Chapitre 14 - Le Conseil Galactique (3/4)

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Dicey sortit de la salle de bain, les cheveux encore humides, et trouva Mark avachi dans l'énorme canapé du salon. Le mercenaire fixait la véranda avec un regard vide et fumait une cigarette électronique. Une légère odeur de groseilles s'en dégageait.

Le pilote ne comprit pas vraiment ce qu'il se passait, aussi décida-t-il de s'asseoir à la gauche de Mark, qui inspirait de grandes bouffées dans sa cigarette avant de souffler de parfaits cercles avec une fumée opaque et laiteuse.

— Quelque chose ne va pas ? Demanda le pilote.

— Ils ont refusé l'entrevue, marmonna le mercenaire.

— Pourquoi cela ? Intervint Bergins.

Ce dernier venait d'arriver dans la pièce. Le colosse venait de faire une sieste de plusieurs heures dans l'une des nombreuses chambres de la suite et était actuellement vêtu d'un peignoir mauve.

Les deux Humains assis dans le canapé se retournèrent brusquement et Mark répondit.

— Ils seraient apparemment trop occupés pour nous accorder une quelconque importance.

Et nos preuves seraient soit disant trop maigres pour passer en prioritaire. Mais ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que nous leur apportons la clé du problème sur un plateau.

Le mercenaire de la Compagnie de l'Azur semblait véxé d'avoir essuyé un refus auquel il ne s'attendait pas. Mais Bergins prit plutôt le parti du Conseil.

— En même temps, une nouvelle attaque a eu lieu sur Evelydarn, un peu similaire à celle de Frist. Ils viennent juste de l'annoncer aux infos, mais n'ont aucune idée de la provenance.

— Je suis déjà au courant de ça, rétorqua Mark, mais la provenance, nous l'avons. Si seulement ils se décidaient à ouvrir leur champ de vision et à prendre toutes les aides possibles.

— Avec la traque des rebelles et des mercenaires, ils prennent pas mal de précaution.

Le capitaine de la Compagnie de l'Azur se leva pour répondre au colosse lorsque l'on toqua soudainement à la porte. Mark lança d'abord un regard vers Dicey, puis un autre vers Bergins.

— Vous attendez quelqu'un ?

Les deux hommes firent non de la tête et le mercenaire demanda.

— Où est Shad ?

— Il dort dans l'une des chambres, répondit Bergins, il n'est pas sorti.

Mark fut intrigué et regarda sur l'écran relié à la caméra extérieur. La personne qui venait de toquer était vêtue d'une cape sombre et son visage était encapuchonnée. Depuis la vidéo, impossible de savoir si celle-ci détenait, ou non, une arme.

Le capitaine de la Compagnie de l'Azur se tourna vers Dicey.

— Donne-moi mon arme dans le tiroir de la table basse.

Le pilote ouvrit plusieurs tiroirs avant de trouver le bon. Il se saisit du petit revolver T-40 et le tendit à Mark qui se rapprocha de la porte. Il fit signe à Bergins.

— A mon signal, tu l'ouvres.

Le colosse acquiesça et posa son énorme main sur la poignée. Il attendit le signe de Mark puis, au moment où ce dernier baissa le bras, ouvrit violemment la porte. Le mercenaire pointa son revolver sur le visiteur qui ne bougea pas.

Mark garda son arme braquée sur lui, puis une voix d'homme sortit de la capuche, avec un ton un peu indigné.

— Vous pointez souvent votre arme sur les gens qui viennent toquer chez vous ?

— Seulement lorsqu'ils ne sont pas invités, rétorqua Mark qui n'abaissa pas son arme, qui êtes vous ?

— Pourrais-je rentrer d'abord ? Demanda l'homme, je n'aimerais pas être vu ou entendu par des gens malhonnêtes.

— Pour que vous vous faisiez exploser à l'intérieur ? Non merci, s'exclama Mark sur un ton virulent.

L'homme éclata de rire.

— Croyez-moi. Je suis très satisfait de ma situation actuelle, et je n'ai aucune raison valable de vouloir me suicider. Et si j'avais voulu vous tuer, j'aurais lancé la bombe dès l'ouverture de la porte.

— Il marque un point là, intervint Dicey.

Le pilote tenta de voir sous la capuche de l'homme à quelle espèce ce dernier appartenait, mais de sa position, celle-ci couvrait tout le visage de l'inconnu.

L'homme poursuivit.

— Écoutez, faisons un marché : Laissez-moi rentrer et à la moindre action suspecte, abattez-moi. Qu'en pensez-vous ?

Dicey croisa le regard de Mark qui, lui non plus, ne comprenait pas bien le marché un peu particulier, mais ils finirent par accepter. Les trois mercenaires reculèrent de quelques pas afin de laisser rentrer l'homme, mais Mark avait toujours son revolver braqué sur lui et ne le lâchait pas.

L'homme entra dans la suite et referma la porte derrière lui. Il retira alors sa capuche et se révéla être un Karin.

Et pas n'importe lequel.

— Bonjour messieurs. Laissez-moi me présenter. Ambassadeur Nelin du système Nolandy.

Dicey fut soulagé. Il était extrêmement rare de voir un Karin dans un gang car ces derniers étaient pacifistes. Il y avait de très faibles chances que cet homme soit un espion des Ombres Pourpres, ou tout autre organisme souhaitant avoir leur tête. De plus, Nelin, sous sa longue cape, possédait en effet la tenue officielle des ambassadeurs du Conseil.

Ces tenues étaient faites d'un tissu unique et très léger, et le nom de l'ambassadeur était brodé en lettres d'or dessus. La signature sur le torse de l'homme prouva l'authenticité de son statut.

— Que faîtes-vous ici ? Demanda Mark.

— J'ai malencontreusement écouté votre échange avec l'ambassadeur Falinson, et son refus de vous accorder une entrevue avec le Conseil. Je ne savais pas qu'il trempait avec ce genre de crapules.

— Quel genre de crapule ? S'exclama Bergins.

— Allons, répondit Nelin en souriant, j'ai moi aussi mes contacts. Je vous connais tous.

Il pointa ses longs doigts vers Mark.

— Mark Finneman. Commandent du régiment des Albatros. Actuel capitaine de la tristement célèbre Compagnie de l'Azur.

Il passa ensuite à Dicey.

— Max Dicey. Sorti numéro un de l'Institut de Pilotage Galactique de Saon. Considéré comme un pilote d'exception par ses pairs mais arrêté pour contrebande et enfermé dans la prison de Bellnitch. Activement recherché depuis.

Il termina avec Bergins.

— Samuel Bergins. Général du régiment des Mantes Religieuses. Soldat hors du commun.

Votre dossier est cependant assez vide mais, vous voyant ici, avec ces deux hors-la-loi, j'en déduis que vous êtes vous aussi devenu mercenaire à la fin de votre service. C'est triste de voir autant de gens avec d'excellentes qualités rejoindre le camp du mal plutôt que de servir leur gouvernement.

— Si le gouvernement était moins aveugle à propos de certains problèmes, rétorqua le colosse Humain, je pourrais reconsidérer la question.

Nelin ria de nouveau, et dit.

— Justement, je n'ai peut-être pas d'oreille contrairement à vous, les Humains, mais j'ai trois yeux. Et la théorie que vous apportez m'intrigue.

— Celle sur les Créatures du Néant ?

— Exactement.

— Mais le Conseil refuse de nous accorder une entrevue, s'exclama Mark, que pouvonsnous faire ?

— Ce n'est pas parce qu'un membre vous dit non, expliqua Nelin, que c'est peine perdue pour vous. Je suis ambassadeur du Conseil tout comme l'est Falinson. Mais j'ai un avantage sur lui. J'ai effectué des recherches sur les Créatures du Néant avant de venir vous voir. J'ai donc de quoi pousser les autres à vous accorder une audience. En revanche, le résultat de celle-ci ne dépend que de vous.

Le visage de Mark s'éclaircit et il baissa son revolver, gardé pointé sur le Karin depuis le début. Bergins, quant à lui, était toujours sur ses gardes.

— Pourquoi vous nous aidez ? Demanda-t-il à l'ambassadeur.

— Si vous avez de quoi nous éclairer sur le problème afin de nous alléger le travail, je ne vois pas pourquoi je refuserais, répondit Nelin.

— Vous ne demandez rien en retour ? Interrogea le capitaine de la Compagnie de l'Azur.

Le Karin remit sa capuche devant son visage et ouvrit la porte pour sortir.

— Pas pour le moment, termina-t-il, je vous enverrais quelqu'un pour vous emmener à l'entrevue. Préparez bien vos preuves et votre discours. Les ambassadeurs ne sont pas faciles à convaincre.

Il referma la porte et disparut aussi soudainement qu'il était arrivé.

Shad arriva enfin dans la pièce, encore à moitié endormi, et se figea en voyant le revolver dans les mains de Mark.

— Qu'est-ce que tu fais avec ça ?

Le mercenaire rangea l'arme dans son dos et répondit.

— Ce n'est rien. Nous n'allons peut-être pas repartir bredouilles finalement. Allez ! Au boulot.

Tout le monde commença à s'activer face à un Shad qui ne saisissait pas bien la situation. Dicey lui asséna une petite tape amicale sur l'épaule et lui dit.

— Je t'expliquerais.

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