Laissez-nous rêver !

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 Les motifs profonds qui guident nos actions ne se révèlent pas toujours à notre conscience. Ils nous conduisent parfois à un comportement irrationnel. Ce mystère, qui s'introduit dans nos vies, est peut-être ce qui nous sauve d'une réalité trop insipide. Malheureusement, par peur ou excès de conformisme, Il se trouve toujours quelqu'un dans notre entourage, pour tuer le rêve avec l'arme de la logique. Cette histoire en est l'illustration.

 À l'été 1972, alors que je me rendais à l'invitation d'un ami, au parc des Buttes-Chaumont, une soudaine averse s'abattit sur Paris. En quelques secondes, des flaques s'étalèrent sur le sol comme autant de miroirs informes. Les promeneurs, surpris dans leurs songes, se dispersèrent avec promptitude aux quatre coins de la rue en quête d'un abri. On aurait pu les comparer, en considérant le mouvement erratique qui les animait, à une poignée de dés lancés au hasard sur un tapis vert, ou à une colonie de fourmis dérangées par un visiteur malséant. Chacun baissant la tête, relevant le col, sautillant en zigzag au-dessus des nappes d'eau, regardant de tous cotés et reprenant enfin une trajectoire rectiligne dès qu'un asile s'offrait.

 Je ne fis pas exception au sauve-qui-peut général et me mis à la recherche d'un porche ou de tout autre protection de fortune. Alors que le tonnerre grondait, j'aperçus une boutique obscure dans un angle de rue et m'y précipitai.

  À l'instant où je posai la main sur la poignée de la porte, mon corps entier fut secoué par une vibration étrange. Le choc fut léger et bref. J'attribuai ce phénomène à une décharge électrique, probablement causée par l'effet résiduel d'un éclair. Je refermai la porte derrière moi, bien heureux de me retrouver en sécurité.

  J'eus la curieuse sensation de pénétrer dans une cave, d'abord en raison de l'odeur de renfermé qui flottait dans l'air, mais aussi parce que je dus descendre quelques marches avant de me retrouver en contrebas.

À peine étais-je entré dans l'échoppe que j'éprouvais le besoin d'essuyer mes lunettes, car je n'y voyais goutte. Ceci fait, je découvris mon refuge. Malgré la faible luminosité, je pus constater que je me trouvais chez un antiquaire.

  Face à l'amoncellement hétéroclite d'objets anciens, je me prenais pour un explorateur temporel subitement plongé dans le passé.

  À mesure que mes yeux s'habituaient à cette demi obscurité et que j'identifiais mieux les objets, je m'attachais à en deviner l'utilité, l'origine et surtout l'époque. Ce qui, au début, n'était qu'un alignement chaotique d'objets futiles, s'ordonnait et prenait du sens. Il y avait là pourtant de quoi bousculer les repères : un bouddha aux mains jointes reposait sur une table de jeu style empire; au-dessus, était accroché un miroir encadré de deux chandeliers garnis de pendeloques de cristal ; plus loin, sur une majestueuse cheminée au linteau sculpté de chérubins, trônait un éléphant en porcelaine accompagné d'un toucan empaillé, d'un globe terrestre et d'une quantité d'autres brimborions. Un mur entier était réservé à la peinture. Les tableaux représentaient des paysages champêtres où se pavanaient des déesses antiques.

  Je m'avançai pour examiner de plus près ce capharnaüm, lorsque j'entendis un murmure provenant de la pièce adjacente. Une voix s'insinuait dans mon cerveau. La porte était ouverte. Je descendis à nouveau quelques marches pour me retrouver dans un espace aussi encombré que celui que je venais de quitter. Cette salle, beaucoup plus grande, s'étirait en longueur. Au plafond, des lustres étaient suspendus entre les poutres de chêne. Plusieurs tables, guéridons et consoles occupaient le centre. Le sol était revêtu d'un carrelage rustique de couleur rouge.

 Il n'y avait personne.

 Le bruit sourd et léger que j'avais entendu reprit pourtant. Les sons que je recevais n'étaient pas descriptibles. Avec le recul, tout au plus, aurais-je pu les apparenter à un léger bruissement articulé. Le murmure d'un vent léger s'infiltrant dans un bosquet pourrait évoquer vaguement la tonalité de ces vibrations. Je me retournai vers l'endroit d'où semblait provenir cet appel et découvris une belle bibliothèque vitrée. Je m'approchai encore et enfin, je pus comprendre le message :

— Emporte-moi ! Emporte-moi ! implorait une voix douce et enfantine.

  Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette injonction émanait d'un livre. Un beau livre relié plein maroquin, doré sur tranche. Je ne résistai pas à l'envie de le prendre en main. C'est à ce moment que le maître des lieux pénétra dans la pièce.

— Très bon choix ! C'est un livre de voyages. L'auteur y décrit les recherches qu'il a menées pour découvrir les sources du Nil.

  L'homme qui venait de parler se tenait à quelques mètres de moi. Je fus immédiatement saisi par sa voix grave et assurée ainsi que par sa chevelure. Deux touffes volumineuses de cheveux blancs se répartissaient sur les côtés de son crâne dont le sommet était parfaitement dégarni. De taille moyenne, il portait un costume sombre avec un gilet où serpentait, au-dessus de la poche, la chaîne argentée d'une montre. Son col de chemise amidonné, complété d'un nœud papillon, lui donnait un air élégant et raffiné. Son œil vif exprimait la malice. Il semblait tout droit sorti d'un roman de Balzac.

  Il tira la montre de son gousset et y jeta un regard.

— Vous avez de la chance, j'allais fermer.

  Ceci me rappela subitement mon rendez-vous, je ne pouvais m'attarder plus longtemps. Je consultai à peine le livre que j'avais entre les mains et, pour couper court à toute conversation, j'en payai le prix et sortis du magasin.

  Le soleil avait fait son retour. Je méditais sur l'étrange moment que je venais de vivre. Comment avais-je pu attribuer à un livre la voix de cet antiquaire ? Car il ne fait pas de doute qu'un livre ne peut pas parler, me dis-je à moi-même, comme pour me persuader. Pourtant, les deux voix étaient différentes...

  J'aurais sans doute fini pas oublier cet incident si, à compter de ce jour, le phénomène ne s'était pas reproduit à maintes occasions.

  Je ne pouvais pas flâner dans Paris, chez les bouquinistes des quais de la Seine, sans qu'un livre, du fond de son casier, ne m'interpelle. De même lorsque je passais devant une librairie, une bibliothèque ou un vide grenier :

— Je vais partir au pilon, sauve-moi !

— J'ai besoin d'une nouvelle reliure !

— Personne n'a tourné mes pages, pourtant je raconte une très belle histoire !

  Telles étaient les suppliques qui m'étaient adressées et auxquelles je ne pouvais pas résister.

 Mon amour des livres me conduisait à en acquérir des quantités au-delà du raisonnable. Cette tendance ne fit que s'amplifier. Mon appartement devint bientôt trop exigu pour accueillir tous ces opuscules, encyclopédies, elzévirs et autres grimoires parfois mutilés par les affres du temps ou la maltraitance de l'homme. Tous ses in-octavo, atlas et dictionnaires en mal d'affection recherchaient un endroit où l'on aime lire et soigner les livres. J'avais remarqué que ceux qui me sollicitaient le plus étaient les plus rudoyés ou délaissés. Un livre a besoin d'attention et de soins et surtout il aime être lu. Les ouvrages neufs, fraîchement sortis des ateliers d'impressions et soigneusement rangés sur les étagères impeccables des libraires se montraient moins vindicatifs. Ils attendaient patiemment, dans l'espoir de trouver un acquéreur respectueux et soigneux.

  Au début, j'éprouvais beaucoup de difficultés à comprendre leur babillage, mais au fil du temps, je m'adaptais. La surprise passée, je trouvais même cela fort agréable. Non seulement j'étais doté d'une compétence exceptionnelle, ce qui me distinguait du commun des mortels, mais en plus, j'espérais pouvoir en tirer des avantages pratiques.

  Comment un tel miracle était-il possible ? C'était un mystère. Étais-je le seul à posséder cet étrange pouvoir ? Sans doute. En tout cas, je ne connaissais personne qui se prévalait d'une telle singularité.

  Les livres semblaient me témoigner une certaine reconnaissance. Un jour, ils prirent même ma défense physiquement, peut-être aussi qu'ils me sauvèrent la vie. Une nuit, je fus réveillé en sursaut par un grand fracas. Je me précipitai hors du lit. En arrivant dans le couloir, je vis un homme étendu sur le sol, inconscient, recouvert d'une montagne de bouquins. En s'introduisant chez moi par effraction, l'individu avait heurté une pile à l'équilibre précaire et en tentant de se rattraper à une étagère, avait provoqué une réaction en chaîne. La police arriva rapidement après mon appel et l'homme fut conduit au poste.

— Vous avez été sauvé par vos livres ! me lança l'officier de police en partant.

  Tout ceci était fort troublant. Il me vint l'idée de retourner chez le vieil antiquaire. C'est chez lui que s'était manifesté ce prodige pour la première fois. Peut-être aurait-il pu m'aider à y voir plus clair.

  Malheureusement, une fois sur place, je constatai que la boutique d'antiquités avait été remplacée par une quincaillerie. J'appris par les voisins que l'antiquaire était décédé. Son stock avait été vendu aux enchères par ses créanciers, tous ses biens dispersés aux quatre coins de la capitale.

  Je fis part de mon désarroi à mon ami Antoine, un esprit très cartésien. Il me conseilla, sans ambage, de consulter un psychiatre. Sa réponse laconique et sans appel, anéantissait d'un coup mon espérance de trouver un soutien, quelqu'un capable de m'aider à explorer le monde qui s'ouvrait devant moi. Il balayait d'un revers mes espérances d'avoir été admis dans le cercle restreint de ceux qui ont le pouvoir de communiquer avec les livres. Jusqu'alors je n'avais pas envisagé de considérer la question sous l'angle d'un dérangement mental. De mon point de vue, j'avais reçu un don du ciel et je ne me sentais pas affecté psychiquement. Ce que je vivais n'était pas le fruit d'une construction mentale. Certes ce phénomène avait pris de l'ampleur et ses conséquences quotidiennes devenaient problématiques, mais il y avait sûrement un moyen de tirer parti de la situation. Je regrettais que la communication ne se fît que dans un sens. J'aurais aimé trouver le moyen d'échanger une véritable conversation avec les livres : ils avaient tellement de choses à m'apprendre.

  Après quelques jours de réflexion, je pris quand même la décision de consulter un spécialiste. Celui-ci me reçut fort aimablement. Il m'écouta en silence. Je lui expliquais tout en détail, depuis ce fameux orage jusqu'au cambriolage. Rien dans son attitude ou son regard ne démontra la moindre surprise. Mon récit achevé, il dit :

— Mon cher monsieur vous n'avez pas à vous inquiéter. Vous souffrez d'une pathologie fort répandue de nos jours : vous êtes ce que l'on appelle un acheteur compulsif. Cet état est parfois corrélé à d'autres troubles que nous allons essayer d'identifier. C'est une sorte d'addiction...

  Son diagnostic, qui se voulait rassurant, ne me satisfit pas.

— Mais... et ces voix que j'entends ? d'où proviennent-elles ? Dis-je avec empressement.

— Ce ne sont que des hallucinations verbales, elles reflètent vos pensées inconscientes. Mais rassurez-vous elles vont disparaître aussi vite qu'elles sont venues.

  Le psychiatre griffonna quelques mots sur son calepin et reprit :

— Il faut faire une thérapie psychanalytique complétée d'un travail sur le comportement. Il existe aussi des groupes de soutien, des associations, où vous pourrez échanger avec d'autres personnes qui sont dans votre cas...

  Cette perspective ne m'attirait guère et je ne l'écoutais plus. Mon regard se porta sur les étagères situées derrière mon interlocuteur. J'entendis alors un babillement familier. Ce n'était pas une, mais des dizaines de voix qui tentaient de s'insinuer dans mon cerveau. La bibliothèque entière de ce charlatan m'implorait de l'aider à quitter les lieux.

  Je sortis de cette consultation profondément déçu par l'étroitesse d'esprit de mes contemporains.

 En poursuivant mon chemin, je songeais : Quand bien même serais-je victime de mon imagination, n'est-ce pas le propre de l'homme que de concevoir d'abord dans le rêve ce qui deviendra ensuite une réalité ?

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A l'époque, il y avait des Alain, des Joël, des Jean-Michel ou des André. Il n'y avait pas encore de Kevin ou de Mohammed. J'ai grandi parmi des fils d'ouvriers. J'étais le seul "arabe". On s'éclatait au pied du terril. Le terril, c'était notre royaume, notre terrain de jeux, un havre de paix où nous passions nos années d'insouciance.
Mon père me frappait. Mon bagne, c'était le grenier de la grande maison où il s'acharnait à m'y enfermer. Je me mettais sur la pointe des pieds pour regarder le coin de ciel bleu à travers la petite lucarne, trop haute pour moi. Un petit bout de liberté. Il n'y avait pas d'arbre pour bercer sa palme. J'imaginais la vie sans moi. A force de jouer les Jean Valjean à répétition par la volonté de mon père, je finissais par connaitre les moindres recoins du grenier. Je jouais à Indiana Jones. J'espérais trouver un trésor. Oh, modeste trésor! Tout au moins un jouet exceptionnel que les anciens locataires auraient pu laisser et qui aurait satisfait mon imagination d'enfant. Seul le bruit des voitures me renseignait que la vie dehors continuait sans moi.
J'ai commencé à fumer à l'âge de quinze ou seize ans. On paraît plus vieux auprès des filles avec une clope aux doigts. Les filles préfèrent les vieux. Les filles veulent de la protection, de la soumission. Le féminisme n'avait pas encore germé dans ces années soixante dix. La révolution de mai n'avait pas encore produit ses effets. On était toujours dans le schéma du mâle dominant. Surtout le mâle avec une clope au bec à la Humphrey Bogart. Avant vingt ans, on aime se vieillir en trichant sur son âge ou en allumant sa première tige. Après vingt ans, c'est l'inverse, on triche toujours, mais dans le sens à rebours. Après vingt ans, on prend conscience du temps qui passe. On se sent déjà vieux.
Je piquais des clopes dans la poche du père. Il y avait toujours un paquet de gauloises neuf dans la poche de sa veste. J'avais trouvé un subterfuge efficace pour ma ration de sèches. Je décollai la languette centrale du paquet, j’ôtai deux ou trois gauloises, guère plus, puis je malaxai le paquet pour lui restituer son aspect normal, ne pas éveiller les soupçons. La technique était rodée et, si je puis dire, mon père n'y voyait que du feu.

C'est donc par ce matin du 6 décembre que j'ai appris ta mort à la faveur d'une insomnie. Dans le milieu de la nuit, la bande annonce en bas de l'écran du téléviseur, celui là -même qui t'a fait connaître, celui là même où je te voyais au coté de Michel Drucker à tes débuts comme au fil des années, au fil de mes années, à une époque nostalgique perdue quand la variété française avait encore un panache. Tu as tiré ta révérence. Fatigué, tu as rendu tes dernières armes dans un dernier combat.
J'aurais aimé être là aux champs Élysées parmi la foule immense à te regarder descendre la plus belle avenue du monde. Comme un chef D’état ou comme un pape. Finalement, tu l'auras descendue comme un dieu. J'aurais bravé les loups, j'aurais affronté l'impossible j'aurais bravé le froid et les embouteillages. Je n'ai jamais assisté à un de tes concerts. Mais celui là aurait couronné presque cinq décennies de fraternité. Oui, car tu étais la France qui m'a accueilli. Oui, cette France généreuse, grande et belle que tu incarnais, hé bien vois tu, j'en ai profité. Je suis devenu ce que je suis. Maintenant, je suis comme un orphelin de la mémoire qui va par les rues en te cherchant car tu es sûrement quelque part, un peu comme si l'on se mettait en quête d'un être cher disparu. La migration des âmes. Peu importe. Pour moi tu es encore vivant. Tu es quelque part dans ce monde. Il suffit d'aller à ta recherche. La recherche de ceux qui ne meurent jamais. Ils sont sous d'autres latitudes, sous d'autres beaux et merveilleux nuages.
Pour moi tu étais un chic type. Je n'étais un fan de tes chansons. Je ne vais pas te mentir. Ce que j'ai aimé en toi, c'est ton humanité, ta simplicité, ta générosité, ta longévité qui t'ont conféré de bonne grâce ta légitimité par dessus la tombe .

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Tchao mec, salut l'artiste!
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