Chapitre 21 : Malhonnêtes.

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La nuit enfin tombée, Leroy s’empressa de rejoindre sa chambre pour se changer. Il s’agissait d’un de ses points communs avec Lysen : il ne supportait pas de garder les mêmes vêtements trop longtemps. Un gros jogging ferait l’affaire. Il mit un simple t-shirt et un gilet à capuche en guise de haut afin de braver les températures du soir.

Comme un gangster, il jeta son capuchon sur sa tête en sortant de son bâtiment et trottina dans la cour intérieure de l’internat. Les mains dans les poches, il appuya son épaule sur la porte pour se frayer un chemin.

Il y était enfin : devant les marches du paradis. Durant tout l’été, il s’était imaginé les monter, deux par deux, le cœur tambourinant, vers ce lieu inaccessible. De son pas de chat, il se faufila jusqu’au troisième étage en espérant ne croiser personne. À bon port, il toqua doucement de son index à la porte et jeta des regards furtifs autour de lui. Son expression sombre s’adoucit quand il eut accès à la chambre. Leroy y rentra rapidement et souffla un grand coup une fois à l’intérieur :


  • Enfin ! s’exclama-t-il en soufflant tout en se tournant vers Lysen.

Celle-ci, déjà en pyjama, avait toujours une main sur la poignée quand il s’approcha rapidement. Elle se laissa attraper dans ses bras. En la serrant de toutes ses forces, Leroy glissa ses doigts dans sa longue chevelure brune et apprécia sentir sa poitrine contre son torse. Il avait attendu de pouvoir l’étreindre toute la journée. Son contact lui fit un bien fou.


  • Enfin… soupira-t-il, ses épaules s’affaissant, car il s’apaisait avec Lysen. Je n’en pouvais plus…

Il se recula pour joindre son regard au sien. Il l’embrassa la seconde d’après, remontant ses mains le long de ses avant-bras pour atteindre son cou. Le baiser brûla les lèvres de Lysen. Elle aussi s’accrocha en retour et abaissa sa capuche pour retrouver sa chevelure. Leroy lui avait manqué à en mourir et croiser sa bouche à nouveau lui redonnait du souffle, alors qu’il lui volait sa respiration.


  • Je t’aime, lui chuchota-t-il en se détachant. Tu m’as manqué, enchaîna-t-il en l’embrassant à nouveau. Tellement.

Leroy la mitrailla de minuscules baisers en accaparant ses mains. Malgré ce qui la tiraillait, Lysen croisa ses doigts aux siens, mais elle ne répondit pas à ses mots. Les images de sa danse avec Silka la frappaient en plein cœur. Quand Leroy remarqua qu’elle lui rendit de moins en moins, il prit du recul et la vit faire de même.


  • Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il, abasourdi.
  • Ah, rien…

Les instincts en alerte, il la lâcha et fit plusieurs pas en arrière. Lysen attrapa ses propres coudes et fixa le sol. Sa réaction l’embêta. Elle ne voulait pas le faire fuir, mais tout semblant de refus lui donnait l’occasion de reculer.


  • Tu ne m’embrasses pas comme… d’habitude, dit-il ensuite.
  • Si, je… ça va, c’est juste que…
  • Que “quoi” ? Pourquoi tu ne m’embrasses pas ?

Dans l’incompréhension, elle constata à quel point il cogitait à l’intérieur. Il avait peur. Le simple fait qu’elle ne soit pas totalement réceptive le terrorisait.

Après avoir tant voulu le retrouver et rêver de ce moment, Lysen s’en voulut de gâcher leurs retrouvailles et de mal réagir. Bien que leur amour naquit naturellement, il avait été difficile à conquérir. Chaque pas et mouvement vers lui avait été une épreuve, un frisson, une blessure qui se réouvrait, une idylle de guérison. Il avait suffit d’une hésitation pour qu’il se retrouve de l’autre côté de la pièce, le doute dans les yeux, l’agressivité sur les lèvres et la violence aux bouts des ongles. Parce qu’il craignait à tout instant de perdre ce qu’il avait de plus cher, ses vieux mécanismes de défense reprirent le dessus. Mais ce que son traumatisme lui avait apporté n’avait rien de logique avec ce que Lysen avait vu lors de cette après-midi.

Si son passé excusait le fait qu’un baiser non-rendu le plonge dans cet état, qu’est-ce qui expliquait sa proximité avec cette fille ? Pour qu’ils se touchent tous deux de cette façon, avec autant de facilité et de sensualité, quel était son lien avec Silka ? Par dessus la jalousie de le voir danser avec une autre, le simple fait qu’elle ait pu se concevoir, lui donnait l’impression d’avoir été prise pour une imbécile.

Elle aussi, pleine de crainte, se décida à mettre les pieds dans le plat :


  • Parce que… je me pose des questions, bafouilla-t-elle, incertaine.

Lysen lut dans son expression qu’il ne comprenait pas. Le fait de devoir mettre en mot ce qui la dérangeait lui brûlait les entrailles, mais elle n’avait pas d’autre choix.


  • Tu avais dit que… que j’étais la seule…
  • La seule ? répéta-t-il, l’image de Silka apparaissant à son esprit.
  • Hum… acquiesça-t-elle, une montée de larmes venant embellir ses yeux de nature enjôleuse. Tu as dansé avec cette fille. Vous vous êtes touchés… Tu m’avais dit que j’étais la seule avec qui… Ce genre de toucher…
  • Ce n’est pas la même chose, balança-t-il, la respiration courte.
  • En quoi ?! s’énerva-t-elle.

Tout de suite, elle s’obligea à se taire, consciente des sentiments noirs qui la rongeait. Leroy, quant à lui, comprenait un peu plus ce qui lui traversait l’esprit. De ce fait, il relâcha légèrement sa garde.


  • Avec Silka, c’est différent… chercha-t-il ses mots.

Encore jeune, Leroy n’eut pas conscience que ce qu’il renvoyait à Lysen, c’était qu’il entretenait une relation tout à fait spéciale avec une autre fille. Verte de jalousie, réprimer sa colère relevait du défi.


  • Alors pourquoi vous vous touchez ?? Avec elle, c’est ok ? Tu m’as fait croire que j’étais la première avec qui tu…

En tant que couple, ils n’avaient pas été loin dans leur intimité, mais certains gestes avaient été plus explorateurs. Lysen avait l’impression que la fusion ressentie lors de leurs baisers et caresses n’avait été qu’une douce illusion. Toute rationalité l’avait quittée.


  • Tu m’as menti !
  • Ce n’est pas vr…
  • Si, je vous ai vus ! Vous vous regardiez comme si… Je ne sais pas… Comme si vous retrouver était la meilleure chose au monde ! Et tu as posé tes mains partout, mais pire… Elle aussi, elle… Elle a eu accès à tout… ton corps et… Tu m’as menti, gémit-elle en venant effacer une larme.

Elle ne s’attendit pas à se retrouver bousculer contre le mur. Brusquement, Leroy l’avait attrapée et repoussée, ses mains sur ses épaules, la haine dans les yeux :


  • Je ne mens pas, grogna-t-il, hors de lui.
  • Tu…
  • Je ne mens pas !!

La fureur dont il fit preuve cloua Lysen sur place. Un court instant, il ne semblait plus lui-même. Les pupilles minuscules, son regard inspirait la rage.

“Il a tué sa petite-soeur”, lui revint à l’esprit. Sa mère l’avait mise en garde. La notion d’accident la fit revenir à la réalité. Quand bien même, il lui fit peur. La tendresse dont il faisait toujours preuve avait disparu, sa prise l’empêchant de bouger.


  • Tu me fais… mal…
  • Ah… !

Comme s’il venait seulement de prendre conscience de son acte, il leva les deux mains. Horrifié, il se mit à trembler et fit encore des pas en arrière. Lysen ne l’avait jamais vu ainsi.


  • Silka… c’est une amie… C’est tout. Elle… - Il hésita -... Elle est comme moi. On a vécu le même genre de trucs… Enfin, non, secoua-t-il la tête.
  • C’est-à-dire ? se décida-t-elle à le questionner.
  • Je… ne vais pas te raconter son passé. Ça ne se fait pas, déclara-t-il, les idées embrouillées. Mais il n’y a rien entre nous. Ce n’est pas comme tu penses. C’est juste… Quelqu’un qui a le même traumatisme que moi et ensemble, on a appris à… Après Kimi, c’est une des premières personnes qui m’a touché. Et parce qu’on a le même problème… On a pu apprendre à danser ensemble quand on formait un groupe.
  • Donc, elle te touche comme ça… et il n’y a rien entre vous ? demanda-t-elle, blessée.
  • Non ! Pourquoi tu penses ça ?? C’est mon duo de danse ! C’est pas comme si… Je l’embrassais ! Ou que...
  • Alors, tu ne l’aimes pas ?
  • Pas comme toi ! s’écria-t-il.
  • Donc tu l’aimes quand même !
  • Mais non !
  • Ben si ! Sinon pourquoi… tu la laisserais te toucher… et je parie que… elle, elle connaît ton passé ! Alors qu’à moi, tu ne me l’as jamais dit !

Ce fut plus fort qu’elle. Lysen avait envie d’en savoir davantage. Elle voulait tout connaître de Leroy. Ce dernier s’était figé. Son nez se retroussa.


  • C’est quoi le rapport ? grogna-t-il en montrant ses crocs.
  • Tout ! Tu ne m’as jamais expliqué… Tu m’as juste dit que tu ne supportais pas qu’on te touche, mais je ne sais même pas ce qui t’es arrivé…
  • Tu es aveugle ou quoi ?? Je suis rempli de cicatrices !! s’exclama-t-il d’une voix cassée. C’est pas suffisant ?!

Il lui ôtait les mots de la bouche. Toute sa douleur s’exprimait sur son visage.


  • Mais je veux savoir ! Parce que je ne comprends pas... pourquoi il y a des personnes qui ont le plus le droit de te toucher et d’autres non. Et parce que tu réagis de cette manière au simple fait d’en parler…
  • Je ne veux pas en parler, balança-t-il avec un large geste et en lui tournant à moitié le dos.
  • Pourquoi ? Tu ne me fais pas confiance…?
  • C’est pas une question de ça !
  • Alors, qu’est-ce que c’est ?? C’est parce que… Tu as tué ta sœur ? osa-t-elle, sans même penser à ce qu’elle prononçait.

Plus que figé, Leroy ne bougea plus d’un poil. Elle sentit qu’elle avait dépassé les limites.


  • C’est… Ma mère savait et… bredouilla Lysen en cherchant à s’expliquer.

Il fixait le sol intensément, incapable de s’en détacher. Ses doigts se crispèrent. Sa mère ? Blear ? Comment aurait-elle pu savoir ? Dossan ? Forcément. Un coup de plus. Il eut l’impression qu’on le frappait derrière la tête, sa vision devenant trouble.


  • Elle a dit que c’était un accident… Puis, j’ai reçu un message de Kimi. Elle m’a demandé d’utiliser la faveur que Kyle me devait pour l’empêcher de révéler ton passé.

Et lui ? Comment avait-il su ? Ce bâtard de petit journaliste. Kimi ? Pourquoi lui aurait-elle dit ? De toutes les blessures qu’on lui avait infligées, ce coup de poignard fut le plus douloureux. Il leur avait pourtant fait promettre…

Du coin de l'œil, il vit Lysen s’approcher. Il se rappelait de ce jour où par accident… Elle était morte. Les images lui revinrent. Il l’avait poussé, de manière totalement délibérée.

Inquiète, elle chercha à attraper sa main.


  • Leroy ? Je veux juste mieux te connaître…

Il la rejeta bien plus fort que toutes les autres fois, chassant sa main d’une gifle.


  • Ce n’était pas un accident ! se retourna-t-il pour lui hurler à la figure. C’était pas un…

Bouche bée, Lysen vit ses yeux se remplirent de larmes, qu’il cacha d’un geste vif. Il laissa échapper une petite plainte et détala hors de la chambre la seconde d’après. Derrière lui, la porte qui se referma violemment la fit sursauter. Lysen resta plantée un moment au milieu de la pièce avant de prendre l’initiative de s’asseoir sur son lit où ses mains se logèrent son nez. Elle tira les traits de son visage, incapable de penser correctement. Sa tête était vide et pleine de pensées à la fois. Elle n’en revenait pas.


***


En montant les escaliers de l’internat, son téléphone serré dans son poing, Kimi se ressassait le repas du soir en boucle.


"Alors tu vas boire ce verre ?

L’agressivité avec laquelle Laure avait répondu à Loyd avait étonné l’ensemble du groupe : “Pardon ?”, avait-elle balancé, outrée. En fait, elle fut la plus surprise de tous. Loyd l’avait mise au pied du mur. Ce dernier fut heureux que sa question eut l’effet escompté, mais beaucoup moins par de réaction. Cependant, il n’hésita pas à reprendre les devants :


  • Je crois que tu manques d'honnêteté. Donc, selon les règles du jeu, tu dois boire le verre. C’est la punition ou alors je te laisse une autre chance de t’exprimer, avait-il enchaîné gaiement en espérant que la pilule passe mieux.

Sur sa chaise, Laure baissa son regard sur le mélange de purée et de poisson flottant dans l’eau. Ses narines se gonflèrent en même temps qu’elle bomba la poitrine. En entourant une mèche de cheveux de son doigt, elle se justifia :


  • Sauf que je ne mens pas, donc.. Je ne vois pas pourquoi je boirai ce verre. Je ne mens pas, insista-t-elle en articulant parfaitement quand Loyd leva les sourcils à l’autre bout de la table.
  • Mais si, tu mens, répondit-il en pouffant comme s’il s’agissait d’une évidence.
  • Les gars, au pire, c’est pas grave… les interrompu Selim qui prit la parole pour tout le monde, le malaise glaçant s’étant installé aussi rapidement que la chute des températures après l’été.
  • Pourquoi tu ne veux juste pas dire ce qui ne vas pas, le nia délibérément Loyd.
  • Parce que ça va trés bien, lui répondit-elle en haussant les épaules.
  • C’est ça, oui, s’agaça-t-il ensuite. Bah, tu bois.
  • Non.

Durant de longues secondes, ils se fixèrent fermement. Aucun ne voulait lâcher prise. Si elle ne voulait pas être honnête, il le ferait à sa place.

  • Ok. Trés bien. Donc, tu n’as rien contre, je ne sais pas, Alex ? Par exemple ?

Ce dernier se pencha lourdement en avant pour jeter un oeil à Laure. En la découvrant stupéfaite, cherchant ses mots, il la questionna :

  • T’as un truc contre moi ?

Loyd avait été gentil. Il aurait pu la confronter à Kimi.


  • Pas du tout, essaya-t-elle de fuir.
  • S’il le dit, c’est que c’est vrai, lui répondit le grand blond d’une expression fermée. Raconte. C’est quoi le problème ?
  • Tu es vraiment… Merci, Loyd, se retourna-t-elle contre lui en croisant les bras, des éclairs dans les yeux. Bravo. Tu crées des problèmes là où il n’y en a pas ! Eh bien, très bien… Alex, appela-t-elle le concerné. Peut-être que… commença-t-elle en levant son menton plus haut, trop fière. Que je n’ai toujours pas digéré le fait que ta mère et mon père s'étaient envoyés en l’air. Je ne trouve pas ça normal, d’un, que ça soit arrivé et de deux, qu’ils nous l’aient caché.
  • Ah. C’est ça, croisa-t-il les bras à son tour, déçu. C’est pour ça que tu ne m’as pas calculé de la journée ?

En effet, Laure n’avait fait aucun pas vers lui contrairement à son habitude.

  • Tu es drôlement naïve pour une Ibiss. Tu pensais que ton père viendrait te voir en disant : “Chérie, dans ma jeunesse, j’ai couché avec Marry Stein. Ça ne te dérange pas, j’espère ? Non ? Aller, champagne !”

Autour d’eux, l’humour pinçant d’Alex apaisa les tensions, mais pas celle qui habitait Laure. Elle détestait sa manière de s’exprimer quand il était agacé. Encore moins, se sentir prise de haut. Il se défendit à merveille :


  • Je pensais qu’on avait déjà réglé ce problème avec ma mère et je t’avais demandé de ne plus manquer de respect envers elle.
  • C’était avant de savoir qu’elle a couché avec mon père.
  • À moins que tu te prennes pour une étoile de mer, normalement, le sexe, ça se fait à deux. Je suis désolé pour toi, Loyd. Ça ne doit pas être trés passionnant, dit-il en s’enfonçant dans sa chaise.
  • Ça n'a rien avoir !
  • Hum.
  • Et c’est toi qui me fait une leçon ? Alors que t’es un accro ? lança-t-elle à son tour pour le piquer, sur quoi il la foudroya du regard. Ah bah oui, là, ça fait mal, enchaîna-t-elle en plissant les yeux.
  • Je t’ai juste demandé de ne pas parler mal de ma mère, ok ? C’est ma mère. Ça me blesse, s’exprima-t-il ouvertement. Mais toi, tu continues à râler pour un truc qui s’est passé il y a des années. Quoi que… maintenant qu’on aborde le sujet, dit-il en levant tout juste un sourcil.

Une envie soudaine de mettre le feu aux poudres le titilla depuis le fond de ses entrailles. Alex ne s’énervait jamais, mais il l’avait prévenu plusieurs fois de ne pas s’en prendre à sa famille. Alors que celle-ci était au bord de la rupture, il était à fleur de peau.


  • Peut-être que c’est encore actuel… sourit-il malgré lui. Tu as raison. Qu’est-ce qu’on en sait après tout ?
  • Alex, l’interpella Faye en déposant sa main sur son avant-bras avec le mince espoir de le calmer.
  • Ouais, peut-être qu’ils baisent là, sans qu’on…

La boule au ventre, Laure se leva de sa chaise, les pieds hurlant sur le sol, et attrapa le verre devant elle pour lui jeter à la figure. Le bras qu’il interposa le sauva de la catastrophe. Plutôt mourir que de reçevoir un bout de poisson en pleine face.


  • Raté, balança-t-il dans le vide, Laure déjà sur son chemin pour quitter le réfectoire. Tu vas où, toi ? dit-il en attrapant le poignet de Faye qui venait de se lever en même temps que Nice et Kimi.
  • La voir, dit-elle en fronçant les sourcils et en se dégageant de sa main.
  • Faye, l’arrêta Loyd avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit d’autre. Les filles, en fait, si vous me permettez... Je voudrais aller la voir seule. C’est moi qui ai commencé.
  • … Fais comme tu veux, bouda la rousse en se rasseyant.

Quand elle vit Kimi tendre une serviette à Alex et l’aider à nettoyer son pull, Faye dévisagea furtivement la blonde. En les voyant rire, elle ressentit une pointe dans son estomac. C’était plus fort qu’elle, le sentiment l’envahissait. N’était-ce pas son rôle de lui donner un coup de main ? Et puis, Kimi avait toujours su le faire sourire, ce qu’elle avait difficilement obtenu après de nombreuses tentatives."

 

De ça, Kimi n’en avait aucunement conscience. Alex était un ami au même titre que Loyd et Selim. Elle s’en était rapprochée un peu plus tardivement et lui avait découvert une facette trés protectrice. Parler avec lui était reposant. Elle eut de la peine pour lui, mais surtout pour Laure. Depuis qu’elle avait négocié avec son père, quelque chose avait changé entre elles deux. Kimi se doutait qu’il y avait un lien avec le fait qu’elle ait refusé plusieurs fois son aide et son écoute, mais les vacances avaient été difficiles à surmonter.

Durant ce laps de temps, elles avaient continué à s’envoyer des messages, mais de manière plus futile et depuis la rentrée, elle sentait bien que quelque chose n’allait pas. Le problème avec Laure, c’était qu’elle ne montrait jamais ses réels sentiments. Kimi ne se basait donc que sur son ressenti et ce qu’elle avait vu durant sa dispute avec Alex. Elle essayerait de lui parler.

En attendant, le cœur lourd, elle reprit la peine de lire le message qu’elle avait reçu tardivement. Puis, elle soupira à la porte qu’elle attendait de voir s’ouvrir, sans savoir que d’autres problèmes l'attendaient.

Le mouvement de la poignée la fit se hâter. Elle remit en place sa longue chevelure blonde mal attachée et piétina sur place. Les dernières fois que Kimi était allée dans sa chambre, c’était pour étudier. Elle se sentait comme une imbécile, nerveuse, en se rappelant de certains moments de proximité, mais quand Sky apparut sous ses yeux, qu’il bravait des siens, son agitation disparut.


  • Entre, lui lança Sky d’un ton las qui accompagnait son geste.

Kimi était bête de se ressasser des moments qui ne l'avaient atteinte qu’elle seule.

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