(Re)présentation

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Finale de tous les contes du R’A’Bun Yon’Ku`Ej évoquant l’histoire des âges obscurs : "…nul ne devrait affirmer que la guerre est un art. Alors qu’elle n’en représente à peine que lard !”

La R’A’Bun Yon’Ku`Ej grimpe sur l’estrade avec une agilité insoupçonnable en regard de son âge avancé apparent. Comme tous ces congénères, elle est simplement vêtue, pantalon large, chemise ample, manteau long tombant aux chevilles, chapeau mou et informe d’un grand vécu. Sans prononcer le moindre mot, l’assistance est déjà conquise.

Après un regard panoramique, toujours en silence, elle s’incline légèrement, le main gauche sur le cœur et la droite sur le front, exécutant en toute humilité la gestuelle traditionnelle des salutations et remerciements.

La mémoire des peuples n’est pas toujours très fidèle. Ainsi nombre de zhoumains l’ignorent ou l’ont oublié mais l’origine des R’A’Bun prend sa source en Icht'Rye. C’est une pensée qui la traverse chaque fois qu’elle va entamer une histoire, une espèce de mantra contre un trac qui perdure comme lors de sa première représentation bien des périodes auparavant.

L’éclairage parcimonieux rend la scène fantomatique. Le silence absolu traduit l’attente et le goût anticipé de la friandise à venir. L’histoire – drame, comédie, leçon moralisatrice, etc. ? – qui sera contée n’est pas connue d’avance. Quelle qu’elle soit, elle sera accueillie avec ferveur.

Soudainement elle s’assoit en tailleur, invitant du geste à l’imiter. Elle commence à parler d’un ton grave, uni et relativement bas qui, pourtant, porte loin.

« En cette douce soirée, oasis d’accalmie au milieu du fracas d’un quotidien troublé par les inconséquences seychouaines, je vais vous conter une histoire des temps obscurs. Je la tiens d’un héritage familial transmis au travers des générations, depuis la première fois où elle fut contée par le troubadour Dei’Ku’Ej. Chacun y trouvera une logique, leçon ou morale, tirées de son rapport au poids du passé sur le présent et l’avenir… »

Elle s’interrompt quelques secondes comme pour laisser plus de temps aux mots d’infuser dans l’esprit des spectateurs.

« … Des pays, contrées, régions, villages, hameaux, vous savez que j’en ai traversé d’innombrables. J’ai croisé la route de bien des peuples étranges et tellement semblables ! Les histoires, lors qu’elles sont dépouillées de tous contextes, se ressemblent toutes. Et pourtant… »

Seules les respirations transpercent le silence de l'assistance. Même faune et flore semblent s’être mises au diapason pour écouter. Tous sont déjà dans l’histoire qui n’a pas commencé à être contée. Elle se sourit à elle-même, satisfaite que la magie opère encore une fois. Elle reprend, plus haut et plus enjoué :

« Il était une fois… »

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