L'île aux livres

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"Il peut se faire qu'une vérité soit plus étrange que toutes les fictions."

Edgar Allan Poe

 Nous faisions route vers les mers du sud à bord du clipper "l'Artémis". Partis de Londres au début du mois de mars, nous étions à mi-chemin de notre destination ; le port d'Hankou, situé au confluent de la rivière du Han et du Yangzi Jiang.

 Ce magnifique trois mâts jaugeait neuf-cents tonneaux et filait à dix nœuds vers les quarantièmes rugissants. En plus du capitaine et de ses seconds, nous étions vingt hommes à bord, tous recrutés spécialement pour cette mission : ramener 600 tonnes de thé à Londres avant l'hiver.

 J'avais dix-huit ans et c'était mon premier voyage au long cours en qualité de simple matelot. Dans ma famille, nous étions marins de père en fils et je n'avais guère réfléchi au danger que pouvait représenter un tel périple. Le métier de marin était pour moi le seul que je pouvais envisager. Bercé dès ma plus tendre enfance par les récits de mon père et de mon grand-père, mon goût pour les voyages et les aventures maritimes s'est renforcé ensuite en lisant Jules Verne. Ma passion pour la navigation en haute mer s'est traduite par l'envie d'écrire et de raconter mes péripéties. Je n'avais qu'une crainte, celle d'une mort banale et soudaine qui ne m'aurait pas laissé le temps de transmettre mon récit.

 Notre plan de navigation nous contraignait à passer en plein milieu de l'Atlantique sud. Nous avions prévu de faire escale sur Tristan da Cunha pour nous réapprovisionner en eau potable, mais une violente tempête nous détourna à quelque nautiques de là, vers l'île inhospitalière de Nightingale.

 La vie ne se déroule pas sur un chemin tracé d'avance et nos efforts pour lui donner une direction sont parfois contrariés par un simple coup de vent.

 Notre capitaine, George Moodie, marin endurci et expérimenté, fit preuve d'un grand sang-froid et conduisit les manœuvres avec lucidité.

 Les déferlantes s'abattaient sur le pont comme de véritables chutes d'eau et catapultaient l'Artémis vers le bas, à l'intérieur des vagues. Le clipper menaçait de se mettre en travers ou de chavirer. Seuls les matelots les plus aguerris étaient restés sur le pont avec les officiers, le reste de l'équipage s'était réfugié dans la cale. Dans un premier temps, Moodie fit affaler et enrouler les voiles. Ensuite, il mit la barre au centre afin de laisser le bateau en proie aux éléments. Par bonheur, la côte n'était pas sous le vent. Nous parcourûmes ainsi quelques milles et lorsque la force du vent s'atténua, il fit choquer la grand-voile. La dérive induite par cette manoeuvre provoqua un remous protecteur contre les vagues. Après quelques heures de lutte, la tempête s'apaisa et le capitaine ordonna de mouiller à environ une encablure de Nightingale.

 Cette île inhabitée, la plus isolée du monde, était seulement peuplée de manchots et survolée par des albatros et des grives. Notre capitaine décida toutefois d'envoyer quelques hommes en reconnaissance pour rechercher des sources d'eau douce. Je me portai volontaire.

 Après l'épreuve que nous venions de surmonter, j'étais heureux de pouvoir poser le pied sur la terre ferme.

 Le rivage se limitait à une petite bande de sable noir qui venait buter contre les pieds griffus d'une falaise volcanique. À l'intérieur de l'île, nous eûmes la surprise de découvrir une végétation riche et dense.

 Alors que je suivais le petit groupe, mon attention fut attirée par le gargouillis d'un ruisseau. Je marquai un temps d'arrêt, tandis que mes acolytes poursuivaient leur exploration.

 À cet instant ma vie prit un tournant radical.

 Je sentis le sol s'affaisser sous mes pieds et sans que j'aie eu le temps de réagir, je me retrouvai quelques mètres plus bas, inconscient.

 Après un temps indéterminé, je me réveillai dans une espèce de hutte, allongé sur un lit de paille. Un vieil homme, au regard bienveillant, m'observait en silence. Ce qui me frappa en premier furent ses yeux très sombres dans lesquels brillait pourtant une lumière, comme un reflet de lune. Son visage maigre et longiligne aux pommettes saillantes était assombri par une barbe mal taillée.

— Je vous ai trouvé inanimé dans un trou. Vos camarades sont partis depuis longtemps, me dit-il, Reposez-vous, il n'y a rien de mieux à faire pour le moment.

 J'essayai de lui répondre, mais aucun son ne sortait de ma bouche, j'étais encore trop faible.

 Quelques jours passèrent et je pus me lever. J'appris que mon sauveteur se prénommait Joseph et qu'il vivait en solitaire sur l'île depuis de nombreuses années.

 Avec l'aide de cet énigmatique personnage, ma vie s'organisa peu à peu sur l'île. La nourriture n'était pas variée mais suffisante. Manchot rôti, petits poissons et baies composaient le menu quotidien. Chaque matin, Joseph disparaissait et je le retrouvai seulement le soir après le coucher du soleil. Je voulus en savoir plus sur mon hôte. Comment s'était-il retrouvé seul sur cette île et comment avait-il pu survivre pendant toutes ses années dans une solitude extrême.

— Je ne me plains pas, car j'ai de nombreux amis qui me tiennent compagnie, répondit-il.

 Cette réponse ne satisfit pas ma curiosité et comme j'insistai pour en savoir davantage, il se résigna à me présenter ses amis. Il me conduisit alors à quelques dizaines de mètres de la hutte où nous dormions. Nous pénétrâmes dans une grotte dont l'ouverture était masquée par une abondante végétation. Une faible braise couvait près de l'entrée, Joseph y alluma une torche et je découvris l'impensable. La cavité était immense et sur toutes les parois étaient disposées des étagères sur lesquelles s'étalaient des milliers de livres.

— Voilà ! C'est ici que je passe toutes mes journées. Je peux vivre sans la compagnie des hommes. Le contenu de ces ouvrages est infiniment supérieur à n'importe quelle conversation. Même les écrits du plus faible esprit seront toujours un niveau au-dessus de ce qu'il peut communiquer par la parole.

 Je restai médusé par ce spectacle et ma curiosité naturelle s'avivait par les propos de mon compagnon d'infortune.

 Joseph remarqua mon étonnement et poursuivit sur le ton de la confidence :

— Le livre n'est pas un objet. C'est un magicien, un ensorceleur qui vous transporte au-delà du réel, il suspend le temps, trouble les esprits et fait chavirer les cœurs. Il chasse les fantômes mais convoque les démons. Il exhale mille senteurs enivrantes mais absorbe votre âme. Il enflamme les peuples et fait abdiquer les rois, sème le désespoir et provoque l'extase. Ouvrir un livre c'est comme ouvrir les yeux sur le monde. Les écrits sont la quintessence des hommes. Le livre est le trésor des remèdes de l'âme (1), mais il est aussi un opium capable de vous tuer.

 Au lieu de m'apporter une réponse, ce discours ne fit qu'ajouter des questions à celles que je me posais déjà.

 Je ne pus rien apprendre de plus. J'imaginais que le navire qui l'avait conduit sur Nightingale transportait une immense bibliothèque destinée à un puissant personnage. Une tempête l'avait jeté sur la côte avec les débris du bateau. Mais comment expliquer que tous ces livres ne soient pas détériorés par l'eau ?

 N'ayant rien d'autre à faire, je l'accompagnais chaque jour à la grotte et il me transmit sa passion dévorante pour la lecture. Des semaines, des mois, puis des années passèrent ainsi, entièrement consacrés à lire. La bibliothèque était d'une extrême richesse et abordait tous les sujets. Il y avait des ouvrages d'astronomie, de biologie, d'histoire, mais aussi des romans et je pus ainsi lire les oeuvres complètes de Walter Scott, de Fenimor Cooper et d'Alexandre Dumas. Le temps passait paisiblement sur cette île où le chant merveilleux des grives accompagnait nos rêveries. Cependant, je remarquais que la santé de Joseph déclinait. Il marchait d'un pas mal assuré et sa myopie était telle que son nez touchait presque le papier lorsqu'il lisait. Un jour, je lui demandais combien de livres il avait lus. Il me répondit qu'il ne savait pas combien il en avait lu mais, en revanche, il savait combien il lui en restait à lire.

— Seulement vingt-cinq ! Me dit-il avec une pointe d'amertume.

 Cette réponse m'intrigua et je lui demandai comment il emploierait son temps lorsqu'il aurait tout lu.

 Il me regarda avec une expression étrange, comme si ma question était saugrenue ou incompréhensible.

— Ce que je ferai ? Dieu seul le sait !

 Bientôt, il ne lui resta plus que trois livres. Le déclin de ses forces semblait directement proportionnel à la quantité de livres qu'il lui restait à lire. Je lui suggérais d'interrompre ses lectures et de se reposer, mais rien n'y fit.

— Je ne peux pas m'arrêter, c'est ainsi. Le temps ne compte pas, seul le vouloir détruit...

 Cette réponse sibylline me laissa dans l'expectative. Après réflexion, je crus trouver une explication. Joseph n'était pas affecté par le temps qui passait, mais seulement par son désir de lecture. Sa vie ne se mesurait pas en années, mais en livres lus. Cette intuition se révéla exacte et j'assistai, impuissant, à sa fin. Au moment où il tourna la dernière page pour lire la dernière ligne ses yeux se fermèrent à jamais. Joseph emportait avec lui son secret.

  De quoi était-il mort ? D'un excès de nourriture intellectuelle ? D'une malédiction qui pesait sur l'île ? L'une de ses confidences résonnait en moi "Le livre est aussi un opium capable de vous tuer" et je songeais à une autre explication : au contact de toutes ses lumières, son esprit semblait s'être éteint faute d'avoir été l'artisan de ses propres pensées.

 J'étais maintenant complètement seul. Complètement ? Peut-être pas, il y avait ses livres. En quelques années et en leur consacrant chaque heure du jour, j'en avais lu près de la moitié. Cette pensée m'effraya ! Et si à mon tour, je devais mourir sur cette île après la lecture du dernier livre ? Je me rassurais en me disant qu'il me suffisait de cesser de lire. Mais ce n'était pas aussi simple. Les livres exerçaient sur moi le même pouvoir que les sirènes sur Ulysse.                  

 À l'heure où j'écris ces lignes je ne peux compter sur aucune aide et il m'est impossible de construire un radeau suffisamment solide, car le bois manque sur l'île. Il ne me reste que le dernier recours du naufragé. C'est donc avec un ultime et frêle espoir que j'ai placé ce message dans une bouteille avant de la jeter à la mer.

 Par pitié, qui que vous soyez, je vous implore, venez à mon secours ! Il ne me reste que quelques livres à lire.

Robin Torm. Matelot à bord de l'Artemis.

Nightingale, printemps 1882.

                     ***

 Le jeune homme qui vient de trouver la bouteille est debout face à l'officier de port. Ce dernier lit le récit à haute voix. Sa lecture terminée, il se tourne vers ses adjoints et annonce d'une voix éteinte :

— Hélas messieurs, nous ne pouvons plus rien pour l'Artémis, ce navire a fait naufrage il y a plus de cent ans.

 L'officier se tait quelques instants et dévisage le jeune homme, puis il reprend d'un ton plus enjoué :

— En revanche, pour l'auteur de ce message, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Il est devant nous.

 Il explique ensuite que, malgré quelques traces de dégradation qui rendent la lecture difficile, il a reconnu le papier utilisé pour la rédaction du message. Il s'agit d'un article qu'on ne trouve qu'à la papeterie du quartier. Le jeune homme qui a trouvé la bouteille n'est autre que son neveu, dont l'imagination débordante n'a d'égal que son penchant pour le canular. Du moins, telle est sa réputation, car lui-même rejette formellement cette accusation !

(1) On dit que la bibliothèque d'Alexandrie portait cette inscription fastueuse attribuée à Ozymandias (Ramsès II).

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Mon père me frappait. Mon bagne, c'était le grenier de la grande maison où il s'acharnait à m'y enfermer. Je me mettais sur la pointe des pieds pour regarder le coin de ciel bleu à travers la petite lucarne, trop haute pour moi. Un petit bout de liberté. Il n'y avait pas d'arbre pour bercer sa palme. J'imaginais la vie sans moi. A force de jouer les Jean Valjean à répétition par la volonté de mon père, je finissais par connaitre les moindres recoins du grenier. Je jouais à Indiana Jones. J'espérais trouver un trésor. Oh, modeste trésor! Tout au moins un jouet exceptionnel que les anciens locataires auraient pu laisser et qui aurait satisfait mon imagination d'enfant. Seul le bruit des voitures me renseignait que la vie dehors continuait sans moi.
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C'est donc par ce matin du 6 décembre que j'ai appris ta mort à la faveur d'une insomnie. Dans le milieu de la nuit, la bande annonce en bas de l'écran du téléviseur, celui là -même qui t'a fait connaître, celui là même où je te voyais au coté de Michel Drucker à tes débuts comme au fil des années, au fil de mes années, à une époque nostalgique perdue quand la variété française avait encore un panache. Tu as tiré ta révérence. Fatigué, tu as rendu tes dernières armes dans un dernier combat.
J'aurais aimé être là aux champs Élysées parmi la foule immense à te regarder descendre la plus belle avenue du monde. Comme un chef D’état ou comme un pape. Finalement, tu l'auras descendue comme un dieu. J'aurais bravé les loups, j'aurais affronté l'impossible j'aurais bravé le froid et les embouteillages. Je n'ai jamais assisté à un de tes concerts. Mais celui là aurait couronné presque cinq décennies de fraternité. Oui, car tu étais la France qui m'a accueilli. Oui, cette France généreuse, grande et belle que tu incarnais, hé bien vois tu, j'en ai profité. Je suis devenu ce que je suis. Maintenant, je suis comme un orphelin de la mémoire qui va par les rues en te cherchant car tu es sûrement quelque part, un peu comme si l'on se mettait en quête d'un être cher disparu. La migration des âmes. Peu importe. Pour moi tu es encore vivant. Tu es quelque part dans ce monde. Il suffit d'aller à ta recherche. La recherche de ceux qui ne meurent jamais. Ils sont sous d'autres latitudes, sous d'autres beaux et merveilleux nuages.
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