Chapitre 12 - Un nouveau chapitre

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Lorsque je me réveille le lendemain matin, je croise mes parents dans la cuisine. Chose assez inhabituelle puisque mon père travaille souvent le samedi et le dimanche, il passe la journée au club de golf pour se détendre.

- J’espère que les évènements de la veille n’ont pas entravé ton sommeil, s’inquiète ma mère en venant m’embrasser.

Mon père est en tenue détente et apporte des pancakes sur la table de la cuisine. Je le regarde complètement médusée. Ma famille s’est complètement transformée dans la nuit. Que s’est-il passé ?

- Je sais aussi cuisiner, commente-t-il en me portant le sirop d’érable sous le nez.

- Je suis contente que nous soyons réunis, je parviens à dire sans cacher ma surprise.

Je ne suis pas habituée à ce genre de réunion matinale. En général, tout le monde déjeune de son côté en fonction de ses heures de réveil. Maria n’est pas souvent là le week-end et ce sont mes parents qui s’occupent du repas et plus précisément ma mère puisque mon père est toujours occupé.

- Je pense que nous devrions passer plus de temps en famille, confirme ma mère en buvant une tasse de thé. Ton père est d’accord avec moi sur le sujet. Demain nous irons ensemble nous promener à la campagne à la place d’aller au club de golf.

- Je suppose que ta relation avec la mère d’Alex n’est plus aussi bonne, je constate. D’habitude, tu aimes beaucoup discuter avec elle le dimanche au club.

Ma mère hoche la tête pour confirmer mais je vois qu’elle ne veut pas s’étaler sur le sujet. Je mange des pancakes en silence lorsqu’un téléphone sonne.

- C’est encore une fois le travail, soupire mon père en décrochant.

Il quitte la pièce pour se rendre à son bureau à l’étage. Ma mère me sourit avant de reporter son attention sur un magazine de décoration posé sur la table.

En déverrouillant mon smartphone, je remarque un mail d’Irina. Après notre dispute de la dernière fois, notre relation est revenue à la normale. Je n’aime vraiment pas me disputer avec les autres. Elle était enchantée quand je lui ai expliqué que je n’étais plus avec Alex. Irina était également furieuse de son comportement violent avec moi.

Ma chère Irina,

Je suis heureuse que tout se passe bien pour toi en Pologne. Je sais que ta famille te manquait beaucoup. J’espère que ta cousine va mieux et a quitté l’hôpital. Si tu as besoin d’argent je peux t’aider, je suis ton amie.

Bisous Tina

Les aides aux étudiants étrangers permettent à mon amie de ne manquer de rien en France. Mais en Pologne, la vie est difficile même si elle fait partie de la classe moyenne.

J’envoie le message au moment où une notification apparait. Matéo veut m’amener dans un endroit extraordinaire selon lui. Je suis tout excitée à l’idée de le revoir mais quelquefois, je me dis qu’il passe plus de temps avec moi qu’avec sa copine. J’espère qu’elle ne sera pas jalouse et ne viendra pas me faire une crise jusque dans ma maison.

- Qu’est-ce qui te rend de si bonne humeur ? demande ma mère en levant les yeux de son magazine.

- Matéo veut me montrer un endroit magnifique, j’explique simplement.

Je vois qu’elle n’est pas enchantée par cette annonce mais elle ne dit rien. Il n’est pas encore midi que je suis déjà parfaitement apprêtée pour cette journée. Je porte un short en jean avec des baskets et un débardeur jaune.

Je dévale les escaliers pour rejoindre Matéo lorsque je le vois attendre devant sa voiture. Je le prends par surprise en lui sautant dans le dos pour le sortir de ses pensées.

- Comment ça va ? je lance tout sourire.

- Tu sembles en forme, remarque-t-il en me soulevant comme quand j’étais enfant. Je suis content qu’Alex ne soit pas responsable de ta tristesse puisqu’elle s’est envolée.

Il me garde quelques secondes en hauteur avant de me reposer à terre. La puissance de ses bras est extraordinaire. Je suppose qu’il a pris autant de masse à l’armée.

- Où est-ce qu’on va ? je lui demande avec curiosité.

- Monte dans la voiture et tu verras, répond-il en me lançant un clin d’œil.

Il conduit pendant presque une heure dans la campagne. Finalement, nous arrivons en haut d’une immense colline arborescente. Le vert est la couleur dominante de ce lieu sauvage. Peu de gens semblent connaitre cet endroit car il n’y a pas de route bétonnée qui nous y conduit.

Matéo se gare entre deux arbres avant de m’ouvrir la portière.

- Madame, dit-il en changeant de voix.

Je ris avant de descendre puis de le rejoindre près du coffre.

- J’ai prévu un pique-nique, explique Matéo en déchargeant un énorme panier en osier.

Je prends la couverture puis je le suis à travers les arbres. En quelques minutes, nous arrivons dans une clairière ouverte sur une sorte de falaise. Le panorama est époustouflant. Au premier plan s’étend la campagne, quelques fermes et des bosquets. Au loin nous pouvons voir vaguement la ville de Toulouse et sa périphérie. Nous ne sommes pas loin des Pyrénées et lieu est vraiment féérique.

Matéo installe la couverture puis nous nous asseyons dessus. Je l’aide à sortir la nourriture du panier. Il y a énormément de boites et de quoi manger. Je compte des sandwichs, de la salade de pâtes, des fruits, des gâteaux, de l’eau ainsi qu’une bouteille de vin au frais.

- Il y a beaucoup trop de choses ! je m’exclame.

- Je mange beaucoup, m’indique-t-il en riant. Et devine quoi ? J’ai pris ton péché mignon avec moi !

Il me tend un sachet de saucisson sec. Je sais que ce n’est pas très raffiné mais j’adore ça. Matéo m’en apportais de temps en temps quand j’étais petite et ma mère en devenais folle. Elle disait que ce n’était pas bon pour la santé.

J’ouvre la paquet tandis que Matéo entame des sandwichs en observant le panorama.

- Tu es amateur de beaux paysages ? je demande à Matéo pour rire.

- Ce sont des lieux que j’ai découvert quand je voulais la paix, explique-t-il. Je partais de la maison lorsque je me disputais avec mon père.

- Où vit-il d’ailleurs ?

- Je ne sais pas trop, je ne l’ai pas revu depuis mon retour mais je pense qu’il habite encore à Toulouse d’après les infos de ma mère. Elle lui a beaucoup reproché mon départ.

- Je suis désolée pour votre famille.

- Ne t’inquiète pas Tina, me rassure-t-il. C’est beaucoup mieux qu’il ne soit plus là, ce n’était pas une bonne personne. Je suis content de ne plus le voir. Depuis le temps, il a dû former un nouveau successeur.

Je n’ai pas beaucoup de souvenir de monsieur Di Angelo. Il était comme mon père, très souvent au travail. Son visage m’apparait très flou dans mes souvenirs. Je me rappelle juste que c’était un homme hautain et strict. À la différence de mon père il ne montrait jamais sa gentillesse ni son humour.

Il passe son bras autour de moi quand un téléphone sonne. Matéo soupire d’agacement en posant son sandwich. Quand il voit le numéro de l’appelant il grogne et sa main quitte mon épaule.

- Salut, je t’ai dit que j’étais avec des potes aujourd’hui, lance-t-il agacé. Je te rejoins ce soir à ton appart. Mmmm…. Ouais à plus.

Il raccroche sans rien ajouter de plus. La chose qui me contrarie le plus c’est qu’il dit qu’il est avec des potes et je suis censée être bien plus que ça.

- Pourquoi tu as menti ? je demande sceptique.

- Delphine est très jalouse, je ne voulais pas qu’elle se fasse encore des idées, explique-t-il. Elle est très possessive avec moi et j’avoue que ça me gonfle.

- Je ne savais pas que tu étais du genre à te laisser guider par le bout du nez par une femme, je lance de plus en plus irritée par le fait qu’il n’assume pas d’être avec moi. Je suis la fille cachée c’est ça ? Tu ne parles de moi à personne.

- Tina calme toi, me conseille Matéo.

- En passant je trouve que Delphine n’est pas un nom qui convient à une trainée. Je pensais qu’elle s’appelait plutôt Lexy ou Carly.

Les yeux verts de Matéo commencent à se remplir de colère mais j’ai pris un élan d’irritation difficile à maitriser.

- Si je peux me permettre, votre relation est en carton, je ne peux m’empêcher de dire.

- Tu vas trop loin Tina ! s’emporte-t-il. Je ne te permets pas de dire ça.

Son ton dur me fait ravaler mes dernières paroles. Je me sens comme un animal pris par les phares d’une voiture. Mon énervement retombe immédiatement. J’ai vraiment gaffé et raconté n’importe quoi. Je suis déçue par cette journée qui s’annonçait si bien.

- Je suis désolée Matéo, je ne voulais m’emporter comme ça et encore moins te faire du mal, je m’excuse en baissant la tête. C’est juste que je ne supporte plus de ne pas être reconnue par mon entourage, même si ma famille commence à changer.

Je n’ose pas le regarder dans les yeux donc il lève mon menton. Quand je croise son regard, je n’y vois plus une once de colère.

- Ce n’est pas grave, c’est oublié, chuchote mon protecteur.

Il me prend dans ses bras musclés et je me sens mieux. Nous recommençons à manger le pique-nique et Matéo dévore deux fois plus de nourritures que moi.

À la fin du repas, je reçois un texto de ma mère qui veut que je rentre pour l’aider à faire un gâteau pour ce soir. Matéo me ramène et notre pique-nique se termine dans les rires et la bonne humeur.

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