aurait-il pu le nier ?

— Oui !

Mam’ prit le relais.

— Comme contenu dans nombre de segments existentiels, nous entrons de plein pied dans le blanc/noir, positif/négatif et, plus encore, dans le positivisme du négatif. Le créatif surgit bien souvent du « ne…pas » Sache ce tu ne veux pas plutôt que savoir ce que tu veux.

— L’acceptation dans l’adhésion, la clairvoyance dans l’assimilation.

Ces quelques mots lâchés laconiquement, synthétiquement, illustraient à merveille Av'Br’Am, empereur du raccourci, parfois parfaitement abscons, présentement tout à fait clair. Esc'Hac'Iel enchaina :

— Une étape en soi est un vecteur de progression la plupart du temps mais attention à ne pas tomber dans l'extrême et vouloir tout cadrer. Ce serait les empêcher d'entrer. Il faut y rajouter le facteur équilibre entre vraies et fausses étapes. Car, s'il en était besoin de le préciser, ces dernières existent.

— Un exemple ? Réclama doucement Ant'Hdr'Aes

— Positif/Négatif, un acte peut pour l’un être une étape, pour l’autre un évènement banal. Il en va ainsi de l’acte sexuel dans un début de relation. Il peut revêtir 2 aspects ; concret, il n’est pas ; abstrait, il peut le devenir. Dans un cas il est conséquence, dans l’autre marqueur. Nuance mais inversez-les, alors les conséquence pourront, sont, dramatiques, à court, moyen, long, terme. Mais vous/je le saviez déjà ! Non ?

— Nous-je? Oui ! Confirma Eh'Ald'Riah

Le tabou de langage chez les zhoumains n'est pas de mise. Ce qui arrive dans une existence se doit de pouvoir être dit. Ne pas en parler est comme s'exposer directement à un manque. Il dénote pour eux une crainte infondée. Toute inhibition mène en ligne droite vers une névrose. Le but n'est pas d'en avoir aucune, utopie complète et indésirable car névrose comme tout sentiment à son coté positif et négatif mais le cours d'une vie est déjà bien assez pourvoyeur d'occasions sans leur ouvrir en grand la porte. Ainsi une arachnophobe ne pourra jamais complètement se défaire de sa crainte irraisonnée de ces petites bêtes mais, pour autant, rien ne l'empêche de la transformer en crainte raisonnée. Comme dirait Av'Br’Am, l'acceptation dans l'adhésion.

— Donc si vous me permettez d'en revenir au point de départ, enchaina Sha'0L'Mo, pour concrétiser cette étape de passage de l'adolescence à l'adultescence, vous avez créé une tradition. D'où, si je saisis bien le concept, une étape est plus repérable que vous voulez bien le dire.

— Pour un scrutateur,, sans le moindre doute, pas pour celui qui la vit. Une étape, ne vous y trompez pas, n'est pas obligatoirement quelque chose de concret. Ce peut n'être qu'une question, qu'une réponse, un refus, une dénégation, un acte, une renonciation, une négation, une approbation. Autant de mots pour lesquels il y a un sens d'acceptation ou de refus. Ainsi pourrez-vous refuser ou accepter une réponse, une question. L'étape est abstraite et ne devient concrète que lorsqu'elle est passée. Encore faut-il accepter de se retourner pour voir, surtout pas pour regretter. Car une étape peut vous faire quitter une situation bénie. L'enfance heureuse, douillette, insouciante peut laisser de la nostalgie. Quand prit dans les affres de l'adolescence, surtout pas les dénier ces derniers, vous songez à cette enfance, le piège serait de vouloir y retourner ; en déniant que l'adolescence porte son propre bonheur, confort et insouciance. A chaque âge correspond ces phases, entre autre, comme autant d'état, autant d'étapes. De grands mal-êtres surgissent quand nous voulons à tous prix faire correspondre ou remplacer les uns avec les autres. Bien sur, ils existent quelques exceptions. Ainsi l'enfant qui pour des raisons existentielles sera passé directement au stade adultescence, aura un manque patent. Les conséquences pourront prendre de multiples formes dont l'une est qu'à un moment donné il se précipitera vers une frénésie d'insouciance festive, d'envie de liberté et de révolte. Autant de notions qui clichent l'adolescence même si, en réalité, elles n'en sont que certains marqueurs relativement mineurs d'ailleurs. Alors prit dans sa spirale, pour un moment, il retrouvera un goût de ce moment. Le vrai danger serait, sera, est, de ne pouvoir en sortir et de le faire durer au-delà du, ce qu'en langage volontiers très conventionnel, je dirais, raisonnable.

— C'est la vie tout simplement alors, dit Ee'No'Ch, et il me semble qu'il serait une perte de temps monumentale que de passer son temps à essayer de les repérer.

— Tu n'as pas tort. Pourtant certaines se doivent de l'être. Ainsi l'entrée dans le cycle scolaire. Ou la tradition du P.D.G.C !

— Pourtant nous avons souvent entendu que la tradition n'est pas une fin en soi en creusant le lit de l'obscurantisme, des blocages et de l'extrémisme.

— Indéniablement mais si tu prends en compte le paramètre positif/négatif, tu pourrais justement, équitablement te demander si elles n'ont pas du bon et, permettre une certaine forme de liant social et culturel ? Te rappelles tu de tes leçons d'historiologie ?

— Bien sur !

Insensiblement mais régulièrement, la petite foule du P.D.G.C. se serrait de plus en plus créant un cocon chaud, attentif, avide.

— Prends un exemple, le bizutage, disparu depuis bien des Périodes fort heureusement.

— Je vois ce que tu veux me dire mais c’est plus un rite, une espèce d'examen de passage.

— Et ?

— D'accord qui se répète et est assimilé à une tradition… Je concède.

— Pas assimilé, ce rite était une tradition. Quelle différence avec notre P.D.G.C. ? Le bizutage était à la fois contenant et contenu, le verre et le liquide. Il s’auto-bloque, inaccessible au changements et à l’évolution. Etre moi n’est pas être toi ! Ce qui était hier n’est pas ce qui est aujourd’hui. Le volonté de base peut ou pouvait être louable mais l’immuabilité ainsi créée, sous justificatif de perpétuation devient un facteur régressif et (dé)progressif ; ce qui revient exactement au même. Bien souvent ces rituels ne sont que concrétisation et formalisation d’un malaise. En quoi passer des épreuves ridicules et humiliantes est-il nécessaire pour appartenir à un groupe ?

— Mais notre sens du zhoumanisme et notre sens du Respect ne sont-ils pas une tradition?

— Ou une valeur?

— Comme tout à l’heure, nous avons affaire à concret, abstrait. La valeur est abstraite, la tradition concrète ?

— Continue !

­— Une valeur est un concept. La tradition serait alors son habit. Qui porterait le même vêtement toute sa vie ? Il s'use, se troue, s'élime, se décolore, déteint. Arrive le moment où il faut en changer. Sans obligatoirement changé de style !

— L'image est plaisante.

— La tradition ne serait alors que la traduction concrète et symbolique d'une valeur confrontée à une volonté de concrétisation. Un particularisme face à une globalité, un égoïsme dérivant quasi inévitablement vers l'égocentrisme.

— Oui, la valeur, sa symbolisation en tant que concept, est évolutive ou n'est pas. Il ne faut pas la confondre avec le principe qui, peut, pas toujours, être une concrétisation de cette valeur. Pourvu que ce dernier ne le soit, principe, que pour un court moment, sous peine de devenir une tradition. La valeur en tant que telle n'est qu'une utopie ; comme toute globalité. Elle doit nécessairement s'adapter pour tendre au maximum vers cette image de l'idéal et de la perfection qu'elle serait, s'il était possible et souhaitable de l'atteindre. Et qu'en est-il de la perfection en tant que valeur de vie?

— La perfection est le défaut suprême ! Définitif…

Ant'Hdr'Aes venait de prendre la parole. L''espace d'une seconde, il se tourne vers Eh'Ald'Riah, pas pour quêter un encouragement ou un approbation mais plus comme pour prendre une gorgée d'oxygène pur.

— … La rechercher est une pure perte de temps, incommensurable de surcroît, le réfutation de la vie, tout simplement ou, encore plus brutalement, la quadrature du cercle ! La vraie question est l'équilibre. La perfection pourrait en être un, indubitablement et en toute évidence. Mais, pour autant qu'elle le soit, en est-elle équilibrée ? Non, à mon sens… Si nous pouvions, en posant le postulat de sa nécessité, l'atteindre, ne deviendrait-elle pas ennuyeuse voire quelque peu mortelle ? L'être zhoumain est ainsi fait que même le plus crétin des crétins ne pourra jamais s'empêcher d'en poser… des questions ! Comme la perfection ne semble pas, en tant que représentation d'un objet fini, s'accommoder de remise en cause…

— La perfection est la grande sœur du bonheur. Ou le devrait ! Etre ! Un instant fugace, éternel dans son souvenir, intemporel. Un baume à usage immodéré qui, quand nous l'appellerions, soulagerait quasi instantanément les multiples plaies accumulées. Enchaîna Eh'Ald'Riah

Elle venait volontairement de couper la parle à Ant'Hdr'Aes autant pour dire les mots que lui permettre de prendre une pause respiratoire qu'il ne songeait pas à exécuter tellement il était pris dans sa concentration. Ant'Oti'Nel sentit le regard d'Esc'Hac'Iel certain, que tout comme lui, elle avait noté soigneusement cette complicité qui frisait la complémentarité innée. Un atout puissant dans un contexte relationnel qu'elle que soit la teneur du sentiment qui sous tend ce dernier, amour, haine (Eh!Oui), amitié, camaraderie, simple relation, la liste n'est pas exhaustive, seule la puissance mise en jeu diffère. Il reprit l'écoute.

— La perfection est le défaut suprême et, comme tout bon défaut, il a ses qualités !

— Equilibre !

Esc'Hac'Iel venait d'interrompre d'une brutale douceur le monologue de son fils. Les cous s'étaient tournés brusquement et presque synchrones vers elle.

— Equilibre ! Il y a un tout dans ce mot, une globalité, une vraie valeur symbolique. De manière consciente ou inconsciente, ne sommes-nous pas en permanence à sa recherche ? Nos existences ne sont-elles pas en quelque sorte qu'une perpétuelle quête de cette frontière qui nous mène de temps en temps vers des instants de bonheur, malheur aussi, intense. Une fois atteint, le déséquilibre surgit et la quête recommence.

Elle se tut. Le silence s'instaura. Il ne dura guère. Av'Br’Am, bien qu'il connut, à l'évidence, la réponse, posa une question :

— Pour en revenir à la tradition, celle des codes moraux comme les livres saints, n'a t-elle pas été un garant moral, un vecteur de progression vers un mieux vivre, des sociétés en des âges primitifs, sauvages ?

— Bien sur que si ! Tant qu'elle ne s'est pas confrontée à l'écrit. Tant qu'une tradition n'est véhiculée que par l'oral, la transmission de paroles à paroles, elle s'adaptera toujours aux conditions particulières d'un lieu et de ses habitants. C'est elle qui sera adaptée pourvu qu'elle démontre son bien fondé. Devenue écrite en tant que loi, elle sera devenue de fait l'interprétation d'une personne. Elle deviendra tendance immuable et intemporelle et elle réfutera avec une persévérance insoupçonnée l'adaptation et deviendra vecteur d'iniquité ou d'invraisemblance.

— Pourtant n'est-ce pas un moyen de diffuser ou de se rappeler efficacement ce qui a fonctionné un jour ?

— Se rappeler doit donc vouloir dire que c'était il y a un minimum de temps en arrière et que, si c'est devenu un souvenir, s'il est devenu tel, alors il n'avait plus de raisons d'être ou devenu inefficace. Alors pourquoi le faire revenir ? Quand à la diffusion, elle possède, bien sur, l'avantage de la perpétuation du rappel. En contrepartie, elle génère deux rives pentues, risquées et sujettes aux éboulements. La première étant de se heurter systématiquement à une interprétation différente. Cette dernière est obligatoire. Ainsi, si l'imprimerie n'existe pas, le livre ne pourra pas être accessible. Un être bienveillant, généreux, soucieux d'en faire profiter autrui le copiera. Sans vouloir y mettre de la malignité, il interprétera différemment. Ainsi tel animal qui était lion à l'origine se retrouvera tigre parce qu'inconnu dans sa contrée et donc plus facilement compréhensible. Ce n'est qu'un exemple mais je vous laisse imaginer si un peu de malveillance, une ambition personnelle, une volonté de pouvoir émergent et s'en mêlent ? Maintenant l'autre versant, tu habites une région froide, tu te vêts en conséquence. Il devient traditionnel de ne pas dévoiler un bout de peau et la durée peut faire que ça en devienne un outrage de le faire. Tu pars en pays chaud et l'habitude faisant tu continues même plus légèrement. A la limite, tel est ton droit de crever de chaud mais au nom de quoi devrais tu l'imposer ? La tradition ? C'est arrivé et il n'y a qu'un mot : Crétinisme exacerbé ! Irrespect de la dimension Zhoumaine ! Tout comme ce n'est pas aux êtres zhoumains de décider qui peut résider en un lieu mais au futurs résidents de choisir de rester dans ce lieu. On nous a rebattu les oreilles avec les traditions en tant que vecteur culturel, racine et tout un conglomérat de ce genre qui font l'identité d'un peuple et patati, et patata mais ces racines, pour autant qu'elles soient bonnes, ne leur permettaient pas de rester dans ce qu'ils considéraient comme chez eux. Les amener avec soi pour tenter de recréer ailleurs la même chose est inévitablement vouloir recréer ce qui ne fut qu'un échec. Qui, de bonne foi, veut repartir vers l'échec ? Si la tradition n'a pas été en mesure de vous faire vivre, alors, il faut, non pas la changer dans son intégralité, mais la faire évoluer. A contrario, vouloir à toutes forces imposer un changement à des nouveaux arrivants est une bonne option en matière de ghetto, repli sur soi et dénégation de l’autre. Encore une fois nous sommes en face d’une simplicité zhoumaine : l’équilibre ! Il est le seul à même d’apporter des résultats positifs où l’interaction, l’échange et l’adaptation se feront en harmonie. Sur cette fin de boucle, suffit pour ce soir.

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