Chapitre 80 : Neuf ans plus tard

16 minutes de lecture

Estelle, 26 ans
Journaliste et écrivaine

Ah… voilà que ça fait longtemps que je ne suis pas retournée chez moi… Ce bon vieux manoir m’a manqué. Mes papas n’y ont pas mis les pieds depuis qu’ils ont emménagés à Alola, il y a quatre ans de cela.

Moi, j’ai habité dans une copropriété durant tout ce temps et j’ai fini par suivre la voie qui me convenait le mieux : celui du journalisme. J’écris aussi des romans d’aventures inspirées sur ma vie, de temps en temps.

Je suis encore jeune et j’ai beaucoup de choses à apprendre du métier, mais je suis guidée par d’excellents professionnels qui croient dans les causes pour lesquelles je me bats chaque jour.

Bien entendu, Braségali ne quitte jamais mon chevet et m’accompagne partout où je vais. Il n’a pas beaucoup combattu ces derniers temps, mais coule des jours heureux à mes côtés et me serre de garde du corps lorsque certains de mes clients se montrent très arrogants envers moi. Ça me fait penser que je viens de recevoir des lettres dans ma boite, au rez-de-chaussée. Faudrait vraiment que je songe à la vider… Je reçois beaucoup trop de choses là-dedans. Des lettres de mes fans, surtout.

L’autre jour, j’ai même trouvé une déclaration d’amour qui venait d’un ex-client qui m’a presque ridiculisé au beau milieu d’un reportage à la radio, alors que je couvrais une histoire très importante sur les histoires de viols dans les milieux carcéraux.

J’ai fait placer une injonction sur cet homme par la suite et je ne sais pas si je vais entreprendre de le poursuivre. S’il respecte de ne plus me contacter, je n’aurai plus de problèmes avec lui.

Pendant que je me déplace depuis la porte d’entrée, mon regard se pose sur le grand portrait au fond de la pièce, au-dessus du divan. On peut y voir Grodoudou et moi. C’est une photo que nous avons prise quelque temps avant qu’elle ne nous quitte pour un monde meilleur. J’ai une petite larme en repensant au jour où elle est morte, mais elle était très heureuse, à nos côtés. D’ailleurs, elle m’a permis de gagner mon premier badge à Johto. Sacrée petite canaille. Elle me manque…

En passant devant la table en vitre de mon salon, je pose un regard sur mon magazine flambant neuf où je peux admirer la silhouette de ma belle Katia qui a percée dans le métier de mannequinat. Elle et ses copines qu’elle a rencontrées lors de ses nombreux voyages ont fini par réaliser leurs rêves de percer dans le showbiz et il semblerait que Katia avait un profil excellent pour porter les fringues que ses amies confectionnent pour sa silhouette unique. Je suis fière de mon amie. Elle est toute mignonne dans ces vêtements. L’autre soir, elle m’a appelée pour me dire que son petit ami compte lui demander sa main en mariage et elle est toute nerveuse. Celui-ci ne sait pas qu’elle le sait, mais ELLE le sait ! Ses copines parlent beaucoup trop…

Je secoue la tête en me rappelant que j’ai des lettres à aller chercher dans ma case. Avant de sortir de mon appartement, je me rends compte que j’ai laissé les clés dans ma chambre. Je me tourne rapidement pour observer Braségali qui sort de celle-ci avec le trousseau dans ses pattes.

— Décidément, tu penses à tout, toi, dis-je en soupirant, soulagée.

Non seulement il est mon garde du corps, mais il est aussi mon assistant. Qu’est-ce que je deviendrai sans lui ? Probablement une pauvre itinérante folle dans le coin d’une ruelle… Il est mon pilier. Je l’adore, mon chouchou. C’est un peu grâce à lui si je me suis rendu si loin, après tout !

Parlant de folle, saviez-vous que Yuki fait maintenant partie d’un groupe de musique qu’elle a formée avec Jake et le fameux Tommy ? Il semblerait que Yuki fait un tabac avec son nouveau style de musique.

Jake et mon amie semblent vivre le parfait bonheur, bien que je me demande comment ça s’est terminé entre Akira et elle.

En parlant du loup, celui-ci s’est fait de plus en plus discret, suite aux évènements de la Route Victoire… Il est devenu une légende urbaine au fil des années et le taux de criminalité a diminué à un tel point qu’on ne reconnait presque plus le Kanto d’il y a neuf ans.

La Team Rocket n’est plus qu’un vague souvenir pour nous tous.

Il semblerait que le Professeur Chen n’en ait plus pour longtemps. Son petit-fils Régis l’a déjà succédé à l’entreprise familiale et son assistant Tom fait tout pour que le laboratoire du Bourg Palette puisse attirer des clients de tous les coins de la planète. Samuel Chen a pris sa retraite il y a quelques années déjà et coule des jours paisible dans la maison de Régis, mais il semblerait qu’il commence à en perdre des bouts. Ce qui est tout à fait normal pour son âge. Je suis heureuse qu’il aille si bien.

Mes pères eux aussi ont pris leur retraite, mais ils sont plus jeunes et milliardaires, donc je n’ai pas peur pour eux. Papa Gabriel n’a jamais changé depuis son mariage. C’est toujours le chic nounours à la dent sucré qui n’arrête pas de parler de gâteaux et de confiseries, mais il commence à avoir des rides et des cheveux blancs ici et là.

Mon autre père, par contre, a beaucoup changé. Fini la silhouette mince et musclée. Désormais, Flint Markios est un gros nounours comme son mari et coule des jours heureux dans sa maison à Alola avec son mari et ses enfants… Parce que oui, mes parents ont eu quatre autres enfants après Chris.

Je n’arrive toujours pas à croire que mon frère vient de fêter ses dix ans ! Il commence cette année son Tour des Îles.

Sinon, Papa Flint est devenu un écrivain et écrit désormais des livres pour les enfants. Il s’est laissé pousser les cheveux qu’il attache avec un élastique et a une barbe belle garnie pour compléter son apparence.

Ses anciens amis sont choqués de voir qu’il n’est plus aussi athlétique qu’avant, même qu’il lui arrive parfois d’avoir un petit bedon qu’il perd rapidement avec de l’entraînement. Il s’en fiche. Il profite de sa nouvelle vie, comme il dit, pour passer du bon temps avec son mari.

À ce rythme, il va finir par ressembler à Papa Gabriel. Les recettes de mon père trans sont excellente et c’est sûrement pour cette raison que mon autre père ne peut pas s’empêcher de se goinfrer. Même moi, je ne peux pas résister aux excellents qu’il prépare.

J’ai arrêté de m’inquiéter pour la ligne de mes parents, en fait. Ils sont assez grands pour savoir ce qu’ils font avec leurs corps.

Mes quatre autre frères et sœurs pètent de santé et ont hâte de suivre les traces de Chris, dans un an – ils viennent récemment de célébrer leur neuvième anniversaire. Je leur envoie souvent des lettres et des cadeaux par courrier et parfois on discute par webcam. Papa Gabriel a donné naissance à des quadruplés, en fait. Deux garçons, deux filles. Matty, Brian, Kaelyn et Sophia. Ils ressemblent beaucoup à mon papa trans, mais ils ont les yeux de Papa Flint.

Après cette grossesse surprise, mon père châtain a décidé de passer chez les spécialistes pour s’offrir une chirurgie de confirmation du genre. Il s’est dit que c’était le bon temps pour un changement radical dans sa vie. Vous n’avez pas idée à quel point cette décision a plus à mon père blond… Je soupire, tellement ils sont fous, ces deux-là. Je suis quand même heureuse pour eux. Ils ont passé à travers tellement d’épreuves, qu’ils l’ont mérité, ce bonheur.

L’idylle amoureuse entre Scottie et Odin n’a pas durée. Il semblerait que son ex-petit ami le prenait un peu trop pour son frère vers la fin de leur relation et cela a brisé le cœur de mon ami. Ils sont restés de bons amis malgré tout et se parlent toujours par téléphone ou courriels, de temps en temps. Scottie a délaissé son arène quelques années après l’avoir ouverte et travaille en ce moment comme éleveur, dans un ranch où il a développé une certaine passion pour les bébés Pokémon. Je dois avouer que ça ne me surprend pas de lui. Il aime toujours les Pokémon Psy, mais ce n’est plus sa priorité actuelle. Quant à son arène, Odin est désormais celui qui s’en occupe.

Ah… Maintenant que j’y pense, il semblerait que Valentin ait finalement mis fin à ses jours, en prison. On a retrouvé son corps inanimé d’une surdose, il y a quelques mois. C’est le type qui travaillait aux côtés de Diana et Camille, les deux sbires de la Team Rocket. C’est triste pour lui qu’il n’ait jamais amélioré son cas. Il finissait toujours par retourner en prison après chaque vol à l’étalage. Finalement il a écopée une peine pour le reste de ses jours après avoir tiré sur un flic, voulant se défendre.

J’étais supposée faire un reportage à son sujet, mais j’ai dit non. Mon patron comprenait pourquoi j’avais refusé cette demande, malgré qu’on aurait eu tout un scoop pour le procès. Il savait que je ne voulais pas m’associer à quelqu’un qui avait autrefois travaillé pour la Team Rocket lorsque j’ai été engagée dans son bureau.

Vous avez un nouveau message, dit la boite vocale de mon téléphone de maison, alors que j’appuie sur le répondeur.

Biiip. Je cligne des yeux et j’entends quelques bruits bizarres avant que la voix de Jennifer De Longpré résonne de l’autre côté de l’appareil.

Salut Est’, dit-elle. Je tenais à te remercier pour le bouquet de fleurs que tu m’as envoyé pour mes noces. C’était vraiment gentil de ta part. Ça fait quelques mois qu’on ne s'est pas vu, toute la bande. Comment ça se passe au bureau de ta compagnie ? Le vieux Albert ne te cause pas trop de soucis, hein ? Bon, j’te fais la bise. Je ne peux pas te parler plus longtemps, j’ai le biberon qui va exploser…

Elle raccroche.

Fin du message, continue ma boite vocale. Pour répéter ce message, veuillez appuyer sur le 1. Pour effacer ce message, appuyez sur le 2.

J’efface et me tourne vers la porte de sortie. Je suis en train de prendre du retard… Bonté divine ! Les lettres, le café au coin de la rue, mon chemisier chez le tailleur… Et mon rendez-vous au bureau à 14h pour une entrevue avec le maire !? Oh punaise… J’ai intérêt à courir, mais ce n’est pas évident lorsqu’on est à talons hauts.

Au moment où je m’apprête à sortir de ma copropriété, la porte s’ouvre avec Kylie qui porte un sac d’épicerie d’une main et un café dans l’autre. Elle porte des verres fumés sur les yeux et pose les sacs à l’entrée avant de remonter les lunettes sur ses cheveux. Elle est dans son uniforme de Ranger et est recouverte de gadoue séchée. Elle m’affiche un sourire espiègle et s’approche de moi pour m’embrasser rapidement.

— T’as bien dormi, ma belle ? me demande-t-elle en pointant notre divan.

— À peine ! Ces fichues constructions, de la rue d’en face, vont me rendre folle !

— C’est un mal pour un bien ! Tiens, ton café. Deux laits, deux sucres.

— Oh Kylie, t’es un ange ! dis-je en ramassant le gobelet. Ton frère t’a appelé hier pendant que t’étais au travail, tu lui dois encore quinze mille pokédollars, tu sais ? Va falloir que tu lui rembourses.

— Arf… Je sais, c’est serré ces derniers mois avec les paiements…

— Je peux te dédommager, tu sais ? C’est notre maison…

— Non. Tu sais ce qu’on s’est dit lorsqu’on a décidé de vivre ensembles…

J’opine du chef et souris.

— Tu as dit que nous devions faire preuve d’indépendance toutes les deux, répliquai-je. Mais ça ne veut pas dire que je veux te voir t’endetter.

— J’te hais quand t’es trop gentille, ment Kylie qui me fait la moue.

— Arrête, j’vais te dévorer toute crue !

Je lui pince la joue et l’embrasse à nouveau avant de commencer à partir de notre copropriété. Je me retourne rapidement pour lui faire un clin d’œil et elle pouffe de rire. Elle referme la porte derrière moi, et je m’approche de l’ascenseur avec Braségali qui me suit de son mieux.

Vous vous demandez sûrement… Estelle ? Mais comment se fait-il que tu sois avec Kylie !? Quoi ? Je n’ai jamais dit que je ne voulais pas d’elle. Simplement que je n’étais pas certaine à l’époque que c’était une bonne idée… En plus, ça aurait très bien fini en détournement de mineur, tout ça. Les gens sont tellement frileux avec leurs lois…

J’étais jeune et stupide.

Maintenant, je suis plus vieille et encore plus stupide. Mais elle est la plus belle erreur de toute ma vie. Je ne saurais décrire cette sensation, mais chaque fois que je retourne chez moi et que je vois qu’elle m’a laissé un mot sur le réfrigérateur, je me sens tellement bien.

Kylie et moi, on a fait plusieurs Ligues ensemble après celle de Kanto et elle a finalement eut sa revanche contre Peter, quelques années après leur premier match. Elle a réussi à le battre, mais ça s’est terminé par égalité. Suite à cet exploit, elle a décidé de devenir Ranger dans la région de Kanto et dévoue désormais sa vie à protéger les Pokémon de la faune sauvage et ceux qui traînent dans les villes. L’Union des Ranger de Kanto semble apprécier ses efforts et elle forme une équipe du tonnerre avec le mystérieux Lloyd King qui a beaucoup plus d’années d’expériences qu’elle. C’est le type que j’ai rencontré une fois dans l’ancien Café de Gabriel. Ce casse-croûte a été vendu à un ami, quelques années plus tard.

Pour ce qui est de Jenny, celle-ci est tombée amoureuse avec un vieil ami de jeunesse alors qu’elle est retournée aux études et cela a mis un terme à sa relation avec Kylie. Avec lui, elle a eu un bébé, une fillette qui a aujourd’hui trois ans et demi. Ils l’ont appelé Sophie, ce qui ressemblait étrangement au prénom de ma petite sœur. Au départ, ça me mettait mal à l’aise mais maintenant ça ne me dérange plus.

Je suis heureuse pour eux, vraiment.

Sinon, Martyr Runefield est désormais le Maître de la Ligue de Hoenn et a défendu son titre plus de quatre fois depuis les quatre dernières années. On raconte qu’il est à présent l’un des meilleurs Dresseurs au monde et qu’il serait pratiquement imbattable. Quant à son ancien partenaire de route, ce bon vieux Yanis Thiercelieux est retourné vivre à son village qui a été reconstruit. On raconte qu’il a vaincu sa phobie des Medhyèna, chose que je n’ai jamais comprise d’ailleurs… Je ne me souviens plus quand j’ai entendu parler de son histoire pour la dernière fois. Je crois que Kylie ne m’a jamais expliqué pourquoi il est parti de chez lui. Bof. Tant pis. Ce n’est pas comme si ce détail mettait ma vie immédiate en danger. Je suis quand même heureuse pour ce moine énigmatique.

Au moment de pénétrer l’ascenseur, j’entends un petit groupe d’adolescents passer derrière moi alors qu’ils s’apprêtent à descendre les escaliers de la copropriété. L’un d’entre eux vient d’ici et les deux autres sont de passage en ville.

J’ai cette sensation étrange de déjà-vu lorsque je les vois. Comme si le temps s’était arrêté pour moi, alors qu’ils ont des Poké Balls dans leurs mains et qu’ils parlent d’aller affronter Érika à l’arène de Céladopole. Ces souvenirs sont si loin derrière moi…

C’est comme si c’était hier que j’allais combattre celle-ci et remporter mon badge avec ce cher vieux Roucarnage. Un souvenir de ma tendre jeunesse que je n’oublierais jamais.

Sur ces pensées, je retourne mon attention à la porte de l’ascenseur qui vient de se refermer devant moi. Je tourne mon regard vers Braségali et je fronce des sourcils.

— Ah, ça c’est malin, dis-je. T’aurais pu l’empêcher de fermer !

— Gali ? couine mon Pokémon.

— Pas le temps de discuter, j’ai un taxi à prendre !

J’enlève alors mes talons-hauts et je les mets dans les pattes de mon Pokémon alors que je fonce tout droit dans les escaliers avec mon sac à main sur l’épaule. Je dois passer entre les adolescents que je viens de croiser dans les couloirs. L’un d’eux me lâche un sacre parce que j’ai failli le renverser.

— Désolé les jeunes, je suis en retard ! lancé-je par-dessus mon épaule.

— Ça ne va pas, maudite gouine !? grogne l’un des jeunes.

— Arrête ! C’est une journaliste connue, dit la fille à sa droite.

— On s’en fout qu’elle soit gay, t’as un sérieux problème mon vieux… dit le troisième. Va consulter avant qu’elle ne te foute dans la gazette…

Pas le temps de m’arrêter sur ces enfantillages. J’ai passé l’âge de me laisser intimider par ces commentaires immatures. J’entends le jeune qui m’a insulté gémir de douleur alors que Braségali lui donne une taloche derrière la tête, avant de me suivre dans ma course folle. Bravo Braségali, t’as compris comment dresser les méchants humains ! Bon, trêve de plaisanterie, il me faut absolument trouver un taxi...

C’est alors que j’arrive près de l’entrée principale de la copropriété. Je n’arrive pas à y croire. J’ai couru au moins quatre étages à un temps record. Je regarde rapidement sur ma montre et j’ai déjà une dizaine de minutes de retard sur mon itinéraire !

Oh Arceus ! Ce que j’aimerais que Scottie soit là pour nous aider à mettre de l’ordre dans notre agenda !

Allons, calme-toi Estelle…

Respire un grand coup. Une… Deux… Une… Deux…

Ah ouais. Je ne prends plus de médicaments pour les nerfs. Je consulte encore Monsieur Plante occasionnellement, mais j’ai fini par passer par-dessus la majorité de mes problèmes nerveux. Avec le temps, j’ai fini par accepter que ma vie ne soit pas parfaite et qu’elle n’a pas besoin de l’être. C’est mieux ainsi. Ça me cause moins de stresser.

De toute façon, je suis heureuse. J’ai un toit sur la tête, j’ai un emploi stable qui me convient et mon entourage me plait, tout simplement ! Il n’y a pas à dire, j’ai touché le gros lot quand j’ai pris la décision de faire tout sauf demeurer l’héritière de Flint Markios !

Pour ce qui est de la fortune de Papa Flint, comme prévu, je ne compte pas m’en servir tant que je serais capable de survivre de mes propres moyens. Il m’a quand même légué cette dernière dans son testament et elle m’appartiendra le jour de sa mort, tout comme le manoir de notre famille me reviendra, même si ce dernier ne sert plus vraiment à rien.

Minute… Ne suis-je pas en train d’oublier quelque chose ? Ah ouais ! Les lettres ! Mais où sont les clés ?!? Je me tourne vers Braségali qui me pointe la boite aux lettres, près de l’ascenseur. Je constate que j’ai enfilé le trousseau de clés autour de mon poignet et que je l’avais oublié là, un peu plus tôt. Je soupire de soulagement alors que je m’approche de notre case. J’ouvre cette dernière en vitesse, puis j’ouvre une mystérieuse enveloppe qui m’est adressée, sans y avoir de nom.

Estelle, lisé-je dans ma tête. J’ai récemment appris pour la mort du type que les flics ont réussis à mettre en prison. Tu sais… Le jour où j’ai pris la décision de mettre un terme à la Team Rocket, j’étais sérieux. Je sais que je n’ai pas vraiment été cool de partir comme ça sans faire mes adieux, mais je te suis reconnaissante d’avoir effacé mes traces, chaque fois que j’étais de passage en ville, ces derniers mois. Je sais que tu as remarqué ma présence et je suis certaine que tes amis journalistes veulent tout savoir sur mes actions terroristes… Sache que je te suis reconnaissant et que je veillerais toujours sur toi et nos amis. Au revoir, A. N.

Je me tourne vers Braségali en soupirant et lui demande de brûler cette lettre. Akira rôde en effet beaucoup près de Céladopole dernièrement et bien que je ne sache pas exactement ce qu’il fait, j’essaie de détourner l’attention de mes collègues sur d’autres sujets qui pourraient intéresser les lecteurs de notre gazette. Personne d’entre eux n’est conscient que je connais cet homme qui appréhende les criminels de façon si brutale et digne d’un roman de policiers. Il est vraiment devenu un justicier en cavale et il assume parfaitement son rôle.

Les autres lettres ne sont que des papiers de paiements qui datent de la semaine dernière et des papiers de rabais sur différents produits pharmaceutiques. Sans intérêt. Je referme notre case et la verrouille avant de me diriger vers la sortie.

Je peux finalement sortir de l’immeuble avec l’esprit tranquille, maintenant que j’ai fait ce que j’avais à faire. Braségali me suit après avoir jeté les cendres dans une poubelle près des escaliers, et nous nous enfonçons à l’extérieur dans une foule de gens qui passent sur les trottoirs. Mine de rien, Céladopole n’a pas changé. C’est toujours aussi vivant et rempli de gens avec plein de rêves et d’espoirs très différents… Mais c’est ma ville et c’est l’endroit où je coulerai des jours heureux en compagnie de ma délicieuse rebelle au cœur d’or, en plus d’écrire des tonnes d’articles dans la gazette de ma ville. Je ne pouvais pas demander mieux… sauf peut-être des vacances à Alola avec ma famille ?

Je parie qu’Arbok serait d’accord avec moi, s’il pouvait encore communiquer avec nous. Au fait, je viens tout juste d’avoir cette sensation qu’une personne ou quelque chose m’observe.

Je m’arrête au coin d’une ruelle et je me tourne vers ma droite pour remarquer un individu en cape noire qui monte sur le toit d’un immeuble. Je lève ma tête vers ce qui semble être Akira Nogitsune. Il me salue d’un hochement de tête, puis disparait comme il était apparu.

Je préfère prétendre n’avoir rien vu. Sacré type !


Fin.

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