Chapitre 78 : Un nouveau départ

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Estelle, 17 ans
Prête pour une nouvelle année !

— Oh putain ! hurle Kylie qui titube de gauche à droite, alors qu’elle essaie de soulever son sac de voyage. J’vais tomber… !

Braségali l’aide à rester en place en empoignant son sac par l’arrière.

Je n’arrive toujours pas à y croire que la fin de l’été soit arrivée. Je jette un coup d’œil rapide sur mon smartphone. J’ai dû envoyer une tonne de textos à Jake afin de m’excuser, mais celui-ci ne m’a jamais répondu. Je regrette tellement ce que je lui ai dit lors de la réception. Malheureusement, il est trop tard pour rattraper ma connerie. Je l’ai autant humilié qu’il m’a brisé le cœur. La seule chose que je puisse faire désormais est d’aller de l’avant et poursuivre un nouveau rêve.

— Kylie-chérie, tu en as trop mis dans ton sac, soupire Gabriel qui secoue la tête, alors qu’il tient son bébé dans ses bras.

— Mais y’a un paquet-souvenir pour Scottie ! grogna mon amie.

— Je peux très bien l’envoyer par la poste, petite…

— Mais je voulais le lui livrer en main propre !

Je tourne ma tête vers elle pour lui dire :

— Tu devrais l’écouter, Ky’. Tu vas te briser le dos si tu n’ôtes pas quelques objets de ce sac.

— Je jure que je suis capable… Gniiii…

Elle tombe alors sur ses fesses, à la grande surprise de Braségali qui a dû lâcher le sac. Il lève ses pattes et me jette un regard, l’air de me dire que ce n’était pas de sa faute.

— Tu es beaucoup trop entêtée, pauvre sotte, dis-je. Il nous faut le strict minimum et tu le sais bien. J’ai déjà quelques plats de nourritures pour la route. Tu n’as besoin que de ton eau et quelques vêtements de rechange.

— Grrr… fait celle-ci.

— Tu veux un nonos, ma jolie Caninos ? demandé-je en plaisantant.

— Ha ha… Très drôle…

Papa Flint arrive en arrière de son mari. Il tient ma boite à lunch qu’il range dans mon sac et le referme. Tout mon équipement est bien attaché à mon dos. Ça me fait toute drôle de sentir quelqu’un autre que Kylie ou Scottie, jouer dans mes affaires. J’ai pris l’habitude de demander à l’un ou à l’autre de me sortir des bouteilles d’eaux ou de la bouffe quand j’étais trop paresseuse pour enlever le tout de mon dos.

Je jette un regard derrière moi. Quelques domestiques sont venus nous dire au revoir. C’est un sentiment familier. Encore une fois, je quitte le nid familial pour partir à l’aventure et bien entendu, ça ne serait pas un départ si la Grodoudou de Papa Flint n’était pas présente sur les lieux. Celle-ci décide de sortir de sa Poké Ball, alors qu’il referme mon sac à dos. Elle nous regarde avec un regard larmoyant, Kylie et moi.

— Allons, Grodoudou, je vais revenir, je t’en fais la promesse, exprimé-je.

— Doudou… couine celle-ci.

— Je t’aime aussi, petite fripouille.

Je lui fais une bise sur la tête, puis elle s’approche de Papa Flint, voulant que celui-ci la console. Mon ancienne nounou Pokémon a toujours du mal de me laisser partir. J’ai tellement de souvenirs qui partent de nos matinées passées ensemble et toutes les soirées où elle me chantait des berceuses, quand mon père ne pouvait pas être présent. Cette brave Grodoudou ne nous a jamais quitté d’une semelle, depuis que nous sommes de retour du Plateau Indigo. Même Kylie avait commencée à apprécier sa présence. Au moins, elle a Chris, maintenant...

— Ne t’en fais pas pour Estelle, dit mon amie à la Pokémon rose. Je vais en prendre soin !

— Doudou, couine Grodoudou qui baisse son regard.

— On dirait bien qu’elle a envie de vous suivre, soupire Papa.

— Ouais, j’ai aussi cette impression, dit Kylie.

— Mais tu n’es plus très jeune, es-tu certaine que c’est ce que tu veux ? demandé-je en regardant la boule de poils rose.

Grodoudou s’approche alors de moi et hoche rapidement la tête.

Je me prends le menton et je sors alors ma Rondoudou de sa Poké Ball, afin qu’elles puissent se voir. Rondoudou ne se sent pas vraiment à son aise avec son aînée qui prend toute mon attention, dernièrement. Aussitôt qu’elle voit le plus grand Pokémon rose, elle se tourne promptement dans une direction opposée et expire.

— Rondoudou, va falloir t’y faire. Grodoudou va nous accompagner pour un certain temps.

— Grrrr… grogne ma Pokémon.

— Doudou! fait Grodoudou en me sautant dans les bras.

— Eh ! Attention, toi ! Je vais tomber, m’exclamé-je.

Papa Flint éclate de rire et met une main sur sa hanche gauche.

— Va, dit-il. Faites un bout de chemin ensemble. Je vais demander au Professeur Chen de faire un transfert de ma Poké Ball à ton compte. Comme ça, le processus d’adoption sera légal et tu pourras l’utiliser dans tes combats si tu le souhaites.

— Es-tu certain que c’est ce que tu veux, Papa ? demandé-je. Elle est quand même ta Pokémon…

— Elle se sentira plus heureuse avec toi, crois-moi. Elle pleure tout le temps quand tu n’es pas là. Je crois qu’elle a envie de vivre une dernière aventure avant de prendre une bonne retraite.

Je me pince le bord de la lèvre inférieure en regardant Grodoudou. Elle se fait vieille, c’est vrai. Malgré ses cernes, la Pokémon de Papa Flint déborde d’énergie. Rondoudou est tellement vexée qu’elle retourne elle-même dans sa Poké Ball. Oh là là ! Ce qu’elle est capricieuse, celle-là ! Elle me rappelle une certaine Dresseuse aux cheveux roses…

En parlant de Yuki, celle-ci m’a contacté hier pour me dire qu’elle ne m’en voulait pas d’avoir remis Jake à sa place. Elle aussi aurait fait pareil, si un mec me jouait dans le dos et qu’elle ressentait des sentiments pour lui. Je n’ai aucun reproche à lui faire. Si Jake croit qu’il sera heureux avec elle, ainsi soit-il. Je suis heureuse pour mon amie, mais lui, il m’a vraiment pris pour une conne. Je comprends qu’il n’est pas comme tout le monde et que pour lui, les sentiments amoureux, ça fait deux… Mais je crois que je suis vexé qu’il ait trouvé quelqu’un avant moi. Je ne devrai pas me sentir insultée, mais je le suis.

— Estelle, quand vas-tu enfin grandir ? je me répète en me mordillant la lèvre, un peu plus fort.

— Au fait Estelle, dit mon père blond qui s’approche un peu plus de moi. Je sais que tu ne voulais rien pour ton anniversaire, mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser que tu aimerais ceci.

— Un calepin ? dis-je.

— Je t’ai vu gribouiller dans tes autres livrets, ces derniers jours et je me suis dit que tu aimerais probablement en avoir un neuf.

— Écrire mes pensées dans un journal intime n’est pas vraiment ce que j’appellerai gribouiller, mais ouais…

— C’est le Docteur Plante qui veut ça ?

— Il me l’a proposé, comme il l’a fait à Yuki et la plupart de ses patients. D’après lui, j’ai une fine plume.

— Bah… prend ce calepin et écris tout ce qui te passe par la tête dedans.

Il me remet alors le dit carnet noir dans ma main droite. Il est épais, mais assez petit pour que je puisse le faufiler dans mon sac. Papa Flint semble soulagé que ce présent soit accepté. Enfin, je ne sais pas trop comment je dois réagir. Je comprends qu’il voulait me faire plaisir, mais en même temps, je sais qu’il a de la difficulté à démontrer son affection de manière plus mature. Il est tout le temps nerveux et essaie tout le temps de m’impressionner. Je serais toujours sa petite princesse…

— Papa, tu n’avais pas besoin… Mais merci beaucoup, je crois que je sais déjà ce que je vais y mettre, dis-je. Monsieur Plante m’a suggéré d’écrire mes mémoires, alors peut-être que je pourrai commencer par ce livre.

— Tes mémoires ?! Mouais, je vois où il veut en venir. Sûrement qu’il voit une sorte de thérapie dans l’écriture d’un journal intime… ou bien un blog. Un livre ? Que sais-je, je ne suis pas psychologue.

— Je me contenterais d’un blog, en effet. Cependant, je serais souvent sur la route pour les prochains mois.

Nous avons déjà planifié de nous rendre à Bourg Geon, mais pour cela, il nous faudra traverser les bois situés près de la Route Victoire. Ces derniers débouchent tout droit à Johto et j’imagine que nous en avons pour quelques jours avant de nous y rendre. On va devoir s’arrêter au moins une fois en chemin. Nous misons pour la ville de Jadielle, d’ici la fin de la journée. Si nous n’y arrivons pas, nous coucherons à la belle étoile. Ça ne me dérange pas, tout ça, puisqu’il fait beau !

— C’est bien beau tout ça, mais j’ai besoin d’aide ! s’exclame Kylie qui n’arrive toujours pas à se relever. Allo ? Il y a quelqu’un !?

Je baisse mon regard vers Kylie qui a une partie du sac qui recouvre son corps, alors que tout le reste est écrasé au sol. Son tee-shirt est soulevé de sorte qu’on voit son soutien-gorge dépasser.

Papa Gabriel fige sur place en rougissant honteusement pour elle. Il ne sait pas comment réagir, alors qu’il tient son bébé dans ses bras. Mon frère dort paisiblement. Chris a les yeux de Papa Flint tandis qu’il a les cheveux de mon père trans. Il est tout mignon et je m’y suis déjà attaché, seulement je ne pourrai pas rester ici plus longtemps. J’ai besoin de vivre une nouvelle aventure dans ce monde.

Papa me fait signe du regard d’aider mon amie à baisser son tee-shirt.

— Petites mauviettes, dis-je, sarcastiquement.

— Eh ! Je t’interdis de m’appeler comme ça, réplique Papa Flint en me montrant une bouche en cul-de-poule. Vilaine.

Je me penche vers Kylie pour baisser son vêtement, puis j’ordonne à Braségali de relever le sac alors que je tire ma camarade de voyage.

— Oh hisse ! lancé-je à notre deuxième essaie.

Une fois sur pieds, mon amie est soulagée. Je l’aide alors à s’ôter du sac alors que les genoux de Braségali commencent à flancher sous le poids du contenu.

— Ça va, lâche-le, dis-je.

— Non ! Pas si vite, dit Kylie. Y’a des trucs qui se cassent là-dedans !

Elle se jette rapidement par terre pour rattraper le sac… qui malheureusement l’assomme. Elle perd connaissance.

Je me tape le front et secoue la tête.

— Décidément, on n’est pas couché… marmonné-je pour moi-même.

Braségali panique et se penche rapidement pour retirer le sac de la pauvre Dresseuse et me regarde avec une expression inquiète.

— Ne t’en fais pas, elle est résistante, ajouté-je.

— Je crois qu’on devrait, l’emmener chez le médecin, non ? fait Papa Gabriel.

— Nah, ça ira !

Je me penche alors vers le sac de Kylie pour vider deux tiers de son contenu pour ensuite l’enfiler dans le dos de mon Braségali. J’ordonne ensuite à celui-ci de la soulever.

— Peux-tu nous faire livrer le reste avec les coordonnées de leur maison ? demandé-je à mon gros papa. J’ai mis tout ça dans mon livret d’adresses, sur mon pupitre de chambre.

— Pas de problème, ma puce.

Kylie agit bizarrement dans les bras de Braségali, ses yeux roulant dans leur orbite.

— Oui Maman, je vais manger tout plein de crème glaaaacée… dit-elle dans son délire.

Mon gros papa s’approche de quelques pas et vérifie l’état de Kylie, en regardant par-dessus l’épaule de Braségali.

— T’es sûr que de ton coup, Estelle ? me demande-t-il. Parce qu’elle n’a pas l’air dans son état normal…

— Ça lui arrive souvent. On finit par avoir l’habitude.

— Et si elle avait une concussion ? ajoute le grand nounours, anxieux.

— Ça m’étonnerait. D’après son frère, elle est tombée si souvent sur la tête depuis qu’elle est jeune qu’elle a fini par développer de bons os.

Mes pères s’échangent une expression inquiète. Ils n’ont pas l’air convaincus. Pendant ce temps, mon frère ouvre les yeux et baille. Toute cette conversation l’a réveillé. Il nous regarde bêtement avant de se rendormir contre la grosse poitrine de Papa Gabriel.

— C’est bon, je promets que si son état empire, que je l’emmènerais à l’hôpital, déclaré-je à mes parents. Mais je suis sérieuse quand je vous dis que c’est tout à fait normal avec elle.

Ils finissent par céder.

Puis un à un, mes papas et les domestiques viennent nous dire adieu à moi et mon Pokémon. Je prends alors la patte de Grodoudou qui veut marcher à mes côtés, puis je marche en direction de la sortie avec toute ma famille qui nous salue. Je me retourne rapidement, en souriant, et leur fais mes derniers adieux avant de sortir de la cour.

Un sentiment de fierté s’empare alors de moi, puisque je repars pour de nouvelles aventures. Je ne sais pas où le vent m’emmènera par la suite, mais j’ai la sensation que l’année qui s’en vient me réserve encore quelques surprises. J'ai hâte de découvrir ce qui m'attend ! Pas vous ?

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