Chapitre 69 : L'intervention

14 minutes de lecture

Kylie, 19 ans
« Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? »

Estelle ne va vraiment pas bien…

Nous sommes sur le point d’arriver à Cramois’Ile et c’est à peine si elle a réagi face au Léviator. Elle aurait pu se faire dévorer toute crue, mais elle n’a fait que rire pour cacher son embarras. Son attitude aujourd’hui ne fait que me prouver une chose : elle a un sérieux problème. Depuis son retour à Kanto, elle est distante et parle peu, elle évite au maximum de bavarder de sa vie privée et de ses sentiments et essaie de rester le plus que possible dans un coin, afin de réfléchir ou bien pour dessiner ou colorier. Elle s’est mise au dessin durant nos temps libres et dessine des paysages ou bien nos Pokémon. Elle le fait machinalement et n’a pas l’air autant inspirée que ça. Je crois que nous sommes en train de la perdre.

Jake n’est plus avec nous et je remarque que son absence affecte beaucoup mon amie. Elle est moins joyeuse qu’avant, moins souriante, elle rit moins et mange moins aussi. Elle commence à maigrir à vue d’œil. Scottie et moi, nous craignons qu’elle souffre d’un trouble post-traumatique relié à tous les évènements qui nous ont forcés à confronter Diana et ses acolytes. C’était trop pour notre amie et elle n’arrive pas à s’en remettre. Pendant un certain temps, elle semblait récupérer, mais la rencontre d’aujourd’hui l’a renfoncée dans sa dépression.

La nuit, je me réveille alors qu’elle pleure dans ses cauchemars et souvent lorsqu’on se réveille, elle n’a pas bien dormi. Il lui arrive à quelques reprises de tomber endormi au beau milieu d’un repas. Elle a la tête ailleurs et ne veut pas nous importuner avec ses problèmes. Je sais qu’elle se confie beaucoup à Flint et parfois elle appelle son ex-garde du corps afin de prendre des nouvelles de celui-ci, au moins ça lui donne quelque chose pour lui changer les idées.

Quelque temps après notre retour à Céladopole, le type appelé Ludo a été transféré dans une autre compagnie puisque Flint n’avait plus besoin de ses services. Cela a choqué Estelle sur le coup, qui avait grandie à ses côtés durant plusieurs années, puis elle a fini par s’en remettre lorsqu’ils ont continué à communiquer par téléphone.

Quant à nous, Estelle s’efface par moments même si elle peut se montrer serviable et nous montrer son affection avec de petits gestes. Elle essaie de cacher son mal, mais c’est trop évident pour nous qu’elle ne va pas bien. Elle a frôlé la mort si souvent depuis le début de notre aventure à Kanto qu’elle semble s’être fait une carapace autour d’elle et ne laisse plus vraiment personne s’approcher, autre que Scottie, Braségali et moi.

Je m’inquiète honnêtement pour elle.

Il n’y a pas si longtemps, j’étais à sa place.

Elle discute en ce moment avec le Capitaine et Scottie, alors que je suis assise un peu plus loin du groupe avec Braségali en face de moi. Je taille une pomme avec un couteau et j’écoute le bruit des vagues alors que Monsieur Maxwell lance sa ligne à pêche dans l’eau. Nous avions pêché quelques Kokiyas depuis la dernière demi-heure et récolté quelques perles. Nous avons tous relancés les Pokémon à l’eau par la suite et on a recommencé jusqu’à ce que je m’épuise et commence à avoir faim.

Bizarrement, le bateau a continué à bouger lentement avec les moteurs en marche. Comme le Capitaine l’avait prédit, on a quand même réussi à pêcher. Je n’y comprends rien à cette sorcellerie... Il faut croire que certaines choses dans ce monde sont inexplicables, comme mon irrésistible envie de me mettre à poil constamment.

J’ai déjà partagé un bol de baies avec Braségali, puis j’examine le reste de notre groupe en silence. C’est dommage pour moi que la réception soit mauvaise sur l’océan, car en ce moment j’ai une énorme envie de parler avec Jennifer.

Ma belle rousse a commencée à me contacter plus souvent et nous pouvions passer des heures à discuter au téléphone. Elle était à mes yeux une très bonne amie désormais… et peut-être plus… Je l’ignore, peut-être que je réussirai enfin à lui offrir mon cœur, si c’est encore possible. Je ne peux tout de même pas effacer ces images qui défilent dans ma tête, chaque fois que je repense à cette soirée dans la piscine d’Estelle. C’était un moment… assez étrange. Mais bon, je ne souhaite pas être arrêtée pour du détournement de mineure, malgré nos trois ans d’écarts.

Puis, il m’arrive de parler avec Gabriel au téléphone, lorsque j’ai envie de faire une recette de gâteau. On est rapidement devenu des potes lui et moi et c’est comme s’il comblait un vide dans ma vie lorsque j’avais besoin d’entendre la voix d’un homme, autre que mon frère. Tout le monde semble avoir saisi que j’avais besoin d’un modèle paternel dans ma vie, alors je crois que c’est ce qui explique pourquoi je suis tant attachée à ce gros patapouf adorable. Je lui ai même promis d’assister à l’accouchement de son fils… même si j’ai horreur de bébés.

Ouais… ça me fait tout drôle de penser qu’autrefois, je n’aurais jamais cru possible qu’un homme trans puisse concevoir des enfants… et pourtant mes préjugés se sont vites envolés quand j’ai rencontré Estelle et qu’on a appris l’histoire de ses parents, au fil des derniers mois. Je crois que c’est une bonne chose que j’aie fait connaissance des Markios. Ils m’ont guéri de ma putain de transphobie. J’suis contente que Gabriel soit dans ma vie. Idem pour sa fille… Sans oublier Flint, ce drama queen.

Je donne un morceau de la pelure de ma pomme à mon Noctali qui se repose à côté de moi. Celui-ci avait une dent sucrée contrairement à mon Colossinge qui préfère les aliments épicés ou salés. La plupart de mes Pokémon préfèrent manger salé ou bien ce qui est aigre-doux. Depuis que Jay est parti, j’ai un peu de mal à cuisiner les desserts préférés de mes coéquipiers, donc je dois souvent demander de l’aide à mon frère pour les recettes. C’est lui le cuisinier de nous trois et il nous surprend chaque fois avec les trucs qui lui passent pas la tête. Contrairement à lui, je n’arrive toujours pas à faire mieux que des sandwichs ou bien des pâtes au style de Johto. Ça ne m’empêche pas de m’essayer, toutefois, à cuisiner divers trucs.

Hier soir, j’ai quand même réussi à faire… un petit-déjeuner pour notre dîner. Miracle, hein ? Je suis enfin capable de faire des omelettes sans laisser des traces de coquilles dans celles-ci ! Scottie m’a aidé pour la préparation des saucisses, par contre. Un mélange de porc et de poulet avec quelques épices. Nous nous sommes régalés, mais Estelle ne semblait pas enthousiaste, malgré qu’elle ait terminé son repas après nous. J’étais agacée par son comportement, mais je savais qu’elle n’allait pas bien, alors je n’ai pas cherchée à la confronter.

C’est difficile pour moi de la voir si fragile, si perdue…

On dirait une autre personne.

Tous ces drames avec Yuki et Diana ne l’ont vraiment pas aidé. Je crois que le départ de Jake est la goutte qui a fait déborder le vase et maintenant, nous devons prendre soin d’elle jusqu’à ce qu’elle se sente mieux. Je ne sais pas comment faire pour lui expliquer qu’elle devrait peut-être songer à consulter un psy. J’ai envie d’appeler ses parents et leur demander conseils, mais en même temps, je n’ai pas envie de trahir la confiance de mon amie. Que dois-je faire ? Va-t-elle nous faire le même coup que Yuki en se passant la corde au cou ?

Scottie sort une Poissirène de l’eau à cet instant et la rejète aussitôt. C’est le troisième poisson qu’il renvoie à la mer depuis qu’il a commencé à pêcher. Jusqu’à présent je crois qu’il a déniché quatre Kokiyas et un Crustabri. Un seul d’entre eux possédait une perle nacrée, ce qu’on recherche. Estelle en a pêchée trois, sans résultat positif. Le Capitaine de son côté en a pêché une dizaine et a récolté trois perles. Je crois qu’il a d’excellents appâts ou qu’il a tout simplement une chance énorme.

Mon frère finit par abandonner, puis vient s’asseoir avec moi après avoir posé sa canne derrière le Capitaine. Il se masse l’épaule en tournant celui-ci légèrement.

— Ça ne parait pas comme ça, mais ça épuise un bras de tenir une canne, dit-il. Au moins, Estelle a l’air de s’amuser.

— T’es sûr que ce n’est pas un faux sourire, cette fois ? demandé-je.

— Je n’en ai pas l’impression. Je m’attendais à ce qu’elle s’enfonce, tantôt.

— Je ne crois pas qu’elle puisse nous entendre d’ici, mais baissons quand même notre voix… Est-ce qu’elle a mangé son déjeuner ?

— Pas encore. Il est plus de quatorze heures sur ma montre… Je commence à m’inquiéter…

Je secoue la tête, si elle ne mange pas maintenant, ça va encore mêler son horaire et elle va grignoter ce soir avant d’aller se coucher… Puis elle va faire un cauchemar. J’ai besoin de bien dormir, ne serait-ce qu’une nuit. Je crois que je vais dormir dans une chambre séparée ce soir. De toute façon, c’est au tour de Scottie de veiller sur elle. Je l’ai fait durant les derniers mois, alors qu’il était absent. C’est donc à son tour de s’assurer qu’elle ne fasse rien de grave.

— Estelle, viens bouffer ! hélé-je par-dessus mon frère.

Elle se tourne vers nous, pâle et se place une mèche derrière une oreille. Elle a enfilé un gros chandail de laine pour remplacer la chemise qu’elle a trempée dans l’eau, et je lui ai passé un jean un peu court pour mes jambes qui lui vont bien avec ses espadrilles. Elle vient s’installer à côté de mon frère et ramasse son sandwich dans le panier, puis en prend une bouchée avant de regarder au loin, perdue dans ses pensées. Son Pokémon renifle sa chevelure et affiche une expression confuse. Estelle sent l’eau de l’océan, ça doit être pour ça.

— Il est excellent ce sandwich, dit-elle en remerciant Scottie. Merci d’avoir rajouté les tomates, j’avais oubliée de les demander.

— Bah, tu les demandes tout le temps, normalement. J’ai trouvé ça bizarre que tu ne le dises pas lorsque j’ai préparé vos sandwichs.

— J’ai le cerveau embrouillé ces derniers temps, c’est probablement pourquoi…

Je cligne des yeux et j’hésite un moment à lui parler, mais elle se tourne vers moi et remarque mon expression soucieuse.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demande-t-elle en essuyant le coin de sa bouche.

— Ce n’est pas vraiment le moment approprié d’en parler puisqu’on est sur un bateau, mais… On s’inquiète pour toi.

— Ah… J...je vois, dit-elle en posant son sandwich dans un essuie-tout.

— Je n’essaie pas de t’accuser de quoi que ce soit, mais tu es plus pâle que d’habitude. Tu fais souvent des cauchemars la nuit et ça nous réveille… Puis disons que t’es un peu plus maigre qu’avant. Qu’est-ce qui ne va pas ? Y a-t-il quelque chose qu’on pourrait faire ?

Elle baisse la tête et prend quelques secondes avant de se pincer la lèvre inférieure.

— Je ne pensais pas que vous aviez remarqué, dit-elle, contrariée.

— Ça fait quand même plusieurs mois qu’on voyage avec toi et on a vu ton état se détériorer après le temps des fêtes, dit Scottie. C’est clair que tu ne vas pas bien… Mais on ne voulait pas vraiment te manquer de respect.

— J...je… je comprends.

— On a déjà deviné que c’est en partie la faute de Diana si tu es dans cet état. Elle n’a pas arrêté de te tourmenter depuis le début de notre aventure… Kylie en est venue à la conclusion que tu souffres peut-être d’un stress post-traumatique, puisqu’elle en a déjà vécue un.

— On ne veut pas te forcer à faire des trucs dont tu n’as pas envie, ajouté-je. On se sent juste… concernés quoi. T’es quand même notre pote et on s’inquiète parce que tu es malheureuse et que tu nous le cache.

— Ce n’est pas évident… dit-elle en soupirant.

— Je sais, formulé-je. Je suis passée par là quand Vicky est morte et ça m’a pris des mois avant de m’en remettre complètement. La meilleure chose que tu puisses faire est d’en parler ou bien de suivre une thérapie.

— Je suggères une combinaison des deux, dit mon frère. Ton père doit sûrement connaître de bons spécialistes qui—

— Laissez Papa Flint en dehors de tout ça, s’il vous plaît, trancha Estelle. Il n’a pas besoin de savoir que je ne me sens pas bien. Il a déjà ses fiançailles à planifier en plus de mon frère qui s’en vient à grands pas.

— Mais Estelle, les paiements risquent de passer sur tes cartes de crédits si on ne peut pas t’offrir un service avec ton assurance médicale…

Scottie marque un point. Il faudrait qu’elle passe par un réseau gratuit, offert avec la carte régionale des citoyens de Kanto.

Elle secoue sa tête négativement et poursuit la conversation :

— Je peux très bien payer de ma poche pour mes sessions, déclare-t-elle avec rigidité. Mon père n’a pas besoin de ce stress, ni Gabriel d’ailleurs. Je ne veux pas gâcher leur plaisir.

Je crispe mes poings sur mes genoux et serre des dents.

Contiens ta rage, Kylie. Contiens ta putain de rage. Grogner et japper n’apporteront rien de bon. Surtout pas avec ta meilleure amie.

— J’ai mes limites, Estelle, dis-je entre mes dents. Sois, tu reprends ta vie en main, sois, je te t’entre de force à l’aile psychiatrique jusqu’à ce qu’ils trouvent ce qui cloche chez toi ! T’as pas idée comment ça affecte mon angoisse !

Et… j’ai éclaté. Je tremble de rage et de peur parce qu’elle n’a pas l’air de saisir la gravité de la situation. Si elle continue à ce rythme, elle va finir par nous repousser pour de bon… Et mon frère et moi, on va s’en aller, tout simplement.

J’aurai dû me taire car Estelle se met aussitôt sur la défensive et me fixe froidement.

— Oh, comme c’est touchant, la charmante demoiselle qui n’a aucun tact vient me dire comment je dois vivre ma vie, dit-elle avec un sourire sournois. Tu es la femme la plus mal élevée que je connaisse. Tu te prends pour le nombril du monde, tu es arrogante, tu pètes au lit et tu ne t’excuses jamais quand tu rotes.

— Garde ton sarcasme pour toi ! crié-je en me levant d’un bond.

— Garde tes opinions pour toi ! aboie-t-elle en m’imitant.

Nous restons ainsi quelques secondes à nous lancer des éclairs avec nos regards avant que Scottie n’intervienne et nous tire tous deux par les oreilles.

— Ça suffit vous deux ! grogne-t-il. Vous êtes pires que deux gamines qui se disputent pour une poupée, à la crèche !

Il nous repousse chacune et nous décidons de nous asseoir face à face.

Braségali observe la scène en silence. Il a compris que cette dispute ne le concerne pas. Lui-même semble inquiet quant au comportement de sa Dresseuse. Mon Noctali est sur ses gardes, comme s’il a peur qu’un combat est sur le point d’éclater.

Mon frère se tourne vers Estelle et prend un ton plus sérieux.

— Estelle, ton sarcasme ne t’aide pas, dit-il. Je crois sincèrement que tu devrais réfléchir à ce que tu viens de dire et comment tu te comportes avec nous dernièrement. T’as commencé à prendre tes distances et on a l’impression de te perdre. Essaie de comprendre, on s’inquiète beaucoup pour toi. On n’essaie pas de te forcer de changer, on veut juste ravoir notre meilleure amie heureuse et aimable.

Silence.

Je crois qu’il vient de toucher la corde sensible, car son expression change de la frustration jusqu’à celui de la peine. Elle ne pleure pas, mais je ressens son regret. Elle se relève, puis s’éloigne lentement.

— J’ai… j’ai besoin de réfléchir un peu… dit-elle, honteusement.

C’est ça… fuis comme une lâche. C’est tout ce dont tu es capable de faire ces derniers temps.

Oh tu vois ? J’ai quand même un peu de tact après tout. Parce que là, normalement, je n’aurai pas hésité une seconde à te démolir si tu ne valais pas tout l’or du monde à mes yeux ! T’as intérêt à changer, ma vieille ! Je n’ai pas envie de te perdre comme j’ai perdu Vicky.

Mon frère mit une main sur mon épaule et s’assied à côté de moi alors que nous observons Estelle s’éloigner à l’autre bout du bateau.

— Tu t’améliores, on dirait, explique mon frère. En ce moment t’as envie d’exploser et de lui balancer des remarques cinglantes.

— C’est quand même notre pote… J’dois me taire à un moment donné, non?

— Mm hmm, dit-il, fermant ses yeux.

— Manquerait plus qu’elle ne commence à se doper.

— Arrête de dire des conneries, Ky’. Estelle n’est pas du genre à consommer.

— T’as pas l’air de comprendre qu’elle a les mêmes traits que Jake avait pendant qu’il était dans sa période de consommation. J’ai le droit de m’inquiéter, putain... Si elle ne s’aide pas maintenant, elle va commencer à sniffer un truc ou bien…

— Elle n’ira pas jusque-là. Elle connait les risques que ça impliquent.

Le Capitaine a jugé que cette histoire ne le concerne pas, mais j’ai l’impression qu’il n’a pas aimé que des jeunes se disputent ainsi sur son bateau. J’ai cette sensation que nous allons devoir nous excuser plus tard, lorsqu’Estelle se sera calmée. Depuis toute à l’heure, il n’a pas arrêté de pêcher et je crois qu’il a récolté une dizaine de perles à lui seul. Cependant, je regarde sur ma montre et je constate qu’il est quatorze heures et neuf minutes.

Le bateau va accélérer dans quelques minutes pour reprendre la route vers Cramois’Ile. Je vois déjà Monsieur Maxwell qui retire sa ligne à pêche de l’eau et qui plie sa canne rétractile. Il range celle-ci là où on a laissé les nôtres, puis se dirigea à la cabine des commandes avec son coffret métallique rempli de perles et d’appâts.

Scottie décide de sortir un livre de son sac afin de reprendre la lecture de son livre de recettes là où il l’avait laissée. Braségali se lève pour aller rejoindre Estelle et moi, j’appuie mes mains sur les manches de mon banc, tout en regardant le ciel.

Je me dis qu’Estelle avait déjà un problème lorsqu’elle nous a rejoints en septembre, mais qu’il était moins grave qu’aujourd’hui. Elle était déjà distante à l’époque, puis timide. Là, elle ne se gêne pas pour nous dire ce qu’elle pense, mais elle a toujours cette carapace imaginaire qui nous sépare d’elle par moments. Elle essaie de se protéger, mais nous ne sommes pas une menace… Alors, pourquoi ? Qu’est-ce qu’on lui a fait pour qu’elle décide de garder une certaine distance entre nous ?

Malgré le bruit des moteurs qui deviennent plus forts, je peux entendre des sanglots derrière moi. Estelle pleure pour la première fois depuis des semaines. Normalement, je me lèverai pour aller la réconforter, mais je me tourne la tête pour voir Braségali qui l’enlace dans ses bras. Je jette alors un coup d’œil du côté de mon frère qui me sourit et hoche la tête. Notre intervention a fonctionné.

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