Chapitre 61 : Professeur Euphorbe

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Kylie, 19 ans
« Je m’emmerde… »

On vient de recevoir le coup de fil qu'on attendait.

Rapidement, on appelle les gars pour qu'ils viennent se changer alors qu'Estelle met du temps à se lever. Elle est trop confortable sur sa chaise. Je suis toujours toute trempe à cause de l'eau embouteillée qu'elle vient de me lancer au visage. Vilaine !

Je pouffe de rire lorsque je vois Colossinge en train de faire une bulle avec ses narines. Cette touffe de poils a un problème de morve dernièrement et ça fait des dégâts partout. Beurk… Va falloir que j'achète un truc au Centre Pokémon pour l'aider.

— Allez Estelle, debout grosse paresseuse ! dis-je en donnant un petit coup de pied sous la chaise. Pour une fois, je n'ai pas envie d'être en retard. Je veux savoir ce que Machin nous veux. Après, ton père veut qu'on aille bouffer.

— Machin, comme tu dis, c’est le Professeur Euphorbe, dit mon frère qui s'approche de nous.

— Détails, répliquai-je sèchement.

— Essaie quand même de lui montrer un peu de respect. Il a un service à nous demander après tout.

Comme toute réponse, je lui sors la langue et je lâche un petit grognement. Ce qu'il peut m'ennuyer avec ces détails ! Ne fais pas ci, Kylie. Ne fais pas ça. Gnagnagna… Il se prend vraiment pour ma mère. Déjà que j'ai notre vieille peau qui m'envoie des courriels à tous les jours pour me parler, je n'ai pas besoin qu'il prenne la relève ! J'en ai vraiment assez qu'ils cherchent tous deux à se mêler de ma vie privée et de me dicter comment je dois agir.

Je rappelle brusquement Colossinge dans sa Poké Ball, ainsi que mes autres Pokémon qui traînent sur la plage. Contrairement aux autres, je n'ai que Dracaufeu et Ronflex de sortis à part de mon singe bagarreur. Mes autres Pokémon se reposent parce que j'ai combattu avec eux durant une bonne partie de la journée.

Quant aux espèces que j'ai capturées, pour le moment je n'ai pas vraiment envie de les utiliser, parce que je suis déjà très attachée à mon équipe et j'ai envie de me concentrer sur leur apprentissage. Mes potes feront ce qu'ils voudront avec leurs Pokémon. J'ai bien hâte de voir ce que Monsieur Tadmorv va nous demander… J'espère que ce n'est rien de chiant. Il manquerait plus que ce soit une sale besogne…

Estelle finit par se lever et fait signe à Braségali de la suivre, alors qu'elle appelle Pikachu, Ortide et Tortank dans leurs Poké Balls. Elle s'éloigne alors en direction du Centre Pokémon avec la serviette qu'elle a apportée afin de s'essuyer, au cas où elle irait nager. Elle ne l'a pas fait. Elle a profité de la température rien que pour se prélasser dans l'ombre.

Elle porte un maillot de bain simple, jaune avec des fleurs rouges. Elle est si petite près de nous que j'ai parfois l'impression qu'elle n'est qu'une gamine. Qui aurait cru que derrière ces allures de petites princesses, se cache une démone aux crocs acérés ?

Au départ, lorsque j'ai fait sa connaissance, je pensais que c'était qu'une pourriture gâtée qui avait grandie avec une cuillère en argent dans la bouche. Je la pensais déjà snobe, qu’elle serait un véritable calvaire à vivre et tout ça, durant les premiers jours qu'elle nous a accompagnés.

J’ai rapidement été surprise de voir que c'était une adolescente comme tout le monde, avec ses qualités comme ses défauts. Elle était aussi très ouverte d'esprit, ce qui a fini par nous charmer, Scottie et moi. Si nous avions un point en commun, mon frère et moi, c'était le fait que nous nous sentions facilement attiré vers les gens ouvert d'esprits et que nous faisions toujours de notre possible pour mieux les connaître.

Nous n'avions pas souvent la chance de rencontrer des personnes de ce genre, car nous avons souvent été victimes de beaucoup d’ostracisme en tant qu'homosexuels. J'ai arrêté de compter le nombre de fois que je me suis fait jeter hors d'un emploi à cause de mes nombreux tatouages, perçages ou bien parce que je suis attirée par les femmes.

Scottie de son côté a souvent été taquiné parce que c'est un intello, un geek et qu'il aime les garçons.

Notre entourage dans notre village était plus ou moins acceptable, mais parfois nous avions notre lot de fils de putes qui nous traitaient comme des parias, simplement parce que nous aimions les gens du même sexe. Aussi, c'est rare que des jumeaux soient tous deux des homos en même temps. Ça arrive, mais moins souvent qu'on le pense.

Je m'emmerde honnêtement à l'idée qu'on doit aller se changer. Pour une fois que j'avais les seins à l'air au lieu de les cacher sous une tonne de vêtements, j'aurai bien aimée flirter avec les dames de la plage… Dans tes rêves, Kylie… Puis Estelle m'a fait sentir comme une grosse conne parce que Jenny a toujours des sentiments pour moi. Fait chier…

Je suis vraiment qu'une abrutie dans le fond… C'est moi qui fais tout pour que ça ne marche pas entre moi et ma belle rousse au joli cul… C'est une belle sportive, son regard espiègle me donne tout le temps envie de sourire et elle m'encourage tout le temps quand ça va pas bien du tout.

Je pensais honnêtement qu'elle avait tourné la page.

Mais j'ai eu tort… Sur toute la ligne.

Vicky doit bien s’moquer de moi au paradis.

Oh Kylie, tu t'es encore mises les pieds dans les plats, j’entends déjà dans ma tête. Mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de toi ?

C'est drôle, mais cette phrase, elle n'était pas la seule à me l'avoir dit. Estelle et Scottie me le répètent assez souvent. Je crois que les gens ont finis par comprendre que je ne suis qu’une sorte de désastre ambulant, bonne qu’à être emportée par le vent.

Enfin, j'exagère, mais j'ai souvent cette impression que je cause plus de dégâts dans tout ce que je fais, plutôt que de faire du bien.

Alors que les autres s'éloignent pour retourner au Centre, je reçois un coup de fil de la part de Martou… le p’tit surnom que je donne à Martyr Runefield. Il doit être passé minuit à Kanto. Je réponds sans tarder.

— Enfin, ça m'a pris un temps fou pour t'appeler ! dit-il. Le signal est mauvais…

— Où êtes-vous rendus ? demandé-je.

— On est à Cramois'Ile, répond ce dernier. On a fini par semer Yuki.

— Ah bon ? Cool !

— Écoute… Ne le dis pas à Estelle, mais je crois que cette fille a une fixation sur elle. Elle est très dangereuse, pour elle-même et pour les autres. Yanis et moi, on a été forcé de prendre la fuite, quoi…

— Je sais, c'est pourquoi nous avons tous décidés de bloquer son numéro et son courriel. Vous devriez faire pareil.

— Ouais… Elle a réussi à me voler mon téléphone alors que je dormais… Tu t'en rends compte ? Elle est vraiment atteinte…

— Et toi… Comment ça se passe avec les accidents ?

— Je ne vois pas du tout où tu veux en venir.

— Martou, t'es un chic type mais t'attire la poisse partout où tu passes.

— Oh, tu veux dire ma légendaire chance ?

Légendaire poisse, oui. Je préfère ne pas en rajouter.

— Je n'ai pas eu la chance de te le dire, la dernière fois, mais l'un des œufs que j'ai trouvés sur la route a éclos… et devine quoi ? me demande-t-il.

— Je donne ma langue au Miaouss, dis-je.

— C'est un bébé Artikodin !

— Tu plaisante… ?

— Je t'assure que c'est la stricte vérité !

Il m'envoie alors un selfie de son bébé Pokémon légendaire miniature qui est posé sur son épaule, puis une autre dans laquelle Yanis le tien entre la paume de ses mains. Je suis bouche bée.

— Yan me dit que c'est un cadeau du ciel, dit-il, tout fier et tout heureux d'avoir capturé un Pokémon légendaire. C'est Pollen qui est contente, elle n'a pas arrêté de vouloir couvrir l'œuf à ma place pendant des semaines… Mais je suis trop content du résultat !

Vous ne le savez pas encore, mais Pollen, c'est le nom qu'il donne à sa Jungko chromatique, autrefois une Massko lorsque nous avons fait sa connaissance.

— Comment vont Road et les autres ? demandé-je, en faisant mention de son Raichu et du reste de sa bande. J'ai vu les photos sur tes réseaux sociaux, ils ont beaucoup grandis.

— Ouais, ils sont trop choux ! J'adore comment Road prend soin d'Icicle comme une maman. Pollen se sent un peu jalouse, mais bon…

— Icicle… C'est qui ?

— Ah, c'est le surnom de mon Artikodin, une femelle ! Yan trouve mes surnoms un peu débiles, mais bon, on s'en fout… Ah ouais… Où en êtes-vous avec vos badges ?

— Estelle en a six, j'en ai quatre. J'ai beaucoup de retard derrière vous à cause de mon trajet à Johto. Scottie semble de plus en plus stressé parce qu'il ne nous reste que deux saisons et selon lui, je sème tout le temps la pagaille dans notre groupe.

— Mais non… Il dit n'importe quoi. Prenez votre temps. On va finir par se croiser à la Ligue de toute manière. Moi j'ai hâte de combattre contre vous, alors t’as intérêt à bien t’entraîner.

— Moi aussi. Fais bonne nuit à Yanis de ma part, si ce n'est pas déjà fait.

— Oh, il dort solidement dans sa chambre. Cornèbre n'as pas arrêté de chanter de toute la journée parce que nous sommes de retour au chaud. Il déteste le froid, cet oiseau de malheur ! Je te jure qu'il va nous causer un accident, un de ces jours. Il n'arrête pas de voler autour de ma tête lorsque j'essaie de voir quelque chose. L'autre jour, j'ai même foncé dans une branche d'arbre parce que…

Ouais, c'est ça… Une branche d'arbre...

Martyr, t'as beau dénier ta malchance, ce que tu me décris là, c'est bel et bien l'œuvre de la chose qui t'as maudit depuis ta naissance.

Cependant, je me demande pourquoi il s'est interrompu.

— Oui ? demandé-je. Qu'est-ce qu'il y a ?

— Oh, désolé Ky’. Road était en train de me montrer qu'elle berçait Icicle.

— T'as l'air fatigué, mec… Va te coucher.

— Ouais… Maintenant que tu le dis… Bon bah, a plus Kylie ! J'te fais la bise sur la joue. On se reparle très bientôt, d'accord ?

— Ouep ! Et prend soin de toi, mon pote.

Il raccroche, puis je ramasse ma serviette tout en me rendant vers le Centre Pokémon. Je peux déjà voir Scottie au loin qui me fusille du regard. Il n'approuve pas mon retard.


¤*¤*¤


Flint, 32 ans
PDG de la Roucarnage Inc.


Je soulève mes sous-vêtements et fais une caresse au bedon de mon partenaire. Gabriel me tient alors la main et me sourit. Complètement nus sous notre couverture, nous venons de passer la dernière heure à faire l'amour alors que nous avions le champ libre. Les ados s'amusent sur la plage, alors autant en profiter pendant qu'ils ne sont pas là.

— Alors, c'est quoi les plans pour le reste de la journée ? me demande mon fiancé qui se redresse sur notre lit. Une autre session sous la couette ou bien…

Je lui pince le bout du nez, il grimace puis me fait une moue déçue.

— Nous avons un repas à préparer, chéri, commenté-je. Notre fille et les autres vont avoir faim quand ils vont revenir de l’École Pokémon. N'oublie pas que t'as promis à Kylie de lui refaire le gâteau qu'elle n'a pas pu gouter la dernière fois, parce que…

Je pointe un doigt sur son gros bedon et je prends un air faussement vexé.

— Monsieur a tout mangé avant que Madame n'arrive de Safrania…

— Pfft, pas de ma faute si notre enfant a faim, rigole celui-ci.

Je roule des yeux alors qu’il se dresse sur notre lit. Sa large poitrine, recouverte de poils se retrouva en plein dans mon visage lorsqu'il me serra contre lui. Je souris. Je suis content qu'il ait accepté de m'épouser. Ce qui m’excite davantage, c’est je vais aussi devenir père, une seconde fois. J'en profite pour jouer avec son énorme bedon tout rigolo et tout mignon. Je pourrai passer des heures à faire ça, à vrai dire.

Il m'embrasse sur les lèvres, puis sur le menton et sur la nuque… Ah non… Ma faiblesse… Je le repousse légèrement en fronçant des sourcils.

— Vilain, disais-je. Tu sais que j'adore ça.

Il serre alors contre lui et me chuchote des mots doux à l'oreille avant de me laisser me lever. Au moment de choisir mes vêtements, il me tape les fesses en poussant un grognement viril. Je roule des yeux et sourit, pour ensuite me déplacer aux toilettes. J’ai besoin d’une douche rapide. Il décide de me suivre, toujours aussi nu et ricane alors qu'il s'entasse sous l'eau chaude avec moi. Il prend beaucoup de place, mais cela ne nous arrête pas pour nous enlacer et nous amuser alors que nous nous lavons avec l'eau savonneuse. Il me lave les cheveux, je lui frotte le dos et il chantonne, tout gai et tout excité de préparer un repas avec moi.

— T'as encore pris du poids, chéri, remarqué-je.

— Comme si ça te dérange, dit-il d'un air moqueur.

— C'est un compliment, répliqué-je avec le même ton.

— Oh toi, grand fou…

Il m'ébouriffe les cheveux et m'embrasse alors que je me colle contre lui, passant mes bras autour de sa taille. Je suis heureux qu’il soit revenu dans ma vie. Depuis que j’espérais le revoir, après ce que son père nous a fait. Gabriel était déjà balèze à l’époque, mais là, sa transformation est complète. Il est devenu un gros nounours chaleureux, qui n'a pas peur d'être différent et qui ne cherche pas à ressembler à toutes ces vedettes de magazines People. Je me fiche qu’il soit trans. C’est l’homme de ma vie !

— Sérieux, va encore falloir que j'appelle mon couturier… C'est le deuxième pantalon que tu déchires depuis les trois derniers mois, dis-je en soupirant ironiquement.

— Avoue que ça t'excite de me voir grossir, grogne-t-il, amusé.

— Un peu… D'accord, j'avoue que c'est marrant et tout, mais faudrait pas que ça mette ta santé et celle du bébé en danger, hein ?

— Mais puisque que je te dis que nous allons bien…

Il me boude quelques secondes et me chatouille alors que je m'apprête à sortir du bain. Oh Gabriel ! Arrête de me provoquer ou je vais devoir te faire une leçon… Sur cette pensée, il sort de la douche lui aussi et prend deux serviettes pour s'essuyer complètement. Il se penche au sol pour ramasser la brosse qu'il vient de faire tomber à cause de son bedon puis se tourne légèrement vers moi en me taquinant, bougeant son gros popotin près de bon bassin alors que j’enfile déjà mon slip. Je secoue la tête en levant mes yeux vers le plafond.

— Encore ? demandé-je. Dis donc Gabou… ta libido est aussi active qu’à notre adolescence… Tu m’étonneras toujours.

Il se lève, puis se tourne vers moi avant de m’embrasser. Il est surtout en train de me taquiner. Je n'ai qu'à me lever la tête vers lui pour me sentir en sécurité et sédui. Il est si grand, si large, si affectueux. C'est un vrai gentleman avec moi et il n'abuse pas vraiment de mon argent puisqu'il a sa propre compagnie et fait presque toutes ses dépenses par lui-même. J'ai envie de le gâter un peu mais il insiste pour être indépendant.

Il s'éloigne vers notre chambre, toujours déshabillé et fier comme un paon. Il se pavane ainsi jusqu'à sa mallette où il sort son grand tablier qu'il enfile autour de sa taille.

— Prêts pour casser des œufs, mon amour ? demande-t-il.

Il joue des sourcils quand il me regarde.

— Mets-toi au moins ton short, gros pervers, suggéré-je.

— Bouh… Personne ne peut nous voir, Flint…

— Tu ne veux quand même pas choquer la pauvre Kylie lorsqu'elle va revenir, hein ?

— C'est plutôt son frère qui m'inquiète… On dirait qu'il veut me dévorer tout cru.

Il ne se sent pas vraiment à son aise de savoir que Scottie passe la plupart du temps à nous observer discrètement. Je ne sais pas qui ce jeune homme préfère de nous deux, mais il a l'air de nous trouver très attirants. Je dois avouer que c'est flatteur qu'il nous trouve à son goût, mais nous sommes quand même plus vieux que lui et cela rend Gabriel mal à l’aise.

— Ne t'inquiète pas chéri, je ne laisserai pas ce filou te mordre… dis-je en m'approchant de mon fiancé. Parce que je vais être le premier à te dévorer tout cru !

Je fais alors semblant de lui manger son épaule et il s'esclaffe. Je souris, puis nous nous enlaçons ainsi pendant une minute. Au moins, Estelle n’a rien à redire sur lui, parce qu’il s’agit de son deuxième père. Ce n'est pas tous les parents qui ont cette chance d'avoir des enfants compréhensibles. Si j’étais sorti avec un autre homme, les choses auraient pu tourner autrement. Je suis heureux que ce ne soit pas le cas.

Mon partenaire enfile le reste de ses vêtements alors que je vais nettoyer la salle de bain, puis lancer les serviettes usées dans un panier à linges sales. Je prends alors la brosse que mon adorable toutou humain placé sur l'évier et me brosse les cheveux. Ces derniers me descendaient aux épaules et il serait temps pour moi de les amincir un peu.

Lorsque j'ai terminé, je les attache en queue de cheval et enfile mes lunettes de lecture car je vais en avoir besoin pour consulter le livre de recettes que mon chéri à apporter de Kanto. Celui-ci a vraiment une écriture en pattes de mouches… Ce qui est très surprenant, considérant sa grandeur et sa silhouette.

Je retrouve alors Gabriel en cuisine, alors qu'il commence déjà à battre des œufs dans un bol en métal et qu'il chantonne comme un Grodoudou. J'ai l'intention de faire un pain à la viande avec de la salade à côté. J'ai aussi une baguette à l'ail dans le frigo qui va pouvoir nous servir. Je sais que Jake est végétarien, alors je crois que je vais doubler la recette de salade et rôtir un peu de tofu.

Alors que je m'installe à côté de Gabriel pour ouvrir le livre de recette, il me donne un léger coup de hanche sur la musique estivale qui joue dans la stéréo. Il se met à danser et m'invite à faire de même, alors qu'il fouette toujours ses œufs. Ah cet homme ! Je l’aime tellement… ! Au Diable la controverse ! Lui et moi, nous allons faire tout plein de bébés ! Je veux fonder une belle et grosse famille avec lui, mon nounours adoré…

¤*¤*¤


Estelle, 16 ans
Dresseuse en vacances

Finalement, ce n'est pas si mal comme fin d'après-midi. Le jeune homme qui nous a accueilli à l’École Pokémon est nul autre que le Professeur Euphorbe. Il enseigne aux gamins de cet établissement et nous a demandé si nous voulions bien montrer nos Pokémon à ses jeunes élèves qui doivent être éduqués sur les espèces des autres continents. Nous avons donc passés la prochaine heure à montrer nos Pokémon aux enfants de dix à douze ans qui se sont amusés avec nos partenaires, puis vers la fin de cette heure, le professeur est venu nous voir après avoir fait retourner ses élèves chez eux pour les vacances de Noël. C'était leur dernière journée de classe avant les fêtes.

— Merci pour tout, dit-il. Ça va leur donner de nouveaux souvenirs à partager avec leurs amis lorsqu'ils feront le Tour des Îles et j’en passe !

C'est un jeune homme dans la trentaine. Il porte une casquette blanche et a une barbiche noire. Il attache ses cheveux longs en demi-couette et a la peau très bronzée, comme la majorité des habitants de cette île. Il est très décontracté. Sa chemise blanche est déboutonnée, laissant paraître son torse bien bâtit. Charmant monsieur…

— Ce fût un plaisir, dis-je. Je ne m'attendais pas à ce que mes Pokémon s'amusent autant que les élèves ! Surtout Ortide qui est un peu malade dernièrement…

— Ça se voit que vous êtes tous les quatre d'excellents Dresseurs, me dit-il. Ton père avait raison de me recommander votre présence.

— Ouep ! Le combat, on a ça dans l'sang, se vante Kylie en bombant le torse.

— Parfait ! Dans ce cas, je vais pouvoir te demander en duel, jeune femme !

Le Professeur se tourne vers Kylie et soulève un Poké Ball dans les airs, afin d’en sortir un Rocabot. Kylie accepte aussitôt le défi et invoque son Colossinge. Le combat ne dure même pas une minute car le singe a déjà un avantage contre le pauvre petit chien.

J'en déduis que c'est un Pokémon de type Sol ou Roche, à en juger son apparence. Je n'ai pas vraiment fait attention aux détails lorsque j'ai pointé mon Pokédex sur le Rocabot de Jake.

— Eh bah ! T'es aussi forte qu'une Explosion ! s'exclame le Professeur Euphorbe.

Décidément, il n'est vraiment pas comme le Professeur Chen. Il est très familier et traite tout le monde comme ses potes. Ça n'a rien de professionnel pour un enseignant, mais je crois que je ne devrais pas être étonné parce qu'il s'est adressé à nous pour la première fois en disant :

Yo man !

Je suis une dame, pas un homme…

Bof, il est un peu nigaud, mais je le trouve quand même mignon et marrant. Kylie a déjà l'air de bien s'entendre avec lui.

Durant la dernière heure, il n'a pas pu s'empêcher de lancer quelques blagues en utilisant des noms de capacités de Pokémon. Je vois qu'il est vraiment passionné dans ce domaine. Il parlait de toutes sortes d'attaques dans les moindres détails à chaque fois qu'il montrait nos Pokémon à ses élèves. J'en déduis qu'il a déjà fait un tour à Kanto parce qu'il connait la majorité d'entre eux. Il nous a appris que Sabelette, Pikachu et Miaouss ont tous des cousins sur ces îles et que nous pourrions peut-être en capturer pour comparer leurs évolutions.

— Tiens, dit-il à Kylie. Voilà une pierre plante pour ton Noeunoeuf. Utilise-là quand il sera prêt à évoluer. Je suis certain qu'il te réservera une surprise, si tu le fais sous le ciel d’Alola.

— Ah cool ! Je n'avais pas assez de fric pour en acheter une, dit-elle en ne faisant pas attention à ce qu'il venait de dire en dernier.

— Ce n'est pas tout, les jeunes, mais j'ai un rendez-vous quelqu’un d’important ! On se retrouve demain si vous le voulez bien ? J'ai à faire en ville en après-midi avec le Doyen Pectorius et je crois qu'il serait ravi de faire votre rencontre.

— Pectorius… ? demande Scottie. Serait-ce le type spécialisé en Pokémon Combat dont tout le monde parle ?

— En effet, c'est bien lui ! Il vient de Lilli'e, une petite communauté au centre de cette île. On se revoit tous demain. J'ai hâte de voir sa tête lorsqu'il rencontrera vos Pokémon…

Il s'éloigne en nous saluant, puis ricane, tout heureux d'avoir fait notre connaissance.

Jake qui a gardé silence jusque-là, nous sourit.

— Il a vraiment de bonnes ondes, ce mec, dit-il. Ça fait du bien de rencontrer quelqu'un de cool comme lui. Je me demande s'il joue d'un instrument…

— J'imagine qu'ils ont des percussions dans le coin. Cette région est très festive.

— En tout cas, il une sacrée belle gueule, dit Kylie.

— Hein, fais-je en me tournant vers elle.

— Bah quoi ? dit-elle. On peut être super gay et trouver quelqu'un mignon.

— Ah ouais… C'est vrai, gloussé-je.

Parlant de super gay. Je pointe Scottie d'un coup de tête. Celui-ci est en transe alors qu'il observe le Professeur s'éloigner. Il a presque l'air de baver. Kylie lui fout deux baffes au visage.

— Ressaisis-toi, dit-elle.

— Mon fantaaasmeuh, boude celui-ci.

— Sérieux, mec, va falloir qu'on te trouve un mec, soupire sa sœur.

Elle tire alors son frère par l'oreille à l'extérieur de la cour de l’École Pokémon, alors que Jake et moi observons les jumeaux s'éloigner en clignant des yeux. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer, tellement cette scène est ridicule.

— Comme toujours, les jumeaux Sanders font les fous, glousse Jake.

— J'imagine que ça ne serait pas aussi amusant sans eux, répliqué-je.

— En effet… Ça me rappelle l'époque où j'étais encore dans le groupe de Kylie. On passait des heures à déconner avec nos potes et ces deux-là mettaient le feu dans nos soirées.

— T'as l'air de beaucoup les aimer, dis-je.

— Ouais… Je les considère comme s'ils étaient ma propre famille. Je t'en ai déjà parlé, non ? Tu sais… Quand je pensais que tu me détestais…

Je hoche la tête et blêmit. Tout ça est si loin dans mes souvenirs. Il me passe une main par-dessus l'épaule puis me fait une bise sur la joue.

— Toi aussi t'es comme de la famille pour moi, maintenant, dit-il. On va toujours être là pour toi, quoi qu'il arrive. Ça, je peux te le promettre.

Je souris, puis j’opine du chef, tout en lui prenant la main. Je retrouve peu à peu la chaleur humaine de mon bon vieux Jake. Ses blessures ne lui font presque plus mal et cicatrisent bien. Parfois il est triste, parfois il est distant, mais il était toujours aussi généreux et positif.

Si j'ai bien compris, Jake a pris ses distances de sa vraie famille parce qu'il n'approuve pas son beau-père. Sa mère l'a même chassé de la maison lorsqu'il prenait des drogues dures. Tout ça, c'est du passé. Son fils a changé en mieux et son expérience lui a permis de grandir.

— Alors… commence-t-il, afin d'alléger l'atmosphère davantage. Je te parie un dessert que Pikachu va pondre un œuf d'ici la fin des vacances.

— Tu dis n'importe quoi… Elle est encore jeune.

— Elle est déjà considérée comme une jeune adulte.

— Ah bon ? Je l'ignorais…

— Les Pokémon à cet âge peuvent déjà concevoir des enfants.

— Mais elle n'a que quelques mois…

— Je sais, mais ce n'est pas comment l'anatomie des Pokémon fonctionne.

— J'en ai vraiment beaucoup à apprendre à leur sujet, soupiré-je.

Il me donne une petite tape sur l'épaule afin de m'encourager.

— T'as tout le temps devant toi, alors ne t'en fais pas pour ça.

Il dit vrai, après tout. Ce n'est pas comme si je suis obligée d'aller travailler pour mon père. Je peux très bien continuer mon voyage après la Ligue Pokémon de Kanto, comme je l'ai imaginé un peu plus tôt durant cet après-midi. J'hésite toujours à lui poser la question, à savoir s'il accepterait de nous suivre, dans quelques mois ou s'il continuera son aventure ailleurs. De toute façon, ça n'a pas vraiment d'importance pour le moment.

Il est temps pour nous de nous mettre en route pour le chalet. Papa Flint nous a indiqué qu'il se trouve au nord du laboratoire du Professeur Euphorbe et c’est à l'est de l’École Pokémon. On ne devrait pas le manquer. C'est une maison tout ce qu'il y a de plus normal, mais elle a été rénovée pour que l'on puisse y passer les deux prochaines semaines sans problème. Elle est même équipée à l'électricité et mon père blond compte louer ce bâtiment bientôt, puisqu'il ne s'en servira pas souvent. Je crois qu'on ne manquera de rien, par ici.

Je lève donc les bras au ciel, puis je lâche un bâillement. Je commence à m'endormir. Une petite sieste ne me ferait pas de tort avant le repas.

Tranquillement, nous sommes partons rejoindre les jumeaux. Braségali nous suit en silence. Comme toujours, il demeure sur ses gardes à cause des rapprochements entre le musicien et moi. J'ai beau me dire que c'est parce qu'il tient à moi, mais ce n'est plus vraiment une excuse puisqu'il a Pikachu dans sa vie. Faudrait vraiment que j'engage un psychologue pour Pokémon afin de comprendre son comportement possessif.

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