Prologue (2/2)

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Le capitaine mena ses hommes à l'armurerie pour leur préparation, puis se dirigea vers le laboratoire du vaisseau. À l'intérieur, un scientifique occupé à vérifier des données sursauta en remarquant sa présence.

— Capitaine ! Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-il en réajustant ses lunettes.

— Quels sont les conditions sur la planète, Professeur ? Quelque chose à signaler ?

Le chercheur tapota sur sa machine et fit défiler les informations sur l'écran tactile.

— Faites attention, une tempête de neige fait rage. Température comprise entre -70 et -80 degrés Celsius, expliqua-t-il avant de marmonner. Je me demande comment la population a survécu jusqu'ici avec de si mauvaises conditions climatiques. Ils étaient environ deux millions avant que cette catastrophe n'arrive. Depuis, silence radio.

Le capitaine remercia le scientifique d'un sourire et réunit ses hommes qui enfilèrent leurs combinaisons avec hâte. Le commando se dirigea vers l'arrière du vaisseau, où se trouvait une petite navette. Le temps instable ne permettait pas un atterrissage précis, ils devaient ainsi recourir à un engin intermédiaire.

La neige brouillait leur vue et les secousses les empêchaient de descendre calmement. À travers le hublot, l'aspect hostile du monde les accueillait. Non sans manquer de s'écraser, Manor et son équipe réussirent à poser le véhicule au sol. Le groupe sortit pour observer les lieux avec prudence.

Malgré les lunettes de vision anti-brouillard, la tempête était si puissante qu'ils ne voyaient pas devant eux. Le chef déploya une balise afin d'analyser la nature des roches présentes. Tout semblait normal.

Le groupe progressait à l'aveuglette. Le militaire remarqua la montagne de glace qu'indiquait les coordonnées. Il fit signe aux autres de le suivre en restant sur leurs gardes. S'approchant avec difficulté, Il distingua une brèche au centre et comprit qu'il s'agissait d'une grotte.

— Préparez vos armes, on ne sait pas sur quoi on peut tomber là-dedans, ordonna-t-il.

Le commando inspecta l'intérieur. Rien à signaler. Il était recouvert de glace. C'était vide. Aucune forme de vie. Aucun survivant ne se cachait là. L'équipe poursuivit les recherches et s'enfonça plus profondément.

— Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? s'écria le capitaine. Tout a l'air normal, mais j'ai un mauvais pressentiment.

— On trouvera peut-être un indice plus loin , fit l'un des soldats.

Au fur et à mesure, la lumière naturelle se réduisait. Le leader alluma la lampe intégrée à son arme pour éclairer le chemin. Le reste du groupe l'imita aussitôt. Le commando avança dans l'obscurité et scruta les parois. Sans s'arrêter, les soldats fouillèrent la grotte de fond en comble, sans succès. Résigné, le chef voulut ordonner à son équipe de faire demi-tour lorsqu'il entendit un craquement. Il pointa son arme vers la source du bruit. L'un de ses hommes se figea : des débris d'ossements s'entassaient sous ses bottes.

Soudain, la terre trembla. Des morceaux de stalactites se brisèrent suite aux secousses.

— Courez ! cria le capitaine.

Le groupe souhaita se diriger vers la sortie, puis se rétracta et garda sa position : le sol s'était ouvert en deux en aspirant l'un des soldats qui, incapable de s'agripper, cria avant de disparaître dans l'abîme.

— Replions-nous dans un coin. La sortie est bloquée ! s'exclama le leader.

— Comment se fait-il que la balise n'ait pas détecté d'activités sismiques sur la planète ? demanda l'un des soldats.

— Je ne comprends pas. Il semblerait que...

Un hurlement résonna dans toute la grotte et leur glaça le sang.

— … Cela n'est pas dû à la planète.

Le capitaine remarqua un autre passage relié au premier et cria un « Allons-y ! » à son équipe avant de courir en direction de la brèche.

Une fois dehors, il tenta d'alerter la navette.

— Commandant, me recevez-vous ? Répondez-moi !

— Qu'y a-t-il, Manor ? Où sont vos hommes ?

— Certains sont avec moi ! Nous avons détecté des activités sismiques. Nous demandons un repli d'urgence.

— Très bien, nous allons tenter une approche. Rejoignez votre navette dès que possible.

Ernest coupa la transmission et commença à suer. Le corps du vaisseau chavira soudainement en direction de la planète. Surpris, le commandant faillit tomber, mais se retint au mur.

— Bordel ! Que se passe-t-il ? hurla-t-il au pilote.

— Les commandes sont bloquées ! La planète nous attire. Je n'arrive pas à me libérer de l'attraction ! répondit le jeune homme.

La navette bascula à la verticale et le vétéran chuta. Il releva la visière de sa casquette, les joues violacées. La transpiration perlait sur son front et dégoulinait sur sa nuque.

— Pilote ! Faîtes votre boulot et remettez-moi cette machine en état !

Néanmoins, le navigateur avait beau user de tout son talent, le vaisseau ne répondait plus. Il était inexorablement entraîné vers l'épaisse couche de neige. Le commandant ne s'arrêtait plus de suer. Il avait traversé des centaines d'épreuves et silloné le monde. Malheureusement, sa carrière ne lui servait à rien, le vaisseau s'enfonçait toujours plus vers le sol, sans que personne ne puisse changer sa trajectoire.

Au même moment, le capitaine se hâtait avec le reste de son équipe, en direction de la navette. En levant les yeux au ciel, il remarqua le vaisseau du commandant descendre sur la planète. Il s'arrêta, interloqué, et se tourna vers son équipe.

— Nous allons devoir nous en sortir par nos propres moyens.

Le commando reprit sa course et fut de nouveau secoué par un tremblement intense. Le leader songea que rien de tout cela n'était normal. Cette planète cachait un secret. Il cherchait un endroit où se réfugier, lorsqu'une gigantesque créature surgit du sol et le projeta sur plusieurs mètres, lui coupant le souffle. Le militaire se releva puis resta bouche-bée : c'était la première fois qu'il voyait ce genre d'animal. La lumière créant un contre-jour, il ne distinguait que l'immense silhouette de la créature. Celle-ci disposait d'un large et très long corps, semblable à un ver, le monstre avait deux paires de pattes, terminées par d'effrayantes pinces. Sa tête triangulaire était surmontée d'antennes. Impossible de connaître la couleur de la bête, ni même si celle-ci possédait des yeux. Mais elle était sans nul doute pourvue de crocs acérés. Elle attrapa d'un coup de gueule l'un des soldats puis poussa un hurlement glacial similaire à celui qu'ils avaient entendu dans la grotte. Chacun de ses mouvements créait une secousse qui déséquilibrait tout le commando.

Incapable de se défendre ni de fuir, le capitaine comprit trop tard qu'il était le dernier survivant de l'équipe. Sa dernière vision fut celle de la mâchoire de la bête.

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