Chapitre 15 - Projet Gamma (1/3)

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— Comment s'en sortent-ils ?

Le Taeil enfila des gants en latex et attrapa un scalpel qu'il fit tourner entre ses doigts avant de le ranger soigneusement dans la poche de sa blouse. Il avait poser la question à l'Humain à ses côtés. Le jeune homme, également en tenue, répondit.

— Pas trop mal pour le moment. La grande majorité ont survécu aux expériences. Nous essayons de détecter celui ou celle qui pourra supporter le projet.

Une porte s’ouvrit automatiquement et le docteur et son équipe entra dans une salle d’opération. Un Swatrozi à la peau bleue était enfermé dans un cercueil de verre posé sur une table, et ses membres étaient retenus par des lanières en cuir. La bouche du Swatrozi était maintenu fermée par du scotch, ce qui l’empêchait de pousser le moindre son. Il cherchait à sedébattre mais ses mouvements étaient limités.

Deux médecins Karins étaient déjà présentes dans la salle au moment où le docteur arriva.

— Bien, bien, fit le Taeil, un nouvel arrivage.

Il se retourna ensuite vers les deux Karins et demanda.

— Quel est son pouvoir ?

— Écartez-vous, légèrement, répondit l’une d’entre elles.

Elle remplit une seringue de sédatif et la plaça dans un petit trou du cercueil, au niveau du biceps droit du Swatrozi. Elle appuya ensuite sur un bouton qui ouvrit une partie du cercueil, devant le visage du patient, comme une petite fenêtre.

— Attention, ça va aller très vite, dit-elle en arrachant le scotch de la bouche du Swatrozi.

Ce dernier l’ouvrit et un cône de flammes s’éleva dans la pièce. L’action ne durera que quelques secondes car la seringue piqua presque automatiquement le bras de l’homme dont le feu s’estompa. Il perdit connaissance dans la minute. Seul un néon fut touché par les flammes et tomba au sol, se brisant en mille morceaux.

Le Taeil se rapprocha du patient, désormais endormi, et l’observa de plus près.

—Brillant, s’exclama-t-il.

Il sortit le scalpel de sa poche et profita de l’ouverture du cercueil pour inciser légèrement la tempe du Swatrozi. Il utilisa la lame de l’outil pour récolter quelques gouttes de sang de l’homme qu’il transposa dans une éprouvette. Il tendit ensuite l’échantillon au jeune Humain qui s’empressa de mettre une étiquette dessus et de la ranger.

Le Taeil prit le jeune homme par l’épaule et lui dit.

— Emmenez ce prélèvement au laboratoire pour que nous l’étudions.

— Bien, docteur, répondit l’Humain.

Le docteur Taeil se tourna ensuite vers les deux Karins.

— Remettez-le en cellule, j’en ai fini avec lui pour le moment.

— Très bien, s’exclamèrent en choeur les deux femmes.

Le Taeil posa ensuite le scalpel près de la table d’opération et retira ses gants. Il quitta la salle, le jeune docteur Humain toujours derrière lui, et emprunta un couloir tournant sur la gauche. Le duo arriva vers la porte du laboratoire et l’Humain s’éloigna

Avant qu’il ne parte, le Taeil lui dit.

— N’oubliez pas, docteur Ceyre, apportez moi les résultats dès qu’ils sortent.

— Tout à fait, docteur, je m’occupe de tout, répondit le jeune homme avec enthousiasme avant de franchir la porte.

Le Taeil continua sa route et arriva dans une nouvelle salle, beaucoup plus grande que la précédente. Celle-ci n’était rien d’autre que le hall d’entrée du bâtiment. Face au médecin se trouvait la porte à travers laquelle tout ce projet avait commencé, et à l’extérieur, les arbres rasés rappelaient la flore autrefois abondante sur la planète. Il avait tout détruit pour y installer son bébé.

Une alarme retentit soudainement et fit sursauter le Taeil. Cette sonnerie stridente signifiait qu’un patient s’était échappé de sa cellule. Le médecin n’y prêta toutefois pas une grande attention car le bâtiment était bien gardé et le fugitif serait donc rapidement arrêté et remis à sa place.

Le son de l’alarme perturba tout de même l’homme qui avait du mal à se concentrer sur ses pensées. Une main puissante sur son épaule le surprit. Il n’eut pas le temps de réagir qu’une pression lui fit perdre l’équilibre et il chuta sur le dos. Face à lui, un Swatrozi à la peau volcanique le menaçait d’un morceau de verre. L’homme semblait fou de rage et ses yeux fixaient la gorge du Taeil.

— Que m’avez-vous fait ?! Monstre ! Hurla-t-il au docteur.

— Rien de bien méchant, répondit le médecin en conservant un sang froid olympique.

— Ne mentez pas ! S’exclama le Swatrozi en rapprochant la lame du Taeil, que faîtes-vous ici ? J’ai vu d’autres gens de mon espèce.

Le docteur entendit du mouvement derrière le patient et comprit que les renforts venaient d’arriver. Il dit simplement.

— Cela, mon cher, ne vous concerne en rien. Mais merci de votre participation.

Un tir retentit et une seringue remplie de sédatif vînt se loger dans la nuque du Swatrozi qui resta immobile quelques secondes avant de s’effondrer sur le côté en lâchant le morceau de verre.

Le Taeil se releva et épousseta sa blouse avant de remercier le chef des gardes, un immense Taeil armé jusqu’aux dents. Ce dernier s’excusa auprès du médecin.

— Nous avons augmenté la dose de sédatif pour ce cobaye. Cela ne se reproduira plus, docteur Friedrichson.

— J’espère bien, rétorqua le Taeil, c’était moins une.

Le garde s’inclina et ramassa le Swatrozi inconscient. Il le souleva d’un seul bras et le plaça violemment sur son épaule. Il indiqua ensuite à son équipe de retourner à la cellule.

Lorsque le groupe fut parti, Friedrichson put enfin souffler. L’alarme avait cessé mais le son strident lui laissait un violent mal de crâne. Il préféra retourner dans ses appartements afin de se reposer. Il n’avait, dans l’immédiat, rien de prévu pour le moment.

Le docteur fit juste un petit détour dans la salle de sécurité du bâtiment, dans laquelle était placées toutes les retransmissions de caméra. Les employés de ce département étaient ses yeux ici. Un Karin avaient les siens rivés sur les écrans. Friedrichson s’approcha de lui et lui chuchota.

— Doublez moi les vitres des cellules et l’épaisseur des liens des patients. Un Swatrozi vient tout juste de s’échapper et a porté atteinte à ma vie. Il est inconcevable que cela se reproduise.

Le Karin, qui n’avait pas vu son patron venir, sursauta sur sa chaise. Le Taeil comprit qu’il n’avait pas saisi ses propos et répéta encore une fois. Le Karin acquiesça.

— Tout de suite, docteur, j’envoie les équipes de rénovation.

— Parfait, répondit le médecin avant de tourner les talons.

Il quitta la pièce et rejoint ses appartements où il s’affala sur son lit après avoir ôté sa blouse. Le Taeil ferma les yeux et somnola calmement.

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