Il était une foi, dans la ville de …

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Axiome de la Bor’And’Ja : “À ta question sur le temps nécessaire à changer son existence, je répondrais juste le temps de prendre la décision !”

« Foix, cette ville,cette région, sans indice précis, ni raison absolue, m’attire, m’aimante. J’y suis venue maintes fois, ma seule vraie sortie de ma cambrousse. Je l’ai parcourue en tous sens comme on arpente sa maison. Je m’y sens chez moi. Sans jamais y devenir résidente, mais elle restera éternellement le home, sweat, heaume de mon âme. Devrais-je m’incarner en pays, ce serait lui ! Son passé cathare contient peut-être la raison ? Sûrement pas l’explication ! »

De Foix, nous n’apercevons que le château sur son promontoire. Une vraie carte postale sur fond de ciel bleu immaculé ! La tirade d’Amelyne me prend par surprise. Pas sûr qu’elle s’adresse à moi !

« … paradoxe d’une liberté et d’un rigorisme, son aura me parle. Un appel trivial traçant le sillon de l’exceptionnel qu’est l’ordinaire de la simplicité ! Je pourrais le nommer force. Ou, pourquoi pas, dieu, qu’en sais-je après tout ? Foix, ton château, tes ruelles, tes hauteurs, ton histoire, un peu les gens, vous m’avez fait fantasmer. Je ne vous reverrais plus. Je le sais ! »

Les yeux dans le vague, elle exprime cette véritable déclaration d’amour et de rupture d’une voix douce. Une manière d’enterrer une vie de jeune fille avant une union avec un présent débarrassé des parois glissantes d’un hier. Je ne me pose même pas la question de savoir si Amelyne concrétise un état de fait et une validation d’autonomie (re)trouvée.

Il faut que je sois honnête. Dès qu’Amelyne apparut sur le bord de la route, plantée au milieu de nulle part, mon train-train, survivre au présent, vola en éclats. Pour la première fois depuis longtemps, l’avenir me pose question. Sûrement comme le naufragé, sauvé après de longs mois passés seul sur son île !

Mes yeux redécouvre le monde. La tentation d’y croire n’équilibre pas encore mon pessimisme naturel. Je classe ce moment comme transitoire qu’un inévitable grain de sable interrompra. En attendant, je m’en délecte comme d’une confiserie rare appréciée depuis un temps qu’aucune année ne saurait traduire.

« Antisocial… »

Le mot m’échappe comme le diable en boîte. Une spontanéité insolite – pour moi ! – contenant d’une référence à un épisode précédent, si proche dans le temps et pourtant déjà loin ! La répartie d’Amelyne fuse aussi vite que la lumière, dans la même tonalité.

« Bientôt…

— Les années de sévices…

— Famille… »

La rupture de ton est tellement nette que j’en deviens muet. Sans paraître s’en apercevoir, elle continue.

« Vingt, années, coexistence, blindée, anesthésie, culpabilité, fuite, lâcheté, introspection…

— La veine ment !

Je ne sais pas si elle capte le jeu de mots, un péché mignon hérité de Jhysus. Elle me détrompe rapidement.

« Un cap à cité… la différence entre un original et un ersatz ou pour faire ma cultivée confiturée : c’est boire du café en poudre en espérant que la pub dise vraie. En sachant qu’on va se retrouver à mille années-lumière d’un vrai café. Et pourtant nous le faisons !

— ?

— En consommer en dépit du fait que c’est de la daube.

— La pub, le nouveau dieu, les deux formatent l’humain à leur usage, qu’ils nomment image.

— Alors je suis l’agnostique publicitaire !

— L’agneau tique ?

— Pourquoi pas ?

— Seul l’avenir pourrait te répondre !

— La fin… ou faim ?

— Si c’est un commencement ! »

J’imagine que quiconque assisterait à notre dialogue n’imaginerait pas que notre rencontre ne remonte qu’à une journée. Parfois juste d’un mot, notre communication coule sans heurt, sans anicroche ni interrogation.

« Pour revenir aux bonimenteurs, la remise en cause de leur légitimité, unie vers elle, s’avère prédéterminée. Comment ne pourrais-je pas douter, fermement, de l’omniscience d’un être, matériel ou éthéré, infoutu de réunir les gens sur ne serait-ce qu’une valeur?

— Parce que cet amphigouri n’en contient aucune.

— Mais quoi alors ?

— Fais ce que je dis pas ce que je fais ! Amoncellement de vérités unidirectionnelles, idéal particulier, vertu à sens unique ? Autant d’éclairs illusoires d’humanisme basique dans la grisaille des égocentrismes… à peine quelques lueurs que n’éclaire pas ce fatras méta physico spectral religieux… lequel s’adapte ou se fait adapter – ou ? Plutôt ? Adopter ? – au gré du désir de pouvoir et de puissance d’un être ou d’un groupe.

— Cacher ce saint que je ne saurais voir !

— De quoi être pessimiste… justement !

— N’est-ce pas Mme l’histoire ! »

Mme l’histoire ne daigne pas fournir de réponse(s). Elle ne le fait d’ailleurs jamais. Comment le pourrait-elle puisqu’elle est intrinsèquement la réponse ! Marqueur de tous les virages de l’existence, agrégative des petits faits, des micros atomes d’actions, sillage du mini big bang individuel et collectif de l’expansion exponentielle de l’humanité, parfait parallèle de l’univers.

« Est-ce important ?

— Ou la mort du petit cheval…

— Tu as raison… mal… heureusement !

— Fais ce que je dis mais pas ce que je fais !

— Demi-tour ?

— Quoi d’autre ? »

Le choix d’une route appartient à chacun. La mienne, la sienne – la nôtre ? – devient évidence. À condition d’affronter ses réalités ! Elle ne peut démarrer sur une fuite, un faux semblant, un paravent, un déni. Aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, le sable plus jaune, la mer plus bleue et les forêts plus tropicales – ou amazoniennes après tout –, Va Savoir ?

Prémunir ce que ni l’un, ni l’autre ne voulions nommer. Exciser la réalité, le quotidien, en attribuant au hasard la charge de décider ? La vie, quelle qu’elle soit, seul·e ou à deux, ne peut sûrement pas débuter par un refus borné de l’indéfectible (f)actualité de l’existence !

Les contes débutent majoritairement par “Il était une fois…”, la vie courante préfère dire ”Il sera une fois…”. De Foix, ma foi, cette fois, nous ne verrons rien !

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