Chapitre 1 - Entre les murs (3/4)

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— C'est là, je te dis !

— T'es sûr de toi ? Que je fasse pas de conneries !

— Arrête de faire ton enfant et rentre là-dedans !

Une ombre se faufila dans le couloir en tombant du conduit d'aération. Il fit un léger signe de la main et peu de temps après, deux autres silhouettes atterrirent près de lui.

— Ces prisons du Conseil sont tellement faciles à infiltrer. Les conduits d'aération mènent à peu près partout, s'exclama le premier venu.

— Tais-toi Shad ! Maintenant qu'on a réussi à rentrer, ce serait con de se faire attraper par un garde, murmura une voix féminine.

— Denita ! La femme qui rend vos missions ennuyantes, pour vous servir !

Une gifle fit taire Shad. La trosième personne les calma.

— Assez ! Allons voir s'il est dans sa cellule. Elle devrait se trouver par là-bas.

Le groupe se dirigea vers le fond du couloir et s'arrêta.

— C'est vide.

— Bien vu Bergins, répondit Shad.

Denita s'approcha de la porte, passa à travers elle et entra dans la cellule.

— Le matelas dessine encore sa silhouette, s'exclama-t-elle. Il était couché là il y a moins d'une heure.

— Commençons les recherches, dit Bergins. Toutefois, si un garde s'approche, abattez-le. On a pas le temps de faire dans la dentelle. Pas de prisonniers, compris ?

— Pas de prisonniers dans une prison ? Le comble !

— Range ton humour Shad. On a un pilote à aller chercher.

Le groupe se dirigea vers l'extrémité du couloir, et tomba face à deux escaliers. L'un à gauche, montant, le second à droite, descendant.

— Ça va nous prendre des jours vu la taille de la prison. Autant se séparer, proposa Denita.

— Bonne idée, répondit Bergins, tu prends celui qui monte, je descends. Shad, tu retournes dans le conduit. Sois discret.

— Chef ! Oui chef ! fit Shad.

— Si vous trouvez la moindre chose, indiquez-le dans votre ComDev pour alerter les autres. On se retrouve une fois tout ceci terminé.

Après un bref signe de tête, ils se séparèrent.

Bergins descendit, toujours à l’affût. Toutefois, son imposante silhouette n'était pas adaptée pour la furtivité, et il se tapit du mieux possible.

Après quelques minutes qui lui semblèrent être des heures, il tomba sur un nouveau couloir. Remarquant de la lumière, il se colla contre le mur et observa. Cette dernière provenait d'une pièce sur la droite. Se baissant, il rampa sous les fenêtres, et perçut plusieurs voix. Celles d'un homme et d'une femme.

— Docteur, pouvons-nous encore le sauver ?

— C'est impossible Beckett, son coeur vient de s'arrêter. Le cancer a eu raison de lui.

— Mais.... Mais c'était mon père, Harrison ! Comment est-ce possible ?

— Je suis désolé Beckett, je n'ai rien pu faire.

Bergins reconnut là un épisode de la série « Médecins et Amour », très populaire sur Saon. Le gardien regardait la télévision. Bergins s'arc-bouta pour jeter un coup d’oeil à la fenêtre : un jeune homme était avachi sur une chaise, concentré sur la série. Bergins souffla de soulagement puis se baissa de nouveau et continua sa progression.

Il emprunta un long escalier. Au bout se trouvait une porte massive, gardée par deux soldats armés. La lunette de précision de son arme lui permit de viser sans difficulté le torse du garde le plus proche. La balle incendiaire brûla la cage thoracique du malheureux, qui chuta. Surpris, le second n'eut pas le temps de tirer que Bergins avait déjà décoché un second tir qui lui transperça la gorge.

Examinant la porte, Bergins saisit la poignée et tira de toute ses forces. Celle-ci s'entrouvrit. Le géant pénétra et abattit rapidement les deux soldats alertés par ses tirs. Un Taeil protesta.

— Qu'est-ce que vous...

Sans un mot, Bergins lui tira dans la cuisse et ce dernier hurla de douleur avant de laisser tomber l'objet metallique qu'il tenait. Observant la pièce, toujours sur ses gardes, le colosse remarqua qu'il ne restait plus qu'un homme ligoté à une chaise et un Karin en bouse blanche, pétrifié par la peur.

— S'il vous plaît, ne me faites pas de mal ! Je ne suis que le médecin de la prison ! Je ne suis là que pour soigner les gens !

Malheureusement, Bergins ne pouvait se permettre de lui faire confiance et logea une balle dans son crâne, accompagné d'un « Désolé ». Il s'approcha ensuite de l'homme assis sur la chaise. Celui-ci leva la tête. C'était leur cible.

Au même moment, une alarme retentit dans tout le bâtiment.

Denita montait les marches sans s'arrêter. Elle grimpait les étages un à un, sans trouver ce qu'elle cherchait. Elle se dit que le prisonnier devait être de l'autre côté. Elle tourna donc à droite et déboucha sur un couloir. Au fond de celui-ci, elle distingua une gigantesque baie vitrée qui dévoilait un panorama époustouflant. À l'extérieur, les vagues se déchaînaient. L'océan s'étalait à perte de vue.

L'une des raisons pour lesquelles Bellnitch figurait parmi les prisons les plus sécurisées de la galaxie résidait dans le fait qu'elle était entourée d'eau. En effet, l'édifice avait été bâti sur un rocher perdu en plein milieu de l'océan, n'offrant ainsi aucun moyen d'évasion. Certains détenus avaient tenté la nage, espérant rejoindre une quelconque terre, mais les courants marins, extrêmement puissants, les avaient projetés contre les récifs . Seule une petite plateforme avait été prévue pour permettre aux vaisseaux de se poser. C'est grâce à lui que le groupe avait pu s'infiltrer dans la prison. Leur navette étant de fabrication Swatrozi, l'espèce de Denita, il était capable de modifier sa composition et sa couleur extérieures afin de se fondre dans le décor.

Elle entendit une alarme retentir.

— Putain, Shad ! jura-t-elle.

Des pas résonnèrent dans le couloir. En tournant la tête, elle vit deux gardes arriver à son niveau. Elle tira aussitôt et fit mouche. Enjambant les cadavres, elle se dirigea de nouveau vers les escaliers.

— Je vais le tuer, pesta-t-elle.

Shad s'allongea sur le sol du conduit pour s'étirer, les membres endoloris à force de rester cambrés dans le peu d'espace disponible. Il joua un moment avec la lampe de son pistolet, qui lui servait à se guider parmi le dédale de tuyaux d'aération. Avançant à nouveau de quelques mètres, son attention fut soudain attirée par des voix à l'extérieur du conduit. Il remarqua une grille et s'y faufila. Il observa une salle dans laquelle se trouvaient deux gardes, assis sur de petites chaises noires. Dans un coin, une télévision affichant ce qui semblait être la série « Médecins et Amour » était accrochée au mur. Le plus vieux s'exclama.

— Au fait Ethan, t'as regardé la Coupe Galactique de Speedball ? Cette branlée qu'a prise l'équipe de Tesk, huit à un ! C'était pas beau à....

À ce moment-là, la grille s'ouvrit à la volée.

Le Zantry détestait connaître le résultat d'un match qu'il n'avait pas vu. C'était le cas pour celui-ci.

Atterrissant dans la pièce, d'un geste rapide, il trancha la gorge de l'homme qui venait de parler avec son couteau. Effrayé, le plus jeune pressa aussitôt le bouton coup de poing. La seconde d'après, une alarme gronda dans toute la prison. Shad bondit sur le second garde et lui réserva le même sort qu'à son collègue, avant de retourner dans le conduit d'aération.

— Mais c'était mon ami ! s'exclama le personnage à l'intérieur de la télévision.

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