Chapitre 14 : Chapitre interactif.

14 minutes de lecture

PS : À la fin de ce chapitre, je vous inviterai à faire un choix, car j'aimerai que mes fidèles lecteurs m'aident à prendre une décision.

***

Depuis sa tendre enfance et sa toute première année à Saint-Clair, Nice Challen avait connu plusieurs formes de harcèlement. Elle était d’ailleurs bien l’une des seules Richess à avoir vécu une telle expérience.

Son cauchemar avait commencé à l’école primaire. Minuscule, toute pâle et cachée derrière sa crinière noire, elle était facilement devenue la victime de sa classe. Ses camarades de classe avaient sauté sur l’occasion. Qu’une personne de son rang soit aussi chétive… C’était trop beau pour être vrai. Alors qu’elle appelait à l’aide ses professeurs de ses grands yeux noisette, les joues empourprées par la honte, Nice ne reçut aucune aide. Elle n’avait jamais reçu de coups, mais n’arrivait jamais à rattraper les balles que les autres filles lui lançaient trop fort aux cours de gym. À l’inverse, elle ne recevait que rarement des insultes en pleine figure, mais elle entendait les rires dans son dos. Notamment, quand elle levait la main pour répondre à toutes les questions de ses professeurs.

Jamais appelée pendant les récréations et oubliée pour les goûters, toujours choisie en dernier pour les activités de groupe ou laissée de côté durant les voyages scolaires, Nice avait l’impression d’être comme invisible. Elle aurait préféré l’être, car même effacée, elle subissait les moqueries et la jalousie. Elle était mignonne. C’était une Richess. Il fallait l’écraser, si bien que lorsque son père insista pour qu’elle prenne des cours à distance, elle accepta sans rechigner. Ce dernier voulait lui faire sauter une classe, pour une raison qui lui “échappait”.

Nice était au moins certaine d’une chose : elle devait travailler, quitte à pleurer tous les jours devant ses maths et sacrifier sa vie d’enfant. Quitte à se faire réprimander en cas de mauvaise note et à devenir obsédée par l’idée de satisfaire les attentes de Michael.

Il ne lui avait laissé aucun répit et aucune chance de rater jusqu’à ce qu’elle entre à Saint-Clair une année à l’avance. Il s’agissait d’un nouveau départ qui lui permit de comprendre enfin les réelles intentions de son père. Michael ne l’avait jamais dit, mais il voulait qu’elle arrive dans la fameuse école en même temps que les autres Richess. Intelligente, Nice avait repoussé cette idée dans un coin de sa tête, parce qu’elle ne voulait pas y croire. Elle était née une année trop tard. Elle ne représentait qu’un échec, non seulement aux yeux de la loi, mais aussi à ceux de ses parents. Voilà l’idée qu’elle s’était faite au cours du temps. Après tout, elle était leur principal sujet de dispute.

“Un nouveau départ”, ou pas. Après autant de temps passé à étudier à la maison, Nice ne réussissait plus à interagir avec les autres, pour le peu qu’elle avait déjà su le faire. Elle se comptait parmi les génies, mais elle était incapable de se sociabiliser. Quelle honte... D’autant plus qu’elle se retrouvait en compagnie de ses plus grands rivaux, et pas des moindres, quand elle voyait la facilité de Selim Hodaïbi et Faye Fast à se faire des amis. “Une année plus jeune”. Elle ne faisait décidément pas le poids. Alors, elle fit ce qu’elle savait mieux le faire : se transformer en rat de bibliothèque.

De cette manière, Nice devint rapidement la tête de la classe et subit une autre forme de stigmatisation. De la victime, elle avait évolué en “intello” et en “binoclarde”, car durant sa première année, elle portait de grosses lunettes rondes.

Celles-ci disparurent sur les conseils de sa toute première amie : Faye, la grande rousse fofolle pleine de boucles. Sans s’y attendre, la mini Richess, se retrouva au milieu des six autres, comme un égal. Elle avait accepté la proposition de Laure Ibiss, car pour une fois, elle s'était sentie appréciée à sa juste valeur. Même avec une année en moins, ils l’acceptaient dans leur groupe, car elle était définitivement une Richess.

Le temps passa et ses compagnons la considéraient toujours autant, mais Nice dut faire face à un nouveau problème. Elle restait la plus petite et en plus, l’une des plus éloignées dans la hiérarchie, juste après Selim. De ces causes, la conséquence fut qu’elle se sentit mise de côté. En fait, elle ne faisait toujours pas le poids. Pourtant, ils la respectaient, mais elle ne se sentait pas aussi grande qu’eux. Les meilleures idées venaient toujours du top trois. Sky, Laure et Loyd gagnaient facilement l’écoute, plus influents.

Cette profonde injustice, Nice la repoussa jusqu’à l’arrivée de Kimi. Cette dernière lui avait ouvert les yeux :

“ Et pourquoi tu n’aurais pas le droit de sortir avec lui ? Si tu l’aimes, fonce.”, lui avait-elle dit en référence à Selim. Ce n’était pas tout. Une de ses autres paroles l’avait profondément marquée : “Tu peux aussi très bien t’amuser !”, se souvenait-elle de comment elle avait reculé ses cahiers lors d’une séance d’études à deux.

Ce que la nouvelle mascotte du groupe venait de lui présenter, ça s’appelait être le maître de son destin.

Ce sentiment l’habitait maintenant depuis un moment.

Davantage, quand en cette rentrée, sur le grand écran descendu au-dessus de la scène, elle découvrit la vidéo sur laquelle elle avait travaillé en partenariat avec tous les présidents et sous-délégués de l’année précédente. Pour la cérémonie, le directeur leur avait demandé de monter un projet de prévention mettant en avant les problématiques par lesquelles étaient le plus touchée les étudiants à l’école secondaire. Chaque année avait alors choisi une thématique : le harcèlement en milieu scolaire, la pression parentale, la vie affective et sexuelle, le décrochage scolaire, les assuétudes (alcool et drogues), ainsi que la cyberdépendance et ses divers dangers.

Dans le noir, le regard fixe sur le projet, Nice dériva ses yeux noisette sur Chuck Ibiss. Comment pouvait-on oser prétendre à une école égalitaire quand le plus grand représentant de leur société avait pris les commandes de Saint-Clair ? Il était vrai que son discours l’inspirait, mais principalement en tant que Richess. Les autres étudiants pouvaient-ils se rattacher au symbole qu’il représentait ? Elle nota qu’avec l’arrivée des élèves du Lycée Gordon, l’école avait pris un tournant. Saint-Clair, qui s’était toujours enfermée dans la concurrence, prônait maintenant la solidarité. Réussiraient-ils vraiment à s’intégrer ? Leurs valeurs correspondaient-elles ? En un sens, en quoi leur arrivée, chamboulerait-elle leurs habitudes ? Tout le monde en faisait un événement incroyable, mais il ne s’agissait en réalité que d’une septantaine d’étudiants. Sur un millier, ça ne représentait pas grand-chose. C’était aussi à eux de s’adapter. Les questions s’emmêlaient dans son esprit, particulièrement concernée par la tournure des événements.

La main de Selim la réveilla :

  • C’est bientôt à nous, lui glissa-t-il à l’oreille, ses prunelles brillant sous les lumières tamisées de l’auditorium.
  • Déjà ? chuchota-t-elle entre ses lèvres rosées.

Le temps avait filé.

Chuck Ibiss et Monsieur Xavier avaient terminé leurs discours respectifs. Les classes de cinquièmes se rendaient maintenant une par une sur la scène pour réceptionner leurs livres. Comme Kimi la première fois, les élèves de Gordon ne comprirent pas le but de ce système. Tout en sachant que des classes spéciales avaient été ajoutées à chaque année pour les aider à remonter le niveau, ils se sentaient déjà mis de côté. Ce choix avait été particulièrement cornélien pour la direction. Ils avaient longuement hésité à les mélanger aux autres étudiants au risque de les perdre en cours de route, mais ils avaient finalement opté pour la solution qui éviterait au maximum le décrochage.

Avant d’annoncer la prochaine classe, les cinquièmes B, le directeur prit longuement connaissance de la liste. Il avait le regard dans le vague, créant malgré lui une tension dans la salle.

Il se rappelait d’un moment partagé avec un élève deux semaines plus tôt :

  • Kyle ? s’était étonné Monsieur Xavier en le voyant débarquer dans la salle des professeurs où ils discutaient des horaires et de la formation des classes. Que fais-tu ici ?

Le journaliste détestait ses parents. Dans des cas très spéciaux, tant qu’ils payaient, certains élèves avaient le droit de séjourner à l’internat durant les vacances. C’était son cas.

  • Je m’ennuie, donc je viens voir comment vous vous y prenez pour la rentrée…

Le directeur avait émis un grand soupir, puis le convia à le suivre d’un signe de main. Dans le bureau, ils s’assirent.

  • Ce n’est pas une mauvaise chose que tu sois là, lui confia-t-il. Il y a quelque chose dont je dois te parler et tu sais de quoi il s’agit… Tu t’es toujours arrangé pour sécher les cours et réussir toutes tes années… Maître de chantage, que tu es. Cette année, ça doit cesser. Tu es trop libre et nombreux élèves en jouent. Ils suivent ton exemple. Ne sois pas fier, dit-il en le voyant sourire en coin, la tête baissée.
  • Donc, si je comprends bien… rectifia-t-il en s’ajustant dans le siège en croisant ses jambes, une main sur chaque accoudoir. Vous voulez que je joue à l’élève sage ?
  • Tout juste, acquiesça-t-il en croisant ses mains sur la table.
  • Vous avez conscience que c’est mauvais pour mon business… ? Je peux peut-être faire un effort, mais en échange de quoi ?

Un nouveau soupir. Monsieur Xavier planta ses yeux abîmés par l’âge dans ceux de Kyle. Le bougre avait bien changé. Il l’avait connu plus joufflu, à son arrivée à Saint-Clair. À ce moment, il ne se doutait pas que ce garçon bien plus mince et bien grandi lui aurait donné autant de fil à retordre.

  • Je pourrais t’obliger, avoua-t-il, mais tu es trop vengeur. J’imagine aussi que tu as déjà une petite idée d’un arrangement ?
  • Huuum, peut-être…

Avec le grand sourire du vicieux journaliste en tête, le directeur avança doucement le micro auprès de sa bouche :

  • Cinquième B. Veuillez vous avancez… Loyd Akitorishi, Nice Challen, Kimi Dan’s, Faye Fast, Selim Hodaïbi, Laure Ibiss, Kyle Kuraga…

En file pour monter jusqu’à la scène, tous les concernés se lancèrent des regards tandis que le blondinet les suivait, tout sourire, les bras croisés derrière la nuque. Il était maintenant clair que ce rassemblement était encore dû à un de ses caprices. Le directeur continuait à énoncer les noms :

  • Sky Makes, Steve Matveïev, Irina Noëlle,...

Kyle se garda de réagir, bien qu’il fronçât presque les sourcils. Il avait donné les noms de tous ceux qu’il souhaitait voir dans sa classe pour facilité ses affaires, mais il restait des places vacantes. Il se rappelait de sa rencontre avec cette fille aux cheveux noirs et au regard lunatique. Cette dernière le fixait autant que la première fois, ce qui le rendit tout aussi tendu. Il revint au plan. Il en était fier en observant ses camarades, dès lors en ligne face à l’ensemble des élèves qui s’en allaient de plus en plus en exclamation :

  • Alex Stein.

Les Richess étaient donc au complet. Ils accueillirent le grand blond chaleureusement. Il était l’un des plus grands garçons avec la plus grosse carrure.

  • Jena Solaire...

La clameur soudaine laissa ensuite place à un immense silence. Sky se figea. Il perdit le sourire charmeur aux lèvres qu’il portait quelques secondes plus tôt. En questionnant le sol, il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon avant de jeter un regard alerté au directeur.

  • … N’arrivera que dans deux semaines, car elle finit un cursus à l’étranger, dit celui-ci sans répondre aux yeux plein de question du roi de Saint-Clair.

Kimi avait senti le malaise et l’agitation de tous les Richess. Elle voulut comprendre en cherchant une réponse auprès de Laure. Celle-ci aussi avait le regard dans le vide.

  • C’est qui ? lui demanda-t-elle d’un ton bas.
  • Euh, c’est… C’est… Je t’expliquerai plus tard, bafouilla-t-elle, elle-même s’assurant de l’état de Sky.

Surprise par sa réaction, une vive sensation désagréable traversa son ventre, puis ce fut à son tour de devenir raide :

  • Et nous finirons avec Kenji Ternet.

La hyène. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Ce dernier passa rapidement devant les autres élèves de sa classe, n’osant un regard dans le public dans lequel les étudiants de Gordon s’offusquaient. Leroy en particulier tremblait. Ses deux acolytes d’avant, Benjamin et Chen, avaient aussi une dent contre lui. Il était devenu sans doute le garçon le plus détesté de l’école en à peine quelques secondes :

  • Je sais qu’ils nous ont interdit la violence, mais… celui-là… ronronna Tiger. Je me le ferais bien.
  • Il vaut mieux éviter, tenta de le calmer Kennedy en glissant sa main près de la sienne qu’il chassa promptement.
  • Je t’ai déjà dit…

“Pas en public”, le grand bébé à couettes le savait. Elle déplaça sa tristesse sur les étudiants alignés sur la scène. Kimi n’avait rien à envier aux Richess. Elle faisait totalement partie de leur monde, comme une pièce indispensable au puzzle.

Monsieur Xavier reprit :

  • Eh bien, chantonna-t-il, très chers élèves, vous voilà en présence du palmarès de Saint-Clair, arracha-t-il des rires dans la foule. Pour les nouveaux, ou qui que ce soit qui n’aurait pas encore eu affaires à eux, je vous demande particulièrement de faire attention à ces deux-ci, se déplaça-t-il jusqu’à Kyle et Steve pour attraper à chacun une de leurs épaules. Il en va de même pour cet énergumène, dit-il en frottant la tête de Sky qui ne rigola pas. Méfiez-vous des beaux garçons les filles. Je plaisante bien évidemment, non en fait… Je m’attarde sur vous, car… Et je crois que Monsieur Ibiss sera d’accord avec moi, lui fit-il signe, c’est bien la première fois de toute l’histoire de Saint-Clair que l'ensemble des Richess se retrouvent dans la même classe.
  • C’est juste, acquiesça-t-il en s’avançant pour les observer un à un.
  • J’imagine donc que vous pensez à la même chose que moi… ?
  • Cela dépend, qu’est-ce donc… ?

Laure leva les yeux au ciel lorsqu’ils se concertèrent sur scène. Qu’est-ce qu’elle détestait quand son père faisait autant le malin… Et ces deux là réunis aimaient beaucoup trop faire le show. Monsieur Xavier laissa la parole au Richess :

  • Un tel regroupement suscite évidemment des questions, mais effectivement, votre directeur et moi-même avons la même crainte… Dans chaque classe où il y avait un Richess, ce rôle est toujours revenu à l’un d’entre eux…

Alors que certains élèves de la classe ne comprenaient toujours pas où il voulait en venir, les concernés se firent la même réflexion. Chuck cessa de faire durer le suspens :

  • Dans une telle classe qui regroupe autant de têtes, même au-delà des Richess, je serai bien curieux de découvrir lequel d’entre vous prendra la place de président des délégués ? J’imagine qu’il s’agira d’un sacré combat, sourit-il de toutes ses dents.

Ce qui fit rire autant Chuck alerta immédiatement plusieurs élèves de la cinquième B, Loyd le premier. Laure devint taiseuse en sentant le regard de son père et Nice gratta le coin de ses doigts. Il fut un temps où Alex avait été sous-délégué. Il pouvait aussi se sentir concerné. D’autres étudiants qui autrefois avait pris ce rôle dans des classes où il n’y avait pas de Richess, semblaient déjà avoir abandonné l’idée. Steve de sa grande taille jeta un regard au blondinet à côté. Et si Kyle décidait de devenir le chef de classe ? Qu’il usait de ses astuces pour les tenir sous son joug ? L’importance de ce poste devint encore plus réelle.

  • Allez, juste pour me faire une idée, enchaîna Chuck, fort amusé, lesquels d’entre vous seraient assez brave de s’avancer pour se présenter en tant que délégué et se confronter aux autres ? Ne soyez pas…

En tête de ligne, sûr de lui, Loyd fit deux pas en avant. Il avait été président l’année passée. Il avait fait des erreurs, notamment en concurrençant Laure qui lui avait laissé sa place. Mais sa créativité avait fini par conquérir l'ensemble. Très classe, il ne broncha pas en voyant quelqu’un sortir entre les autres étudiants pour le défier. C’était Nice. Elle reçut le soutien de Selim qui fut extrêmement fier de sa combativité. Faye l’applaudit joyeusement aussi. Avec Loyd, ils se regardèrent longuement. L’année passée, il l’avait choisie comme sous-déléguée. Elle n’avait même pas pris la peine de se battre alors qu’elle l’avait souhaité du plus profond de son cœur. Cette année, elle comptait bien le faire.

  • Seulement vous deux ? Je suis déçu. De mon temps, les étudiants avaient plus de cran, mentit-il, car personne à part des Richess n’osait s’affronter à d’autres Richess. Personne ? demanda-t-il en glissant subtilement un œil sur sa fille.

Laure gardait ses deux bras devant son corps, les mains attachées l’une à l’autre et attendait patiemment que ce moment passe. Elle ne se présenterait pas. Sous ce climat intense, elle préféra rester calme, mais en voyant la paire de basket à côté de ses talons s’avancer, elle releva son menton. Ses yeux s’écarquillèrent sous les projecteurs. Pourquoi ? se demanda Laure en détaillant sa longue chevelure blonde. Elle ne lui avait jamais dit vouloir être déléguée. Son dos paraissait si lointain d’un coup.

Les grandes exclamations qui accueillirent Kimi au devant de la scène lui donnèrent des palpitations. Est-ce qu’elle faisait ça parce que ses anciens amis avaient rejoint leur lycée ? Pour leur offrir une protection supplémentaire ? Elle en avait pourtant déjà assez fait selon Laure. Qu’est-ce qui l’animait autant ? Car à côté de Nice et Loyd, elle apparaissait très forte, déterminée à gagner cette compétition. Des sifflements dans la foule lui donnèrent encore plus d’énergie. Il semblait que tout le monde se plût à l’idée qu’elle se frotte aux autres.

En recul, Chuck s’impressionnait à nouveau du cran dont elle pouvait faire preuve. Elle l’avait forcé à négocier une entrée pour ses amis. Elle n’hésitait pas non plus à défier ses copains d’ici. De cette silhouette qui avait les pieds bien ancrés à la scène et dont le regard ne faiblissait pas, il ressentit une soif de pouvoir énorme. L’acclamation qu’elle reçut lui fit se remettre en question. Ce ne serait peut-être pas un Richess qui prendrait la tête cette année. Il aurait aimé suivre les élections de prés.

Après un temps où plus personne ne se manifesta, le businessman reprit :

  • Trois concurrents, ce n’est pas mal. Je me renseignerai sur lequel d’entre vous aura gagné sa place, annonça-t-il en pensant déjà demander les résultats à Laure. À moins que… nous ne votions le délégué tout de suite ? fut-il prit d'une étincelle.

La salle entière s’anima. Les concurrents aussi. Le directeur pouffa dans son micro :

  • Ma foi, pourquoi pas. Vous savez à quel point j’aime les situations inattendues !
  • Dans ce cas, si quelqu’un souhaite encore se présenter, il s’agit du dernier moment.

Un tumulte s’éleva à cause de l’excitation, personne n’attendant un nouveau concurrent. Le bruit prit fin d’un coup.

Contre toute attente, Sky s’avança à son tour. De sa mine renfrognée, il fit face à l’assemblée et se força à étaler un sourire en coin sur son joli visage. C’était lui le roi et ça faisait bien trop longtemps qu’il n’avait plus pris le trône. Il l’avait même toujours laissé de côté, n’ayant pas réellement eu besoin de s’y asseoir pour garder son statut. Pour que l’ordre règne à Saint-Clair, il s’en sentait maintenant tout à fait capable, car c’était hors de question qu’une débutante endosse ce rôle.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 7 versions.

Vous aimez lire Redlyone ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0