Émersion

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Axiome de la Bor'And'Ja : “Le silence est précieux ! Est-ce l’avis du sourd ?”

Le long tunnel de noirceur et de silence bruisse du souffle de l’air étale. Parfois un bourdonnement ténu troue ce calme et résonne fugitivement. Au bout du corridor, un puits de lumière éclaire vivement l’ovale de la salle.

Les sièges à dossiers hauts sur le sol gris sont toujours vides. Ils font un contrepoint solide et énigmatique à cette ribambelle d’écrans flottant sans support apparent. Leur implantation semble relever du hasard mais un regard avisé remarquerait bien vite qu’une figue géométrique s’en détache. Une ellipse épousant au millimètre le périmètre de la salle. Ils n’affichent que des signes mystérieux.

Un bruit de fond léger domine le silence. Il est brusquement percé par un crissement ténu, frottement de l’air contre une surface en mouvement. Il précède de peu l’apparition d’une machine noire, mate, oblongue et sans aucune aspérité. Elle plane à mi-hauteur, à allure modeste.

Noir sur noir, des petits ronds se distinguent à peine sur la carrosserie de l’engin. Des capteurs ! En tous points conformes à des iris, ils commencent à luire. La machine, un robot, se stabilise bien au centre.

Est-ce un signal ? Les écrans s’animent subitement et follement. Des lignes s’affichent et défilent à une vitesse qu’aucun œil ne pourrait capter hormis leur mouvement.

L’espace d’une nanoseconde et de manière apparemment aléatoire, un écran interrompt parfois cette sarabande pour mieux repartir. Peu à peu, ces lignes de codes d’un langage inconnu cèdent place à des vues plus accessibles.

Le mur d’écrans gauche montre sans conteste l’interieur du vaisseau. Rambardes, coursives, sas, ponts, portes fermées – cabines, réserves, sas, salle des machines et autres à destination peu évidente ? Celui de droite laisse voir la coque extérieure sous une multitude d’angles et de profondeurs.

L’apparition de la structure interne et externe coïncide avec la fusion en deux des écrans occupant le centre. Elles ne tardent pas à afficher la vue de salles plongées elles aussi dans la pénombre, complètement vides et silencieuses. Au bout de quelques secondes, sur celui de gauche, une mise au point s’opère précisant quelques contours et détails. Les parois lisses sont tapissées de points multicolores, rouges, jaunes, verts. Leur finalité reste indéterminée.

Deux nouvelles machines, en tous points identiques à la première, apparaissent. Elles s’immobilisent à son côté. Le temps passe et leur inertie ne se dément pas. Elles semblent pouvoir passer le reste de l’éternité ainsi.

L’ellipse originelle se désagrège soudainement pour se réassembler presque immédiatement D’autres écrans, bien plus petits, se matérialisent. Ils n’affichent rien hormis, par intermittence, un point lumineux disparaissant presque aussitôt.

Un frémissement presque imperceptible souligne la soudaine fusion des moniteurs de droite. Ils forment maintenant un seul écran, immense. La vue extérieure disparaît, remplacée par un plan statique de l’espace. Cette apparition provoque un changement de tonalité lumineuse.

L’immobilité du plan fixe n’est qu’illusoire. Un froncement de regard suffit à percevoir le mouvement du déplacement du vaisseau dans la masse sombre de l’espace. Un point lumineux, à peine de la taille d’une pointe d’épingle luit à la limite extrême de l’horizon. Il grossit lentement.

Sans avertissement, une accélération se déclenche en une plongée vertigineuse. L’écran se remplit d’éclairs fugaces de lumières, d’éclats d’objets sombres, ronds, de plus en plus nombreux. La vitesse de défilement devient telle qu’aucune image n’est plus perceptible hormis un salmigondis de taches de couleurs.

La chute se prolonge quelques minutes avant que le piqué frénétique ralentisse. Les objets se précisent. Planètes, étoiles, soleils, astéroïdes, de toutes tailles occupent l’horizon. Des dizaines défilent ainsi. Ils apparaissent pour disparaître aussitôt. Au loin, bien centré depuis le début, le point lumineux s’est fait globe. Son grossissement commande apparemment la vitesse du plongeon.

Ce zoom cosmique finit par cesser. L’image se stabilise. Occupant les trois quarts de l’écran, une planète. Même à cette distance, il est possible de distinguer les contours des continents et des mers. Elle forme une paire avec une compagne d’orbite. L’ensemble est éclairé par une lumière provenant d’un astre dont la puissance souligne indéfectiblement la relative jeunesse en termes sidéraux.

Cette planète possède une qualité remarquable rare quoique pas unique dans l’immensité de l’univers. Elle est à dominante bleue.

Dans la salle, le temps s’est figé. Les écrans de l’autre zone affichent maintenant la même vue, réduite. Est-ce concevable mais l’atmosphère suinte une intense surprise déconcertante. L’enceinte s’emplit de cliquetis inattendus et sans origine identifiable. Ils rompent l’inertie et amorcent le départ des robots.

Seuls les écrans montrant les deux salles à destinations inconnues sont restés fixes. Des machines – les mêmes ? – apparaissent dans celle piquetée de lumière. L’une d’elles se dirige vers les parois. Une pince préhensile à quatre extensions dont une opposable apparaît sur son flanc. Elle s’approche des lueurs et en effleure une verte.

Un objet ultra mince glisse automatiquement semblant reposer sur rien avant de se poser sur l’espèce de main du robot. Le point lumineux est passé au bleu. L’objet ressemble à une tablette de petite dimension, quatre par trois centimètres. De fines lignes dorées sont visibles sur sa surface. Une lueur diffuse s’en dégage.

La machine sort de la salle pour entrer dans la seconde qui s’illumine violemment. L’apparition d’une cuve, surgie du sol, ne trouble pas le silence impressionnant. Elle est bardée de tubes, pinces, écrans. Du plafond descend un tuyau qui se positionne au-dessus. Un liquide translucide, presque laiteux coule. Le bassin se remplit et le robot introduit alors la carte dans une fente. L’éclairage s’éteint.

Dans la salle des moniteurs, un seul reste allumé. Il montre la planète à dominante bleue. Elle a repris sa taille initiale de point. L’image se brouille et l’épingle s’engloutit parmi une multitude d’autres plus ou moins lumineuses. Aussitôt, les lignes de code remplacent la vue. Dix secondes passent et l’épingle réapparait, seule dans le noir absolu. Figée à l’unisson du vaisseau retourné à la pénombre !

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