Constat

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Axiome de la Bor'And'Ja : L'apparence n'est qu'une transparence !

— Ce que vous voyez est la capitale de Sey', une cité forteresse qui n'a jamais été prise. Dans les temps anciens, elle a eu à subir quelques sièges qui n'ont jamais abouti. Sa situation est idéale. Sa longévité n'a fait que l'améliorer. Adossée à une montagne, au bord d'une falaise à-pic, elle n'a que deux côtés à défendre. Ses défenseurs sont ce qui se fait de mieux en termes d'armée. Les seychouaines naissent quasiment, pensent, vivent et meurent soldats jusqu'au bout des ongles. Cette forme de société n'a pas d'équivalent sur Zhyoom. Ils ne craignent pas la mort et, d'une manière moins abrupte qu'il peut paraître, ils la recherchent. Ils se battent jusqu'à l'ultime limite. Toute reddition est forclose. Le mot n'existe d'ailleurs pas dans leur vocabulaire. S'ils opèrent une retraite, elle ne peut qu'être une stratégie, un piège. Grâce et mansuétude ne font pas partie de leurs panoplies zhoumaines. Elles ne représentent qu'une preuve de faiblesse intolérable ne méritant que la mort. Qu'ils nous aient choisi pour une de leurs maraudes, occupation principale de leur existence et nous retrouver face à eux maintenant en situation de siège ne sont qu'impasse et dilemme, tragiques. Si ce n'était déjà fait, n'hésitez pas à consulter le mémo.

— Qu'allons-nous faire à moins que ce ne soit que devons-nous faire ?

— La prendre tout simplement ! Le choix n'existe malheureusement pas en cette circonstance. Instigateurs, nous ne le sommes pas mais quelle importance puisqu'ils nous ont fait acteurs de leur tragédie ?

— C'est la question ?

— Directe ? Pas vraiment ! Ce serait plutôt comment ?

— Faire demi-tour est exclu de nos choix si je peux me permettre cet aparté ?

— Ils nous suivraient jusqu'à la décision de leur offrir ce combat qu'ils attendent comme une offrande non pas à eux-mêmes ou leur Dieu mais à nous.

— J'ai du rater un épisode. Leurs voisins ne les empêchent pas de passer?

— Le feraient-ils ? S'opposer à leur passage reviendraient pour Sey' à une invitation au combat. Ils cesseraient momentanément de nous poursuivre pour livrer celui-ci. Pour mieux revenir vers nous quelqu'en soit l'issue. Cela n'arrivera pas. Aucune nation sensée ne se soucie de s'interposer face à eux. Toutes espèrent de ne surtout pas être vu d'eux. Une guerre Sey' est longue, douloureuse, sans issue autre que la victoire, leur victoire. S'ils sont défaits, pour éviter toutes reprises ultérieures, il faut qu'ils jugent que le combat fut décent et hautement honorable. Pour parvenir à ce résultat, sans entrer dans les détails, le nombre de morts est le principal facteur. Le contraire de nos valeurs ! Nous sommes contre notre gré en guerre et notre objectif est de les limiter au maximum. Ce conflit pour nous revient à nous cogner contre un mur. Pour nous en sortir, ils nous faudrait anéantir en totalité Sey'. Est-ce une option viable ? Dois-je répondre ?

— Ils sont fous !

— Tu t'engages dans une voie glissante. As-tu lu le mémo ?

— Pas encore !

— Alors dépêche toi de le faire et attends toi à quelques surprises.

Ce qu'il entreprit de faire sur le champ. Plus A'Wr'YI avançait dans la lecture du mémo, plus il était consterné, effaré et ne savait quoi penser. Jusqu'à ce qu'il lui soit demandé de le consulter, il n'en avait pas vu l'utilité. Grave erreur ! Il s'en voulait d'avoir été négligent, suffisant même. Sa sensation à la lecture de ces notes était paradoxale. Comment en aurait-il pu être autrement ? Un territoire bourré de contradictions, mélange de férocité, de zhoumanisme inconscient, de doctrines liberticides et mortifères et, il fallait le reconnaître, espace de liberté. Avoir des idées arrêtées, non nourries d'informations est rarement un bon vecteur d'autant quand n'était même pas démarré un travail réflexif.

Comment, ou pourquoi, en était-on arrivé à cette situation ? Il aurait fallu remonter loin dans le temps pour pouvoir extraire les fondements de l'histoire de Sey' et, par extension, de Zhyoom. Il y aurait fallu toute une vie au moins. Le déclencheur était plus clair à définir. Tout avait commencé 1,5 Périodes auparavant. L'évolution en était arrivée à un stade que beaucoup considérait comme moderne. Une explosion industrielle considérable s'était produite. La science faisait des bonds considérables souvent fulgurants quoique anarchiques. Ces avancées scientifiques relevaient parfois de la chance pure, lot commun à de nombreuses grandes découvertes. Trop souvent, elles relevaient du hasardeux. Dans le même temps, comme quelques zhoumains et tous les icht'ryens, il était aisé de faire ce constat simple de l'écart presque inversement proportionnel entre avancées techniques et recul des valeurs, qu'elles soient zhoumaines, morales ou autres. A croire que ces progrès étaient le vent qui érodait la falaise de celles-ci. L'érosion était lente, aussi nonchalante, flegmatique et inexorable que celle des plus hauts sommets d'une montagne. Malheureusement, les nations ne percevaient pas cette dichotomie comme eux. Pourtant si l'idée de se retourner les avait effleuré, elles auraient pu faire des constats, ne serait-ce que ce mal infernal qu'est la guerre.

Exemple pertinent, encore plus à la voir perdurer, preuve accablante. Comment dans ce présent dit moderne avait-elle pu garder ce caractère formel des temps anciens ; ses costumes chatoyants, parades, musiques magistrales et patriotiques, cérémonies, tout cet apparat étalé en temps de paix pour glorifier quoi ? La réalité divergeait. Chaque bataille faisait un peu plus de dégâts, un peu plus de morts en une fois, autant de viols, meurtres, exactions, tortures, vols, pillages. Au nom de quoi ? Guerres, vecteur infernal, concentré de toutes les abominations, déviances, de créations infernales, de raisons irraisonnées, de discours éhontés, auto support des hypocrisies les plus basses exploitant sans vergogne les faiblesses zhoumaines pour mieux leur marcher dessus.

Tout ce que la guerre touchait, provoquait, se retrouvait perverti par avance. Ainsi en alla-t-il de la dernière invention prônant la sauvegarde de la Paix pour que plus « plus jamais çà » ; le cynisme poussé à son paroxysme le plus vil, la création d'un code de la Paix, dune déontologie visant à la conserver ! Soutenue, censément, par une organisation en charge de faire respecter ses beaux principes, accompagnée par la création d'un tribunal international. Jamais il n'y eut le moindre respect, même pas de la part de ses créateurs. RER, Réunion des Etats Responsables, nom ronflant d'une organisation n'abritant que des profiteurs, excluant les victimes, plus enclins à temporiser, justifier, excuser, passer, ignorer, des (ex)actions ni claires, ni avouables. Une machinerie vide de sens auquel nous, icht'ryens, aurions refusé d'adhérer. Si tant est que la demande leur eusse été faite… Pour faire partie de bazar, la nécessité d'une économie de haut niveau était un minimum. Classifiée comme quasi autarcie, aux échanges réduits, Icht'Rye n'avait strictement aucun intérêt pour les puissances du monde.

De même Sey' n'en faisait pas partie. Ils auraient refusé tout autant. Mais en tant que pays guerrier et grand consommateur et fournisseurs d'armes, économiquement, elle comptait. En outre elle était crainte. Sans doute en s'alliant, les grandes puissances auraient-elles pu la neutraliser en payant un prix fort qu'elles n'étaient pas prêtes à y mettre. Elles s'en gardèrent bien préférant le statu-quo. Tant que Sey' s'attaquait à des petits… Il serait bien temps ensuite d'aviser!

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