Amelyne

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Axiome de la Bor’And’Ja : “Croire au hasard ? C’est négliger la décision !”

Big Reuh ! Comme un ressort, mes yeux s’ouvrent brusquement. Il fait noir, mais je n’allume pas. Je m’ébroue. Aucun doute, je suis en pleine bourre ! S’il en fallait une preuve, la sarabande des pensées qui tourbillonnent dans ma tête. Signe ? Ou phantasme ? Ou fente asthme…

Qu’importe, que m’importe, ce jour est le bon. Celui du passage d’un prosaïque banal et ennuyeux à un futur, promis à un aspect extra ordinaire avant que l’érosion du temps l’ampute de son extra pour ne conserver que l’ordinaire.

Je me lève comme une fleur épanouie, sans anicroche, ni coup férir, hésitation ou atermoiement. Cette floraison printanière se fanera plus vite que la lumière, ou pas. Peu me chaut ! Le trac, le doute ne sont pas, plus d’actualité. « Pour une fois… » Cette réflexe ion, à peine émergente, je la renvoie aussi sec à son cher ester. Toute modestie mise à part, rien ne saurait venir contrecarrer le mode « forme étincelante », version affutée, de mes neurones.

Comme une crue subite imprévue, mes veines, artères et muscles débordent d’un trop plein d’une vie trop longtemps contenue et contrainte entre des digues que des fats cessieux, non, c’est dit cieux, ont construit à l’insu de mon con venant. Pour raccrocher à mon idée première, il serait vain d’y voir une quelconque génération spontanée ou spontanéité originelle.

Ce réveil n’a rien à voir avec un hasard surgi d’on ne saurait où. Il est l’issue d’un long cheminement, point de départ d’un autre. Faux jumeaux, actes siamois qu’une tentative de les désolidariser ne mènerait qu’à un ré-assemblage, au plus près possible de sa forme initiale sinon originale.

Aucune spontanéité au sens de celle que produit l’attrait d’une nouvelle mode ou vie, non, juste un amoncellement de petits riens, ceux que notre conscience a tendance à oublier ou occulter. Pour mieux laisser place au travail de son frère « in » forme vers une résultante, un enjo(i)ement primesautier, sauvage, aussi bref dans son irruption éruption que durable dans son effet.

Mes yeux s’ouvrent alors sur ce jour nouveau, tonique truand, compensation à toutes ces journées où mes épaules ressentaient, subissaient, recueillaient tout la misère du monde. Réduite aux acquêts du trou perdu qui me sert de résidence, de cadre de vie, d’avenir obstrué par un monceau de contingences.

Du hasard et/ou de la fatalité ? Je n’y crois pas une seconde. Autant croire aux miracles… Une utopie qui n’obtient définitivement par l’assentiment de ma foi incrédule.

Poussière(s) d’apparence et/ou d’ignorance des causalités, chaque/toute action, fonction, conclusion sont déterminées par un ensemble de sous actions, fonctions et conclusions que, par inculture, pusillanimité, indolence, fainéantise, nécessité, devoir, nous ignorons.

A décharge d’une attitude qui pourrait passer pour de la faiblesse ou de la lâcheté, force m’est d’admettre que si nous devions, avant de bouger un orteil, tout envisager, ce que nous appelons vie serait alors un parfait immobilisme, mortifère et tellement ennuyeux.

La moindre esquisse de mouvement est un paramètre qui, en aucun cas, ne reste statique. Exact à un instant T, il devient, ou pas d’ailleurs, faux, totalement ou partiellement, le suivant. Facile de réduire à un fonctionnement similaire à l’informatique. Facile et trop réducteur, il ne peut se satisfaire d’un fonctionnement basique, 0, 1, vrai, faux. L’adjonction du « peut-être » paraît indispensable. Au final, une équation qui n’aurait qu’une variable, mais quelle variable ! La volatilité… Difficile de la saisir, à commencer par lui attribuer un chiffre.

Chacun crée sa vérité. Elle peut concorder avec celle d’un de ses prochains, de plusieurs, d’une majorité. Ou le contraire. Elle peut ! Chacun crée son monde pourrais-je dire en raccourci. En est-il pour autant vrai ? Ou faux ? Peut-être !

Tout appréhender de ce concert, concept global qu’est l’existence, est donc presque bien évidemment totalement impossible de manière tout à fait consciente. Il faut y voir donc l’utilité vitale de ce que nous nommons inconscience. Elle n’est pas bloc unique. Elle ne se résume pas à cette note quelque peu péjorative qui lui est attribuée trop souvent par les tenants d’une bonne conscience (encore elle…) mâtinée de rigorisme.

Elle est protéiforme et conscience et inconscience sont étroitement imbriquées, intriquées, dépendantes et autonomes, un véritable détonateur d’une bombe à retardement ou un générateur d’éclosion, suivant le moment, le lieu, les personnes, le contexte en somme.

Ce bloc qu’est notre cerveau est un marasme de méandres formés par nos synapses, connexions, matières, j’en passe, formant des agglomérats, réservés par secteurs à l’inconscience et la conscience. Croire qu’ils ne s’entrelacent pas ? Moi, Amy, je crois qu’il n’en est rien. Que ces blocs forment en fait une gare de triage de toutes les interactions, classifiant, stockant pour des jours meilleurs. Pour ne laisser filtrer que l’information essentielle au fonctionnement de notre conscient.

Cet inconscient possède au moins deux caractères nets : sa capacité à s’adapter à la personnalité qui l’héberge et sa vitesse phénoménale d’exécution. Cette dernière est, pour l’heure inappréciable – dans tous les sens du terme – et sans commune mesure avec celle, pourtant déjà élevée, de notre conscient.

Elle n’est pas bridée par l’enveloppe physique et par les sens physiques de l’être humain. Elle n’en a nul besoin. Le jour où conscience et inconscience passeront le cap de l’entrelacement pour passer à celui d’union, nous aurons franchi un étage vers un autre espace, une autre dimension dont je suis bien incapable d’en déterminer la, ou les, nature. Je peux tout juste affirmer qu’il n’aura aucun rapport avec le paradis, l’enfer et qu’il ne contiendra pas d’entités nommées Dieu. Ce jour viendra ou pas.

En attendant cette inconscience qui, tout aussi bien, pourrait s’appeler âme, se contente de cette enveloppe physique. Elle serait rocher, poussière, sable, brin d’herbes, elle fonctionnerait à l’identique. D’où le questionnement légitime sur la possibilité d’une conscience d’un caillou ! Nous disparaitrons en tant qu’espèce un jour, elle(s) surement pas ! D’où nouvelle question, l’être humain est-il une espèce ? Ou un réceptacle ? Les deux ? J’ai parfois l’impression que la conscience appartient à la Terre, la planète, alors que l’inconscience est la sœur de l’Univers. Ne faudrait-il pas l’appeler alors aconscience ?

Reste que nous, humains, avons un facteur, acquis ou génétique, importance majeure pour précision mineure, concerto en un mouvement : la faculté décisionnaire. 0, 1, vrai, faux, sa variable « peut-être », éléments statiques formels parfaitement prévisibles s’agissant d’individualité sans pour autant se rendre aisément prédictifs quand elle devient multiforme.

Tout peut produire son contraire. Ainsi cette humanité et sa faculté décisionnaire le rend mouvant, conditionnel, partiellement virtuel et, donc, avec une certaine illogique apparente, parfaitement prédictif. Pour faire simple, un humain ou un couple jusqu’à un trio est plus difficile à gérer qu’un groupe, une foule. Sans vouloir offenser – quoique… – l’image de Rabelais et des moutons de Panurge s’imposent comme illustrative à merveille. Comme quoi, le propre de l’humain dont nous nous gargarisons facilement n’a pas de quoi nous rendre fier, loin s’en faut.

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