… A'Sey

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Ul’Sto’R : “L’ignorance du code d’honneur de la guerre ne peut servir de prétexte à s’en affranchir. Il est applicable en tous lieux, toutes circonstances et se substitue à toutes les règles ou usages anciens de l’art de la guerre !”

Jour… Enfin… Tous les êtres vivants, sans exclusive, disposent d’une part de logique, de la plus primaire au raisonnement sophistiqué et d’une autre de sentiments dont l’intuition. Qu’il y ait interaction entre les deux, le doute n’est pas permis. Que les sentiments soient plus prégnants également.

Un constat que Ja’Ry’Tu, ar’you’del du palais royal, accompagnait d’une pensée quelque peu blasphématoire. Roi, tout représentant d’Ö qu’il était, n’était qu’un être vivant au même titre que les autres. Opinion que, malgré l’intimité que lui procurait son rôle, il n’aurait pas émis publiquement. Sa tête n’aurait pas résisté au courroux de ce dernier.

Quand Roi avait murmuré ces mots, “Jour… Enfin…”, Ja’Ry’Tu y avait déchiffré cette forme de soulagement que peut produire une page qui se tourne après une longue période de flottement.

En toute objectivité, il anticipait la suite sans gros risque d’erreurs. Roi allait pouvoir fusionner les différentes facettes de son moi. Mettre en adéquation aspirations et obligations, ou plus prosaïquement, se réaliser !

De par sa position, véritable puissance occulte d’A’Sey, plus encore que les concubines de Roi, Ja’Ry’Tu se plaisait à comparer les ressorts de leurs vies et le parallèle qu’elles empruntaient. Ainsi leurs journées s’égrenaient au gré de multiples représentations officielles ou officieuses. Lui en tant que personnage public et aseynöte le plus proche du souverain ; Roi comme père du Peuple, bien faiseur, et Elu qu’il était.

La similitude s’arrêtait là où commençait cette énorme différence. Ja’Ry’Tu, dans l’exercice de sa fonction, s’accomplissait pleinement. Alors qu’à Roi manquaient des éléments essentiels pourtant parties intégrantes de son rôle. Le liant, un ensemble de paramètres incluant le Guerrier, l’unificateur, le leader, le visionnaire de la pensée, le timonier en charge de guider et transformer A’Sey de simple pays anonyme parmi une multitude d’autres en fleuron de la zhoumanité.

Jour… Enfin… Deux astéries, égarées dans l’espace, réunies par les courants astraux pour enfin permettre leur alignement. Un lever boréal en gestation qui illuminerait le monde d’une couleur espérante. D’où la lumière jaillira pour balayer ce tableau noir du temps stagnant de ses résidus crayeux, sédiments d’une muraille nommée décadence.

La paix durait depuis trop longtemps ! Elle dénaturait cette vérité d’Ö inscrite au frontispice d’Abj’N’Ö, le livre du Passage : “La paix n’est qu’une interminable attente sans espoir !” Elle se languissait et s’atrophiait d’une trop longue accalmie lénifiante et d’indolence spirituelle.

À supposer qu’un chromosome de pacifisme s’inscrivit dans le génome zhoumain, sa distribution négligea les aseynötes. Cette trop longue période d’assoupissement cotonneux affectait leur état – aspiration… – de gloire en gestation en une nostalgie mélancolique.

Douter de la destinée flamboyante de Roi et par extension d’A’Sey n’aurait pas été digne d’un ar’you’del. Cette pensée n’avait jamais émergé en Ja’Ry’Tu. Pour accomplir ce que les aseynötes considéraient comme un véritable sacerdoce sacré, ils disposaient d’un moyen, d’un don légué par Ö. La guerre ! Gravée dans le marbre de leur histoire, elle était leur oxygène. Les en priver les tue(r)ait plus sûrement qu’une bataille.

Anticipation des fragrances et des émotions procurées par le combat à venir ? Expression d’une impatience trop longtemps réfrénée ? Tout en lui, os, nerfs, artères, frémissait depuis que Roi l’avait si bien exprimé !

Le jour, enfin, était arrivé !

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