Chapitre 56 : Entraînement intensif

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Estelle, 16 ans
« Je suis dépassée par les événements… »


— Vous appelez ça du travail d’équipe ? grogne Jenny après avoir sifflé dans son sifflet. Faites-moi vingt pompes, et que ça saute !

— Oui Chef ! lance Kylie en se plantant au sol pour exécuter l’ordre de la rousse.

— T’es ridicule ! Prenez votre entraînement au sérieux, bande de chiffe molles !

— Continue comme ça et je te plante mon pied dans le cul, grogne Kylie.

— Qu’est-ce que t’a dis !?

Jenny se penche et regarde Kylie d’un air menaçant, la punk ravale sa salive, ainsi que sa fierté puis retourne à ses pompes. Au bout de vingt, Kylie s’écrase au sol, essoufflé. À côté d’elle, son Noctali l’imite mais continue jusqu’à quarante pompes.

— Tu me dégoûtes ! aboie Jenny en se penchant vers Kylie. Recommences !

Je me pince le haut du nez et secoue la tête, ce spectacle est ridicule.

Nous sommes tous rassemblés dans l’arène de Safrania, où Morgane nous a offert la grande salle afin de nous entraîner entre amis. Jenny et son groupe sont arrivés en ville après la dernière course de son Pikachu et ont gagné une médaille d’argent. Puisque Scottie trouve qu’on ne met pas assez d’efforts dans notre entraînement physique, il a engagé Jenny pour quelques heures afin de mettre un peu de plomb dans la tête de sa sœur.

Quant à moi, j’ai fait le tour de cette arène au moins une vingtaine de fois en jogging avec Braségali et ma Pikachu. Je suis essoufflée et je ne peux plus courir, donc je m’assois aux estrades en souhaitant que cette journée interminable s’achève. Il ne nous reste plus que deux jours avant notre départ pour Alola et j’ai vraiment envie de gagner ce badge. Nous n’avions donc pas le choix... Kylie et moi allons devoir coopérer pour ce match et demander à Morgane de faire un double duel. Sans quoi, nous allons perdre un temps précieux.

Braségali et Pikachu courent encore autour de l’arène et s’amusent beaucoup plus que moi. Tom m’a même remarqué que ceux-ci forment un joli couple. Au départ, je n’étais pas certaine où il voulait en venir, mais il semblerait que Braségali et Pikachu soient en fait amoureux l’un de l’autre, ce qui explique pourquoi ils s’entendent si bien et n’aiment pas être séparés. Il est vrai qu’ils ont plus ou moins le même âge, mais cette nouvelle me fait quand même rire. J’ai bien l’impression que je ne vais plus avoir le droit de séparer ces deux-là, maintenant que je sais tout ça.

Je profite de cette opportunité pour sortir Ortide de sa Poké Ball afin de lui laisser le droit de se promener un peu dans cette salle plus chaude. Elle doit avoir froid à force d’être coincée dans sa Poké Ball, chaque fois que nous sortons dehors.

— Orrrrrrtide, dit mon Pokémon Plante.

— Taaadmorv, fait la masse gélatineuse, à mes pieds.

Je l’ai presque oublié celui-là. Il m’a aidé à remporter quelques combats à l’extérieur de la ville et semble connaître plusieurs attaques qui pourraient m’être utiles en duels, malheureusement je ne vois pas quand je pourrai l’utiliser dans une arène.

— Ortide, ortide ? couine ma plante en observant le Tadmorv.

— Taaaadmorv ! répond ce dernier.

Les deux Pokémon s’éloignent alors et font le tour de l’arène afin de s’entraîner avec Braségali et Pikachu. Tadmorv laisse derrière lui des traces gélatineuses qui disparaissent au bout de quelques secondes. Ils me font rire. Je décide de sortir Tortank et Roucoups afin de venir jouer avec leurs coéquipiers, mais Roucoups décide de rester près de moi et Tortank s’éloigne pour aller observer le duel de Tom et Scottie.

Katia s’approche alors avec des bouteilles d’eaux qu’elle a été remplir pour moi et les autres. Elle s’installe à côté de moi et me tend une bouteille toute froide.

— Ton équipe s’est agrandie, remarque-t-elle. J’ai peu de Pokémon dans mon équipe et je crois qu’il serait temps pour moi d’en capturer des nouveaux…

— Ouais, mais le Professeur Chen aimerait que j’en capture un peu plus. Il trouve que je ne fais pas assez d’efforts pour apprendre les nombreuses espèces de cette région… et j’ai déjà cinq badges. Pour lui, ce n’est pas assez. Je suis à mon aise, pourtant…

— Bien qu’il soit exigeant, il ne veut que ton bien. Jenny est la seule de nous trois qui ait un Pokédex, donc c’est elle qui enregistre toutes nos rencontres.

— Il faut croire qu’avoir un Pokédex n’est pas donné à tout le monde.

— Mmm hmm, il n’y a que ceux et celles qui rendent visite aux laboratoires des professeurs spécialisés en Pokémon qui puissent en recevoir un. Puisque moi et mon frère avons commencé notre voyage initiatique après elle, nous n’avons pas eu la chance de nous rendre au Bourg Palette. Cela n’empêche pas notre cousine de nous aider lorsque nous avons besoin d’identifier certaines espèces.

— Si Jenny est passée voir le Professeur, ça veut dire qu’elle a choisi l’un des trois Pokémon de départs, non ?

— Enfin, non. Monsieur Chen lui a offert un Pikachu puisqu’ils sont très populaires ces derniers temps. Tout ça à cause du fameux Richie qui s’est rendu loin dans la Ligue Pokémon de l’an dernier.

— Ah, je vois… Donc ils élèvent des Pikachu au ranch…

— Ouep! J’ai eu le droit de voir des photos de bébés Pichu la dernière fois que Jenny a communiqué avec lui par ordinateur !

Je me tourne vers Braségali et ma Pikachu en me demandant s’ils vont bientôt devenir parents, eux aussi. Ça ne risque pas, mais c’est quand même intéressant de savoir que ceux-ci forment un couple. Si jamais ils pondent un œuf, je me m’imagine que je vais devoir lui trouver un nouveau dresseur puisque j’ai déjà un Pikachu dans mon équipe.

Pendant ce temps, Katia sort sa Grodoudou afin de me la montrer. Son Pokémon fait pratiquement sa taille, mais elle arrive quand même à la soulever puisqu’elle est légère.

— Doudou ! couine le Pokémon rose en faisant bouger ses oreilles vers l’arrière.

— Wow, elle a grandie, dis donc ! remarqué-je en caressant la Pokémon sur la tête.

— Ouais ! Lorsque Jenny m’a dit que ma Rondoudou avait apprise toutes ses attaques, elle m’a offert une Pierre Lune et je l’ai utilisée. Maintenant, Grodoudou est deux fois plus puissante et résistante lors de mes matchs.

— J’ai beaucoup de travail à faire avec ma Rondoudou, soupiré-je. Mais au moins, je suis heureuse que tout se passe bien pour toi.

— Ah ouais… j’ai oublié de le mentionner, mais il nous arrive de nous arrêter à des Concours de Pokémon rien que pour assister aux performances de mes rivaux. C’est tellement amusant !

Je lui fais une bise sur le front et lui offre un bonbon que j’ai pigé dans mon sac. Elle pouffe de rire, puis me remercie. J’adore cette gamine.

— Alors, vous partez pour Alola ? demande-t-elle après avoir mise la friandise dans sa bouche. Tu me ramènes des souvenirs, hein ?

Je souris et hoche la tête.

— D’accord, dis-je. Je vais essayer de te trouver une robe ou bien des accessoires qui mettront en valeur tes Pokémon. Je suis certaine qu’il doit y avoir des boutiques colorées par là-bas. Si jamais je vois une espèce rare de Pokémon qui pourrait te plaire, j’essaierai de le capturer pour toi, si t’en a envie.

— Du moment qu’il soit miiiiiignon, dit-elle en faisant taper ses pieds sur le bord des estrades. Mais rien ne vaut ma Grodoudou à moiiii !

— C’est vrai qu’elle est mignonne.

— Doudou… couine la Pokémon rose qui rougit, embarrassée.

— Arrête de faire ta modeste, petite fripouille, gémit l’enfant.

Katia profite de cet instant pour me demander :

— Dis Estelle… il est comment ton père ? Je veux dire… Celui que tu viens de découvrir ? Est-ce qu’il est gentil avec toi… ?

Pourquoi cette question ? Je cligne des yeux quand je réalise que le père de Katia l’a abandonné pour refaire sa vie.

— Il est gentil… Ça m’a choqué d’apprendre que ma mère est en fait un homme… mais après que je n’aie rencontré, ça m’a permis de l’accepter tel qu’il est. Je ne pouvais pas rejeter Gabriel comme ça, alors qu’il a tout perdu, si jeune…

— Mais tu as encore de la difficulté à l’appeler Papa, j’imagine ?

J’opine du chef. C’est une chose à laquelle je vais devoir m’habituer.

— Moi, le nouveau petit ami de maman est gentil envers moi. Il ne m’a pas rejeté quand il a appris qui j’étais autrefois… Même qu’il déteste mon père pour nous avoir abandonné.

J’esquisse un sourire. Je suis heureuse qu’elle se soit trouvé un nouveau modèle paternel malgré tout ce qui lui est arrivé.

— Et finalement, c’est qui la femme blonde que tu m’as montré sur les photos ? me demande Katia. Tu sais, celle qui devait être ta mère ?

Je me mets à rire nerveusement avant de secouer ma tête.

— Une actrice. Papa Flint l’a prise en photo pour essayer de me convaincre qu’elle était ma maman. Il ne voulait pas que je sache que la personne qui m’a mise au monde avait été forcé de m’abandonner… Alors il a inventé cette histoire d’accident de la route…

L’expression de Katia s’assombrit. Elle a de la peine pour moi.

— Je comprends pourquoi il a fait ça, me dit-elle. Parfois, on ferait tout pour protéger ceux qu’on aime…

Ce qu’elle est futée pour son âge, celle-là ! Elle m’impressionne chaque fois qu’on se rencontre. Je l’enlace alors que j’observe la Grodoudou qui sautille sur place avec une corde à sauter dans les pattes.

C’est alors que Jenny tomba dans les bras de Kylie après avoir trébuchée. Celles-ci se regardent pendant un instant, avant de Jenny se pousse de la jumelle. Kylie pouffa de rire alors que la rousse se remet sur pied et donne un coup de sifflet.

— Fais-moi le tour de la piste cinq fois et reviens faire vingt pompes ! lance Jenny, retournant dans son rôle d’entraîneuse. Et plus vite que ça !

Elle tapa dans ses mains à quelques reprises. J’observe Kylie râler alors que cette dernière se met à courir autour de l’arène en compagnie de son Noctali. C’est difficile à déterminer si ces deux-là ne sont pas en train de flirter entre les lignes ou si Kylie n’est simplement pas en train de taquiner Jenny. Elles sont bonnes amies, mais sans plus.

— Jenny est en train de rougir, remarque Katia. T’as vu ?

Je me tourne vers la rousse en pantalon sportif, le sifflet dans la bouche. Effectivement, elle est gênée. J’esquisse un sourire. Finalement, elle semble avoir beaucoup plus le béguin pour Kylie qu’elle ose le prétendre. Je souhaite sincèrement que celles-ci finissent par réaliser qu’elles se complètent bien. J’espère qu’elles s’essaient à nouveau à un rendez-vous…

Je me lève donc afin de poursuivre mon jogging. Je me suis assez reposée. Après l’entraînement physique, j’ai l’intention d’emmener mes Pokémon dans les herbes hautes et de voir si je ne pouvais pas combattre contre quelques créatures sauvages. Demain, nous sommes supposés passer une partie de la journée à nous déchaîner à travers des duels. Puisque Jenny et les autres seront en ville, ça sera une excellente occasion pour nous de nous pratiquer avec eux.

Au bout de deux tours de piste, je remarque que Kylie s’arrête près de Jenny afin de s’écraser au sol. Bien entendu, notre jeune athlète s’enrage et donne un coup de sifflet dans les oreilles de la punk. Kylie est ramollie. Elle manque d’endurance. Mais faut avouer que la routine de la rousse est dure, même pour une jeune femme énergique comme la jumelle.

Pendant ce temps, Scottie vient de terminer son combat avec Tom qui venait de perdre le duel. Il serre la main du jeune homme et caresse la tête de son Grolem qui a aplati Ossatueur.

Je m’arrête au bout de trois tours, complètement essoufflée. Je prends une gorgée de ma bouteille d’eau sur l’estrade avant de continuer ma course, jusqu’à ce que Jenny nous annonce que nous avons terminé notre heure et que nous pouvons aller déjeuner. Je m’écroule sur une estrade, épuisée. J’ai chaud et je m’évente un peu avec le collet de mon tee-shirt. Tortank s’approche de moi et me lance un peu d’eau fraiche au visage pour m’encourager. Une chance pour lui, je suis en vêtements sportifs, sinon j’aurai été très agacée. Je lève mes deux pouces en l’air et il pouffe de rire.

Nous rappelons tous nos Pokémon et nous nous servons des douches de l’arène afin de nous nettoyer. Lorsque nous avons terminés, Jenny remet les clés à Morgane qui est revenue de sa promenade. La jeune femme est radieuse aujourd’hui et semble de bonne humeur.

— Salut Estelle, dit-elle. J’ai hâte de combattre avec vous à nouveau !

— Oh, maintenant que j’y pense… serait-ce possible de combattre deux contre un pour la prochaine fois ? Nous sommes pressés et nous devons retourner à Céladopole pour…

— Pas besoin d’en rajouter, je suis télépathique après tout ! J’accepte votre proposition.

— Minute… T’as lu dans mes pensées… ? demandé-je, effrayée.

— Mais non ! On me fait souvent cette demande dernièrement alors j’ai devinée. Puis Scottie m’a expliqué votre horaire hier, donc j’ai vite compris que c’est ça que vous comptiez faire. Et vous savez quoi ? J’adore ce genre de défi ! Je vous préviens que je ne vais pas vous laisser me battre facilement, par contre.

Elle me fait un clin d’œil qui me fait froid dans le dos, alors que Kylie l’observe s’éloigner en silence. Notre chère punk est sous le charme de la Championne. Jenny de son côté jette un regard froid envers Kylie qui ne remarque même pas que celle-ci est vexée.

Oh la la, les filles… Parlez-vous !

Pour déjeuner, nous nous rendons au restaurant où nous avons mangé la fois où nous avons essayé de mettre Kylie et Jenny ensemble. Revenir à cet endroit me donne de drôles de frissons dans le dos, alors que je revis les souvenirs de cette soirée dans ma tête.

Nous nous installons à une table pour six.

Braségali sort de la ville afin d’aller chasser, comme d’habitude. Nous le retrouverons plus tard lorsque nous sortirons. Il est si à son aise et je lui fais confiance. Il ne cause pas d’ennuis aux étrangers et s’assure de toujours rester en sécurité. Un jour, quand c’était encore l’automne, il est revenu des bois avec des champignons rôtis qu’il a partagés avec les jumeaux et moi. Il sait se débrouiller et je trouve ça intéressant. Il aime quand même les recettes que nous préparons spécialement pour lui et les autres Pokémon. Ça reste toutefois un chasseur et un omnivore, comme la plupart de ses coéquipiers.

— Alors… Qu’est-ce qu’on prend ? demande Kylie qui ouvrit la carte de menu. La pizza toute garnie ? Ça se mange bien à six…

— Ouais, va pour la pizza, dis-je. Mais demandons pour du parmesan en poudre, à côté…

— On pourrait demander du pain à l’ail à côté, suggère Tom.

— Oh ! Et la sauce Donair, rajoute Scottie.

— N’oubliez pas la cruche d’eau, dit Katia.

— Qui commande alors ? demande Jenny.

— Je peux le faire, dit Kylie. Breuvages ?

— Ça, on peut le faire séparément, dis-je.

La serveuse vient nous voir et Kylie passe la commande. Nous prenons tous des breuvages différents et attendons d’être servis.

Je reçois un texto de Gabriel qui m’envoie l’image de sa toute dernière création. Il me demande si ça ressemble à quelque chose que l’on vendrait durant le temps des fêtes et aussi si Kylie mangerait ce genre de dessert. Il me donne la liste des ingrédients au cas où j’aurais envie de recréer la recette pour moi-même. Un gâteau au chocolat avec des noisettes et des cajous écrasés. Le glaçage est fait d’un fromage à la crème au chocolat avec des décorations festives.

Je passe mon smartphone à Kylie qui tomba en bas de sa chaise lorsqu’elle remarque le chef-d’œuvre. Elle le repose dans mes mains.

— Euh… Ça va ? questionne Jenny.

— C’est l’émotion, s’exclame Kylie, au bord des larmes.

— Mon deuxième père a préparé un gâteau qu’il souhaite offrir à Kylie, expliqué-je.

Scottie pouffe de rire alors que je lui passe mon téléphone.

— En effet, il a l’air délicieux, remarque-t-il. J’envie ton père d’avoir un pâtissier aussi talentueux que lui à proximité. Par contre, je finirai par devenir aussi gros que Gabriel…

Je souris et prends mon smartphone afin d’envoyer un texto au futur mari de Papa… mon Daddy. Je lui fais savoir que les jumeaux approuvent ce gâteau et il me réplique avec un émoji en forme de cœur, suivis d’un bisou. Sacré Gabriel. Comment ne pas l’aimer ?

— Eh bah, si j’avais su que ta plus grande faiblesse sont les pâtisseries, j’aurai pu t’en acheter, dit Jenny en secouant sa tête. Petite folle, va.

— Mais c’est booooooon… boude Kylie.

— Ouais, mais si t’en mange trop, ça te fait des caries et ça s’accumule dans ton popotin…

— Qu’est-ce qu’il a mon popotin ?

— Euh… Tu ne bouges pas assez.

Kylie s’assoit sur sa chaise et boude Jenny en lui tirant la langue.

— T’es stricte, gronde celle-ci.

— Bah, tu me dis tout le temps que t’essaie de surveiller ta ligne, réplique son interlocutrice. Si tu rentres ce truc dans ta bouche, tu vas encore te plaindre de tes pantalons trop serrés par textos.

— Pas si je prends tout petit morceau… ?

La punk fait alors un air de chien abattu à l’athlète qui roule des yeux.

Pendant ce temps, Tom remet un billet de dix pokédollars entre les mains de Scottie qui dissimule un fou rire. Qu’est-ce que ces deux-là sont en train de manigancer ? Ne me dites pas qu’ils sont en train de parier sur elles ! Va falloir que j’en glisse deux mots à Scottie lorsque nous serons seuls. La serveuse revient à notre table et nous sert nos boissons gazeuses et jus, ainsi qu’un pichet d’eau et des verres vides. La pizza et le pain à l’ail sont encore en train de cuir.

Je décide de faire un tour aux toilettes afin de passer un coup de fil à mon père. J’ai envie de discuter avec lui en privé. Je m’excuse donc auprès des autres et m’éloigne en composant le numéro. J’entre dans la pièce, il n’y a personne. Papa ne répond pas. Je tombe sur son répondeur. Déçue, je m’apprête à fermer mon téléphone, lorsque je reçois un appel de Shuriyuki Okami. Yuki ? Elle est déjà arrivée à Kanto ça veut dire. Je réponds.

— Allo ? dis-je. Déjà arrivés ?

— Ouais, c’est dingue comment la température est différente par ici… Ouf ! C’est presque encore l’été à Kalos. On crève de froid par ici.

J’entends un éternuement de l’autre côté de l’appareil.

— Akira est cloué au lit, il a attrapé une grippe, explique Yuki. Au fait, nous sommes à Carmin sur Mer pour les prochains jours. Par contre, on ne pourra pas aller vous voir avant que vous partiez pour Alola. Le médecin veut qu’Aki reste au lit pour au moins une semaine… Et je risque d’attraper ce qu’il a, donc je ne veux rien vous donner.

— Je comprends, expliqué-je. Sinon…

— Mm? Qui a-t-il ?

— Ça s’est passé comment à Kalos, avec ta famille?

— Oh… ça ? Bah Akira s’est fait passer pour mon petit-ami et mes parents ont annulé le mariage. Après, on a dû jouer la comédie pendant quelque temps avant de nous promener un peu dans la région. Il y a beaucoup de trucs que je souhaitais revoir avant de revenir à Kanto. Papa était furax, mais Maman semble heureuse pour nous.

— Mais… vous leur avez menti…

— Et alors? J’ai réglé mon problème avec mon père.

— Yuki… soupiré-je, aggravée. T’as encore fuis tes responsabilités..­.

Elle raccroche aussitôt. Et moi qui pensais qu’elle allait changer en mieux… Elle n’apprendra jamais, ma parole ! J’en ai marre. Je ne veux plus lui parler. Elle ne veut pas s’aider. Je décide donc de la bloquer de mes contacts. Je prie les cieux pour qu’Akira se débarrasse d’elle au plus vite. Il n’a vraiment pas besoin que cette folle l’enfonce dans son enfer de mensonges et d’enfantillages. Il finira par comprendre qu’elle ne peut pas être aidée.

Furieuse, je prends quelques longues respirations avant de me passer un peu d’eau fraîche sur le visage.

Lorsque je me sens prête, je sors des toilettes avec un sourire hypocrite. Tâchons de ne pas gâcher cette journée pour les autres, Estelle… Pas pour une menteuse qui ne veut rien comprendre.

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