Chapitre 15 - Projet Gamma (2/3)

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Friedrichson se leva d’un bon pied malgré le fâcheux incident de la veille, qui avait failli lui coûter la vie. On lui avait annoncé un nouvel arrivage de patients dans la matinée. Il se dépêcha d’enfiler sa blouse et rejoignit la salle d’opération.

En chemin, il entendit le jeune médecin Humain l’interpeller.

— Docteur ! Les résultats d’hier sont arrivés.

Le Taeil s'arrêta net et se tourna vers son collègue.

— Alors ? Demanda-t-il, inquiet.

— Nous avons pu extraire le gène recherché de l’échantillon et le multiplier, expliqua l’homme, mais la greffe a échoué et le cobaye n’a malheureusement pas survécu.

Friedrichson frappa violemment le mur du poing et fit sursauter le jeune homme. La paroi garda une trace du Taeil qui s’exclama.

— C’est dingue ! Comment, après tant d’années de recherche, n’avons-nous toujours pas progressé ?

Il ne posait pas réellement la question au jeune homme, qui n’était là seulement que depuis quelques mois et n’en savait sûrement rien, mais plus à lui-même. L’Humain l’étonna toutefois.

— Peut-être que la méthode de greffe est mauvaise, dit-il, elle endommage les tissus de l’hôte et ne l’aide pas à accepter le nouveau gêne mais le force plutôt. Et forcer n’a rien de bon.

Le petit avait raison. Ce dernier lui précisa d’autres détails et Friedrichson était impressionné. Il en discuterait avec les autres médecins afin de connaître leur avis. Il lança un sourire au garçon, dont le visage se remplit de joie.

— Merci pour ta participation, tu peux retourner au laboratoire.

L’Humain acquiesça et s’inclina avant de tourner les talons. Friedrichson continua son chemin vers la salle d’opération. Une Swatrozi à la couleur de peau jaune safran était attachée à la table. Des gants de protection lui avaient été enfilés.

Un médecin Taeil était présent pour l’examiner. Friedrichson lui demanda.

— Qu’avons-nous là ?

— De la glace, docteur, répondit-il

— Hé bien ! S’exclama Friedrichson, du feu hier, de la glace aujourd’hui, je vais finir par récupérer tous les éléments.

Le docteur rit tout seul à sa propre blague, mais son collègue ne semblait pas partager le même humour. Il fixait Friedrichson et attendait la suite de ses propos. Mais le docteur le réprimanda.

— Ne restez pas planté là ! Prélevez un échantillon de son sang et emmenez-le au laboratoire. Je ne vais pas toujours m’en charger.

Le Taeil fut surpris par l’ordre mais s’exécuta sans broncher, incisant le bras du patient sans même l’endormir et prélevant son sang à l’aide d’une éprouvette, y colla une étiquette et quitta la pièce.

Friedrichson resta un moment pour observer la belle Swatrozi qui grimaçait de douleur après cette opération soudaine. Elle tourna la tête vers le docteur et demanda.

— Pourquoi faites-vous ça ?

— Votre espèce m’intéresse, répondit le médecin en caressant le visage lisse de sa patiente, vous recélez tellement de mystère.

La Swatrozi tenta de laisser échapper un léger souffle glacial mais Friedrichson la saisit à la gorge et la força à fermer la bouche avec son pouce.

— Vous m’avez l’air bien stressée, dit le médecin, laissez-moi vous offrir un cadeau de bienvenue, ma belle.

Il se saisit d’une seringue pleine de sédatif et la planta dans la nuque de la Swatrozi, dont les traits se détendirent progressivement avant que celle-ci ne perde connaissance Friedrichson eut un sourire avant de quitter la pièce.

Il prit un couloir et rejoint le laboratoire dans laquelle de nombreux scientifiques étudiaient les différents échantillons prélevés sur tous les patients. A son arrivée, les employés s’arrêtèrent net et se tournèrent vers le Taeil. Le jeune homme qui suivait souvent le docteur pendant ses expériences faillit faire tomber une éprouvette en le voyant. Friedrichson sourit, puis s’exclama.

— Mes chers collègues, puis-je avoir votre attention, s'il-vous-plaît ?

Le Taeil marqua une pause. Tout le monde s’était déjà arrêté de travailler et le silence s'était installé. Le médecin se rapprocha du jeune scientifique et lui mit une main sur l’épaule.

— Ce jeune garçon, ici présent, aurait une autre idée pour mener à bien nos expériences. J’ai personnellement trouvé son mode de pensée assez judicieux, et j’aimerais en voir les résultats. Wilfried, je vous nomme donc chef de laboratoire, tâchez de ne pas décevoir.

Le Taeil mit une petite tape sur la joue de l’Humain qui s’apprêtait visiblement à exploser de bonheur comme si c’était le plus beau jour de sa vie. Friedrichson avait l’impression d’avoir annoncé au jeune homme que ce dernier avait le numéro gagnant de la lotterie. Cela fit sourire le Taeil qui sortit de la pièce avec un petit rire.

Un Karin l’interpella au loin et Friedrichson se retourna en entendant son nom.

— Docteur ! Un appel pour vous ! C’est indiqué « Important »

— Transférez-le sur le ComDev de ma chambre, répondit le Taeil en reprenant un visage impassible.

— Très bien monsieur, dit le Karin en s’inclinant avant de faire demi-tour et de courir dans la direction opposée.

Friedrichson retourna dans ses quartiers et récupéra l’appel. Une voix masculine bien familière s’éleva.

— Bonjour docteur.

— Bonjour monsieur, dit le Taeil d’une voix presque tremblante.

— Comment se porte votre projet ? Demanda la voix en insistant bien sur le terme.

— Bien, bien, répondit le médecin, hésitant.

— Quand seront-ils prêts ? Interrogea l’homme d’un ton ferme.

— J’ai besoin d’encore un peu de temps, balbutia Friedrichson, dont la nuque commençait à dégouliner, la greffe a quelques petits soucis.

— Dépêchez-vous, rétorqua violemment la voix, l’heure tourne.

— Je vais faire de mon mieux, monsieur, dit le Taeil, qu’en est-il de la nouvelle recrue que je vous ai envoyé ?

— Il est plus efficace que vous pour le moment, déclara l’homme au bout du ComDev, il fait du bon boulot, c’est un excellent choix.

— J’ai eu du flair, sur ce coup là se vanta le Taeil.

— Essayez d’avoir du flair pour vos greffes, maintenant, répliqua la voix.

— Oui monsieur, dit Friedrichson en s’inclinant de la tête, bien que son interlocuteur ne puisse pas le voir.

— Je compte sur vous, docteur, ne me décevez pas. Lorsque je vous ai rencontré, j’ai eu foi en votre projet qui m’avait semblé prometteur. J’aimerais le voir aboutir si possible.

— Ne vous inquiétez pas monsieur, je ne vous décevrai pas. Nous testons actuellement une nouvelle technique de greffe, cela devrait être la bonne !

— Je vous recontacterai bientôt, dit la voix avant de couper la communication.

Friedrichson se prit la tête entre les mains puis se frotta le front en sueur. Il venait de recevoir un coup de pression non négligeable et il espérait réellement que les idées prometteuses du jeune médecin puissent le sauver. Car, en réalité, cela pouvait tous les sauver.

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