Chapitre 13 : La classe.

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Selim descendait les escaliers à la sortie de sa chambre en trottinant, le vieux bois craquant sous ses grosses baskets. Peu importe l'événement, il gardait toujours des Jordan à ses pieds. C’est ce qui lui allait le mieux.

En arrivant à l'étage du dessous, il tendit l'oreille pour écouter les bruits en provenance du rez-de-chaussée. Il se stoppa devant la salle de bain et remonta son jeans sombre. Ce dernier étant trop large, il usa de ses deux mains pour l'ajuster sur le haut de ses fesses, tout en chassant les mèches sur son front d'un mouvement de tête, clair et net. À peu de choses prêt, il avait la coupe à la Justin Bieber, mais sa tignasse noire était bien trop fluide pour tenir cet affront. Il passa ses doigts dedans.

Au poignet qu'il rapprocha de la porte séjournaient plusieurs bracelets : une chaîne offerte par sa mère, un en cuir, cadeau d'Elliot et un en tissu, souvenir de Nice. Il avait une montre à l'autre, offerte également par cette dernière. Ceux-ci avaient laissé des cerclages plus clairs sur sa peau bronzée.

Tout en sautillant sur place, impatient, il toqua à la porte :


  • Oh, Faye ! Tu te grouilles !!
  • J'ai fini ! eut-il comme réponse.

D'un grand geste, la rousse ouvrit depuis l'intérieur, laissant enfin à Selim l'opportunité d'utiliser la salle de bain. Ce dernier se faufila jusqu'à l'évier où il brandit sa brosse à dents. Avant de la mettre en bouche, il s'arrêta sur le reflet de Faye :


  • Pourquoi t'as fait ça à tes cheveux ? demanda-t-il en devenant généreux sur le dentifrice, distrait.
  • Parce que… C'est canon, non ? lui renvoya-t-elle la balle en passant ses mains dans sa chevelure toute lisse, dont le roux faisait ressortir ses yeux verts.

Selim haussa les épaules en regardant sa meilleure amie. Elle était toujours canon. Il observa ensuite le lisseur comme s'il s'agissait d'une arme de guerre. Pour la rentrée, pas de boucles. Faye l'avait décidé ainsi. Après s'être aussi brossée les dents, elle passa du rouge sur ses lèvres. En appuyant ses deux mains devant le lavabo, elle fit un grand sourire à Selim, ravie du résultat. Les deux se mirent à se bousculer. Il avait beau être petit, Selim avait de la force.


  • Vengeance ! s'en alla-t-il quand elle se prit l'armoire dans l'épaule. Ça, c’est pour prendre tout ton temps dans ma salle de bain ! appuya-t-il sur le fait qu’il s’agissait de sa priorité.

En effet, à l’occasion, quand Elliot venait rendre visite à Katerina, les deux ados se retrouvaient dans la même maison. C’était tout récent et une des premières fois que Faye restait dormir chez eux. Avec Selim, ils s’entendaient si bien que ça ne posait pas de problème, surtout que ça ne différait pas beaucoup de l’internat. Sauf peut-être à part le fait qu’elle prenait du temps le matin pour se préparer.


  • Oh ça va, tu l'utilises quasiment pas… rétorqua Faye en lui rendant la pareille.
  • Merde, il est temps qu'on y aille, lâcha-t-il, en prenant connaissance de sa montre.

En trombe, les deux ados déboulèrent jusqu'à l'entrée. Devant la maison, une limousine déjà remplie de leurs bagages les attendait. Selim attrapa son sac à dos et fonça dans le salon pour dire au-revoir à sa mère.

Katerina, dans un ensemble de maison confortable, était appuyée à une table haute. Elle réceptionna son fils en levant les yeux au ciel.


  • Maman… fit Selim en l'embrassant sur le haut de la tête.
  • Toujours en retard. Bonne rentrée Baby, lui lança cette dernière en lui tendant son poing.
  • Salut, Elliot, dit-il en répondant à son geste, puis en faisant de même avec le grand roux.
  • Ciao, profitez bien de votre première journée. La cinquième ça se corse !

Une main sur ses côtes, l'autre autour de la taille de Katerina, Elliot riait aux éclats face à la bouille désespérée de son beau-fils. Il adorait son côté très expressif. C'est pourquoi il s'entendait si bien avec Faye.

À la vision de cette dernière, il eut un petit pincement au cœur, une étincelle naissant dans son regard en même temps qu'il vint passer sa grande main dans la chevelure de sa fille.

  • Ça te va bien… Tu ressembles à ta mère, souffla-t-il, ému, puis en l'attrapant dans ses bras.
  • … Merci, papa, répondit-elle sur le même ton de voix, osant un regard gêné vers Katerina dont elle s'approcha ensuite pour lui dire au-revoir.
  • C'est vrai, dit-elle à son tour, un sourire tendre aux lèvres.

Faye avait facilement accepté la présence de Katerina dans sa vie, à son grand étonnement. Elle, qui pouvait être si possessive et jalouse, ne la voyait en rien comme une menace, bien que parfois ça lui faisait un petit quelque chose de la voir au bras de son père. Mais le bonheur de ce dernier valait bien plus que la pointe de tristesse qu’elle pouvait ressentir. Elle s’était donc accoutumée.

À vrai dire, pour des raisons d'intimité, les Fast passaient beaucoup plus de temps chez les Hodaïbi que l'inverse. Elliot lui avait toujours laissé le choix de ne pas venir, si cela la gênait, mais l'idée de passer des semblants de moments frères et sœurs avec Selim la réjouissait. La preuve étant qu'ils se chamaillaient la plus grande salle de bain en ce matin de rentrée, alors qu'il y en avait d'autres dans la maison.

Après un petit coucou subtil, Faye enfila sa veste en jeans, son col surplombé de fourrure. En l'observant se dandiner jusqu'à la limousine, le legging en cuir affinant ses longues jambes et les bottines à talons remontant ses fesses, Elliot croisa les bras.


  • Ils grandissent trop vite… C'est déjà une femme, pleura-t-il sur son sort.
  • Ils sont déjà en cinquième année. Est-ce que tu te rends compte ? Plus qu'un an avant leur dernière année et ils seront adultes, fit Katerina, pensive en répondant à leurs signes depuis la voiture et en s'appuyant sur le torse d’Elliot.

Ce dernier soupira. Il refusait de voir la réalité en face. À la place, il jeta un coup d'œil à la dulcinée à côté de lui une fois que les enfants furent partis. En rentrant, il l'attaqua directement en attrapant ses hanches et en fouillant dans son cou avec son nez.


  • La reprise à des avantages, plaisanta-t-il en la comprimant contre lui.
  • El… rougit-elle instantanément, avant de se retourner, l'empêchant de l'embrasser en plantant ses doigts sur ses lèvres. D'abord… Peut-on regarder ensemble pour les papiers de l'entreprise ? Je… ça me tracasse…
  • Bien sûr, la rassura-t-il immédiatement en venant caler une mèche de cheveux derrière son oreille. Mais j’aurai droit à une récompense, après ? Profitons-en que les enfants ne sont pas à la maison et du fait que nous ayons pris ce jour de libre, lui chuchota-t-il au creux de l’oreille.

En contre-attaque, elle lui tapa son poing sur son large torse. Katerina restait une grande timide, mais elle ne lui dirait pas. Lui savait que ce genre de gestes témoignait de tout son amour pour lui. Il la connaissait par cœur et il adorait la pudeur dont elle faisait preuve par rapport à ces sentiments.

Elliot la graciait aussi de ses efforts. Il fut un temps où elle n’aurait jamais accepté qu’ils se voient de cette manière, par principe envers sa famille et envers ses responsabilités. C’était sur quoi ils travaillaient tous les deux. Ensemble, ils cherchaient toutes les clés pour se protéger vis-à-vis de leurs biens et de leurs entreprises respectives, car derrière leurs parents faisaient de même. Ils se préparaient à se bagarrer leurs droits tout en restant ensemble. Se quitter n’était plus une option et en quelque sorte, pour ça, tous les deux admiraient leurs enfants. Selim avait bien fait comprendre qu’il n’en démordrait jamais vis-à-vis de Nice. Quant à Faye, elle ne pouvait se passer d’Alex. Elle mourrait d’ailleurs d’impatience de revoir ses copines, mais surtout de lui sauter dans les bras.


***


Très tôt, dans la cour de récréation de Saint-Clair, sur laquelle un brouillard se levait, un mouvement constant perdurait. Les voitures et limousines allaient et venaient. Des étudiants se retrouvaient, ainsi que des parents. Partout, des petits groupes se formaient et l’un d’eux grandissait de plus en plus au fil des minutes : celui des anciens élèves du lycée Gordon. Ayant pris connaissance des bâtiments la veille, ils se sentaient déjà un peu plus à l’aise au sein de l’école, mais ils se sentaient observés. Les parents, surtout, leur jetaient des regards malveillants ou critiques sur leur manière de se tenir, de se présenter et de se vêtir. Tout d’un coup, ils ne se sentaient finalement pas à leur place. Ils étaient comme des animaux en cage, observés avec distance, émerveillement et appréhension. Le point positif, c’était qu’ils étaient ensemble. Entre, eux aussi, des regards se perdaient sur les alentours. Certains paraissaient fiers, d’autres gênés par la différence de classe.


  • J’aurai peut-être du mettre autre chose, lâcha l’une des filles autour de Nadeije qui tira sur sa jupe en jeans abîmée.

De manière instinctive, ils s’étaient aussi regroupés par fractions. Chaque tête du gang du diable blanc était un point de repère.


  • Pas question, répondit la fille aux cheveux rose, les bras croisés et son regard nuageux rivé sur des personnes un peu trop curieuse. Chuck Ibiss a été clair. Nous gardons notre identité.

Comme elle se montrait droite, de la même manière que les autres membres, Nadeije attirait l’attention. Elle portait un haut pantalon noir, style militaire, avec des grosses basket et un top qui montrait légèrement son ventre. Sur sa tête, une casquette lui donnait de la prestance. Mike, tout en streetwear, vint l’entourer par l’arrière, alors qu’elle serrait ses mâchoires.


  • Calme-toi, lui chuchota-t-il pour la contenir.
  • Retourne avec ton groupe…
  • Mes toutous sont plutôt détendus, plaisanta-t-il d’une voix douce. Contrairement à toi…
  • On est la risée, souffla-t-elle ensuite, une grimace s’installant sur son visage. Je déteste ça.

Mike ne savait pas quoi dire pour la rassurer, car elle avait raison. Ils étaient l’attraction du jour ou plutôt, l’une des attractions. Autant que parmi les nouveaux élèves toute classe confondu que chez les anciens et ceux de Gordon, une excitation se formait à l’idée de découvrir les Richess. Pour le gang, ils les avaient déjà vus et Mike plusieurs fois. Une forme d’impatience générale se créait :


  • J’aimerais tellement pouvoir parler avec Loyd, pouffait une deuxième année accrochée au bras d’une amie.
  • Tu trouveras pas plus adorable que Nice Challen, débattait un garçon avec d’autres.

Cet engouement faisait froncer les sourcils à plus d’un élève de Gordon.


  • C’est bon on entend parler d’eux toute l’année, c’est pas comme si...

La personne qui s’apprêtait à être médisant s’arrêta de parler, interloqué, en voyant un superbe blond se planter au milieu de l’entrée. Les cheveux en arrière, coiffés sauvagement, une longue veste noir décorait sa simple tenue. Il était tout en élégance, avec une chemise blanche trop large. C’était sa mère qui l’avait conseillé et qui l’avait décoré d’une montre aux couleurs de la famille. Alex Stein venait d’arriver. D’un regard circulaire, il observa la cour entière. Ses yeux bleus qui s’agrandirent légèrement marquèrent le fait qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait, c’est-à-dire quelqu’un à qui se raccrocher.

De manière assuré, il emboîta le pas jusqu’au groupe dont Ulys se démarqua, sans faire attention à la vague de chuchotement qui se levait. Son côté stoïque les faisait toujours tous tomber sous son charme et mêlé à l’autre mannequin, il devenait encore plus intéressant :


  • Salut, comment tu vas ? demanda Alex à l’autre blond en lui tendant sa main.
  • Tu fais toujours impression, y répondit-il fermement.

Ils s’étaient vus il y a peu de temps, tous les deux travaillant pour Marry Stein. Son fils jeta un œil au grand groupe derrière le dos d’Ulys.


  • Ah, c’est vrai…

Un large cri l’interpella ensuite. Il se retourna pour découvrir Selim lui faire de grands signes depuis l’entrée. Tout en joie, il se déplaça en bond jusqu’à son meilleur pote dans les bras duquel il se lança.


  • Tu m’as manqué, petit bâtard ! s’écria-t-il en plissant les yeux, trop ému de le retrouver.
  • Petit… le taquina-t-il en retour, mais son regard se planta sur la tigresse qui arrivait.

Fou de sa démarche, Alex abandonna son copain pour se diriger vers Faye. Il la dévorait un instant, puis conquis sa bouche. Le couple le plus chaud de Saint-Clair s’embrassa sans honte devant tout le monde.


  • Salut, ma beauté, fit-il ensuite en attrapant son menton.
  • Tu as vu ? répondit Faye en caressant ses longs cheveux roux.
  • Bien sûr que j’ai vu, ça te va à ravir, dit-il en lui lançant un petit sourire.

Pendant ce temps, Selim glanait déjà des informations auprès des anciens de Kimi. Sans aucune appréhension, il se mêla au grand groupe :


  • Ça va ? C’est pas trop bizarre d’être, ici ? chercha-t-il des réponses. En tout cas, je suis content… Kimi m’a beaucoup parlé de votre niveau en danse, on va pouvoir se mesurer !
  • Tu danses, lui demanda un garçon Random, un peu étonné.
  • Quoi, c’est si étonnant ? Et pas qu’un peu ! s’exclama-t-il en se balançant sur la pointe de ses pieds, les mains sur les hanches.
  • Selim, l’appela Alex, pour ensuite jeter un coup de tête vers l’entrée de la cour.

Nice sortait de sa voiture, le visage fermé, mais une fois que la limousine fut partie et qu’elle se tourna vers l’école, elle sembla plus détendue. Après tout, Saint-Clair était comme sa vraie maison. Elle amena le dos de sa main sur ses lèvres quand elle vit son amoureux se recoiffer à l’autre bout de la cour.


  • Vous m’excuserez, mais… J’ai une femme à conquérir ! s’écria-t-il en courant jusqu’à elle. Ma princesse, dit-il avec amour en venant l’attraper par la taille pour la soulever.

Une exclamation sortit tout droit de sa petite amie. Selim avait vraiment gagné en force durant les grandes vacances, malgré sa taille. Il la reposa pour encadrer son visage de ses deux mains et embrassa son minuscule nez avant de déposer un baiser sur ses lèvres.


  • Tu m’as tellement manqué, lui chuchota Nice, extatique.

Ils se séparèrent ensuite pour se regarder. La Richess resplendissait dans une tenue tailleur. Elle portait un short marron avec un nœud autour de la taille, un joli haut blanc avec de la dentelle et une veste noir de la même couleur que ses bottines.


  • Tu es tout bronzé, rit-elle en attrapant son poignet où il y avait des démarcations du soleil.
  • Et encore… Tu as pas vu mes fesses.

En éclat de rire, ils rejoignirent leurs amis.


  • J’ai trop de trucs à te raconter ! s’exclama Faye en attrapant sa meilleure amie.

Les copines se mirent à papoter immédiatement des potins. Selim était tout excité de voir autant de nouveaux visages. Le petit groupe attirait l’attention.

Plusieurs élèves de Gordon discutaient entre eux :


  • Ils se la pètent un peu, nan ?
  • En même temps, il y a de quoi…
  • Et ce ne sont même pas les outsiders…
  • C’est quoi ça ?
  • C’est, ça, lança le dernier en pointant les prochains du doigt.

Le top trois débarquait enfin, Loyd Akitorishi, aussi frais que la brise du matin, dans un ensemble qui valait sûrement plus que l’entièreté des vêtements porter par les nouveaux arrivants. Toute en simplicité, il portait au pantalon en toile noir qui serrait ses fines jambes. Ce dernier avait des reflets bleus, la chemise blanche à l’intérieur pour affiner sa taille. Il avait sa veste accrochée à sa mallette qu’il tenait en main. Lui ne s’avança pas tout de suite dans la cour. Il attendait, mais quoi donc ?

La voiture des Ibiss arriva ensuite. En sortant, Chuck s’approcha tout de suite et le détailla.


  • Bonjour, Loyd, dit-il en s’arrêtant sur le pantalon qui reprenait ses couleurs.
  • Monsieur Ibiss… répondit-il à sa poignée de main. Où devrais-je, vous appeler “papa” ? se permit-il de le taquiner.

Chuck fit aller ses mâchoires. Quel cran. Les yeux perçants de Loyd ne la lâchaient pas d’une seconde, pétillant d’excitation. Il esquissa un sourire avant de partir pour laisser place à sa fille. Laure apparut, sa longue chevelure mauve relevé en une queue. À la base de celle-ci, s’enroulaient ses propres mèches comme attache.

Les retrouvailles se déroulèrent en plusieurs étapes. D’abord, ils s’analysaient, éblouis par l’autre. Puis, ils se défiaient, le sentiment de vouloir prendre le dessus étant trop fort. Enfin, le flirt prenait place :


  • Quelle belle tenue vous avez là, la complimenta Loyd qui vint attraper le col de sa blouse. C’est plutôt rare, cela dit, de vous voir en jeans, Mademoiselle Ibiss.
  • Hum, répondit-elle par un fin sourire. C’est un premier essai pour ma collection. Je n’avais jamais testé. J’ai donc opté, fit-elle en tournant sur elle-même et en tenant sa grande sacoche entre ses deux mains, pour un style un peu plus moderne.

Sa jolie veste sans manche qui revenait en portefeuille sur l’avant et assortie à ses talons, s’arrêtait juste au-dessus de ses fesses moulées dans le jean. Loyd dévia le regard. Elle jouait de bon matin. Quand elle se retourna, il lui tendit son bras auquel elle s’accrocha. Tous les deux s’avancèrent dans la cour, sous les regards subjugués. Leur petite prestation atteignait l’ensemble des étudiants et des parents. Ils étaient sans doute le couple le plus épique de toute l’histoire de Saint-Clair, si l’on oubliait Marry Stein et Chuck Ibiss.


  • Tu ne m’embrasses pas ? demanda la fille de ce dernier, le menton haut.
  • … Gardons ça… Pour plus tard, dit-il en plantant son regard dans le sien.

Ils étaient pudiques de leurs sentiments en public, bien que leur amour se voyait à des kilomètres à la ronde. Auprès du groupe de Richess, chacun d’entre eux les regardait avec amusement.


  • Qu’est-ce qu’il y a ? fit Laure qui ouvrit ses lunettes de soleil noir pour le mettre sur son nez afin de se protéger des premiers rayons. Vous n’avez jamais vu de stars ? ajouta-t-elle en ne pouvant s’empêcher de rire.

Face à eux, elle ne pouvait rester sérieuse. Ils discutaient de leurs vacances, tranquillement, sans prendre en considération toute l’attention qu’on leur portait. Sous ses cadrans, Laure jetait des regards aux personnes qu’elle avait vues le soir où le lycée Gordon avait flambé. Ils étaient définitivement là. Tout particulièrement, elle porta intérêt aux filles, les anciennes copines de Kimi. Perdue dans ses pensées, c’est le silence qui l’en sortit. Comme avec une sensation de déjà vu, elle se retourna, mais Loyd était bien à côté d’elle, cette fois. L’année passée, il était arrivé comme un roi, alors qu’il ne s’agissait pas de sa place.


  • J’y crois pas, fit Faye, une main sur la taille.
  • Ça ne vous rappelle pas quelque chose, lança Nice qui se plut à taquiner Loyd.
  • Sans commentaires.

Alex et Selim restèrent les bras croisés en observant le ridicule spectacle qui plaisait pourtant à tous.


  • C’est lui, nan ? Sky Makes ?
  • Le mec qui a giflé Kimi… Ouais… s’offusqua un gars.
  • Alors ça, ce n’est pas très malin.

Entre ceux qui le détestaient au premier regard, nombreuses filles devaient bien s’avouer qu’il était charmant.

En sortant de sa limousine, il releva sa paire de lunettes et balança un sourire à l’assemblée. Le vrai roi, c’était lui. Sa sœur s’éclipsa tout de suite pendant qu’il enfilait sa veste en jean tel le playboy dans les films, à croire que le premier rôle de son frère l’avait inspiré. Il passa ensuite une main dans ses cheveux en bataille. Au sourire charmeur dont il se dotait pour traverser la cour, Laure n’eut qu’une chose à dire :


  • Oooh, oh. Je pense qu’on a un problème, fit-elle en levant ses deux sourcils bien haut et en le dévisageant.
  • Bah, bonjour d’abord, dit ce dernier en voyant que ses camarades le détaillait, puis en écartant ses bras pour ensuite les attraper un par un. Qu’est-ce que vous avez ? Ah, c’est eux, changea-t-il tout de suite sujet en tombant sur les anciens de Kimi.

Les sept au complet, il chercha la blonde.


  • Elle va arriver, lâcha Ulys qui vint leur faire la bise.
  • … On t’a sonné… ? C’est bien ce que je pensais, rectifia-t-il quand le mannequin leva juste les yeux au ciel.
  • Ne crois pas pouvoir la conquérir avec cette attitude…
  • Pardon ? passa-t-il tout de suite en défensive.

Le temps d'éloignement des vacances n’avait pas arrangé la situation entre Sky et l’ex de celle dont tout le monde attendait l’arrivée. Ulys haussa les épaules.


  • Tu peux garder tes insinuations, parce que je ne…
  • Ah, Kimi ! s’en alla le plus petit du gang, Benjamin, en sautillant sur place.

Un brouahah se souleva lorsque la blonde arriva devant l’école, égale  elle-même, avec sa veste en cuir. En dessous, par contre, elle portait un haut rayé et une jupe en jean. Elle embrassa son père au moins trois fois avant de partir et s’avança ensuite, Leroy sur ses arrières. Touchée par la vision de ses anciens amis qui l’attendait, elle sourit tendrement. En prenant appui sur ses converses, elle fonça, mais elle s’arrêta en cours de route. Face aux Richess, une pensée qui ne l’avait pas encore traversé jusqu'ici lui bloqua le passage. Son regard s’attarda sur son gang. Tiger plissa les yeux. Elle appartenait à leur monde maintenant. Kimi en avait en quelque sorte toujours fait partie. Que faire ? Ses yeux passèrent d’un groupe à l’autre.

Quand elle vit Leroy saluer quelques amis avant de se diriger vers Lysen, elle pensa que lui avait facile. C’était son amoureuse.

Ne sachant pas quoi faire, elle plaça sa main en suspens et sourit à ses meilleurs copains actuels :


  • J’arrive tout de suite ! lança-t-elle avant de courir vers l’amas d’étudiants qui l’accueillirent à bras ouverts.

En l’observant se faire bousculer amicalement, saluer par de nombreux personnes et notamment des garçons, Sky regarda le sol en plaçant ses mains dans les poches de sa veste.


  • Eh ben, elle a la cote, Kimi, lança Faye en jetant un œil à Laure.

Cette dernière ne répondit rien. Elle vit Ulys contourner Sky. Celui-ci, piquer par une envie soudaine de le titiller, lui chuchota à l’oreille :


  • Et voilà, tu vois ? Kimi est très aimée. Prends pas la mouche, se recula-t-il quand il le foudroya. C’est décidément vous qu’elle préfère, dit-il en la voyant tenter de rejoindre le groupe à de nombreuses reprises. Tu manques vraiment de classe, Sky. Fais-lui donc un peu confiance.

Confiance pour quoi ? Ne venait-elle pas de choisir son camp ?

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