Chapitre 14 - Le Conseil Galactique (2/4)

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— Comment cela vous ne pouvez pas nous accorder d’entrevue ?

Le capitaine de la Compagnie de l’Azur n’en crut pas ses yeux. Si près du but d’enfin ouvrir les yeux du Conseil, il ne pouvait aller jusqu’au bout. L’ambassadeur Falinson avait l’air pourtant très clair et ne changerait sûrement pas d’avis.

— Le Conseil est surchargé en ce moment. Nous avons des soucis qui nous hantent de tous les côtés et nous n’avons donc pas le temps pour nous occuper des plaintes des citoyens.

Falinson avait énoncé cela d’une voix ferme et tranchante, mais Mark n’en fut pas découragé pour autant et regarda l’ambassadeur dans les yeux, bien que le Taeil dépasse en taille l’Humain.

— Falinson, dit Mark, j’avais prévenu de ma visite. Vous m’aviez dit qu’une audience me serait accordée. Rappelez vous d’où vous venez.

L’ambassadeur avala difficilement sa salive. Il était incapable de soutenir le regard du mercenaire.

— Je ne l’oublie pas, Mark, répondit Falinson en essayant tout de même de garder un visage impassible, mais je suis vraiment navré Nous sommes débordés pour le moment. L’incident tout récent sur Evelydarn n’arrange rien.

— Que s’est-il passé sur cette planète ? Demanda Mark, intrigué, n’était-ce pas une colonie humaine ?

— Exact. Elle servait de réserves agricoles. Mais il y a quelques jours, la population a disparu, un peu comme avec Frist.

Falinson prit sa tête entre ses grosses mains. Il semblait de plus en plus inquiet.

— Nous ne savons plus quoi faire, dit l’ambassadeur, avec ces rebelles qui nous donnent du fil à retordre en plus. Nous ne savons plus où donner de la tête, c’est l’enfer.

Mark vit la détresse de son ami comme une opportunité.

— Moi et mes coéquipiers avons assez de preuves pour vous montrer l’existence des créatures du Néant. Si seulement tu pouvais nous soutenir là-dessus, nous pourrions avancer.

— La question n’est pas là, rétorqua l’ambassadeur Falinson, le Conseil n’est pas composé que de moi, et il fonctionne sur un système démocratique. Il faudrait plus que mon simple accord pour qu’une entrevue vous soit offerte. Sur ce point-là, je n’ai aucun pouvoir, ni aucune influence. A moins que vos preuves soient tellement convaincantes qu’elles pourraient convaincre une assemblée, il faudra continuer de chercher.

Mark finit par comprendre que la discussion n’irait pas plus loin et lâcha prise. A l’évidence, Falinson ne pouvait rien faire de plus pour lui. Le mercenaire mit une petite tape sur l’épaule de son ami et lui dit.

— Ce n’est pas grave, je comprends. Tu n’es pas le seul capitaine de ce bateau.

Avant de repartir, l’Humain croisa le regard du Taeil qui était profondément désolé. Mais ce refus n’arrêterait pas le membre de la Compagnie de l’Azur.

L’Humain rebroussa chemin et Falinson retourna dans l’Antichambre du Conseil d’un air très déçu. Mais Nelin avait été plutôt intrigué par le contenu de leur discussion. L’homme qui venait de parler à l’ambassadeur avait évoqué le Néant. Or, ce dernier, selon la croyance populaire, n’existait pas. Pourquoi donc alors évoqué ce nom ainsi que des preuves de son existence ?

Nelin ne savait pas trop quoi penser de tout cela, aussi se dirigea-t-il vers la Bibliothèque privée du Conseil. Cette bibliothèque numérique regroupait une copie des ouvrages présents dans la Bibliothèque Galactique de Saon, la plus grande et la plus complète de la galaxie.

Le Karin souhaitait se renseigner davantage sur une oeuvre immensément célèbre mais dont peu de personnes avait effectué de réelles recherches à son égard : les Histoires du Néant de Félix Trawsesh.

L’ouvrage était connu en tant que contes pour enfants. Des contes pour leur faire peur avant d’aller dormir. Si les histoires avaient été lues et relues par des générations de parents, aucun d’entre eux n’avait jamais prêté attention à leur contenu. Il s’agissait bien souvent de monstres cauchemardesques et de guerres sanglantes ou le bien et le mal n’existait pas. Nelin arriva à la Bibliothèque, entra grâce à son statut d'Ambassadeur du Conseil, et chercha l'ouvrage dans les archives. Il finit par trouver un exemplaire et le lut à toute vitesse. Son intelligence de Karin lui permettait de mémoriser rapidement le contenu de l’oeuvre. Il trouvait jusque alors assez peu de similitudes avec les récents événements. Sauf un détail qui semblait coïncider. Il se pencha sur la page numérique d'un peu plus près. En hâte, il n'avait pas allumer la lumière de la bibliothèque et la lueur bleutée, que dégageait le livre numérique, donnait un aspect fantomatique à la pièce dans laquelle se trouvait l'ambassadeur.

Ce dernier lut.

« Les créatures du Néant se tapissent dans l'ombre et attendent de récolter assez de force avant de frapper un grand coup de front. Elles préfèrent envenimer et contaminer discrètement les petites planètes éloignées et peu peuplée, avant de se propager vers les plus grosses. Elles ne laissent souvent aucune trace de leur passage sur une planète et déciment une population à très grande vitesse. »

Les deux cerveaux de l'ambassadeur réfléchissaient tels des ordinateurs. Le Conseil n'avait retrouvé aucun survivant, tant sur Frist que, plus récemment, sur Evelydarn. Ce détail commun était mince mais assez intriguant pour que l'ambassadeur Karin veuille en savoir plus.

Nelin referma le livre numérique et sortit de la Bibliothèque. Il trouva non sans mal l'endroit où résidait l'ami Humain de Falinson, car lui aussi bénéficiait de contacts bien placés.

Cette crapule était un mercenaire de la Compagnie de l'Azur. Étonnant. L'ambassadeur toqua discrètement à la porte de l'hôtel.

Il était curieux de voir ce que cet Humain avait à lui proposer.

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